Publié le 29 Septembre 2013

Le Centre Pompidou consacre, à l'automne 2013, une exposition à caractère rétrospectif de l'œuvre de Pierre Huyghe, qui en une cinquantaine de ses projets qui prend la mesure de son cheminement qui se déploie depuis plus de vingt ans. L’exposition ambitionne de rendre sensible la dimension vivante et organique de ses propositions qui envisagent l’espace comme un monde en soi, non orchestré, vivant selon ses propres rythmes.


L’artiste, qui avait fondé en 1995 l’Association des temps libérés ayant pour objet « le développement des temps improductifs, pour une réflexion sur les temps libres, et l’élaboration d’une société sans travail », questionne le rapport au temps, à la mémoire collective et réinvente de nouveaux modes de célébration, tel le projet One Year Celebration, 2006, qui ponctue le calendrier de jours encore non fêtés qu’il demande à différents artistes de célébrer, qu’il s’agisse du « jour anniversaire de l’art » ou d’une commémoration du silence.
Tout en présentant certaines de ses œuvres les plus emblématiques, telles que Blanche Neige Lucie, No Ghost Just a Shell, Atari Light ou Streamside Day, cette exposition explore les processus et les enjeux esthétiques présents dès l’affirmation de son oeuvre, à la fin des années 1980, après sa formation à l’École nationale des arts décoratifs de Paris, et qui retentissent aujourd’hui dans ses deux derniers opus, The Host and the Cloud et Untilled. « Ce qui m’intéresse, c’est construire des situations qui ont lieu dans le réel. »

 

Voir aussi : http://zawiki.free.fr/art/pierrehuyghe.htm

Pierre Huyghe déclare:
« Je me concentre sur quelque chose qui n’est pas joué, mais qui existe, en soi. Je cherche non à définir la relation entre des sujets, mais à inventer les conditions qui peuvent déboucher sur la porosité, l’écoulement, l’indéterminé. Ce qui m’intéresse, c’est d’intensifier la présence de ce qui est, de lui trouver sa propre présentation, sa propre apparence, sa vie propre, plutôt que de la soumettre à des modèles préétablis. En constante évolution, l’exposition ne dépend pas de nous »,

Principales œuvres:

  • Untilled (2011-2012), DOCUMENTA 13
  • Streamside Day (2003)

Cette oeuvre participe de la construction du temps que l’artiste requalifie. C’est un événement collectif au cours duquel Pierre Huyghe propose d’inventer une célébration pour la naissance d’une communauté à Streamside Knolls, voisine d’une forêt de la vallée de l’Hudson, au nord de New York. Il convoque les nouveaux habitants à prendre part à un défilé dans ce lotissement en construction qui affecte la nature environnante. À travers cette célébration, l’artiste introduit une vitalité dans ce village en devenir. Il sème les germes d’une mémoire à construire, « la répétition de cette fête païenne en fera peut-être une coutume qui pourra être célébrée ou transformée ».

  • L’Expédition scintillante, A Musical (2002)

Cette exposition en trois actes annonce un voyage à venir, le scénario d’une expédition dans l’Antarctique. Un bateau sculpté dans la glace fond dans l’espace d’exposition qui subit les variations climatiques, neige, pluie, brouillard notées dans le journal de bord du personnage principal du roman inachevé d’Edgar Allan Poe Les Aventures d’Arthur Gordon Pym (1838). Une boîte à lumière diffuse un light show psychédélique sur une musique d’Érik Satie. Sur une patinoire noire, une danseuse vient inscrire des formes abstraites.

  • Zoodram 4 (d’après La Muse endormie de Brancusi ) (2011)

Paysage marin minéral et surréel, rochers insolites flottant à la surface de l’eau, roches telluriques rouges, muse dont le sommeil engendre la vision d’un bernard l’hermite habitant la tête de La Muse endormie, les zoodrams sont des mondes en soi, écosystèmes marins habités de crabes, d’araignées de mer, d’invertébrés, choisis en fonction de leurs comportements, de leurs apparences.

