Articles avec #japon tag

Publié le 12 Février 2017

Rendons hommage à Jirô Taniguchi mangaka japonais, mort, à l'âge de 69 ans, samedi 11 février 2017.

Invité pour la première fois en 1991 au Festival d'Angoulême, Jirô Taniguchi était alors inconnu. Il était revenu en 2015 comme invité d'honneur.

Lecteur dans sa jeunesse de mangas, il décide de devenir mangaka en 1969, et devient l'assistant de Kyūta Ishikawa. Il publie sa première bande dessinée en 1970 : Kareta heya, puis devient assistant de Kazuo Kamimura. C'est à cette époque qu'il découvre la bande dessinée européenne, alors inconnue au Japon, et dont le style (netteté et diversité du dessin), notamment celui de la Ligne claire, va fortement l'influencer.

Il s'associe dans les années 1980 avec les scénaristes Natsuo Sekikawa (également journaliste) et Caribu Marley, avec lesquels il publiera des mangas aux styles variés : aventures, policier, mais surtout un manga historique, Au temps de Botchan ( Botchan no jidai, 2002-2006), sur la littérature et la politique dans le Japon de l'ère Meiji.

Autour du thème de la relation entre l'homme et la nature, il s'attache particulièrement à l'alpinisme, avec K, Le Sauveteur, Le Sommet des dieux (Kamigami no Itadaki, 2004). L'histoire présente deux thèmes principaux, tous deux inspirés de faits réels et articulés autour des enquêtes du photographe Fukamachi Makoto . Le premier est la rivalité entre deux alpinistes japonais, Hase Tsunéo, qui a été fortement inspiré de Tsuneo Hasegawa, alpiniste conventionnel, et Habu Jôji, d'origine modeste et marginalisé par une ascension ayant entrainé la mort de son coéquipier. Il est maintenant obligé de grimper en solitaire et dans la clandestinité.
Le second thème, qui maintient le suspense tout au long des 5 tomes, est le mystère entourant le sort de George Mallory, le célèbre alpiniste qui fut le premier à essayer de vaincre l'Everest. George Mallory disparût avec Andrew Irvine, lors de cette ascension en 1924, sans que l'on puisse savoir s'ils sont parvenus au sommet. L'appareil photo de Mallory, jamais retrouvé, pourrait fournir des indices précieux, et celui-ci serait peut-être réapparu dans une boutique de Kathmandou.

Son dessin, bien que caractéristique du manga, est cependant accessible aux lecteurs qui ne connaissent que la bande dessinée occidentale. Taniguchi dit d'ailleurs trouver peu d'inspiration parmi les auteurs japonais, et est plus influencé par des auteurs européens, tel que Jean Giraud, avec qui il a publié Icare, ou François Schuiten, proche comme lui de La Nouvelle Manga, mouvement initié par Frédéric Boilet, le promoteur du manga d'auteur en France.

Son histoire d'amour avec la France débute en 1995 lorsque Casterman publie L'Homme qui marche. Ces déambulations dans les rues de Tokyo sont prétextes à l'observation, aux souvenirs et aux plaisirs minuscules que procurent la vue d'un arbre ou le rire d'un enfant, ces récits de promenade inaugurent un genre nouveau.

Le vrai déclic se produit en 2002 avec Quartier lointain (Haruka-na machi, 2002). Cette histoire fantastique d'un quadragénaire condamné à revivre l'année de ses 14 ans devient par la grâce du bouche-à-oreille un phénomène d'édition. Plus de trois cent mille exemplaires vendus et un intérêt qui ne faiblit pas, puisque en 2010 le manga a été porté à l'écran par le Belge Sam Garbarski, puis adapté un an plus tard au théâtre par le Suisse Dorian Rossel. Virtuose de la mise en scène, le mangaka sait faire parler les images. Il excelle dans les décors minutieux et les situations suspendues où les regards, les silences et les non-dits en disent davantage que n'importe quel dialogue. Densité de l'image et économie de paroles pour un maximum d'émotion.

