Publié le 7 Septembre 2014

La Bataille de Moislains fut brève et meurtrière pour plus de 600 réservistes charentais des 307e et 308e régiments d'infanterie. vers midi les troupes françaises se replient. Dans l'après-midi, la population non évacuée de Moislains est autorisée à venir secourir ceux qui peuvent encore l'être. Dès lors et les jours suivants, une chaîne de solidarité sous forme de soins, de nourriture et de réconfort va s'installer. Une carte postale de 1921 montre cimetière très sommairement aménagé.

Le 31 Août 1924, à l'initiative des deux collectivités (La Charente et la Somme) un ossuaire et un cimetière sont inaugurés au lieu dit « le chemin de la Récrière »:

Le Monument des Charentais domine ce modeste cimetière. Son assise vient d'une carrière de Charente.

Un coffre en bois réalisé avec un chêne du Puy de Nelle à Champniers est déposé devant ce monument depuis 1960, coffre qui renferme plusieurs échantillons de terre provenant des villages d'origine des combattants disparus. L’initiative en revient à Gaston Rofidal, sous-officier pendant la guerre 14-18, et dont le passage dans le secteur de l'Oise devait décider profondément du reste de sa vie.

Avec le temps la mémoire ne faiblit pas puisque des familles ont fraternisé et que tous les ans, le dernier dimanche d'Août, simultanément à Moislains et à Angoulême une cérémonie honore la mémoire de ces Charentais, morts dans ce village Picard.

La nécropole vers 1920

La nécropole vers 1920

Le monument aux Charentais de Moislains
Cimetière et monument en 2014

Cimetière et monument en 2014

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

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Publié le 6 Septembre 2014

Revenons sur la Bataille de Moislains, au cours de la quelle mourut Alfred Dumousseaux , le 28 août 1914. Cette bataille fut une des plus brèves (une matinée) et des plus sanglantes du premier mois de la Première Guerre Mondiale.

Envoyé « à marche forcée » au nord de la Picardie, le « 307e régiment » avait pour mission de retarder l’avancée allemande sur Paris et d’éviter l’encerclement d’un corps expéditionnaire anglais fort de 74 000 hommes.

Le comte rendu officiel (disponible là http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?fam=3&ref=6&le_id=2138 ) est bref, sec et laconique:


28 août 4h
Le 308e, tête du gros de la colonne se porte sur peronne. Brouillard intense. subitement le 307e est accueilli en face de Moislains, au sud du bois de vaux, par un feu violent d'infanterie, que vient bientôt soutenir l'artilleri
e.

9 heures. le 308e se déploit et subit de grosses pertes. Attaqué par un ennemi retranché, supérieur en nombre, et menacé sur ses arrieres et ses flancs, il doit battre en retraitear Rocquigny... vers Arras, où il arrive à 21 h 30

pertes: 16 officiers tués blessés ou disparus, 732 sous officiers, caporaux et soldats tués, blessés, prisonniers ou disparus (sur un effectif total de 2200 hommes)

Quelques années plus tard les historiens sont plus loquaces:

Le 28 août 1914, une terrible bataille a décimé les troupes du 307e et 308e RI d’Angoulême commandées par le colonel Gary. Cette offensive s’est déroulée à Moislains, en Picardie. À 7 h 30, la tête de la colonne atteint la ferme du Gouvernement, installée entre les bois de Saint-Pierre Waast et celui de Vaux. Vers 8 heures, les dragons viennent buter sur les avant-postes ennemis. Des deux côtés, on échange des coups de fusil.

Les combattants tirent au jugé tant le brouillard est dense. Vers 9 heures, les patrouilles détachées des 19 e et 20 e compagnies du 307 e RI reçoivent l’ordre d’avancer vers les lisières du village. Là, les éclaireurs se trouvent confrontés à des cavaliers allemands contre lesquels ils doivent croiser la baïonnette. Les fantassins allemands ouvrent le feu et un déluge d’obus s’abat sur les deux compagnies qui se rabattent sur le bois de Vaux. Deux compagnies du 308 e RI arrivent à la rescousse, mais voyant les soldats ennemis fondre sur elles pour les encercler, elles se replient sur le chemin de la Croix où les attendent les rescapés du 307e .