  • The Host and the Cloud (2010)

 

 Pierre Huyghe au Centre Pompidou

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Centre Pompidou, #art contemporain, #Pierre Huyghe

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Publié le 25 Septembre 2013

Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des plaines) (titre en anglais : Jimmy P. (Psychotherapy of a Plains Indian) film français, réalisé par Arnaud Desplechin, tourné en anglais, présenté en compétition lors du Festival de Cannes 2013 et sorti en France en salle en 2013.

Analyse critique

Après la Seconde Guerre mondiale, Jimmy P., un vétéran nord-amérindien de la tribu des Pieds-Noirs est admis au Winter Veteran Hospital de Topeka au Kansas fondé par le psychiatre Karl Menninger. Alcoolique, en perte de repères ethno-sociaux, souffrant de maux de tête, d'absences et de crises d'angoisse incontrôlables qu'aucun médecin ne réussit à relier à une cause physiologique. Un accident survenu en France, traumatisme cranien à la suite d'une chute de camion ne semble pas expliquer ces troubles. Il est pris en charge par Georges Devereux, un ethnologue français originaire d'Europe centrale, spécialiste des cultures amérindiennes.

Rapidement, Georges Devereux écarte le diagnostic de schizophrénie et considère que son patient, qui sera le seul et unique durant des mois, souffre de problèmes psychologiques liés à la fois à ses origines familiales et ethniques, qui se sont déclarés à la suite du choc post-traumatique de la guerre. Élevé par une mère à forte personnalité et une sœur également directive, en l'absence de père, Jimmy P. est également en décalage social et culturel avec l'Amérique blanche. Au fil des séances quotidiennes de psychothérapie, se tissent des liens particuliers d'amitié entre le patient et le thérapeute qui s'attache à interpréter les rêves de Jimmy P. tout autant avec une dimension anthropologique, liée aux mythes indiens, qu'au travers de l'invariant universel freudien du complexe d'Œdipe. Petit à petit Jimmy P. prend conscience que ses rapports vis-à-vis des femmes sont ceux d'un homme dominé et lâche, ayant lui-même abandonné avant-guerre, sur un malentendu, sa compagne, Jane, morte depuis, alors enceinte de leur fille avec laquelle il n'a plus de contact depuis quinze ans. Grâce à Devereux, il entreprend un processus de guérison, qui aboutira à une proposition d'« adoption » de sa fille naturelle, mais également de questionnement sur sa foi et sa culture.

Pour la distribution, Arnaud Desplechin décide dès le départ de confier le rôle de Georges Devereux à Mathieu Amalric. Avec ce duo d'acteurs presque excentrique, Desplechin tente de filmer ce qui est le plus difficile au cinéma : l'invisible. Juste le cheminement d'un esprit. Rien que le parcours de l'ombre vers la lumière. Tout repose sur sa mise en scène, splendide, intense dans l'épure. Il lui suffit de quelques changements d'angle dans les conversations du médecin avec son patient pour laisser deviner les fils embrouillés de leurs personnalités. Le reste du temps, Desplechin filme un cheminement. Le lien qui se tisse, peu à peu, entre ces deux êtres s'aidant l'un l'autre. Toute la morale de Desplechin repose sur la fraternité : on va mieux si l'on progresse ensemble. Pour l'essentiel, les deux hommes s'écoutent, regardent, vont au cinéma, et c'est de leurs confidences chuchotées que naît la vérité : « J'ai toujours été celui qui laisse mourir une femme », murmure Jimmy P. Et puis il y a Madeleine, l'amie du psy. Mariée à un autre qu'elle aime aussi, comme dans Jules et Jim, elle vient le voir à Topeka. C'est évidemment la sensibilité de François Truffaut que Desplechin évoque lorsqu'il filme, entre cet homme et cette femme, des moments tendres, sensuels et nostalgiques, puisque comptés. Rien ne dure, dans la vie, mais le film est une ode à cette complicité qui unit les êtres et perdure après leur séparation.

Mais la guérison n’est rien d’autre que la possibilité d’une rechute, un accord précaire entre la vie et le monde. Le récit d’une psychanalyse ne peut avoir de fin certaine. Jimmy et Devereux ont chacun leur nom secret, d’Indien Pikuni et de Juif hongrois exilés parmi les peuples, venus des plaines de deux continents. La révolte contenue de ces “sauvages” qui survivent à l’extermination parcourt le domaine inquiétant des symptômes pour fraterniser dans la langue d’un pays de fiction. Desplechin, analyste et chaman, malade et guéri, découvre en visitant ce territoire la vérité provisoire et paradoxale de son cinéma, c’est le doute qui redonne confiance dans le monde.

