Articles avec #art conceptuel tag

Publié le 20 Octobre 2017

Le film suédois de Ruben Östlund, "The  Square", Palme d'or de Cannes est enfin sorti en salles mercredi 18 octobre.

Certaines  séquences sont fortes, à la fois drôles, grinçantes, inattendues, stridentes, et Ruben Ostlund démontre un vrai sens de la saynète et de la cocasserie mettant parfois mal à l'aise le spectateur. Il gratte l'hypocrisie bourgeoise, la mince frontière entre l'art et la communication, ainsi que le fragile vernis de civilisation qui sépare l'homme civilisé de la sauvagerie.

Christian est un quadragénaire de belle prestance, élégant, d’extraction bourgeoise, divorcé avec deux enfants, exerce la profession de conservateur d’un prestigieux musée d’art contemporain.

Il imagine un carré (The Square) à l'intérieur duquel chacun serait bienveillant avec l'autre, doté des mêmes droits et devoirs, réflexion conceptuelle sur la confiance et la solidarité dans la société. Dans le même temps, il est victime d'une manipulation de rue au cours de laquelle il se fait dérober son mobile et son portefeuille.  

Lors d'un grand diner officiel de vernissage, le performer engagé imite un singe et suscite la gêne jusqu'à une violence incontrôlable dans une scène très forte, mais un tantinet trop longue.

Doté d’un sens de l’observation et de l’incongruité qui font souvent mouche, croquant  des personnages qu’il n’aime pas, Ruben Östlund accumule les scènes grinçantes mais ne parvient pas vraiment à installer un enjeu, ni une progression dramatique.
 
Ce film choc est un bon film, mais sûrement pas le meilleur de l'année, et le jury de Cannes, en smoking et noeud papillon ou robe longue, a fait preuve d'un certain masochisme en couronnant cette longue séquence, où le performer-singe martyrise une assemblée  en smoking et noeud papillon ou robe longue.

The Square, Palme d'or contestable

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #art conceptuel

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Publié le 1 Avril 2017

Abraham Poincheval s'est installé dans un poulailler artificiel mercredi 29 mars au Palais de Tokyo. Il va couver une douzaine d'œufs et va tenter de faire éclore ces œufs à la seule chaleur de son corps.
Trois semaines seulement après s'être enfermé huit jours dans un «sarcophage de pierre» taillé à sa silhouette, Abraham Poincheval s'attaque maintenant à son «premier travail avec du vivant».  Il s'est enfermé mercredi midi dans un «vivarium» en plexiglas chargé selon lui de «conserver un air et une humidité assez stables.
La performance, nommée Œuf, doit durer entre 21 et 26 jours. L'artiste ne s'est autorisé qu'une sortie d'une demi-heure chaque jour, afin de ne pas craquer. À l'intérieur, le performeur a de quoi boire et manger, mais aussi une chaise faisant office de table de couvaison, avec un trou à l'intérieur et un système pour poser les œufs.

Abraham Poincheval a réalisé de nombreuses performances avec Laurent Tixador, formant durant plusieurs années le duo Tixador Poincheval. En 2001, ils réalisent Total Symbiose et s’installent sur la partie inhabitée des îles du Frioul afin d’y vivre en complète autarcie dans les conditions de l’ère paléolithique pendant 8 jours. Ils se servent des ressources environnantes pour se nourrir et survivre et n’emportent avec eux uniquement de l’eau potable et une caméra afin de filmer leur vie sur l’île. En 2002, pour L’Inconnu des grands horizons ils se décident à marcher en ligne droite de Nantes à Caen et de Caen à Metz en franchissant les obstacles qui se tenaient devant eux. En 2006 pour Horizon moins vingt Tixador et Poincheval réalisent leur première tentative d’enfermement : les deux artistes entreprennent de creuser un tunnel de vingt mètres de long pendant 20 jours tout en rebouchant derrière eux.