Avec la dissipation du brouillard, l’ennemi s’aperçoit qu’il n’a en face qu’un petit nombre d’adversaires. L’artillerie vient alors prendre position au lieu-dit Valigout et des mitrailleuses campent sur le chemin de la Croix pour un tir croisé. En quelques instants c’est l’hécatombe. Les blessés et les morts gisent au fond du chemin. À midi la cavalerie allemande charge et sabre les derniers combattants sur la plaine dominant Moislains. La bataille a duré quatre heures.

Ce qu'ils oublient de dire, c'est que l'ampleur du désastre vient aussi de l'affrontement entre, coté français, deux régiments de réservistes, mobilisés moins d'un mois avant et côté allemand, une armée d'active commandée par le général Von Kluck, qui sera par ailleurs décoré pour cette bataille.

Rappelons enfin que les millions de morts de cette guerre n'étaient pas la conséquence d'une lutte contre une dictature ou des terroristes, mais l'affrontement de nations impérialistes pour la (re)conquête de territoires.

Extrait du journal de marche du 308e régiment pour le 28 août 1914

Extrait du journal de marche du 308e régiment pour le 28 août 1914

Extrait de compte rendu 1954

Extrait de compte rendu 1954

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

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Publié le 28 Août 2014

En ce centenaire officiel du début de la Première Guerre Mondiale, je me dois d'honorer la mémoire du frère de mon grand-père, Alfred Achille DUMOUSSEAUX, mort il y a tout juste 100 ans.

Né le 3 mai 1889 au Petit Bourras, commune de Mérignac, Charente, il était agriculteur sur la ferme familiale. Mobilisé le 3 août, il rejoint Bergerac le 6 août et part en train le 7 pour Ivry. Il est incorporé au 308e Régiment d'infanterie, comme caporal. Ce régiment est formé presque entièrement de réservistes du département de la Charente.

Le 25 août le 308e régiment fait route pour Arras puis Bertincourt le 26 août. Le 27 août, des accrochages font quelques victimes, le 28 août est tragique. Perdus dans le brouillard, mal encadrés, les soldats entrent par erreur dans un fort cantonnement allemand qui réplique à l'artillerie et à la mitrailleuse.

Avec 600 autres morts ou disparus, Alfred Achille DUMOUSSEAUX meurt le 28 août 1914 sur la commune de Sailly, Somme, à l’âge de 25 ans.

Le bulletin officiel ci joint ne parviendra à la famille qu'en 1920.

La tradition familiale orale précise que le 2 août, ayant reçu son ordre de mobilisation, Alfred ait jeté sa fourche au feu en disant: "Ca ne me servira plus jamais"

In memoriam Alfred Achille DUMOUSSEAUX
De gauche à droite Félix Dumousseaux (1854-1928), Hortense Martin (1854-1934) , Armand Dumousseaux  (1884-1965) et Alfred Dumousseaux, 11 ans, et qui mourra le 28 août 1914

De gauche à droite Félix Dumousseaux (1854-1928), Hortense Martin (1854-1934) , Armand Dumousseaux (1884-1965) et Alfred Dumousseaux, 11 ans, et qui mourra le 28 août 1914

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 25 Juillet 2014

Lee U-Fan s'expose à Versailles dans le cadre de l'Art contemporain à Versailles du 17 juin au 2 novembre 2014. Lee Ufan, philosophe, calligraphe, peintre, sculpteur, est protestant d'éducation et familier de la pensée bouddhiste zen. Ces deux influences convergent vers un art du dépouillement et de la réflexion.

La majorité des œuvres de l'exposition Lee Ufan Versailles sont installées sur la Grande Perspective, sur le parterre du Midi et dans les bosquets et allées des jardins. L'œuvre Relatum - Mur de Coton, installée au pied de l'Escalier Gabriel dans le Château, complète l'exposition.

Ce sont dix œuvres que l'artiste a créées in situ en s'inspirant du lieu et surtout du jardin dessiné par Le Nôtre. Parmi les œuvres phares de l'exposition, il y a la Grande Arche de Versailles qui est sur ce parterre d’eau devant le château, comme une porte virtuelle qui permet de franchir le seuil et de voir apparaître cette immense perspective conçue par Le Nôtre. Le propos de l’artiste Lee Ufan est de voir différemment les lieux habituels. Cette porte qui est une grande arche soutenue par deux immenses pierres avec un tapis d’acier sous l’arche qui a la même longueur que l’arche elle-même, c’est un dialogue très fort entre les deux.