Notons encore Les Années douces ( Sensei no kaban, 2008 ).Tsukiko, 35 ans, croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Elle est, semble-t-il, une célibataire endurcie, quant à lui, il est veuf depuis de longues années, et dépasse les 70 ans. La relation de Tsukiko et du Maître est indéfinissable, parfois distante et presque froide, parfois proche de celle d'un couple d'amoureux, parfois d'une très forte amitié, parfois simplement de deux êtres qui se découvrent et sont apaisés par les mêmes choses est, quoi qu'il en soit, singulière est douce, douce comme ces années qu'ils passeront à se croiser et s'arrêter l'un à côté de l'autre. Mais insensiblement le hasard fait place aux rendez-vous programmés et l'amour platonique devient contacts physiques poussés.

Taniguchi, pourtant, n'était pas toujours prophète en son pays. Sa notoriété y est sans commune mesure avec la passion qu'il suscite en France. Adapté en série et diffusé sur TV Tokyo, Le Gourmet solitaire ( Kodoku no gurume, 2005) fait d'excellentes audiences, les déambulations tokyoïtes d'un commercial en costard-cravate à la recherche des gargotes où l'on prépare encore le porc sauté, les haricots noirs sucrés ou les beignets de poulpe à l'ancienne passionnent un public urbain à la recherche de ses racines. Sorti au Japon en 1994 dans un quasi-anonymat et réédité depuis la diffusion de la série, le manga s'est écoulé à plus de quatre cent mille exemplaires.

Hommage à Jirô Taniguchi

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #Manga

Repost 0

Publié le 18 Septembre 2015

Tatsuo Kawaguchi ( : 河口 龍夫) plasticien contemporain japonais né en 1940 à Kôbe

Tatsuo Kawaguchi est un peintre sculpteur d'assemblages, multimédia; conceptuel. Élève de l'Université des beaux-arts Tama à Tokyo, il en sort diplômé en 1962.

En 1968 et 1973, il reçoit le Prix de La JAFA. Il enseigne à l'Université de Akashi.

Dès ses débuts, son intérêt pour l'art conceptuel apparaît dans sa peinture. Ensuite, il utilise la lumière, la vidéo, la photo, le film, en tant que nouveaux médias. Il réalise des assemblages de repères, répartis dans l'espace, dont certains sont excités électriquement.

  • 1962 : première exposition personnelle à Osaka
  • 1972 : première Biennale de Kyoto
  • 1973 : 3e Biennale de Paris
  • 1974 : L'Art Japonais d'aujourd'hui au Musée d'art contemporain de Montréal
  • 1989 : « Magiciens de la Terre » , exposition présentée simultanément au Centre Georges-Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, à Paris.
  • 2003 : Echigo-Tsumari Art Triennial, Echigo-Tsumari, Niigata
  • 2010 : The Setouchi International Art Festival, Shodoshima, Kagawa
Stone and Light no. 4

Stone and Light no. 4

Setouchi International Art Festival, 2010

Setouchi International Art Festival, 2010

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost 0

Publié le 16 Octobre 2014

Masunobu Yoshimura ( japonais 吉村益信, Yoshimura Masunobu) plasticien contemporain japonais, né en 1932 à Ôita (île de Kyushu) et décédè en 2011

En 1960, le groupe nouvellement formé des Neo-Dada Organizers se réunissaient dans son atelier, connu sous le nom de « White House ». Là, ils rédigeaient des tracts, allaient manifester dans la rue et travaillaient en vue des Indépendants Yomiuri. Par la suite Masunobu Yoshimura lui-même sera surnommé "White House".

En avril 1960, à la première exposition du groupe, à la Galerie Ginza de Tokyo, Masunobu Yoshimura s'enveloppe dans les affiches de l'exposition jusqu'à ressembler à une momie. Il déambule ainsi déguisé dans les rues du quartier.

