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Publié le 5 Mai 2015

Nous avons passé, avec Chandra, deux jours en 2009 dans le village de Langtang, le hameau principal, s'étale de 3300 m à 3500 m, avec une cinquantaine de lodges, des boutiques et une fromagerie, installée avec l'aide des Suisses.

Ce village est, historiquement, l'un des tout premiers lieux de trek au Népal. Le trek du Langtang, réputé facile, était un destination recommandable pour une première approche du Népal.

Mais ce village, comme beaucoup d'autres, est surplombé par de hauts sommets qui le dominent de plus de 4000 m.

Du village de Langtang, il ne reste presque plus rien, si ce n'est une unique maison encore debout. L'endroit a été dévasté par une avalanche et un glissement de terrain, provoqués par le séisme qui a frappé le Népal, samedi 25 avril.

Une équipe de France 2 a pu se rendre, mardi 5 mai, sur le site où se trouvait le village, Environ 400 personnes habitaient dans le village, selon les autorités népalaises. Soixante corps, dont ceux de 13 étrangers, ont pour l'instant été retrouvés, mais, toujours selon les estimations des autorités, le bilan pourrait s'alourdir de 150 Népalais et une centaine de touristes.

Un lodge en 2009

Un lodge en 2009

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 19 Octobre 2014

Des événements météorologiques très défavorables, tempête de neige et avalanches, ont affecté la région de l'Annapurna au Népal depuis le 14 octobre 2014. Ces conditions exceptionnelles sont dûes au passage de la queue du typhon Hudhud qui s’est abattu pendant le week-end précédent sur la côte est de l’Inde. Elles sont très inhabituelles en cette saison réputées sèche et des centaines de personnes visitent la région de l’Annapurna chaque année en octobre, saison a priori favorable pour les treks.

«Les chutes de neige ont été importantes, jusqu’à trois pieds (91 centimètres)» de hauteur, a dit Ganesh Rai, qui coordonne les recherches.

Le bilan officiel s'élève à 43 morts, soit la pire catastrophe pour le trekking au Népal, ont annoncé samedi 18 octobre les autorités Népalaises.

Parmi les 43 morts, figurent au moins 19 touristes étrangers, venant notamment du Canada, d'Israël, de Pologne, de Slovaquie, d'Inde et du Vietnam. Pas de Français aux dernières nouvelles parmi les victimes.

D'après la police, 385 personnes au total, dont 180 étrangers, ont été ramenées saines et sauves depuis mercredi des zones touchées par la violente tempête de neige.

Des responsables népalais, notamment le porte-parole du ministère du Tourisme, ont dénoncé "l’avarice" des touristes qui ont pensé pouvoir se passer d’un guide pour effectuer une randonnée dans la région de l’Annapurna. "Etaient-ils avec un guide ?", a lancé le porte-parole du ministère du Tourisme, "ils auraient été mieux informés des conditions météorologiques". en effet, malgré l'obligation légale de prendre un guide local, de nombreux touristes pensent pouvoir s'en passer, en raison de la facilité du chemin, quand les conditions sont bonnes. Ils s'adressent alors à des agences véreuses qui leur délivrent des permis de trek et les laissent se débrouiller.

Par beau temps, le Thorong La (5416 m) donne l'impression de facilité

Par beau temps, le Thorong La (5416 m) donne l'impression de facilité

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 3 Décembre 2012

Lama Tashi est bien connu des randonneurs.

 

Pour combattre le mal d'altitude, il est très utile de faire une journée au dessus de 3000 m avec une montée modérée et une deuxième nuit au même niveau. Lla plupart des participants au Tour des Annapurnas restent 2 nuits à Manang (3520 m) et font une ou deux courtes excursions au dessus du village.

 

Le petit monastère de Praken (Praken Gompa), perché dans une falaise à 3850 m, et accessible par un chemin raide en lacets, est une des destinations favorites des étrangers. Le maître des lieux est Lama Tashi.