Ses précédentes performances:

*2016 : Vigie / Stylite et La Vigie urbaine.
Il se perche sur un mât à plus de douze mètres du sol une première fois devant La Criée, centre d’art contemporain à Rennes. Il réitère cette performance lors de la Nuit Blanche à Paris (Vigie / Stylite, 2016) cette fois-ci à plus de vingt mètres du sol. Il reste durant 6 jours consécutifs sur une plateforme de 1,6 x 1 mètre avec le nécessaire vital.
Il déclare :
« Quand je suis enfermé à l’intérieur d’une chose, il y a de la matière qui permet de visualiser cet enfermement, qui empêche de voir, bloque la relation avec l’extérieur. Je me suis dit que si je m’enfermais dans le vide, pour ainsi dire, c’est-à-dire dans un contexte plutôt que dans un chose, la performance serait alors différente. »
*2015 : La Vigie (La Rhétorique des Marées vol. 1, Esquibien)
*2015-2016 : La Bouteille (Port-Saint-Louis-du-Rhône – Villeurbanne, Arles, Villeneuve-lès-Avignon, Île de Miribel-Jonage, Andancette, Lausanne Suisse)
Il remonter le Rhône de Lyon jusqu’en Suisse dans une grande bouteille en verre dont l’entrée (le goulot) mesure 60 cm de diamètre : il ne peut entreprendre la sortie qu’avec l’aide d’une tierce personne. Durant plusieurs semaines l’artiste voyage à l’intérieur de sa bouteille et effectue des arrêts tout au long de sa remontée. Parti de Villeurbanne, un camp de base est installé à l’IAC centre d’art contemporain de Villeurbanne, le public pouvait à l’occasion s’entretenir avec l’artiste lors de rendez-vous skype.
*2014 : Dans la peau de l'ours (Musée de la chasse et de la nature, Paris)
Pendant 13 jours l’artiste hiberne dans le ventre de l’animal.
*2012 : 604800s (Marseille)
Dispositif lui permettant de passer une semaine sous terre dans un trou de 60 cm de diamètre. L’espace situé au milieu de la librairie de l’Histoire de l’œil à Marseille est refermé par un rocher qui bouche l’entrée.

Abraham Poincheval couve des oeufs

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #art conceptuel

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Publié le 11 Octobre 2015

Invité en 2015 à représenter le Danemark, à la Biennale de Venise, le plasticien est aussi choisi par François Pinault pour mettre en scène sa collection à la Punta della Dogana. Il est également présent à la Monnaie de Paris pour l'exposition Take me

Danh Vo est né à Ba Ria. Après la victoire des communistes et la chute de Saigon, la famille Vo se réfugie à l'île de Phu Quoc. Alors qu'il avait 4 ans, sa famille fuit en bateau et est secouru en mer par un cargo appartenant à la compagnie danoise Maersk. La famille s'installe au Danemark. Leur assimilation à la culture européenne et les événements qui ont mené à leur départ de Vietnam sont reflétées dans l'art de Vo, qui juxtapose l'historique et le personnel.

Les œuvres de Danh Vo, apparemment intimes, sont imprégnées de force politique. Sans être directes et frontales, elles interrogent les rapports de pouvoir qui sous-tendent les sociétés libérales, les règles qui les régissent et la fragilité de l’idée d’État-nation. Elles révèlent la complexité des échanges entre les peuples dans le contexte de la décolonisation. Le travail de l’artiste se construit autour de la circulation des valeurs, qu’elles soient matérielles, économiques, symboliques ou spirituelles.

À la Biennale de Berlin de 2010, Danh Vo installe dans un petit appartement, outre les lettres de Théophile Venard dupliquées par son père, la Rolex de celui-ci, son briquet Dupont et sa chevalière, qui représentaient les aspirations occidentales de la famille. Il déclare: «J’ai une formation d’artiste, je l’ai déjà dit dans plein d’autres interviews, j’en sais plus sur l’art que sur l’histoire, et j’ai raté tous mes examens d’histoire à la fac, donc ne faites pas confiance à mes jugements historiques ! J’agence des choses entre elles pour regarder comment elles fonctionnent