Dans les années 1960, il fonde son travail sur la technologie et produit des sculptures comme Anti-Material; Light on Möbius, 1968 , composé d'ampoules monté sur un ruban de Möbius. Il est retenu comme artiste pour le pavillon du Japon à l'exposition universelle d'Osaka en 1970; il y présente Ô Garasu (peut signifier un verre , glass, ou, un grand corbeau).

happening à Ginza avril 1960

happening à Ginza avril 1960

Pig; pig lib 1971

Pig; pig lib 1971

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost 0

Publié le 13 Octobre 2014

Tatzu Nishi aime manipuler les conventions, notamment celles qui président aux notions du beau et du laid. Il détourne de leur fonction des objets ou monuments de l’espace public. Son travail s’attache particulièrement à tous les objets qui composent nos villes : bancs publics, lampadaires, arrêts de bus et surtout monuments et statues. En les détournant de leur fonction première, en les mettant dans des situations inattendues, incongrues, il les révèle sous une lumière différente, drôle et poétique. Le plus souvent, il intègre ces objets de l’espace public à l’intérieur d’espaces privés.

Depuis 2001, il développe un travail plus ambitieux autour des grandes sculptures classiques qu’on trouve dans toute ville. Ces statues, par la force de l’habitude, deviennent quasiment invisibles aux yeux du citadin. En les intégrant dans des espaces clos de type privatif, il les met à nouveau en lumière, et propose une relation toute autre entre l’œuvre et le visiteur. Toutes les pièces que Tatzu Nishi a réalisées dans les grandes manifestations artistiques auxquelles il a participé, ont été perçues comme de véritables évènements.

La plupart de ses réalisations sont temporaires, mais habitables. Il est souvent possible de réserver pour une nuit ses chambres provisoires. Quelques réalisations sont pérennes comme la Villa Cheminée de Cordemais, réalisée dans le cadre d'Estuaire, entre Nantes et St Nazaire.

Tatzu Nishi ( japonais : 西野 達, Nishino Tatzu) plasticien contemporain japonais est né en 1960 à Nagoya.
Il utilise également les pseudonymes Tazu Roos, Tatzu Oozu,Tatsurou Bashi ou Tazro Nishino.
Tatzu Nishi a étudié à l'Université d'Art de Musashino , à Tokyo de 1981 à 1984.
Il s'installe en Allemagne à partir de 1989 et s'inscrit à Kunstakadamie de Münster.
Tatzu Nishi vit et travaille en Allemagne (Berlin) et au Japon (Tokyo)

Plus de détails : Tatzu Nishi plasticien contemporain (1960)

Villa Cheminée , Cordemais, depuis 2009

Villa Cheminée , Cordemais, depuis 2009

Villa Victoria, Liverpool, 2002

Villa Victoria, Liverpool, 2002

Hotel Manta, Helsinski, Finlande, 2014

Hotel Manta, Helsinski, Finlande, 2014

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost 0

Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto est photographe mais aussi plasticien comme en témoigne sa rénovation du sanctuaire Go'O à Naoshima.

Dans une exposition (très) personnelle au Palais de Tokyo à Paris (25 avril au 7 septembre 2014) , Hiroshi Sugimoto explore la nature du temps, de la perception et les origines de la conscience. «Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive]» est une nouvelle version d’une exposition que Hiroshi Sugimoto élabore depuis une dizaine d’années en juxtaposant ses collections d’objets, provenant d’époques et de cultures disparates, et ses oeuvres photographiques. Les objets de sa collection sont ses doubles et sont indispensables à l’artiste en tant que sources d’enseignements qui lui permettent de renouveler son art. En se nourrissant de références au roman L’Étranger d’Albert Camus et aux objets ready-made de Marcel Duchamp, l’artiste a mis en scène un monde après la fin de l’humanité, c'est une vision personnelle de l’Histoire vue depuis l’avenir tel qu'il l'imagine.

L’exposition est constituée d’une trentaine de scénarios, racontés par différents personnages fictifs: un apiculteur, un spécialiste des religions comparées ou encore un homme politique qui choisissent de préserver (ou non), pour le futur, leur patrimoine génétique individuel.

Conçue comme une sorte de ruine en résonance avec l’architecture atypique du Palais de Tokyo, l’exposition est la plus importante jamais réalisée en Europe par l’artiste, et aussi un projet unique qui témoigne de son large champ d’activité, depuis la littérature jusqu’à l’architecture. Elle est à l’image de sa tentative de comprendre l’art et l’histoire humaine selon une vaste échelle temporelle qui dépasse largement celle de l'humanité, tout en incluant sciences, religion, économie.

Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain

Repost 0

Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto , né le 23 février 1948, est d'abord un photographe. Son œuvre photographique se compose de séries ayant chacune un thème différent mais partageant une logique semblable. Sugimoto est réputé pour son utilisation du format 8×10 pouces et des expositions extrêmement longues. Ses photographies sont toujours en noir et blanc.

Hiroshi quitte en 1968 le Japon pour Los Angeles. Il y découvre l’art conceptuel qui va influencer son travail mais aussi le dadaïsme et le surréalisme.

Sugimoto a commencé son travail par Dioramas, en 1976, une série dans laquelle il photographie des présentoirs dans des muséums d'histoire naturelle.

Sa série Portraits, commencée en 1999, est fondée sur une idée semblable. Sugimoto photographie des figures en cire d' Henry VIII et de ses épouses. Ces figures sont fondées sur des portraits du XVIe siècle ; lors de la prise des clichés de cette série, Sugimoto essaye cette fois de recréer l'éclairage utilisé par le peintre.

Commencé en 1978, la série des théâtres l'a amené à photographier de vieux cinémas et drive-in américains. Sugimoto choisit d'exposer le film pendant toute la durée de la séance, le projecteur du cinéma fournissant l'unique source de lumière. L'écran lumineux et intensément blanc est au centre de le composition, les détails architecturaux et les sièges du cinéma devenant les seuls sujets de ces photographies. L'unique source de lumière donne à ces travaux un aspect irréel et donne à Sugimoto l'occasion de montrer le temps qui passe au travers de la photographie, technique de l'instantané.

Série commencée en 1980 , les Seascapes capturent l’essence de paysages marins du monde entier en n’en retenant que les éléments fondamentaux, l’air et l’eau.

Ses photos de monuments religieux sont empreints d'une grande spiritualité. Ses poses longues, là encore permettent à la lumière de se diffuser, de donner l'impression que celle-ci "contourne" le monument, rendant ainsi perceptible le temps.

En 2007, ses photos de robes, pour des réalisations de grands couturiers comme Junya Watanabe (Comme des Garçons), Issey Miyake, ou Rei Kawakubo sont réalisées sur des mannequins de cire, mais le cadrage et le velouté des photographies peut laisser penser à des modèles vivants.

En 1995, il reçoit le  Prix Higashikawa

série dioramas : Cheetah

série dioramas : Cheetah

Théâtre

Théâtre

Seaspaces

Seaspaces

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

Hiroshi Sugimoto est intervenu comme maître d'œuvre dans la rénovation d'un temple shintô à Naoshima, dans le cadre du projet Benesse Art House

Le Sanctuaire Go'O était un temple secondaire, datant de la période Edo.
Hiroshi Sugimoto a restauré le bâtiment principal et conçu une nouvelle structure, dénommée Appropriate Proportion , et achevée en 2002 . Un escalier en verre de qualité optique, faisant penser à des blocs de glace, relie le bâtiment principal à une chambre de pierre souterraine, il unit le ciel et la terre; la sortie latérale de cette chambre souterraine se situe face à la mer, réalisant ainsi une liaison avec l'élément liquide.

Esthétiquement, les principaux éléments s'appuient sur le style architectural du début des sanctuaires (tels que le Grand Sanctuaire d'Ise), tout en reflétant la propre sensibilité de l'artiste, qui est aussi bien plasticien que photographe.

Hiroshi Sugimoto , artiste pluriel

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain, #photographie

Repost 0

Publié le 10 Mai 2014

Le festival Nebuta (ねぶた祭り Nebuta Matsuri) est une fête d'été qui se déroule principalement à Aomori, dans le Tôhoku.

D'immenses figurines de papier tendu sur des structures de bambou et de bois représentent des personnages et des scènes historiques, des guerriers samurai, des oiseaux ou encore d'autres animaux. Les personnages principaux sont issus de la mythologie japonaise, comme Izanagi et Izanami, de l'histoire japonaise comme des Shogun, du théâtre kabuki ou même de la mythologie chinoise. Il est possible également de représenter des personnages contemporains, vedettes ou héros de feuilletons TV. Ces figurines sont illuminées de l'intérieur et installées sur des chars yatai pour défiler dans les rues de la ville. Le festival d'Aomori a été désigné comme un bien culturel traditionnel important par le gouvernement japonais en 1980.