Le matériel que Lee Ufan utilise, c’est essentiellement la pierre. Des pierres gigantesques que l'artiste recherche partout dans le monde. « Pour moi, la pierre doit être aussi âgée que la terre, explique Lee Ufan. Et je suis toujours à la recherche de la pierre neutre, la pierre abstraite qui n’a pas une image ou un sens particulier. J’utilise aussi la plaque de fer, c’est un produit de la société industrialisée. En mettant ensemble la pierre et le fer, j’essaie de faire le lien entre la nature et le monde industrialisé. »

Lee U-Fan ( hangeul : 이우환; hanja :; Suivant l'usage coréen, le nom de famille Lee est placé en tête ) écrivain, philosophe et plasticien coréen né à Haman-gun (province de Gyeongsangnam) en Corée, le 24 juin 1936.
Lee U-Fan a étudié la poésie, la peinture et la calligraphie, notamment auprès de Hwang Kyun-Yong. Il entre à la School of Art de l'Université Nationale de Séoul en 1956 avant de poursuivre des études de philosophie à l'Université Nihon (Tokyo) en 1958. Parmi les philosophes qui ont influencé son art, on trouve Nietzsche, Rilke, Martin Heidegger et Maurice Merleau-Ponty.

C'est en 1971 que Lee et plusieurs autres artistes participants à la Biennale de Paris présentent aux européens le concept du Mono-Ha. Ce mouvement met en scène les matériaux façonnés par l'homme d'une part, et les matières premières brutes d'autre part, au travers visuels censés illustrés les rapports intimes qui existent entre le naturel et l'artificiel.

Le travail de Lee U-fan se concentre particulièrement sur le point et la ligne. Travail qu'il décrit dans de nombreux essais. Il accorde une importance particulière à la symbolique des matériaux.

Les sculptures de Lee présentent des arrangements de pierres mélangées avec des matériaux industriels comme des plaques d'acier, feuilles de caoutchouc, et des vitres. Dans sa série de sculptures Relatum , chaque œuvre se compose d'une ou plusieurs pierres rondes, pâles ou sombres, de plaques de fer rectangulaires.

Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto est photographe mais aussi plasticien comme en témoigne sa rénovation du sanctuaire Go'O à Naoshima.

Dans une exposition (très) personnelle au Palais de Tokyo à Paris (25 avril au 7 septembre 2014) , Hiroshi Sugimoto explore la nature du temps, de la perception et les origines de la conscience. «Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive]» est une nouvelle version d’une exposition que Hiroshi Sugimoto élabore depuis une dizaine d’années en juxtaposant ses collections d’objets, provenant d’époques et de cultures disparates, et ses oeuvres photographiques. Les objets de sa collection sont ses doubles et sont indispensables à l’artiste en tant que sources d’enseignements qui lui permettent de renouveler son art. En se nourrissant de références au roman L’Étranger d’Albert Camus et aux objets ready-made de Marcel Duchamp, l’artiste a mis en scène un monde après la fin de l’humanité, c'est une vision personnelle de l’Histoire vue depuis l’avenir tel qu'il l'imagine.

L’exposition est constituée d’une trentaine de scénarios, racontés par différents personnages fictifs: un apiculteur, un spécialiste des religions comparées ou encore un homme politique qui choisissent de préserver (ou non), pour le futur, leur patrimoine génétique individuel.

Conçue comme une sorte de ruine en résonance avec l’architecture atypique du Palais de Tokyo, l’exposition est la plus importante jamais réalisée en Europe par l’artiste, et aussi un projet unique qui témoigne de son large champ d’activité, depuis la littérature jusqu’à l’architecture. Elle est à l’image de sa tentative de comprendre l’art et l’histoire humaine selon une vaste échelle temporelle qui dépasse largement celle de l'humanité, tout en incluant sciences, religion, économie.

Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain

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Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto , né le 23 février 1948, est d'abord un photographe. Son œuvre photographique se compose de séries ayant chacune un thème différent mais partageant une logique semblable. Sugimoto est réputé pour son utilisation du format 8×10 pouces et des expositions extrêmement longues. Ses photographies sont toujours en noir et blanc.

Hiroshi quitte en 1968 le Japon pour Los Angeles. Il y découvre l’art conceptuel qui va influencer son travail mais aussi le dadaïsme et le surréalisme.

Sugimoto a commencé son travail par Dioramas, en 1976, une série dans laquelle il photographie des présentoirs dans des muséums d'histoire naturelle.