En 2013 à Paris, il présente des bouts de fauteuils dépiautés, le cadre d’un côté, la bourre de l’autre, le cuir ailleurs, ayant appartenu à Robert McNamara, secrétaire à la Défense de 1961 à 1968 sous Kennedy et Lyndon B. Johnson. McNamara souhaitait le désengagement des Etats-Unis au Vietnam, mais géra aussi la «sale guerre». Il devint ensuite président de la Banque mondiale. Pas loin, trois lustres de la salle de bal de l’Hôtel Majestic, où furent signés le 27 janvier 1973 les Accords de Paris entre les Etats-Unis et le Vietnam. Dans le grand corridor du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, des bouts de la statue de la Liberté, reproduits en cuivre et en taille réelle, intitulés We the People. Et puis des cartons d’emballage d’Evian, dont les typos sont refaites à la feuille d’or. Enfin, la dernière lettre de Théophile Venard, missionnaire qui sera décapité au Vietnam en 1861.

Il déclare : « Aujourd'hui, l'industrie de l'art a surtout pour préoccupation de divertir le public. L'artiste a donc une vraie responsabilité de s'engager. Et même s'il échoue, il doit prendre tous les risques . Mon travail s'efforce de rendre très étrange le très familier. Dialogue entre la petite et la grande histoire, chacune de mes sculptures et installations mêle références autobiographiques, problématiques post-coloniales, allusions à la question gay... J'aime rappeler que toute production culturelle naît d'un contexte de guerre ou de problématiques sociétales et économiques, des conquistadors à l'éviction des Maures d'Andalousie. Je ne parle pas du Vietnam, mais des pouvoirs qui composent l'histoire ».

Expositions récentes:

Statue de la Liberté MAM Paris 2013

Statue de la Liberté MAM Paris 2013

Danh Vo du boat people à la Fondation Pinault

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #art conceptuel, #Danh Vo

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Publié le 9 Octobre 2015

Dans les années 1960, Feldmann étudie la peinture à l'Université des Arts et de Design Industriel de Linz en Autriche. Il a commencé à travailler en 1968, par la production de petits livres réalisés à la main qui allait devenir une des constantes de son travail. Ces livres modestes, sobrement intitulés Bilde (photo) ou Bilder (photos), comprennent une ou plusieurs reproductions d'un certain type précis de photo, les genoux des femmes, des chaussures, des chaises, des stars de cinéma, etc . Leurs sujets sont isolés dans leur cadrage et présentés sans légende. En 1979 Feldmann décidé de se retirer du monde de l'art et de faire des livres et des photos pour lui-même. En 1989, le conservateur Kasper König persuade Feldmann d'exposer à nouveau dans une galerie .

Hans-Peter Feldmann devient alors un des initiateurs du courant de l'art conceptuel dénommé art d’appropriation. Il produit depuis ses débuts des œuvres utilisant des objets trouvés ou des photographies récupérées, issues de journaux ou achetées dans des marchés aux puces.

Abondante et protéiforme, livres, lettres, installations, performances, son œuvre puise ses sources dans la société de consommation de masse et se présente selon des modalités de collection, d’inventaire et de classification.

  • Profil without words (2000) est la réplique d'un magazine d'actualité duquel on a retiré tous les textes pour n'en retenir que les photographies, leur séquence et leur positionnement dans la page. Faisant parler les images par elles-mêmes, ce projet révèle la mise en forme visuelle des affaires courantes que produisent les médias imprimés. Conçu dès la fin des années 1960, il ne verra finalement le jour que le 7 février 2000, grâce à l'initiative de museum in progress et la collaboration du magazine profil.
  • En 2001 le Museum Folkwang Essen expose «100 ans», une exposition composée de 101 portraits photographiques de personnes âgées de 8 mois à 100 ans.
  • En 2008, à l'International Center of Photography, il remplit une pièce avec les premières pages encadrées de 100 journaux, de New York, Paris, Dubaï, Sydney, Séoul et ailleurs, imprimés le 12 septembre 2001, le lendemain des attentats du World Trade Center.
  • Présenté à Dortmund un livre, "1967 à 1993, Die Toten, RAF bis heute" reproduit des images de journaux de toutes les vies perdues à cause de la violence et le terrorisme ne imprégné l'histoire allemande contemporaine.