Un festival similaire, Neputa Matsuri, se déroule à Hirosaki, également début août. le Hirosaki Neputa Matsuri se caractérise par une soixantaine de neputa de toutes tailles en forme d'éventails, ornés d'images de légendes héroïques de la Chine ancienne, comme Sangokushi ou Saga des trois royaumes, ou encore Suikoden ou Les hors-la-loi du marais. Une tradition semblable existe aussi à Hakodate, au sud d'Hokkaido.

Le terme Nebuta (ou Neputa) vient du terme dialectal local Nepute pour Nemutai (endormi) qui renvoie à une des origines possibles de la tradition. En effet, plusieurs explications sont données quant à l'origine historique de cette fête. La première se rattache à la coutume du neburi-nagashi et du festival Tanabata. Au moment des grosses chaleurs de l'été, des lanternes flottantes étaient placées sur la rivière pour noyer dans le flot l'engourdissement et la paresse de l'été et redonner du courage aux agriculteurs pour la saison des récoltes.

Les grands nebuta demandent plus de 6 mois de travail et sont réalisés sous la conduite de maîtres réputés. Le bambou a été remplacé par du fil de fer. Les papiers sont tendus et collés sur l'armature métallique, puis décorés à l'encre de Chine. Enfin, le système d'éclairage est mis en place.


les plus gros des chars Nebuta font 5m de haut, 9 m de large, 7 m de profondeur. Ces dimensions ne peuvent pas être dépassées, compte tenu du profil des rues dans lesquelles ils sont amenés à circuler. Ils pèsent plus de 4 tonnes, y compris le générateur électrique.


Lors du défilé, les chars sont poussés par une quarantaine de personnes, accompagnés par des musiciens et des danseurs; ces personnes, appelées haneto, bougent au son des tambours et de la musique spécifique à ce festival. Toute personne, y compris les touristes, peut participer à l'une des processions comme haneto tant qu'ils portent le costume approprié.

Festival Nebuta

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

Repost 0

Publié le 25 Mars 2014

L'architecte japonais Shigeru Ban a reçu le prix Pritzker 2014, la récompense suprême de l'architecture qu'il a accueilli avec modestie estimant ne pas être encore "au niveau". Spécialiste des structures en carton et des techniques légères, engagé dans l'architecture d'urgence, comme à Kobe après le séisme, Shigeru Ban, 56 ans, a ajouté qu'il considérait le prix comme un "encouragement" pour son travail.
La Fondation Hyatt qui finance ce prix a souligné lundi "l'élégance et le caractère inventif" du travail de Shigeru Ban, connu notamment pour ses constructions d'abris pour victimes de désastres naturels ou de violences.
Le prix Pritzker d'architecture est un prix d'architecture annuel décerné par un jury indépendant depuis 1979, il est considéré comme le « prix Nobel de l'architecture ». Reconnaissant l'extrême qualité des architectes japonais, le jury a décerné 6 fois le prix (soit environ 1 fois sur 5) à des Japonais:

Shigeru Ban est né en 1957 à Tokyo.
Il étudie d'abord au SCI-Arc (1977-1980) à Los Angeles, puis à la Cooper Union School of Architecture à New York de 1980 à 1982 et obtient son diplôme en 1984.
De retour au Japon, il débute sa carrière à l'Atelier d'Arata Isozaki avant de fonder son agence en 1985.

Son travail est aussitôt remarqué, et la scénographie saisissante qu'il réalise pour l'Exposition Emilio Ambasz à l'Axis Gallery (Tokyo, 1985) entièrement conçue à partir de tubes de carton, attire l'attention. La conception de lieux d'exposition et les tubes de carton resteront par la suite des éléments de base de son architecture. C'est ainsi qu'il a mis au point, après le grand séisme de Kobe en 1995, des méthodes d'autoconstruction permettant de bâtir des abris d'urgence, une église et d'autres installations. En réponse aux catastrophes qui privent les populations de logements, la Paper Log House, constituée principalement de tubes de carton, a été conçue pour Kobe puis utilisée à Ankara en Turquie (1999).