Sa série Portraits, commencée en 1999, est fondée sur une idée semblable. Sugimoto photographie des figures en cire d' Henry VIII et de ses épouses. Ces figures sont fondées sur des portraits du XVIe siècle ; lors de la prise des clichés de cette série, Sugimoto essaye cette fois de recréer l'éclairage utilisé par le peintre.

Commencé en 1978, la série des théâtres l'a amené à photographier de vieux cinémas et drive-in américains. Sugimoto choisit d'exposer le film pendant toute la durée de la séance, le projecteur du cinéma fournissant l'unique source de lumière. L'écran lumineux et intensément blanc est au centre de le composition, les détails architecturaux et les sièges du cinéma devenant les seuls sujets de ces photographies. L'unique source de lumière donne à ces travaux un aspect irréel et donne à Sugimoto l'occasion de montrer le temps qui passe au travers de la photographie, technique de l'instantané.

Série commencée en 1980 , les Seascapes capturent l’essence de paysages marins du monde entier en n’en retenant que les éléments fondamentaux, l’air et l’eau.

Ses photos de monuments religieux sont empreints d'une grande spiritualité. Ses poses longues, là encore permettent à la lumière de se diffuser, de donner l'impression que celle-ci "contourne" le monument, rendant ainsi perceptible le temps.

En 2007, ses photos de robes, pour des réalisations de grands couturiers comme Junya Watanabe (Comme des Garçons), Issey Miyake, ou Rei Kawakubo sont réalisées sur des mannequins de cire, mais le cadrage et le velouté des photographies peut laisser penser à des modèles vivants.

En 1995, il reçoit le  Prix Higashikawa

série dioramas : Cheetah

série dioramas : Cheetah

Théâtre

Théâtre

Seaspaces

Seaspaces

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

Hiroshi Sugimoto est intervenu comme maître d'œuvre dans la rénovation d'un temple shintô à Naoshima, dans le cadre du projet Benesse Art House

Le Sanctuaire Go'O était un temple secondaire, datant de la période Edo.
Hiroshi Sugimoto a restauré le bâtiment principal et conçu une nouvelle structure, dénommée Appropriate Proportion , et achevée en 2002 . Un escalier en verre de qualité optique, faisant penser à des blocs de glace, relie le bâtiment principal à une chambre de pierre souterraine, il unit le ciel et la terre; la sortie latérale de cette chambre souterraine se situe face à la mer, réalisant ainsi une liaison avec l'élément liquide.

Esthétiquement, les principaux éléments s'appuient sur le style architectural du début des sanctuaires (tels que le Grand Sanctuaire d'Ise), tout en reflétant la propre sensibilité de l'artiste, qui est aussi bien plasticien que photographe.

Hiroshi Sugimoto , artiste pluriel

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 22 Mai 2014

Il faut aller découvrir le travail d'Esther Ferrer au MAC/VAL.

Esther Ferrer est une artiste espagnole d'origine basque née en 1937 à Saint-Sébastien. Photographe, performeuse, elle vit en France depuis les années 1970. A 77 ans, bon pied, bon œil, elle n'hésite pas à se mettre en scène dans des performances, comme au FRAC Bretagne fin 2013 ou au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne en 2014.

En 1967, elle rejoint ZAJ, groupe fondé par Raymond Barcé, Walter Marchetti et Juan Hidalgo en 1964 et lui reste fidèle jusqu’à sa dissolution en 1997. ZAJ émargeait dans le contexte de l’Espagne franquiste, sous l’influence de John Cage ou encore Marcel Duchamp et dans la mouvance de Fluxus, sans lui être réellement affilié. Ce groupe privilégiait les performances radicales et expérimentales où la musique avait une importance majeure.Celles-ci sont présentées en Espagne dans des salles de concerts destinées à la musique classique et ce, malgré l'égide fasciste du régime franquiste.

L’œuvre d’Esther Ferrer mêle humour, absurde, ironie, dérision et économie formelle. Elle réalise un art sans compromis, brut, pour ne pas dire brutal, parfois violent et aussi éminemment engagé. Sans se donner cet objectif, elle pratique pourtant dès ses débuts un art social et politique. Car avant d’être une artiste, elle est une féministe, une anarchiste, une citoyenne engagée.