Distribution

Fiche technique
  • Titre : Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des plaines)
  • Titre international : Jimmy P. (Psychotherapy of a Plains Indian)
  • Réalisation : Arnaud Desplechin
  • Scénario : Arnaud Desplechin en collaboration avec Julie Peyr et Kent Jones, adapté de Psychothérapie d'un indien des plaines de Georges Devereux
  • Photographie : Stéphane Fontaine
  • Montage : Laurence Briaud
  • Musique originale : Howard Shore
  • Producteurs : Pascal Caucheteux et Grégoire Sorlat
  • Productrice exécutive : Jennifer Roth
  • Société de production : Why Not Productions, Wild Bunch, France 2 Cinéma, Orange Studio, Le Pacte
  • Langue originale : anglais
  • Durée : 116 minutes
  • Dates de sortie : 18 mai 2013 (Festival de Cannes 2013, compétition officielle)
    • France : 11 septembre 2013


Jimmy P. d'Arnaud Desplechin

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Arnaud Desplechin, #psychanalyse

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Publié le 13 Septembre 2013

Ce film remarquable original n'a pas connu de diffusion digne de ses qualités. Salvatore Mereu a choisi de ne pas confier son film aux grands circuits de distribution. Projeté et remarqué dans de nombreux festivals, Mostra de Venise, Göteborg, Copenhague, Taïwan, Festival du film de La Rochelle, où j'ai eu la chance de le voir, il a connu une petite carrière dans les cinéma indépendants d'Italie. sa sortie en salle en France n'est pas programmée.
Dans le quartier pauvre St Elia de Cagliari, Caterina, 12 ans, veut fuir le minuscule appartement familial, son entourage à problèmes et son père tyrannique. Aujourd’hui son frère Tonio veut tuer son voisin Gigi, seul digne de son amour. Caterina et sa meilleure amie Luna vont vivre la plus longue journée de leur vie.
Les familles nombreuses connaissent bien le vacarme terrible qui peut régner dans une maison. Mais le cinéma aime la nuance, et la famille que vous verrez dans ce film cache derrière son bruit une gravité silencieuse. C’est Caterina, une jeune Sarde de 12 ans, qui nous raconte sa journée, heure par heure, minute par minute. Ils sont une dizaine à habiter dans son appartement familial aux alentours de Cagliari, donc impossible de s’y ennuyer : le père veut tuer la voisine d’en haut, cantatrice ratée, qui se met à chanter à 4h du matin, Tonio veut tuer le fils de la voisine d’en face parce que sa sœur s’énamoure pour lui, tandis que la mère lutte pour entretenir un semblant d’ordre dans cette cacophonie italienne. Le tout dans une pauvreté omniprésente, quasi banale.
Bellas Mariposas conduit le spectateur à la découverte du microcosme d'un quartier et des rues d'une ville de Sardaigne, avec une saine curiosité, montrant le laid et le beau sans moraliser ni esthétiser, en prenant le partie de la pureté de vue d'une préadolescente, encore naïve mais déjà pleine d'expérience. Le film est vécu à travers le regard et les commentaires de la jeune Caterina. est d’une telle légèreté, d’une telle insouciance, qu’elle nous fait presque oublier la gravité du propos, à peine cachée en arrière-plan. Soit elle ne s’en rend pas compte, soit la force de l’habitude a agi sur elle comme un tranquillisant ; ce n’est pas la misère qui empêche de rêver, rire, espérer. Et comme insouciance rime souvent avec insolence, elle ne se gêne pas pour nous parler à nous, spectateurs, d’un regard malin, face camera.
Le film s’inscrit donc dans la longue lignée des auteurs et des réalisateurs qui, au cinéma comme au théâtre, ont cassé la séparation entre le spectacle et les spectateurs. Ce procédé ajouté du réalisme en faisant croire à un documentaire, mais peut-être aussi pour faire rire, ou pour gêner, ou peut-être encore pour rappeler que tout cela n’est que fiction. Le rythme effréné de cette longue journée ne laisse personne de côté; Salvatore Mereu sait imposer de splendides moments de silence : la caméra plonge sous l’eau, où personnages et spectateurs sont en apnée, le souffle coupé par la beauté et la tranquillité de la mer. Le film alterne avec maestro des séquences de grand vacarme à l’italienne, dans la style agité des grands vaudevilles sociaux et des moments plus contemplatifs du paysage sarde.
Tiré d'un roman de Sergio Atzeni, Salvatore Mereu réalise un film fascinant, à l'équilibre délicat; Il possède l'inconscience qui permet d'oser et la prudence raisonnable qui le retient d'exagérer. Dans la plus pure tradition italienne de films comme Affreux, sales et méchants ou le plus récent Gomorra, Salvatore Mereu montre la pauvreté et la misère, la vivacité de Caterina qui tend plutôt vers une adaptation contemporaine de Zazie dans le métro, débordant d’imprudence enfantine et d’optimisme coûte que coûte.
Bellas Mariposas, par Salvatore Mereu
  • Réalisation : Salvatore Mereu
  • Scénario : Salvatore Mereu inspiré par le roman de Sergio Atzeni
  • Photographie : Massimo Foletti
  • Montage : Paola Freddi
  • Production : Carlotta Manzoli
  • Sociétés de production : Viacolvento & Rai Cinema
  • Durée : 100 minutes
  • Dates de sortie : 6 septembre 2012 (festival de Venise)
  • Distinction : Rotterdam International Film Festival, Big Screen Award