 

Lama Tashi serait né en 1916, l'année de naissance de François Mitterrand, et accessoirement de mon père, tous les deux disparus depuis longtemps. Lama Tashi a toujours bon pied mais pas très bon œil, ce qui n'est pas étonnant, sans lunettes à son âge et sans doute pas suivi par un ophtalmologiste. Il serait là depuis une trentaine d'années, après avoir parcouru les monastères bouddhistes, au Tibet, au Népal et en Inde.

 

TASHI2452.JPGBénédiction

 

Pour tous ceux qui font l'effort de monter le voir, il offre sa bénédiction, et fait, pour les randonneurs, une petite prière pour qu'ils passent sans danger le haut col du Thorong La. Je ne sais pas si c'est efficace, mais en tous cas cela fait prendre conscience que ce col, très large, très fréquenté et facile d'accès, provoque cependant tous les ans quelques décès par le simple effet de l'altitude.

 

Lama Tasshi remet en souvenir un fin collier de laine multicolore. Il accepte une offrande rituelle de 100 roupies (un peu moins d'1 €) et les anglo-saxons l'ont surnommé Hundred-Roupies-Lama.

 

Les prêtres bouddhistes dans les villages peuvent se marier. Pendant longtemps la femme de Lama Tashi l'a aidé et servi le thé aux visiteurs. Elle est morte il y a quelques années. C'est leur fille qui accueille maintenant les pèlerins. Ils vivent tous les deux dans deux petites grottes de quelques mètres carrés sans aucun confort.


Longue vie au Lama Tashi !

 

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Lama Tashi tournant autour du stupa de son monastère

 

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 27 Novembre 2012

D'un coté la froideur d'un communiqué de 3 lignes, dans le quotidien anglophone The Rising Nepal :


Katmandou (Népal)
- Trois alpinistes sont morts dans des accidents divers au nord-ouest du Népal. Juddha Khatri, officier de police du Népal déclare : une randonneuse allemande de 53 ans est morte d'un mal d'altitude aigu, un Israélien de 25 ans est tombé d'un pont de bois dans la rivière Kali Gandaki, et un Autrichien de 62 ans est mort d'une crise cardiaque dans la région du Mustang.


De l'autre l'émotion :


Jeudi 25 octobre 2012.
Le petit groupe auquel j'appartiens se lève tôt. C'est le dernier jour de trek. La veille nous avons longuement marché, en descente, pour la fin du Tour des Annapurnas. Le soir à Jomsom, nous avons dignement fêté, comme les autres groupes, la fin de l'aventure. Souper en commun avec guide, sirdar et porteurs, alcool de pomme local, souvenirs, rires et chansons, cadeaux rituels, pourboires. C'est la détente après la difficile épreuve du Thorong La.


Ce matin, il ne reste plus qu'à se rendre, à pied, à l'aéroport de Jomsom, par ailleurs réputé pour être un des plus dangereux du monde. C'est la pagaille habituelle des petites aérogares du Népal, bagages dans tous les sens, 5 guides agglutinés autour du comptoir pour ne pas se faire voler sa place.

Brusquement un hélicoptère atterrit. Une bousculade et 4 hommes portent dans le hall une grande femme blonde évanouie. Pas de salle de soins, elle est étendue sur le béton avec pour seul isolant son blouson. Pas de médecin. Les policiers restent les bras croisés. Seuls Willem, le randonneur néerlandais et Sonam, le guide népalais tentent massage cardiaque et bouche-à-bouche. Le sang se retire du visage d'Elke. Bien plus tard, un infirmier arrive avec de l'oxygène.


Elke meurt doucement, dans cette aérogare, avec ses chaussures de randonnée aux pieds. Notre avion va partir, nous montons en silence à bord. Nous ne pensons plus aux 15 morts du même vol, 6 mois plus tôt. Le Twin Otter navigue entre les falaises, rase les cols et joue à saute-collines mais les 25 minutes de vol passent très vite et nous gagnons Pokhara, verte et calme.