Sans prétendre vouloir changer la société, elle tente d’impulser une autre façon de l’appréhender et d’encourager une certaine prise de conscience.
Depuis presque cinquante ans, son discours cohérent, construit et constant est une invitation à la liberté qui continue d’être toujours en parfaite résonance avec le présent.

compléments sur Esther Ferrer

Esther Ferrer au MAC/VAL
Esther Ferrer au MAC/VAL
Esther Ferrer au MAC/VAL

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #photographie

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Publié le 10 Mai 2014

Le festival Nebuta (ねぶた祭り Nebuta Matsuri) est une fête d'été qui se déroule principalement à Aomori, dans le Tôhoku.

D'immenses figurines de papier tendu sur des structures de bambou et de bois représentent des personnages et des scènes historiques, des guerriers samurai, des oiseaux ou encore d'autres animaux. Les personnages principaux sont issus de la mythologie japonaise, comme Izanagi et Izanami, de l'histoire japonaise comme des Shogun, du théâtre kabuki ou même de la mythologie chinoise. Il est possible également de représenter des personnages contemporains, vedettes ou héros de feuilletons TV. Ces figurines sont illuminées de l'intérieur et installées sur des chars yatai pour défiler dans les rues de la ville. Le festival d'Aomori a été désigné comme un bien culturel traditionnel important par le gouvernement japonais en 1980.

Un festival similaire, Neputa Matsuri, se déroule à Hirosaki, également début août. le Hirosaki Neputa Matsuri se caractérise par une soixantaine de neputa de toutes tailles en forme d'éventails, ornés d'images de légendes héroïques de la Chine ancienne, comme Sangokushi ou Saga des trois royaumes, ou encore Suikoden ou Les hors-la-loi du marais. Une tradition semblable existe aussi à Hakodate, au sud d'Hokkaido.

Le terme Nebuta (ou Neputa) vient du terme dialectal local Nepute pour Nemutai (endormi) qui renvoie à une des origines possibles de la tradition. En effet, plusieurs explications sont données quant à l'origine historique de cette fête. La première se rattache à la coutume du neburi-nagashi et du festival Tanabata. Au moment des grosses chaleurs de l'été, des lanternes flottantes étaient placées sur la rivière pour noyer dans le flot l'engourdissement et la paresse de l'été et redonner du courage aux agriculteurs pour la saison des récoltes.

Les grands nebuta demandent plus de 6 mois de travail et sont réalisés sous la conduite de maîtres réputés. Le bambou a été remplacé par du fil de fer. Les papiers sont tendus et collés sur l'armature métallique, puis décorés à l'encre de Chine. Enfin, le système d'éclairage est mis en place.


les plus gros des chars Nebuta font 5m de haut, 9 m de large, 7 m de profondeur. Ces dimensions ne peuvent pas être dépassées, compte tenu du profil des rues dans lesquelles ils sont amenés à circuler. Ils pèsent plus de 4 tonnes, y compris le générateur électrique.


Lors du défilé, les chars sont poussés par une quarantaine de personnes, accompagnés par des musiciens et des danseurs; ces personnes, appelées haneto, bougent au son des tambours et de la musique spécifique à ce festival. Toute personne, y compris les touristes, peut participer à l'une des processions comme haneto tant qu'ils portent le costume approprié.

Festival Nebuta

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

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Publié le 7 Avril 2014

Très belle exposition, au charme rétro, quelquefois un peu sulfureux. Robert Mapplethorpe a toujours assumé sa bisexualité, bondage SM avec des noirs et des blancs côté homme, Patti Smith et Lisa Lyoncôté femmes.

Cette première rétrospective en France de Robert Mapplethorpe, depuis sa mort, présente quelque deux cent cinquante images, pour rendre compte des différents thèmes de son œuvre. Corps de bronze et sculptures de chair, géométries et chorégraphies, natures mortes et détails anatomiques, fleurs végétales et corporelles, portraits de cours et clichés de nuit, érotisme soft et hard, tout l’art de Mapplethorpe est déroulé, scandé par ses autoportraits sous tous les avatars.

Un art dont on peut voir, en refermant l’exposition par le début de la carrière du photographe, que le programme était déjà clairement annoncé dans les polaroïds de sa jeunesse.