En 2010, il est récompensé par le Prix Hugo Boss, devenant à 69 ans, le plus âgé des lauréats de ce prix. Le montant de ce prix est de 100 000 $. Il réinvestit cette somme en 100 000 billets de 1$, qu'il colle sur les murs du Musée Guggenheim, en 2011, lors de l'exposition faisant suite à ce prix. Des billets usagés, épinglés à l’horizontale. Vue de loin les murs sont d’une teinte verte dégradée, morne et fade. Vue de près on relève sur eux des traces, des marques, laissées par le temps et par leurs propriétaires temporaires. Ces billets évoquent leur circulation, la saleté d’un objet qui passe de mains en mains. Ils illustrent la folie, et le caractère obscène, du pouvoir marchand. Ce prix étant divisé en une même valeur unitaire, le montant global perd alors de sa puissance, penser voler l’ensemble est impossible, ou très fastidieux, et ne voler qu’un billet ne rapporterait rien.
Il déclare : « J'ai 70 ans, et j'ai commencé à faire de l'art dans les années 50. A cette époque, il n'y avait pas d'argent dans le monde de l'art. Donc pour moi, 100.000 dollars, c'est vraiment beaucoup. C'est vraiment incroyable, et je voulais montrer la quantité que ça représente. Au cours des dix ou quinze dernières années, l'art est devenu de plus en plus monumental. C'est, à mes yeux, une forme de maniérisme. L’art essaye d'utiliser la taille pour avoir encore plus d'impact ».

Hans-Peter Feldmann, en réaction avec les pratiques courantes du marché de l'art, ne limite pas les tirages de ses œuvres et par ailleurs, ne les signe pas.

Expositions (sélection)
  • 1972 - Billeder af Feldmann (Bilder von Feldmann), Daner Galleriet, Copenhague
  • documenta 5, Kassel
  • documenta 6, Kassel
  • 1995 Take Me (I'm Yours) Serpentine Gallery, Londres
  • 1999 Bücher, Neues Museum Weserburg Bremen
  • 2001 Hans-Peter Feldmann, «100 ans», Museum Folkwang Essen
    • Hans-Peter Feldmann 272 pages, Fundacio Antoni Tàpies Barcelona
  • 2003 Biennale de Venise
  • 2011 100 000$ Guggenheim Museum, New York (en tant que lauréat du Prix Hugo Boss)
  • 2012 Serpentine Gallery, Londres
  • 2013 Deichtor Hallen, Hambourg
  • 2015 Postcards (cartes postales de la Tour Eiffel, Paris), Take Me (I'm Yours), Monnaie de Paris
  • 2016 303 Gallery New-York
Genoux, 1969

Genoux, 1969

100 000 $ , Prix Hugo Boss , Guggenheim New York, 2011

100 000 $ , Prix Hugo Boss , Guggenheim New York, 2011

Postcards,  Take Me (I'm Yours), Monnaie de Paris, 2015

Postcards, Take Me (I'm Yours), Monnaie de Paris, 2015

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art conceptuel, #art contemporain

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Publié le 7 Octobre 2015

Félix González Torres, près de 20 ans après sa mort (du sida), artiste conceptuel américain d'origine cubaine, est toujours à l'honneur. Né en 1957 à Guáimaro (Cuba) et mort le 9 janvier 1996 à Miami, son œuvre est courte (1986/1995), ramassée en une douzaine de gestes : les montages et les c-prints à partir de 1986, les photostats, les puzzles et les horloges à partir de 1987, les piles de posters et les Travaux de sang à partir de 1988, les rideaux, les affiches et les portraits à partir de 1989, les tas de bonbons à partir de 1990, les miroirs, les guirlandes d’ampoules et les rideaux de perles à partir de 1991. Tous ces travaux, à part les montages et les Travaux de sang, sont des reproductions.