La suite nous l'apprendrons progressivement, à Kathmandou, mais surtout en France, grâce à Saint-Google, qui connait personnellement, tous les individus des pays riches.

 

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Elke à son pot de départ de la banque

 

Elke Heinig, née Lohmüller, née le 6 Août 1959 à Oldenburg, Allemagne, décédée à Jomsom le 25 Octobre 2012 . Un mari, Klaus, un fils, elle habitait Brème dans la Friedrich-Mißler-Strasse, travaillait depuis l'âge de 16 ans à la Bremer Landesbank, elle l'avait quittée récemment pour une filiale. Elle pratiquait la course sur route et la randonnée alpine.


Apparemment en parfaite santé, elle a été victime d'un mal aigu des montagnes, suivi d'un coma profond, alors qu'elle marchait, vers 5100 m d'altitude. À cette altitude, la pression de l'oxygène n'est plus que 52 % de celle au niveau de la mer. La seule prévention efficace est l'acclimatation progressive, mais ce mal peut aussi toucher des guides ou des porteurs locaux très expérimentés, sans que la science ne sache vraiment le prédire ni le soigner.


Redescendre rapidement est la clé. Nous avons vu un porteur népalais descendu en courant par 4 de ses collègues. Les étrangers fortunés ont droit à l'hélicoptère, mais ça n'a pas suffi dans le cas d'Elke. Ses chances de survie auraient été supérieures dans hôpital moderne avec centre de réanimation, mais on ne peut pas savoir.


Elke et son mari étaient incroyants, le faire-part porte la maxime Πάντα ῥεῖ (panta rhei) "tout passe", due au philosophe grec Héraclite, et, dans son esprit, très proche du bouddhisme et de sa notion fondamentale d'impermanence.


Elke, je t'ai peut-être parlé, un soir, dans un lodge; les contacts, en français ou en anglais sont tellement faciles d'un groupe à l'autre.
Nous partagions les même passions et la même philosophie de la vie. Je te rends un dernier hommage.

 

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Jomsom Airport

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 26 Novembre 2012

Que va devenir le Tour des Annapurnas ?

Le 27 octobre 2012, les autorités Népalaises ont inauguré en grande pompe le tronçon Jagat - Chame (2670m) de la route qui reliera un jour peut-être Besi Sahar et le reste du Népal à Manang. Ce projet date de 19 ans! C'est en 1993 que le Népal a décidé de réaliser la route jusqu'à Manang (3500m). Les travaux ont pris du retard, d'une part à cause des difficultés techniques et aussi à cause de la guerre civile qui a secoué le pays pendant une dizaine d'années. Pour l'instant, il existe donc environ 75 km de piste, pas toujours en bon état, qui permet aux motos et aux véhicules tout terrain de relier Besi Sahar à Chame, chef-lieu de district.


Les avis sont partagés sur les bienfaits et les nuisances de cette avancée, surtout parmi les randonneurs, mais aussi chez les Népalais. Ce débat se retrouve dans beaucoup de massifs, comme par exemple le Cirque de Mafate à la Réunion, où l'avancée des routes a été délibérément limitée, mais avec des facilités offertes aux résidents, comme par exemple des rotations subventionnées d'hélicoptères.


Citons le plan de développement du district de Manang (2008) : lien :

http://www.rrcap.unep.org/nsds/uploadedfiles/file/sa/np/mnmt/document/sd_masterplan_Manang.pdf

Manang is one of the few remaining districts of Nepal that is not yet connected by road. In the past, this district was not prioritized for road development as it was assumed that trekking tourism, which has been popular here, would decline. But majority of local people were in favour of road. As the absence of road and physical exclusion are considered main causes of poverty and lack of human welfare, it is now considered that road connectivity is important. The National Transportation Policy has planned to link all the district headquarters by road so as to remove physical barriers to development. Access to market, economic opportunities and trade will flourish with the opening of road, which are considered instrumental in reducing poverty. Accordingly, the road linking Besishahar to Chame has become government’s priority. This road will link the district headquarters to the national highway.