L’exposition est construite "À rebours". Partir de l’autoportrait à la tête de mort, c’est commencer par l’image d’un jeune homme déjà vieux, tragédie de la vie fauchée en plein élan par le sida. C’est aussi marquer la posture fantastique d’un maître du royaume des ombres qui semble, par-delà la mort, encore un peu vivant mais déjà dans la postérité de son œuvre, nous invitant de sa canne satanique à le suivre dans les enfers de son histoire, à la recherche de son désir.

Robert Mapplethorpe est un artiste obsédé par une quête esthétique de la perfection. Sculpteur dans l’âme et dans l’imagination, il veut « que les gens voient [ses] œuvres d’abord comme de l’art, ensuite comme de la photographie . » Sous le signe de Michel-Ange, Mapplethorpe se positionne en héraut d’un idéalisme classique revu et corrigé dans le New York libertaire des années 1970 Explorant les techniques de tirage les plus raffinées, il enrichit sa création de pièces uniques, compositions mixtes, encadrements spéciaux.

Présentation par Patti Smith de l'exposition vidéo sur Dailymotion

Robert Mapplethorpe au Grand Palais
Robert Mapplethorpe au Grand Palais
Robert Mapplethorpe au Grand Palais

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #photographie, #Robert Mapplethorpe, #Patti Smith

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Publié le 29 Mars 2014

Ne manquez pas la rétrospective Bill Viola au Grand Palais, jusqu'au 21 Juillet 2014

Bill Viola est un des plus célèbres représentants de l’art vidéo. Un large corpus de son œuvre, allant de 1977 à aujourd’hui, mêlant tableaux en mouvement et installations monumentales, est pour la première fois présenté au Grand Palais. Dans une quête à la fois intimiste et universelle, l’artiste exprime son cheminement émotionnel et spirituel à travers de grands thèmes métaphysiques, la vie, la mort, la transfiguration.

Vers le milieu des années 1970, Bill Viola se met à voyager en Orient pour entamer une quête spirituelle. Le propos de Bill Viola et de son épouse et collaboratrice depuis trente-cinq ans, Kira Perov, est lesté de philosophies orientales, et extrême-orientales. C’est le résultat de lectures, d’une habitude quotidienne d’écriture, mais aussi de séjours fondateurs en Indonésie, au Ladakh, dans le nord de l’Inde, et surtout au Japon, où le couple a passé dix-huit mois à étudier tant la culture traditionnelle que les techniques de pointe de la vidéo en 1980. Pendant ce voyage, il rencontre le maître zen Daien Tanaka qui devient son guide spirituel. Cette capacité à marier spiritualité et technicité donne à l’œuvre son caractère incomparable.

Le temps est la matière première pour Bill Viola. Il est suspendu, ralenti, déplié, tourne en boucles, se décompose ou se superpose. Ces jeux sensoriels sur la perception du temps plongent le spectateur dans une expérience du déroulement parfois proche de la pratique de la méditation : on se fixe sur un moment présent pour accéder, par strates, à une perception plus profonde. C'est dans la durée que les œuvres déploient leurs mystères.

Les figures flottantes, qui s'élèvent dans les airs, s'y figent ou disparaissent au fond des eaux peuplent les visions de l'artiste. Mystiques, mythiques ou fantomatiques, ces apparitions ou disparitions peuvent aussi n'être que des sons, comme dans l'installation Présence, dans l'escalier entre les deux étages de l'exposition, où l'on entend des voix de tous âges chuchoter des secrets, des respirations ou les pulsations d'un cœur.

Œuvres présentées

20 vidéos (certaines multiples) et une œuvre sonore sont présentées, en particulier