Le carton répond aux contraintes des situations d’urgence, mais Shigeru Ban va aussi l’utiliser dans ses expérimentations sur la maison. Case Study Houses, c’est le nom qu’il donne aux villas qu’il réalise au Japon. En référence à leurs cousines californiennes des années 50, ces maisons quasi expérimentales sont l’occasion de redéfinir, par exemple, ce qu’est une enveloppe (Wall-less house ou Curtain-wall house) ou de réfléchir à la partition d’une maison (9 Squares grid house) ou encore de penser la place du mobilier (Furniture houses).

Ses tubes de carton ont également été employés pour la réalisation du Pavillon japonais Paper Tube Structure 13 conçu avec le concours du Professeur Frei Otto à l'occasion de l'exposition universelle de Hanovre en 2000.

Shigeru Ban délaisse les procédés et matériaux constructifs classiques, préférant relever le défi que représente l'utilisation d'éléments hors normes pour composer des espaces architecturaux.

Créateur de l'ONG Voluntary Architect's Network (VAN), Shigeru Ban met à profit son expérience acquise et intervient comme consultant auprès du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), en concevant, développant et procurant des abris d'urgence aux réfugiés.

Il enseigne aujourd'hui comme Professeur à l'Université Keio et dispose d'une équipe de recherche pour approfondir sa réflexion sur la fonction sociale de l'architecte.

Paper House, Lake Yamanaka, Yamanashi, (1994)

Paper House, Lake Yamanaka, Yamanashi, (1994)

Cardboard Cathedral, à Christchurch (Nouvelle Zélande )

Cardboard Cathedral, à Christchurch (Nouvelle Zélande )

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #architecture, #Japon, #Shigeru Ban, #Prix Pritzker

Repost 0

Publié le 10 Septembre 2013

Karakara, film canadien (et japonais) de Claude Gagnon, sorti en 2012

  • Gabriel Arcand : Pierre
  • Youki Kudoh : Junko
Pierre, un professeur de philosophie québécois à la retraite débarque tout droit de Montréal sur l’Île d’Okinawa afin de se ressourcer et de repenser sa vie. Il termine un stage de Qi Gong et compte partir tranquillement pour une semaine de découverte de l'île. Mais il rencontre Junko, qui se propose tout d'abord spontanément comme interprète bénévole. Bien qu’il souhaite voyager en toute quiétude, Pierre accepte la présence de cette femme à la quarantaine pétulante et qui lui avoue alors avoir fui le domicile conjugal en raison de l'attitude violente de son mari. Pierre est plutôt confus et hésite à poursuivre cette nouvelle relation inattendue. Mais pris d'un élan difficile à expliquer, il décide de suivre sa destinée, quel que soit l'endroit où cette aventure le mènera et les péripéties qui en découleront.
En japonais, le mot karakara renvoie à une carafe dont on se sert pour la liqueur awamori; signifiant "vide vide", ce mot se veut la reproduction du son de la boule que l’on glisse dans la carafe pour indiquer qu’elle est vide. C’est en buvant de l’alcool que Pierre retrouve goût à la vie. En quelque sorte, karakara correspond à son vide intérieur. Le thème du renouveau de l’homme occidental, fragilisé par un événement personnel dramatique, est mis en avant. La crainte de la mort que le professeur à la retraite ressent se retrouve confrontée à l’apparente éternité des paysages et des pratiques ancestrales japonaises.
Au contact d’un Japon traditionnel fascinant et qui semble figé dans l’histoire depuis une éternité, Pierre puise les forces nécessaires pour remettre en cause ses propres valeurs et retrouver espoir en la vie, aidé en cela par une improbable amourette avec une jeune femme souffrant elle aussi de difficultés dans sa vie personnelle. Dans ce bain de jouvence inspiré par des personnages locaux plus grands que nature et par l’envoûtante beauté des paysages de l’Île d’Okinawa, Claude Gagnon nous renvoie le portrait d’une société japonaise, où la sérénité se vit à chaque instant et où l’artisanat devient source de longévité. Il évite le point de vue touristique lorsqu’il filme la fabrication de kimonos tissés en fibre de bananier (bashofu).
Claude Gagnon ne se gêne pas pour dénoncer la présence des américains, stationnés dans cette île du Japon, dont ils occupent un bon quart, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et des effets néfastes de leur culture bulldozer. Par ailleurs, il n'hésite pas, même si c'est avec humour et légèreté, à dénoncer la violence conjugale, qui existe bien dans ce pays, mais qui reste trop souvent dans la sphère privée.
Karakara est un road movie original et apaisant, qui bénéficie en outre d’une interprétation épatante. Youki Kudoh est une actrice dans la plénitude de son art, surprenante et rafraîchissante. En Gabriel Arcand, Claude Gagnon a trouvé l’acteur parfait pour nous guider dans cette lente quête initiatique en sol japonais. D’une force tranquille, tout en retenue, l’acteur devient en quelque sorte l’alter ego du spectateur, qui partagera avec lui le même agréable dépaysement, le même irrésistible envoûtement, les mêmes surprises, les bonnes comme les mauvaises. Il est savoureux de le voir, lui le végétarien convaincu, savourer un délicieux porc sauté, et lui, le non-violent pacifiste être conduit au poste de police pour avoir fait le coup de poing avec le mari jaloux.
Par rapport à ses films précédents, Claude Gagnon a choisi de simplifier son propos en donnant moins de profondeur psychologique. Karakara est en effet émaillé de plusieurs touches humoristiques qui allègent les tensions sans leur faire perdre leur sens ni leur importance. Ainsi la pudeur légendaire des Japonais est battue en brèche par les cris puissants que pousse Junko dans l'acte d'amour. L’opposition des cultures et des modes de vie se fait ici tout en finesse, dans la contemplation plus que dans la confrontation.

