Publié le 16 Octobre 2014

Masunobu Yoshimura ( japonais 吉村益信, Yoshimura Masunobu) plasticien contemporain japonais, né en 1932 à Ôita (île de Kyushu) et décédè en 2011

En 1960, le groupe nouvellement formé des Neo-Dada Organizers se réunissaient dans son atelier, connu sous le nom de « White House ». Là, ils rédigeaient des tracts, allaient manifester dans la rue et travaillaient en vue des Indépendants Yomiuri. Par la suite Masunobu Yoshimura lui-même sera surnommé "White House".

En avril 1960, à la première exposition du groupe, à la Galerie Ginza de Tokyo, Masunobu Yoshimura s'enveloppe dans les affiches de l'exposition jusqu'à ressembler à une momie. Il déambule ainsi déguisé dans les rues du quartier.

Dans les années 1960, il fonde son travail sur la technologie et produit des sculptures comme Anti-Material; Light on Möbius, 1968 , composé d'ampoules monté sur un ruban de Möbius. Il est retenu comme artiste pour le pavillon du Japon à l'exposition universelle d'Osaka en 1970; il y présente Ô Garasu (peut signifier un verre , glass, ou, un grand corbeau).

happening à Ginza avril 1960

happening à Ginza avril 1960

Pig; pig lib 1971

Pig; pig lib 1971

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost 0

Publié le 13 Octobre 2014

Tatzu Nishi aime manipuler les conventions, notamment celles qui président aux notions du beau et du laid. Il détourne de leur fonction des objets ou monuments de l’espace public. Son travail s’attache particulièrement à tous les objets qui composent nos villes : bancs publics, lampadaires, arrêts de bus et surtout monuments et statues. En les détournant de leur fonction première, en les mettant dans des situations inattendues, incongrues, il les révèle sous une lumière différente, drôle et poétique. Le plus souvent, il intègre ces objets de l’espace public à l’intérieur d’espaces privés.

Depuis 2001, il développe un travail plus ambitieux autour des grandes sculptures classiques qu’on trouve dans toute ville. Ces statues, par la force de l’habitude, deviennent quasiment invisibles aux yeux du citadin. En les intégrant dans des espaces clos de type privatif, il les met à nouveau en lumière, et propose une relation toute autre entre l’œuvre et le visiteur. Toutes les pièces que Tatzu Nishi a réalisées dans les grandes manifestations artistiques auxquelles il a participé, ont été perçues comme de véritables évènements.

La plupart de ses réalisations sont temporaires, mais habitables. Il est souvent possible de réserver pour une nuit ses chambres provisoires. Quelques réalisations sont pérennes comme la Villa Cheminée de Cordemais, réalisée dans le cadre d'Estuaire, entre Nantes et St Nazaire.

Tatzu Nishi ( japonais : 西野 達, Nishino Tatzu) plasticien contemporain japonais est né en 1960 à Nagoya.
Il utilise également les pseudonymes Tazu Roos, Tatzu Oozu,Tatsurou Bashi ou Tazro Nishino.
Tatzu Nishi a étudié à l'Université d'Art de Musashino , à Tokyo de 1981 à 1984.
Il s'installe en Allemagne à partir de 1989 et s'inscrit à Kunstakadamie de Münster.
Tatzu Nishi vit et travaille en Allemagne (Berlin) et au Japon (Tokyo)

Plus de détails : Tatzu Nishi plasticien contemporain (1960)

Villa Cheminée , Cordemais, depuis 2009

Villa Cheminée , Cordemais, depuis 2009

Villa Victoria, Liverpool, 2002

Villa Victoria, Liverpool, 2002

Hotel Manta, Helsinski, Finlande, 2014

Hotel Manta, Helsinski, Finlande, 2014

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

Repost 0

Publié le 8 Septembre 2014

Party Girl film original et passionnant sorti le 27 août 2014:

« Ma mère est une party girl », voilà en quels termes Samuel Theis commence son discours au public assistant à la cérémonie de clôture du Festival de Cannes. Il y reçoit, entouré des bras de ses acolytes Claire Burger et Marie Armachoukeli, la Caméra d’or récompensant leur premier long métrage, sans oublier l’autre récompense d’ensemble dans le cadre de la sélection d’Un Certain Regard. Party Girl est le résultat d’une réalisation familiale, inspirée par l’histoire personnelle de Samuel, coécrite à trois, et avec la complicité de tous, à commencer par les acteurs non-professionnels.

Angélique a la soixantaine, une vie passée à boire et à faire boire les hommes dans un cabaret à la frontière allemande. Michel, un gros, un doux, lui demande sa main. Elle hésite, parce que la fête, elle aime toujours ça, Angélique. Et puis, elle accepte : ce sera, au moins, l'occasion d'une grande réunion de famille. Car Angélique a trois enfants dont elle ne s'est pas trop occupée, mais qui l'aiment, plus une quatrième qu'on lui a retirée, jadis et qu'elle aimerait bien revoir.