  • Chott el-Djerid (1979) Durée : 28 minutes.
    Silhouette flageolantes, mirage dans le désert.
    Mouvements lents mais temps réel.
  • The Reflecting Pool (1979)
    Durée : 7 minutes.
    Apparition-disparition d'un corps au dessus d'un bassin et, de façon désynchronisée, de son reflet sur l'eau.
  • Walking the Edge (2012) vidéo sur Dailymotion
    c'est le temps à l'échelle de la vie qui est abordé. On y voit deux hommes, un père et un fils, dont les trajectoires s'inscrivent dans la durée (environ 12 minutes). Ils surgissent à chaque extrémité du champs de l'image et avancent dans le désert, dans une chaleur qui trouble légèrement l'image. Ils marchent vers le spectateur jusqu'à se croiser et se séparer à nouveau.
  • The Encounter (2012) Vidéo sur Youtube
    The Encounter, Deux femmes se rencontrent de la même façon dans le désert, mais où la plus âgée transmet quelque chose à la plus jeune avant qu’elles ne repartent vers l’horizon. Deux métaphores de la vie, l’une au masculin, l’autre au féminin, évoquant la citation du penseur arabo-andalou Ibn Arabi donnée par l’artiste en épigraphe: «Si tu t’engages dans le voyage, tu arriveras
  • Going Forth by Day (2002) est composé de 5 tableaux:
    -le premier est l’entrée dans la pièce à travers un brasier projeté sur la porte.
    -Sur un long mur, dans la forêt, défilent des voyageurs, certains portant un sac, ou tout simplement un objet qui leur est cher. Presque indistincte sur leur chemin, une borne à cerne rouge évoque ces figurines du Jizo qui sont posées au bord des chemins, au Japon.
    -Au fond de la salle, le Déluge : des passants qui vaquent à leurs occupations, certains portant des plantes en pot pour une destination incertaine, devant un décor en forme d’immeuble bientôt plongé dans une cataracte catastrophique.
    - Dans la vidéo suivante, le paysage est coupé en deux. Au sommet, un ange gardien, qui ressemble beaucoup à Bill Viola lui-même, veille devant une maison. A l’intérieur de la maison, un fils veille son père mourant. Comme dans un rêve, à l’instant fatal, il se retrouvera frappant à la porte, sans pouvoir entrer : on manque toujours la mort de son père, ou de sa mère.En contrebas, une femme âgée, déjà un fantôme, s’apprête à embarquer sur un lac qui la conduit vers l’au-delà.
    -First Light : une équipe de secours arrivant après une inondation brutale dans un désert, évoquant les pompiers du 11 Septembre. Toute la tension se reporte sur une mère qui scrute le lac en quête du fils disparu.
  • Catherine's Room (2001) Petites vidéos intimistes
  • Heaven and Earth (1992) Sculpture composée de deux écrans cathodiques face à face, qui diffusent chacun un film : d'un côté, un enfant qui nait, de l'autre une gran-mère qonise
  • Nine attemps to Achieve Immortality (1996)
    Performance réalisée par Bill Viola lui-même, qui tente neuf longues apnées (en 18 minutes) face à la caméra.
  • Tristan's Ascension (The Sound of a Mountain Under a Waterfall)(2005) vidéo sur Dailymotion
    Une représentation de l'ascension de l'âme dans l'espace après la mort, « au moment où elle se réveille et se trouve emportée par une chute d'eau », qui s'écoule ici de façon inversée. L'eau, qui commence comme une pluie avant de transformer en cascade, vient ainsi éveiller un homme inerte. Son corps se soulève peu à peu, jusqu'à disparaître, puis le débit s'estompe, seules quelques gouttes ruissellent sur la dalle vide. Le dispositif est tout en verticalité tant au niveau de l'image que de la diffusion des sons.
  • Fire Woman (2005) vidéo sur Dailymotion
    Une silhouette de femme se détache d'un immense mur de flammes en arrière-plan. Elle avance jusqu'à plonger soudainement dans une eau dont on ne soupçonnait pas la présence. Le regard du spectateur se retrouve alors face aux seules formes ondoyantes et abstraites du feu, puis à leur reflet dans l'eau
  • Three Women vidéo sur Dailymotion
    Trois femmes de trois âges différents passent d'un espace en noir et blanc saturé, comme une mauvaise retransmission d'images dans un écran, en arrière-plan, à un premier plan net et en couleurs. Entre les deux : un rideau d'eau. Cette œuvre fait partie de la série Transfigurations. Physiquement, une transfiguration est un changement complet de forme, un remodelage des apparences, une métamorphose. La métamorphose la plus profonde et la plus radicale est totalement intériorisée, invisible, sauf qu'elle modifie la substance même de la personne, qui finit par rayonner et transformer tout ce qui l'entoure.
  • The Dreamers (2013)
    Sept écrans plasma verticaux, Collection Pinault. 7 tableaux où le personnage semble dormir et rêver sous l'eau, en apnée.
  • Man searching for Immortality (2013) / Woman searching for Eternity (2013)
    Un homme et une femme âgés, debout et nus face aux spectateurs, explorent chacun leur corps avec leurs mains et en éclairant leur propre peau avec une lampe de poche,
Galerie
Going Forth by Day (2002) first light

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The Dreamers, 2013

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Fire Woman, 2005

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Bill Viola

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