Cette nouvelle route va bénéficier à la plupart des habitants. Les approvisionnements seront plus rapide et moins chers. Le portage pour les touristes est relativement valorisant pour les porteurs, pourboires, charge limitée à 30 kg, journée ne dépassant pas 5 à 6 h de portage, contact avec des étrangers; par contre le portage commercial est exténuant et humiliant. payé au poids, exploité par les propriétaires de lodges ou de boutiques, il faut voir ceux qui portent 20 planches ou un groupe électrogène, 70 à 80 kg, s’arrêter tous les 100 m et se relever pour comprendre que la route ne sera pas un mal.

 

 

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Portage de bois vers Pisang, arrêt tous les 100m

 

De plus les évacuations médicales, actuellement réservées pour des raisons financières aux étrangers seront plus accessibles aux Népalais.


Par contre les randonneurs seront plus nombreux et iront plus haut en empruntant des véhicules ; les lodges les plus bas devront fermer et les plus hauts s'agrandir. Depuis longtemps les emplois liés au tourisme ont un caractère saisonnier. Les employés migrent deux fois par an entre leur village et leur lieu de travail.


Pour les randonneurs, l'accès plus facile présente l'avantage de permettre à un plus grand nombre d'accéder à ces vallées. Par contre les inconvénients sont nombreux. Pollution visuelle, certaines montagnes ont été traitées à la dynamite par l'armée Népalaise qui a été chargée du terrassement. Aucun tunnel de creusé, les flancs de montagne ont été éventrés. Plus de poussières et de gaz d"échappement également.

 

 

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Route taillée à la dynamite par l'armée

 


Plus grave des itinéraires entiers disparaissent ou perdent tout intérêt. Les guides devront trouver des itinéraires de substitution, en faisant des détours dans la montagne, comme c'est déjà le cas entre Pisang et Braga en passant par l’itinéraire du haut via Ghyaru et Ngawal. Comme la route de l'autre côté du Thorung La, côté Mustang remonte jusqu'à Muktinath, Le tour des Annapurnas, que les anciens faisait en 18 jours pourrait se réduire à 5 étapes; et seulement 3, le jour où la route ira jusqu'à Manang.


Ce raccourcissement ne présente aucun intérêt. L'approche Paris - Kathmandou - Pokhara et retour prenant au bas mot 6 jours, Il faut au moins une dizaine de jours de marche pur "rentabiliser" le voyage. De plus, le risque de mal d'altitude au Thorong La (5416 m) demande un minimum de 6 jours de montées progressives (et de descentes) pour s'acclimater. Et il n'y a aucun autre moyen de prévention. Il faudra donc que les guides et habitants développent des détours attrayants et des infrastructures adaptés pour conserver au Tour des Annapurnas ce coté mythique qui a fait son succès.


Voir aussi:

http://nezumi.dumousseau.free.fr/nepal/tourannapurna.htm


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Pollution visuelle d'une nouvelle route au Mustang

 

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Cohabitation marcheurs - véhicules tout terrain vers Jagat

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 23 Novembre 2012

Dans un article précédent , je racontais comment  les forces de la nature sont mises à contribution pour faire tourner des moulins à prières.

Le plus courant est le moulin à prières à aubes, la rotation étant maintenue par un petit flux d'eau provenant d'un torrent. On trouve même, plus rarement, des moulins à prières à vent, le sommet du moulin étant équipé d'une petite éolienne à godet.

 

Nouveau progrès, en 2012, apparition dans les boutiques de Thamel, à Kathmandou, le moulin à prières solaire automatique !

Et çà marche, pour 5 €, le soleil récite le mantra à votre place.