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma italien, #cinéma, #Italie

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Publié le 11 Septembre 2013

Tip Top film français de Serge Bozon, sorti en 2013

Deux inspectrices de la Police des polices débarquent dans un commissariat de province pour enquêter sur la mort d’un indic d’origine algérienne. L’une tape, l’autre mate, tip top. On pourrait tout à fait décrire Tip Top comme une petite soupe cosmique de collisions permanentes entre les codes sociaux, entre les genres cinématographiques, entre les mœurs culturelles et, naturellement, entre les personnages. Pas facile, par exemple, d’en départir le genre : Tip Top navigue entre le contexte d’un téléfilm policier, les codes sentimentaux d’un certain cinéma d’auteur, les petites connivences de la comédie en uniformes.
Tip Top ressemble presque à du Jean-Pierre Mocky. Son thème est classique, l'enquête en province de deux membres de la police des polices après le meurtre d'un indicateur d'origine algérienne. Le film tranche par sa dose déterminante de bizarreries sexuelles : les deux femmes flics ont chacune leur particularisme. La première, la chefe Huppert, est habitée par un sado-masochisme violent qui la conduit à déambuler avec un filet de sang sur l'arrête du nez, produisant de temps à autre une gouttelette qu'elle rattrape agilement avec la langue; tandis que l'adjointe Sandrine Kiberlain est handicapée par un voyeurisme frénétique et ontologique, en toute chose, elle regarde davantage qu'elle n'agit.
La critique sociale des milieux de province, bourgeois, policiers ou truands rappellent les morceaux de bravoure d'un Claude Chabrol.
Le point fort de Serge Bozon, c'est l'art de dérégler, voire de détraquer, absolument toutes les scènes de genre du polar français. Soit par une crise du langage, dialogues de sourds à tous les étages, entre les communautés, les échelons hiérarchiques, les milieux sociaux. Soit par des jeux corporels qui déplacent soudain, de beaucoup, les enjeux d'un interrogatoire ou d'une confrontation. Mais ce cinéma délicieusement dérangé prend parfois le risque de tourner à vide ou de dériver plutôt que de reprendre le droit chemin de la narration et du sens. Et, pour finir, dérailler en beauté, plutôt que d'arriver à bon port.
Distribution
  • Isabelle Huppert: Esther Lafarge
  • Sandrine Kiberlain : Sally Marinelli
  • François Damiens : Robert
  • Karole Rocher : Audrey
  • Samy Nacéri : Gérald
  • François Négret : Nadal
  • Aymen Saïdi : Younès
  • Elie Lison : Rozinski
Fiche technique
  • Réalisation : Serge Bozon
  • Scénario : Serge Bozon, Odile Barski et Axelle Ropert
  • Photographie : Céline Bozon
  • Montage : François Quiqueré
  • Durée : 106 minutes
  • Dates de sortie : 19 mai 2013 ; Sélectionné à la quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes 2013
    • France 11 septembre 2013
Tip-Top film déjanté