Il produit, entre 1987 et 1992, 64 photographies montées sur puzzles et exposés dans leur emballage plastique. « À l’opposé de la photographie protégée par son cadre, le puzzle désigne donc l’image comme un objet proche, intime, ludique et fragile que l’on doit essayer de maintenir dans son intégralité si l’on veut en jouir ou en jouer.»

Ses souvenirs filtrent son passé à travers les sous-titres chuchotés de ses œuvres : Perfect Lovers, March 5th, Revenge... Ils se matérialisent dans les photos de son enfance qu’il transforme en puzzles. Menaçant de se disperser, ces puzzles signifient une fragilité ; le souvenir devient la reconnaissance de l’absence ou de la perte. Mais ce procédé lui permet aussi de s’inscrire dans la lignée des artistes minimalistes et conceptuels dans une économie de moyen, par l’emploi d’objets industriels, et de fait, reproductible.

Il utilise notamment des photos tirées des Mass Medias pour révéler, non sans ironie, l’hypocrisie sous-jacente à notre culture. Untitled (Klaus Barbie as a family man) présente par exemple le portrait apparemment anodin d’une famille. Mais l’homme au centre, entouré de ses enfants, est en réalité le criminel de guerre nazi Klaus Barbie ayant fui son jugement et dont on retrouva la trace en Bolivie au début des années 1970. Ce genre de sanctions sociales imprègne toute l’œuvre de González-Torres.

Expositions (sélection)

  • 1995 Felix Gonzalez-Torres - Solomon R. Guggenheim Museum, New York
  • 1994 Traveling - Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, DC
    • The Fabric Workshop and Museum, Philadelphie
  • 1989 Untitled - Brooklyn Museum of Art, New York
  • 1988 Félix González-Torres - New Museum of Contemporary Art, New York


Post-mortem

"Untitled" (Perfect Lovers), 1991 , consiste en deux horloges industrielles, identiques et parfaitement synchronisées, symbole pour lui des amants parfaits:

 

Fait unique, le pavillon des États-Unis à la Biennale de Venise 2007 est entièrement consacré à un artiste mort depuis plus de 10 ans. Les amants parfaits sont symbolisés par deux piscines jumelles, qui, au point de tangence, communique par un mince filet d'eau

 

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Biennale de Venise, #art conceptuel

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Publié le 18 Septembre 2015

Rebecca Horn grandit dans l'Allemagne de l'après-guerre et apprend tôt à faire de l'art une forme d'expression privilégiée par rapport au langage.

À l'adolescence, Rebecca Horn suit les cours de la Hochschule für bildende Künste de Hambourg, puis en 1964, s'installe momentanément à Barcelone, où elle contracte une infection pulmonaire. Elle doit passer un an dans un sanatorium, cette expérience de l'isolation totale et de la souffrance est déterminante dans l'orientation de son œuvre, très liée au corps. L'artiste commence à réaliser des « body-sculptures » en tissu, dans l'espoir de « réprimer sa solitude en communiquant par des formes organiques », et travaille sur des extensions de corps ou des prothèses.

À la fin des années 1960, Rebecca Horn commence à réaliser des performances. Unicorn (1970) est l'une de ses œuvres les plus connues : une jeune fille « prête à marier » se promène dans la nature, portant uniquement une corne blanche sur le front, et les bandages qui la maintiennent, image à la fois mythique et moderne. Parmi ses extensions, les Finger Gloves (1972) et Feather Fingers (Doigts de plumes, 1972) lui permettent de créer l'illusion de nouvelles sensations de l'espace. Rebecca Horn utilise à plusieurs reprises les plumes dans les années 1970 et 1980 pour réaliser des sortes de cocons, de masques ou d'éventails pour dissimuler le corps.

Après avoir réalisé un ensemble de performances (Toucher les murs des deux mains en même temps, 1972-1975) et d'objets en relation au corps (masque-crayons, 1972), Rebecca Horn construit des machines animées. Son travail mêle allusions littéraires (à Joyce, Beckett ou Willy) et références sexuelles métaphysiques ou cinématographique, autobiographiques. Elle installe, suspendus à des chaînes, accrochées à des tiges de métal, toutes sortes d'objets.