 

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 4 Décembre 2009

A l'approche de la conférence de Copenhague sur le climat, le Népal a souhaité faire entendre sa voix, en délocalisant le conseil des ministres à 5150 mètres d'altitude, au pied de l'Everest, après les derniers lodges de Gorak Shep,  un peu en dessous du Kala Pattar

Il s'agit d'attirer l'attention des "grands décideurs" sur la fonte possible des glaciers de l'Himalaya, et le risque que cela fait peser sur les pays environnants.  Selon les scientifiques, les glaciers de l'Himalaya fondent à un rythme alarmant, entraînant la formation d'immenses lacs qui menacent de céder et d'inonder les villages situés en aval, notamment au Népal.

L'an dernier, j'avais, après une ascension de ce même Kala Pattar, publié un post sur le sujet:

La fonte rapide des glaciers du Khumbu au Népal


Pour cela, le Premier ministre népalais Madhav Kumar et ses 22 ministres, équipés de bouteilles d'oxygène et d'épais blousons, sont arrivés à Lukla, 2800 mètres, où ils ont passé une nuit d'acclimatation avant de monter à Gorak Shep, à 5150 mètres, en hélicoptère.

Le symbole de ce conseil des ministres du monde est fort, mais l'usage de nombreux hélicoptères était-il bien nécessaire, dans ce pays où tout l'approvisionnement se fait par porteurs ou par yack, et où l'évacuation de blessés ou de malades par ce moyen demande un paiement préalable (ou une bonne assurance)?




Conseil des ministres en altitude, devant l'Everest
(remarque, l'Everest est au fond à gauche, le sommet pointu sur la droite est le Nuptse 7826 m )

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 3 Décembre 2009

Par une froide mais superbe matinée de l'automne népalais, nous, les retraités, les randonneurs (trekkeurs, disent les snobs) montons dans la joie le modeste (tout est relatif) Kyanjing Ri , autour de 4700 m. Pente raide mais régulière, pas plus de 2 h 30 malgré l'altitude.

Au sommet, la vue est vaste et slendide:

http://ann.ledoux.free.fr/phpwebgallery/picture.php?/1651/category/107


Ce qui attire le plus le regard, c'est le Langtang Lirung 7227 m, point culminant du Langtang. Beau sommet, pas un monstre, mais quand même impressionnant. À nos questions, notre guide répond que ce sommet n'est pas souvent gravi et présente de nombreux pièges,
le reste nous l'apprendrons au retour en France.

Sans que nous le sachions, au même moment, l'alpiniste slovène Tomaz Humar campait au pied de la paroi et préparait, dans la  discrétion, l'ascension en solitaire et sans assistance du Langtang Lirung. Il voulait faire taire les critiques qui l'accusaient de sur-médiatiser ses exploits.

Le 9 novembre, dans la soirée, Tomaz Humar  a lancé par téléphone satellite un SOS à un ami, en Slovénie. Il était tombé, s'était fracturé les jambes, des côtes et peut-être la colonne vertébrale. Il a donné très peu de détails. Le lendemain, à 10 heures du matin, il a appelé une dernière fois, par radio, Jagat, le cuisinier qui l'attendait au camp de base. La liaison a été très courte. « Son état était visiblement très critique, a raconté Dawa Sherpa, de l'agence Asian Trekking. Sa voix était très faible . Il a dit : «Jagat, this is my last...» » Il n'y a pas eu ensuite d'autre contact radio. Son ami l'alpiniste Viki Groselj pense que Tomaz Humar est mort ce jour-là.

Ce même mardi 10 novembre, Asian Trekking a héliporté au camp de base un groupe de quatre sherpas qui ont aussitôt commencé l'ascension de la face. Le lendemain, ils sont arrivés à 6 300 mètres d'altitude sur le lieu supposé de l'accident, après avoir posé 900 mètres de cordes fixes. Ils n'ont pas réussi à localiser l'alpiniste, la météo s'est dégradée et ils se sont repliés sur le camp de base à cause de chutes de neige et du risque d'avalanche.