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 10 Septembre 2013

Karakara, film canadien (et japonais) de Claude Gagnon, sorti en 2012

  • Gabriel Arcand : Pierre
  • Youki Kudoh : Junko
Pierre, un professeur de philosophie québécois à la retraite débarque tout droit de Montréal sur l’Île d’Okinawa afin de se ressourcer et de repenser sa vie. Il termine un stage de Qi Gong et compte partir tranquillement pour une semaine de découverte de l'île. Mais il rencontre Junko, qui se propose tout d'abord spontanément comme interprète bénévole. Bien qu’il souhaite voyager en toute quiétude, Pierre accepte la présence de cette femme à la quarantaine pétulante et qui lui avoue alors avoir fui le domicile conjugal en raison de l'attitude violente de son mari. Pierre est plutôt confus et hésite à poursuivre cette nouvelle relation inattendue. Mais pris d'un élan difficile à expliquer, il décide de suivre sa destinée, quel que soit l'endroit où cette aventure le mènera et les péripéties qui en découleront.
En japonais, le mot karakara renvoie à une carafe dont on se sert pour la liqueur awamori; signifiant "vide vide", ce mot se veut la reproduction du son de la boule que l’on glisse dans la carafe pour indiquer qu’elle est vide. C’est en buvant de l’alcool que Pierre retrouve goût à la vie. En quelque sorte, karakara correspond à son vide intérieur. Le thème du renouveau de l’homme occidental, fragilisé par un événement personnel dramatique, est mis en avant. La crainte de la mort que le professeur à la retraite ressent se retrouve confrontée à l’apparente éternité des paysages et des pratiques ancestrales japonaises.
Au contact d’un Japon traditionnel fascinant et qui semble figé dans l’histoire depuis une éternité, Pierre puise les forces nécessaires pour remettre en cause ses propres valeurs et retrouver espoir en la vie, aidé en cela par une improbable amourette avec une jeune femme souffrant elle aussi de difficultés dans sa vie personnelle. Dans ce bain de jouvence inspiré par des personnages locaux plus grands que nature et par l’envoûtante beauté des paysages de l’Île d’Okinawa, Claude Gagnon nous renvoie le portrait d’une société japonaise, où la sérénité se vit à chaque instant et où l’artisanat devient source de longévité. Il évite le point de vue touristique lorsqu’il filme la fabrication de kimonos tissés en fibre de bananier (bashofu).
Claude Gagnon ne se gêne pas pour dénoncer la présence des américains, stationnés dans cette île du Japon, dont ils occupent un bon quart, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et des effets néfastes de leur culture bulldozer. Par ailleurs, il n'hésite pas, même si c'est avec humour et légèreté, à dénoncer la violence conjugale, qui existe bien dans ce pays, mais qui reste trop souvent dans la sphère privée.
Karakara est un road movie original et apaisant, qui bénéficie en outre d’une interprétation épatante. Youki Kudoh est une actrice dans la plénitude de son art, surprenante et rafraîchissante. En Gabriel Arcand, Claude Gagnon a trouvé l’acteur parfait pour nous guider dans cette lente quête initiatique en sol japonais. D’une force tranquille, tout en retenue, l’acteur devient en quelque sorte l’alter ego du spectateur, qui partagera avec lui le même agréable dépaysement, le même irrésistible envoûtement, les mêmes surprises, les bonnes comme les mauvaises. Il est savoureux de le voir, lui le végétarien convaincu, savourer un délicieux porc sauté, et lui, le non-violent pacifiste être conduit au poste de police pour avoir fait le coup de poing avec le mari jaloux.
Par rapport à ses films précédents, Claude Gagnon a choisi de simplifier son propos en donnant moins de profondeur psychologique. Karakara est en effet émaillé de plusieurs touches humoristiques qui allègent les tensions sans leur faire perdre leur sens ni leur importance. Ainsi la pudeur légendaire des Japonais est battue en brèche par les cris puissants que pousse Junko dans l'acte d'amour. L’opposition des cultures et des modes de vie se fait ici tout en finesse, dans la contemplation plus que dans la confrontation.