Karakara, un québecois à Okinawa

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Japon, #Okinawa

Repost 0

Publié le 7 Septembre 2013

Motoi Yamamoto ( japonais : 山本 基, Yamamoto Motoi) plasticien contemporain japonais, né en 1966 à Onomichi (Préfecture d'Hiroshima) a eu une enfance pauvre et a du travailler très jeune

 

 

Motoi Yamamoto redonne vie au sel de manière symbolique et fait saisir son importance vitale par le biais de son art. Le sel de Motoi Yamamoto forme des milliers de ravines et crée un labyrinthe monumental. Autant de chemins de vie, doux, irritants, que le sel, dessine à même le sol.

 

 

Avec une patience infinie, une semaine en moyenne pour la création d'une œuvre, il réalise des installations in situ et éphémères, d’une grande fragilité. Le choix du matériau, le geste et le temps nécessaire rappellent, telle une vanité, notre présence passagère sur Terre.

 

 

En 1994, la soeur de Motoi Yamamoto décède des suites d’un cancer du cerveau. Pour soulager son chagrin, il recherche un thème de travail dont le fil conducteur serait la renaissance entre la mort et de la vie. Il choisit le sel car il est utilisé au Japon après les funérailles ; les personnes qui assistent à un enterrement lancent du sel sur elles avant de rentrer dans leur maison, de manière à se purifier et à chasser les mauvais esprits (comme les sumotori avant le combat). Motoi Yamamoto croit que le sel a le pouvoir de guérir la douleur liée au deuil.

 

On voit dans une de ses vidéos les vastes plaines salées de l’Utah et il explique comment le sel lui permet de faire le lien entre la mort et la vie. Dans le projet "Return to Sea" : le dernier jour d’une exposition, il a demandé aux visiteurs de prendre chacun un peu de sel de son œuvre et de le rejeter en mer.

 



Motoi Yamamoto au travail

<
Motoi Yamamoto surprenant artiste du sel
Motoi Yamamoto surprenant artiste du sel
Motoi Yamamoto surprenant artiste du sel

Biennale de Melle, chapelle St Savinien, œuvre de sel, in situ, 2013

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #japon

Repost 0