C'est, plus ou moins transposée, l'histoire d'un des trois réalisateurs, Samuel Theis. C'est, d'ailleurs, sa mère, Angélique Theis-Litzenburger, qui interprète le rôle principal. Ils sont trois à avoir signé ce film. Avec Samuel, Marie Amachoukeli et Claire Burg.

Le travail des trois co-réalisateurs est un vrai travail d'équipe, sans aucune spécialisation de l'un ou de l'autre dans une tâche particulière. Ils écrivent avec précision chaque squence, mais laisse la place à l'interprétation des acteurs. La caméra saisit, en longs plans séquence, la vie tragi-comique de ces personnages, qui errent tous entre bons sentiments et mélancolie. Elle ne quitte presque jamais cette Angélique grandiose et pathétique, qui, par sa démesure, ressemble à une héroïne fellinienne.

À la fois cru et généreux, naturaliste et poétique, le film se situe sur un fil entre fiction et documentaire, sans gêne et avec même, de façon contradictoire, une certaine pudeur. Il se montre cruel lorsqu’il finit par devenir charnel. Party Girl relève le défi de ne pas ressembler à une émission de Strip-Tease tout en développant une force tragicomique du récit. Si Samuel Theis avoue avoir eu honte, durant son enfance, des manières et du look de sa mère, il lui rend un hommage émouvant en lui accordant le rôle principal de son premier film, pour dresser le portrait d’un personnage complexe et nostalgique.

L’attachement des trois réalisateurs pour leurs personnages souvent marginaux leur permet de les approcher et de mieux les filmer dans leur milieu de vie. Ils les représentent sans vulgarité ni complaisance au point de les rendre davantage vraisemblables et généreux. Ils circulent entre la boîte de nuit et la commune de Forbach en Moselle, deux espaces respectivement anxiogènes et lugubres en raison de difficultés économiques et sociales. Il en résulte une photographie terne parfois distillée dans des néons colorés : Party Girl est visuellement très abouti. On admire le style et l’ambiance dès le générique de début.

Party Girl

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

Repost 0

Publié le 7 Septembre 2014

La Bataille de Moislains fut brève et meurtrière pour plus de 600 réservistes charentais des 307e et 308e régiments d'infanterie. vers midi les troupes françaises se replient. Dans l'après-midi, la population non évacuée de Moislains est autorisée à venir secourir ceux qui peuvent encore l'être. Dès lors et les jours suivants, une chaîne de solidarité sous forme de soins, de nourriture et de réconfort va s'installer. Une carte postale de 1921 montre cimetière très sommairement aménagé.

Le 31 Août 1924, à l'initiative des deux collectivités (La Charente et la Somme) un ossuaire et un cimetière sont inaugurés au lieu dit « le chemin de la Récrière »:

Le Monument des Charentais domine ce modeste cimetière. Son assise vient d'une carrière de Charente.

Un coffre en bois réalisé avec un chêne du Puy de Nelle à Champniers est déposé devant ce monument depuis 1960, coffre qui renferme plusieurs échantillons de terre provenant des villages d'origine des combattants disparus. L’initiative en revient à Gaston Rofidal, sous-officier pendant la guerre 14-18, et dont le passage dans le secteur de l'Oise devait décider profondément du reste de sa vie.

Avec le temps la mémoire ne faiblit pas puisque des familles ont fraternisé et que tous les ans, le dernier dimanche d'Août, simultanément à Moislains et à Angoulême une cérémonie honore la mémoire de ces Charentais, morts dans ce village Picard.

La nécropole vers 1920

La nécropole vers 1920

Le monument aux Charentais de Moislains
Cimetière et monument en 2014

Cimetière et monument en 2014

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

Repost 0

Publié le 6 Septembre 2014

Revenons sur la Bataille de Moislains, au cours de la quelle mourut Alfred Dumousseaux , le 28 août 1914. Cette bataille fut une des plus brèves (une matinée) et des plus sanglantes du premier mois de la Première Guerre Mondiale.

Envoyé « à marche forcée » au nord de la Picardie, le « 307e régiment » avait pour mission de retarder l’avancée allemande sur Paris et d’éviter l’encerclement d’un corps expéditionnaire anglais fort de 74 000 hommes.

Le comte rendu officiel (disponible là http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?fam=3&ref=6&le_id=2138 ) est bref, sec et laconique:


28 août 4h
Le 308e, tête du gros de la colonne se porte sur peronne. Brouillard intense. subitement le 307e est accueilli en face de Moislains, au sud du bois de vaux, par un feu violent d'infanterie, que vient bientôt soutenir l'artilleri
e.