Karakara, un québecois à Okinawa

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Japon, #Okinawa

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Publié le 7 Septembre 2013

Motoi Yamamoto ( japonais : 山本 基, Yamamoto Motoi) plasticien contemporain japonais, né en 1966 à Onomichi (Préfecture d'Hiroshima) a eu une enfance pauvre et a du travailler très jeune

 

 

Motoi Yamamoto redonne vie au sel de manière symbolique et fait saisir son importance vitale par le biais de son art. Le sel de Motoi Yamamoto forme des milliers de ravines et crée un labyrinthe monumental. Autant de chemins de vie, doux, irritants, que le sel, dessine à même le sol.

 

 

Avec une patience infinie, une semaine en moyenne pour la création d'une œuvre, il réalise des installations in situ et éphémères, d’une grande fragilité. Le choix du matériau, le geste et le temps nécessaire rappellent, telle une vanité, notre présence passagère sur Terre.

 

 

En 1994, la soeur de Motoi Yamamoto décède des suites d’un cancer du cerveau. Pour soulager son chagrin, il recherche un thème de travail dont le fil conducteur serait la renaissance entre la mort et de la vie. Il choisit le sel car il est utilisé au Japon après les funérailles ; les personnes qui assistent à un enterrement lancent du sel sur elles avant de rentrer dans leur maison, de manière à se purifier et à chasser les mauvais esprits (comme les sumotori avant le combat). Motoi Yamamoto croit que le sel a le pouvoir de guérir la douleur liée au deuil.

 

On voit dans une de ses vidéos les vastes plaines salées de l’Utah et il explique comment le sel lui permet de faire le lien entre la mort et la vie. Dans le projet "Return to Sea" : le dernier jour d’une exposition, il a demandé aux visiteurs de prendre chacun un peu de sel de son œuvre et de le rejeter en mer.

 



Motoi Yamamoto au travail

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Motoi Yamamoto surprenant artiste du sel
Motoi Yamamoto surprenant artiste du sel
Motoi Yamamoto surprenant artiste du sel

Biennale de Melle, chapelle St Savinien, œuvre de sel, in situ, 2013

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #japon

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Publié le 27 Août 2013

Wendy Mayer est une plasticienne contemporaine galloise née en 1975

Les sculptures de Wendy Mayer se situent aux confins de l'Hyperréalisme, pour les visages par exemple et de l'art naïf ou du surréalisme pour les mises en scène.

Dans le travail de Wendy Mayer, les relations de tailles, d'aspect et d'apparence des personnages représentés est déconcertante. Ces mannequins étrangement réalistes doivent être admirés en se baissant ou à genoux, de sorte que le spectateur est réduit à la vision d'un enfant.

Les enfants semblent en attente de l'affection parentale et leurs corps sont comme des jouets à moitié terminés. Des points en croix, comme des traces de travaux de réparation que ce soit les jouets, les vêtements, ou les corps humains est un leitmotiv dans l'œuvre de Mayer.

Wendy Mayer, dans ses installations sculpturales établit des parallèles entre l'enfance et la violence, de la peur se cache à l'intérieur de ces installations en apparence ludiques. L'hommage de Mayer à l'artiste Louise Bourgeois, la reine du drame familial inquiétant prend la forme d'une boule géante de matière sombre, parsemée d'aiguilles. La tête de l'artiste pousse à l'extérieur avec un col à plumes, souriant à elle-même comme enchantée de l'inquiétude engendrée autour d'elle.

Wendy Mayer artiste hors norme
Wendy Mayer artiste hors norme
Wendy Mayer artiste hors norme

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 24 Juin 2013

Installation Yayoi Kusama

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Rédigé par Nezumi Dumousseaux

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Publié le 22 Juin 2013

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 21 Juin 2013

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Rédigé par nezumi dumousseau

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