Elle élabore des scénarios où interviennent des oiseaux, des serpents, de l'eau, de l'encre mais aussi des armes, des chaussures ou des instruments de musique, transformés en automates, en « sculptures-performances ». Des textes poétiques évoquent ses pièces et sont repris dans ses films.

Rebecca Horn a également réalisé plusieurs films, comme La Ferdinanda (1981), où se révèle son obsession du corps imparfait. Elle vit et travaille à Berlin et Paris.

1974

1974

Rebecca Horn, performeuse allemande

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #art conceptuel

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Publié le 21 Juillet 2015

Clinamen se présente comme une ou plusieurs piscines bleutées, à la surface de laquelle des bols de porcelaine blanche évoluent et tintinnabulent, créant ainsi un paysage visuel et auditif, à la fois apaisant et immersif. La simplicité apparente de l’installation est inversement proportionnelle à la fascination qu’elle exerce sur le visiteur. Les récipients, qui se percutent dans un bassin circulaire sous l’effet d’un léger courant, produisent une mélodie similaire à celle générée par des bols tibétains. La persistance rétinienne et auditive engendrée par le dispositif invite ainsi le spectateur-auditeur à s’abstraire de son environnement pour se concentrer exclusivement sur l’écoute.


Rien ou presque n’est laissé au hasard dans le processus de composition très élaboré de ces piscines, pourtant nées dans l’appartement même de l’artiste. Car c’est en compositeur que Céleste Boursier-Mougenot configure les différents paramètres qui permettent la transformation de ces objets en un instrument sophistiqué capable de générer ses propres sonorités sans qu’aucun interprète n’intervienne. L’œuvre est d’emblée envisagée comme la transposition d’une partition en un dispositif visible qui génère une forme sonore.
Cette installation a été exposée dans de nombreuses institutions culturelles: Vidéo sur Youtube

  • 1997 première apparition au CAPC Musée de Bordeaux
  • 1999 Frac Lorraine
  • 2011 Pinacothèque de São Paulo,
  • 2012 National Gallery of Victoria
  • 2013 Galerie Mazzoli de Berlin en 2013.
  • 2013 Musée d'art contemporain de Tokyo
  • 2015 Centre Pompidou-Metz

De 1985 à 1994, Céleste Boursier-Mougenot, musicien de formation, a été le compositeur de la compagnie Side One Posthume Théâtre du metteur en scène Pascal Rambert.

A partir de 1994, Céleste Boursier-Mougenot réalise des installations. Ses matières premières sont le son et l'espace. Il est surtout célèbre pour ses installations sonores, notamment son concert de mandarins guitaristes, From Here to Ear. Il a été le premier artiste français lauréat de l’International Studio Program (PS1) à New York en 1998-1999. En 2009, il est lauréat du prix Les David de l’art contemporain.

À partir de situations ou d'objets les plus divers, dont il parvient à extraire un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie, pour générer le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes.

Céleste Boursier-Mougenot est nommé pour le Prix Marcel Duchamp 2010

Clinamen par Céleste Boursier-Mougenot

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 20 Janvier 2015

Malachi Farrell plasticien contemporain irlandais né en 1970 à Dublin, vit et travaille en région parisienne, à Malakoff. Il est arrivé en France en 1972 lorsque ses parents on décidé de quitter l'Irlande pour s'installer à Paris.

Il utilise en effet le son, la lumière, la chorégraphie de machines et d'objets articulés par des circuits électroniques complexes dont il dessine lui-même les plans. Dans ces mises en scène mêlant bricolage et technologies de pointe, Malachi Farrell raconte des fables contemporaines empreintes d'une forte charge sociale et émotionnelle, où le spectateur, continuellement mis en danger, est amené à prendre conscience du devoir d'engagement face à une société qu'il considère trop souvent brutale. Il compose avec l'humour, utilisant la satire et la caricature, il peut donc en ce sens se rattacher à Daumier ou à Beckett, son art est avant tout politique et dénonciateur.