9 heures. le 308e se déploit et subit de grosses pertes. Attaqué par un ennemi retranché, supérieur en nombre, et menacé sur ses arrieres et ses flancs, il doit battre en retraitear Rocquigny... vers Arras, où il arrive à 21 h 30

pertes: 16 officiers tués blessés ou disparus, 732 sous officiers, caporaux et soldats tués, blessés, prisonniers ou disparus (sur un effectif total de 2200 hommes)

Quelques années plus tard les historiens sont plus loquaces:

Le 28 août 1914, une terrible bataille a décimé les troupes du 307e et 308e RI d’Angoulême commandées par le colonel Gary. Cette offensive s’est déroulée à Moislains, en Picardie. À 7 h 30, la tête de la colonne atteint la ferme du Gouvernement, installée entre les bois de Saint-Pierre Waast et celui de Vaux. Vers 8 heures, les dragons viennent buter sur les avant-postes ennemis. Des deux côtés, on échange des coups de fusil.

Les combattants tirent au jugé tant le brouillard est dense. Vers 9 heures, les patrouilles détachées des 19 e et 20 e compagnies du 307 e RI reçoivent l’ordre d’avancer vers les lisières du village. Là, les éclaireurs se trouvent confrontés à des cavaliers allemands contre lesquels ils doivent croiser la baïonnette. Les fantassins allemands ouvrent le feu et un déluge d’obus s’abat sur les deux compagnies qui se rabattent sur le bois de Vaux. Deux compagnies du 308 e RI arrivent à la rescousse, mais voyant les soldats ennemis fondre sur elles pour les encercler, elles se replient sur le chemin de la Croix où les attendent les rescapés du 307e .

Avec la dissipation du brouillard, l’ennemi s’aperçoit qu’il n’a en face qu’un petit nombre d’adversaires. L’artillerie vient alors prendre position au lieu-dit Valigout et des mitrailleuses campent sur le chemin de la Croix pour un tir croisé. En quelques instants c’est l’hécatombe. Les blessés et les morts gisent au fond du chemin. À midi la cavalerie allemande charge et sabre les derniers combattants sur la plaine dominant Moislains. La bataille a duré quatre heures.

Ce qu'ils oublient de dire, c'est que l'ampleur du désastre vient aussi de l'affrontement entre, coté français, deux régiments de réservistes, mobilisés moins d'un mois avant et côté allemand, une armée d'active commandée par le général Von Kluck, qui sera par ailleurs décoré pour cette bataille.

Rappelons enfin que les millions de morts de cette guerre n'étaient pas la conséquence d'une lutte contre une dictature ou des terroristes, mais l'affrontement de nations impérialistes pour la (re)conquête de territoires.

Extrait du journal de marche du 308e régiment pour le 28 août 1914

Extrait du journal de marche du 308e régiment pour le 28 août 1914

Extrait de compte rendu 1954

Extrait de compte rendu 1954

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

Repost 0

Publié le 28 Août 2014

En ce centenaire officiel du début de la Première Guerre Mondiale, je me dois d'honorer la mémoire du frère de mon grand-père, Alfred Achille DUMOUSSEAUX, mort il y a tout juste 100 ans.

Né le 3 mai 1889 au Petit Bourras, commune de Mérignac, Charente, il était agriculteur sur la ferme familiale. Mobilisé le 3 août, il rejoint Bergerac le 6 août et part en train le 7 pour Ivry. Il est incorporé au 308e Régiment d'infanterie, comme caporal. Ce régiment est formé presque entièrement de réservistes du département de la Charente.

Le 25 août le 308e régiment fait route pour Arras puis Bertincourt le 26 août. Le 27 août, des accrochages font quelques victimes, le 28 août est tragique. Perdus dans le brouillard, mal encadrés, les soldats entrent par erreur dans un fort cantonnement allemand qui réplique à l'artillerie et à la mitrailleuse.

Avec 600 autres morts ou disparus, Alfred Achille DUMOUSSEAUX meurt le 28 août 1914 sur la commune de Sailly, Somme, à l’âge de 25 ans.

Le bulletin officiel ci joint ne parviendra à la famille qu'en 1920.