Son corps a été retrouvé le 14 novembre 2009 à 5 600 m d'altitude, à la suite d'une reconnaissance en hélicoptère. Son corps sans vie a été hélitreuillé, par un équipage venu de Zermatt, en Suisse.

Le Langtang Lirung 


Point culminant de la chaine du Langtang Himal, au Népal.

Il est situé dans le Parc national du Langtang, à 65 km à vol d'oiseau au nord de Kathmandou.

  • Altitude 7 227m
  • Coordonnées 28°15′N ; 85°31E

Le massif du Langtang Himal fait partie d'un ensemble plus vaste qui inclut le Jugal Himal dont le sommet est le Shisha Pangma (8 013 m). Ce massif se situe entre la vallée de la Sun Kosi et celle de Trisuli Gandaki.

Malgré sa hauteur relativement modeste pour l'Himalaya (Il est officiellement classé 99e à Himalayan index ce sommet impressionne par le dénivelé important avec des lieux proches. Il est situé par exemple à 4,5 km à vol d'oiseau de la rivière Langtang Khola, et la domine de 4 300m

Le pic a été reconnu par H. W. Tilman et P. Lloyd en 1949. Des tentatives pour atteindre le sommet par la face Est ont échoué dans les années 1960.

En 1978, Seishi Wada et Pemba Tsering réalisent la première ascension toujours par la face Est à la tête d'une expédition réunissant des Sherpas et des Japonais. Ils établirent 4 camps intermédiaires.

Comparés à des sommets plus prestigieux comme l'Everest, ce sommet à été assez peu gravi. De 1978 à 1995 on compte seulement 14 expéditions victorieuses, le plus souvent par la face Sud-est ou Sud-ouest et 13 tentatives infructueuses.

Le 10 novembre 2009, l'alpiniste slovène Tomaž Humar, trouve la mort dans la descente du sommet, lors d'une tentative en solo.





Tomaž Humar


Tomaž Humar est né le 18 février 1969 à Kamnik en Slovénie. Il habitait toujours Kamnik, quand il n'était pas en expédition. Il est mort aux alentour du 10 novembre 2009 sur les pentes du Langtang Lirung , au Népal.


Tomaž Humar possède un palmarès de plus de 1500 courses réussies. Il a reçu des récompenses internationales prestigieuses comme le Piolet d'Or en 1996 pour son ascension originale de l' Ama Dablam.


Tomaz Humar était un homme de voies très techniques et de premières, une gloire nationale dans son pays, la Slovénie. Dans les clubs d'alpinisme du bloc de l'Est, il avait connu une progression strictement encadrée avant de s'en affranchir: "Quand j'ai eu fini de liquider toutes les courses autorisées, je me suis lancé dans des trucs de plus en plus durs. Peu de types avaient envie de me suivre, alors je partais souvent seul. En voyant ça, les responsables de mon club ont pris peur. Ils avaient vraiment la trouille que je me tue. Je dois reconnaître aujourd'hui qu'ils n'avaient pas tort.."


En mai 1995, il frappe son premier coup himalayen sur le sommet de son dernier succès, l'Annapurna. Il est seul à 7 500 mètres, la tempête arrive, ses compagnons font demi-tour. Tomaz Humar débranche sa radio pour ne pas entendre l'ordre de faire demi-tour et continue seul jusqu'au sommet.


En 1999, des milliers de personnes l'attendent au retour du Dhaulagiri (8 167 mètres). Il avait passé sept jours seul dans l'immense paroi sud. Au sixième bivouac, il s'était "opéré" lui-même d'un abcès dentaire avec son couteau suisse. Le 1er novembre 1999, 2 millions d'internautes (selon lui) suivaient son arrivée en quasi-direct sur son site, où des photos au téléobjectif étaient diffusées depuis le début de l'ascension. Au retour, il racontait : "La descente aurait été impossible. Si quelque chose était arrivé, j'étais sûr de mourir."