Il œuvre à des chorégraphies électro-mécaniques, celles conditionnant notre environnement, en prenant en compte un vocabulaire issu de la culture punk et industrielle, soupe dans laquelle l'artiste est tombé lorsqu'il était petit. Ses dispositifs débordent parfois vers un genre et un esprit proche du théâtre (de rue). De même, les situations qu'il met en place ouvrent le point de vue sur une culture qu'il a pu se constituer en partageant une mixité d'origines (il partage la culture française et irlandaise).

Malachi Farrell crée des machines animées dotées de circuits électroniques combinant la précision des technologies de pointe et l’ingéniosité du système D. Avec elles, ils composent des mises en scène spectaculaires qui plongent le visiteur dans un tohu-bohu de sons et d’images plein d’émotions. Associant de façon inattendue les procédés du divertissement populaire à un discours critique sur la violence des sociétés ou le pouvoir des médias, il renouvelle la position de l’artiste engagé, rappelant à la fois la féerie des sculptures de Tinguely et le burlesque d’un Charlie Chaplin. Ses installations associent éléments recyclés, détournés, fabriqués, au son et à la lumière. Placé au cœur de fables contemporaines, le spectateur est amené à prendre conscience du devoir de s’engager personnellement face à la brutalité du monde. Il utilise régulièrement les musiques de son frère Docteur L.

Malachi Farrell, agitateur irlandais

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 16 Juin 2013

Quand les attitudes deviennent forme (When attitudes become form : live in your head ; Wenn Attituden Form werden) fut une exposition historique et fondatrice réalisée en 1969, à la Kunsthalle de Berne, par Herald Szeemann.

En 2013, La Fondazione Prada présente l'exposition «Quand les attitudes deviennent forme: Bern 1969/Venice 2013» organisée par Germano Celant Le palais vénitien Ca' Corner della Regina abrite un projet visant à reproduire l'exposition de 1969 par une tentative de superposition des lieux, pourtant très différents, et de restauration, reconstitution, recréation de la plupart des œuvres.

 

L'exposition de 1969

 

En 1969, la Kunsthalle de Berne a été occupée par de jeunes artistes révolutionnaires (parmi lesquels Joseph Beuys), en explorant une rencontre dialectique avec le conservateur, une nouvelle approche de l'art et de l'architecture, caractérisé par des processus libérateur et interactif, en surmontant les limites préconçues.

Cette exposition présentait tous le membres éminents de l'Arte Povera, mais aussi les précurseurs du Land Art et un certain nombre d'artistes conceptuels et fut un moment unique de rencontre entre des artistes venus d'Europe et d'Amérique du Nord. Manquaient à l'appel les Japonais du Mono-Ha, qui au même moment, effectuaient des recherches similaires, comme le montre bien l'exposition Prima Materia (Punta della Dogana, 2013).

 

La rétrospective de 2013

 

La Fondazione Prada présente l'exposition «Quand les attitudes deviennent forme: Bern 1969/Venice 2013» opère la reconstitution, recréation de la plupart des œuvres. Certaines cependant sont représentées par de simples photos noir et blanc d'époque, ou des reproductions de documents préparatoires. Dans ce cas l'emplacement de l'œuvre originale est délimité par des pointillés blancs.

Le rôle majeur du Herald Szeemann comme un conservateur radical et novateur est souligné. Les documents inédits provenant des archives Szeesmann sont également affichés.

Ce dispositif se présente comme une tentative quasi archéologique avec l'avantage de replonger le spectateur dans la scénographie de 1969, mais quelques inconvénients, comme celui de ne pas être en harmonie avec le magnifique cadre baroque du palais vénitien, et aussi celui de ne rien montrer de l'évolution ultérieure de chaque artiste. Beaucoup ont continué une brillante carrière, sans s'écarter fondamentalement des principes de 1969, certains sont tombés dans l'oubli, mais très peu sont revenus vers une peinture ou une sculpture plus traditionnelle.

 

Quand les attitudes deviennent forme
Quand les attitudes deviennent forme
Quand les attitudes deviennent forme

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #arte povera, #land art, #art conceptuel, #fondation Prada

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