Publié le 4 Octobre 2011

Venise vaut le voyage, pour la ville, mais aussi pour l'art contemporain, pour la  Biennale de Venise,et ses centaines d'artistes présentés.

 

Un peu plus difficile d'accès, les deux expositions de la  fondation François Pinault.

 

Le monde vous appartient, exposition de la fondation  Pinault au Palazzo Grassi. L’exposition, due à la commissaire Caroline Bourgeois, met en perspective les œuvres des artistes de générations différentes, d’origines diverses, confronte des pratiques, des disciplines, des parcours personnels, explore des rapports à l’histoire, au réel et à sa représentation ; « l’exposition s’articule autour des thèmes majeurs de l’histoire présente, depuis la désintégration des symboles, jusqu’aux tentations de replis et d’isolement en passant par l’attrait de la violence ou de la spiritualité dans un monde troublé et globalisé » déclare Caroline Bourgeois.

Cette exposition manifeste propose un nombre exceptionnel de projets spéciaux, commandes, œuvres in situ: celles de Thomas Houseago, Friedrich Kunath, Matthew Day Jackson, Adrian Ghenie, Yang Jiechang, Zeng Fanzhi, Giuseppe Penone, Rudolf Stingel.

 

Cette édition, qui met en scène une quarantaine d'artistes dans un cadre exceptionnel, est une occasion de montrer la diversité de la collection Pinault. 23 artistes, sur les quelques 40 présentés, sont montrés pour la première fois à Palazzo Grassi ou à Punta della Dogana.

Une des pièces maîtresses est la forêt tout droit sortie de l'apocalypse du Français Loris Gréaud: 36 arbres calcinés en résine baignés dans une semi-obscurité que vient éclairer une lune artificielle. Un paysage à la Tim Burton, inquiétant et fascinant.

 

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Mais la vision proposée par Le monde vous appartient n'est pas noire pour autant, bien au contraire: l'humour pointe et fait mouche à chaque détour, comme dans l'escalier envahi par Joana Vasconcelos et ses tissus en délire.

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En parallèle, Punta della Dogana présente l’exposition Éloge du doute,

Cette exposition rassemble pièces historiques et productions nouvelles, dont plusieurs projets spécialement conçus pour le site, autour de l’idée du trouble, de la remise en question des certitudes sur l’identité, sur le rapport à l’espace de l’intime et à l’espace de l’œuvre. Les œuvres présentées sont souvent monumentales, chaque salle, pourtant imposante en comporte rarement plus de 2.

 

Éloge du Doute propose un parcours thématique sur la force et la fragilité de la condition humaine, s’appuyant sur des œuvres emblématiques des années 1960, et allant jusqu’aux créations les plus contemporaines. L'exposition tend à célébrer le doute dans son aspect le plus dynamique, dans sa force à défier les préjugés, les conventions, et les certitudes. L’idée est d’ouvrir le champ des interrogations possibles pour repousser les limites que chacun s’impose et pour tenter de réinventer le regard qu’on porte sur soi et sur le monde qui nous entoure.

 

Le cheval de Maurizio Cattelan accueille avec ironie le visiteur.

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Cette exposition présente des créations in situ, notamment de Julie Mehretu et de Tatiana Trouvé, et témoigne de la contribution active de certains d’entre eux à la sélection des œuvres.

 

L’approche minimale du sculpteur Donald Judd, à l’entrée de l’exposition, tend à fondre l’esthétique dans la sensation, tandis que les trophées dévoyés de Maurizio Cattelan et David Hammons, tentent de saisir le sens de cette envie de possession, signe extérieur d’un certain pouvoir.

 

Roxys d’Edward Kienholz, première installation de l’artiste (1962) et jalon majeur de l’histoire de l’art contemporain, interroge les pulsions inavouées de l’homme. L’artiste jette une lumière crue sur ces réalités à travers la reproduction d’une maison de tolérance et sa brutalité. "Roxy's" est le nom d'un fameux bordel de Las Vegas. Kienholz baptisa "tableau" cet environnement imaginé d'après les tableaux vivants, mis en scène et costumés, qu'il avait vus enfant dans les églises et dans les cours de ferme. La scène du Roxy's se passe en 1943; la date est précisée par le calendrier, les magazines, la mode des vêtements. Chaque "fille" représente un type d'exploitation féminine.

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L’ensemble de Sigmar Polke, Axial Age, s’appuie sur des références classiques pour en brouiller la temporalité. En se réappropriant l’exposition historique et iconique de Marcel Duchamp, Sturtevant propose un débat sur la question de l’originalité, de l’aura et du pouvoir (masculin) de l’objet comme oeuvre d’art. La notion d’objet, et de son statut dans l’art, est abordée dans la série des Popeye de Jeff Koons, dans une proposition « pop » d’une vie idéale ou, d’une toute autre façon, dans les œuvres de Subodh Gupta, qui interroge le multiculturalisme et le monde global dans lequel nous vivons.

Les installations de Chen Zhen abordent les notions de tradition, d’exil, de survie. Thomas Schütte, examine, avec ses figures fantomatiques, la complexité des relations entre l’espace privé, subjectif, et l’espace public, politique.

 

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L'île Seguin, à Boulogne-Billancourt, aurait du héberger un musée d'art contemporain financé par François Pinault avec un bâtiment de l'architecte Tadao Andô, proposé dès 1999. François Pinault renonce à son projet en mai 2005  justifiant son choix par la longueur des délais administratifs et des tensions locales pour la réalisation du projet.

 

Pinault a donc décidé de réaliser son musée au Palazzo Grassi de Venise, dont le projet s'est rapidement mis en place, avec l'aide de la municipalité vénitienne, et l'extension possible dans le bâtiment de la Douane de Venise.Pour ce qui est de l'île Seguin, les travaux commenceraient en 2012 pour une livraison prévue en 2017, soit plus de 11 ans après l'ouverture du palais Grassi de Venise. Quel gachis!

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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