En 2000, il avait eu un grave accident domestique. Il avait fait une chute alors qu'il réparait le toit de sa maison. Grièvement blessé aux deux jambes, il était resté plusieurs mois à l'hôpital et était passé dix fois sur la table d'opération. On lui prédisait un avenir en chaise roulante, il reprit en boitant le chemin des montagnes. Pour lui, grimper était devenu plus facile que marcher.


En 2005, Tomaz Humar s'était engagé, seul encore, dans l'immense versant Rupal du Nangat Parbat, au Pakistan. Le mauvais temps l'avait surpris et bloqué au premier tiers de l'ascension. Il était resté coincé six jours, prisonnier de pentes avalancheuses, avant qu'un hélicoptère de l'armée pakistanaise ne l'arrache épuisé à la paroi. In extremis. Ce sauvetage à 5 900 mètres d'altitude est resté le plus haut hélitreuillage jamais réussi. Tomaz Humar savait que, cette fois-là, il l'avait échappé belle. Depuis, il fêtait sur son blog les anniversaires de cette "deuxième naissance".


En 2007, il s'était laissé appeler de nouveau par l'Annapurna. Nouveau succès solitaire, par une voie peu banale, en gravissant la partie la plus à l'est de la face sud. Il avait été critiqué dans le milieu alpin pour son goût de la publicité.


Image:Humar.jpg

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 7 Novembre 2009

La croyance en un Dieu, ou plusieurs, ou en une force supérieure est un fait très répandu parmi les hommes. Cette croyance est légitime, mais entraine très souvent des comportements irrationnels ou une pensée magique. La pensée magique se réfère à la croyance que des pensées spécifiques, la verbalisation, les gestes associés, ou les postures peuvent, d'une façon mystique, conduire à l'accomplissement de certains désirs ou à prévenir certains maux. Les jeunes enfants sont enclins à cette forme de pensée, comme conséquence de leur capacité limitée à comprendre la causalité.


Le premier niveau de la pensée magique consiste à imaginer que l'énonciation d'une prière, pratique commune à beaucoup de religions, peut attirer sur soi l'attention d'une force supérieure et permet d'obtenir des effets bénéfiques. Bien que non inhérent au Bouddhisme, initialement sagesse sans dieux, sans pratique imposée, la prière se pratiquei aussi dans cette religion, en particulier sous forme de récitation de mantra.


Les bouddhistes orientaux vont plus loin et inventent un deuxième degré de la pensée magique, sous la forme des moulins à prière. Ces cylindres sont gravés d'un mantra et le seul fait de faire tourner le moulin équivaut à une prière, car la rotation (dans le bon sens bien sûr). Actionner un tel moulin a la même valeur spirituelle que de réciter la prière du mantra, la prière étant censée se répandre ainsi dans les airs comme si elle était prononcée. Ce dispositif étant, selon toute vraisemblance destiné à permettre aux illétrés d'avoir accès néammoins aux prières.


Les moulins souvent disposés en longues séries sont mis en mouvement l'un après l'autre par le fidèle qui passe devant eux. Le fidèle déplace les moulins avec sa main droite. Le moulin doit être tourné dans le sens des aiguilles d'une montre, afin que le mantra soit lu dans le sens où il a été écrit, ce qui explique que les stupas ou chorten doivent être contournés par la gauche.

Le troisième niveau de la pensée magique est atteint dans les montagnes, car les forces de la nature sont mises à contribution pour faire tourner des moulins à prières. Le plus courant est le moulin à prières à aubes, la rotation étant maintenue par un petit flux d'eau provenant d'un torrent. On trouve même, plus rarement, des moulins à prières à vent, le sommet du moulin étant équipé d'une petite éolienne à godet. Raffinement suprême les mantra sont donc énoncés par le vent ou l'eau et leur bénéfices doit retomber sur tout voyageur qui passe devant le dispositif.

Moulin éolien dans l'Helambu

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Rédigé par nezumi dumousseau

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