La tradition familiale orale précise que le 2 août, ayant reçu son ordre de mobilisation, Alfred ait jeté sa fourche au feu en disant: "Ca ne me servira plus jamais"

In memoriam Alfred Achille DUMOUSSEAUX
De gauche à droite Félix Dumousseaux (1854-1928), Hortense Martin (1854-1934) , Armand Dumousseaux  (1884-1965) et Alfred Dumousseaux, 11 ans, et qui mourra le 28 août 1914

De gauche à droite Félix Dumousseaux (1854-1928), Hortense Martin (1854-1934) , Armand Dumousseaux (1884-1965) et Alfred Dumousseaux, 11 ans, et qui mourra le 28 août 1914

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

Repost 0

Publié le 25 Juillet 2014

Lee U-Fan s'expose à Versailles dans le cadre de l'Art contemporain à Versailles du 17 juin au 2 novembre 2014. Lee Ufan, philosophe, calligraphe, peintre, sculpteur, est protestant d'éducation et familier de la pensée bouddhiste zen. Ces deux influences convergent vers un art du dépouillement et de la réflexion.

La majorité des œuvres de l'exposition Lee Ufan Versailles sont installées sur la Grande Perspective, sur le parterre du Midi et dans les bosquets et allées des jardins. L'œuvre Relatum - Mur de Coton, installée au pied de l'Escalier Gabriel dans le Château, complète l'exposition.

Ce sont dix œuvres que l'artiste a créées in situ en s'inspirant du lieu et surtout du jardin dessiné par Le Nôtre. Parmi les œuvres phares de l'exposition, il y a la Grande Arche de Versailles qui est sur ce parterre d’eau devant le château, comme une porte virtuelle qui permet de franchir le seuil et de voir apparaître cette immense perspective conçue par Le Nôtre. Le propos de l’artiste Lee Ufan est de voir différemment les lieux habituels. Cette porte qui est une grande arche soutenue par deux immenses pierres avec un tapis d’acier sous l’arche qui a la même longueur que l’arche elle-même, c’est un dialogue très fort entre les deux.

Le matériel que Lee Ufan utilise, c’est essentiellement la pierre. Des pierres gigantesques que l'artiste recherche partout dans le monde. « Pour moi, la pierre doit être aussi âgée que la terre, explique Lee Ufan. Et je suis toujours à la recherche de la pierre neutre, la pierre abstraite qui n’a pas une image ou un sens particulier. J’utilise aussi la plaque de fer, c’est un produit de la société industrialisée. En mettant ensemble la pierre et le fer, j’essaie de faire le lien entre la nature et le monde industrialisé. »

Lee U-Fan ( hangeul : 이우환; hanja :; Suivant l'usage coréen, le nom de famille Lee est placé en tête ) écrivain, philosophe et plasticien coréen né à Haman-gun (province de Gyeongsangnam) en Corée, le 24 juin 1936.
Lee U-Fan a étudié la poésie, la peinture et la calligraphie, notamment auprès de Hwang Kyun-Yong. Il entre à la School of Art de l'Université Nationale de Séoul en 1956 avant de poursuivre des études de philosophie à l'Université Nihon (Tokyo) en 1958. Parmi les philosophes qui ont influencé son art, on trouve Nietzsche, Rilke, Martin Heidegger et Maurice Merleau-Ponty.

C'est en 1971 que Lee et plusieurs autres artistes participants à la Biennale de Paris présentent aux européens le concept du Mono-Ha. Ce mouvement met en scène les matériaux façonnés par l'homme d'une part, et les matières premières brutes d'autre part, au travers visuels censés illustrés les rapports intimes qui existent entre le naturel et l'artificiel.

Le travail de Lee U-fan se concentre particulièrement sur le point et la ligne. Travail qu'il décrit dans de nombreux essais. Il accorde une importance particulière à la symbolique des matériaux.

Les sculptures de Lee présentent des arrangements de pierres mélangées avec des matériaux industriels comme des plaques d'acier, feuilles de caoutchouc, et des vitres. Dans sa série de sculptures Relatum , chaque œuvre se compose d'une ou plusieurs pierres rondes, pâles ou sombres, de plaques de fer rectangulaires.

Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles
Lee U-Fan à Versailles

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #lee U-fan, #art contemporain

Repost 0

Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto est photographe mais aussi plasticien comme en témoigne sa rénovation du sanctuaire Go'O à Naoshima.

Dans une exposition (très) personnelle au Palais de Tokyo à Paris (25 avril au 7 septembre 2014) , Hiroshi Sugimoto explore la nature du temps, de la perception et les origines de la conscience. «Aujourd’hui le monde est mort [Lost Human Genetic Archive]» est une nouvelle version d’une exposition que Hiroshi Sugimoto élabore depuis une dizaine d’années en juxtaposant ses collections d’objets, provenant d’époques et de cultures disparates, et ses oeuvres photographiques. Les objets de sa collection sont ses doubles et sont indispensables à l’artiste en tant que sources d’enseignements qui lui permettent de renouveler son art. En se nourrissant de références au roman L’Étranger d’Albert Camus et aux objets ready-made de Marcel Duchamp, l’artiste a mis en scène un monde après la fin de l’humanité, c'est une vision personnelle de l’Histoire vue depuis l’avenir tel qu'il l'imagine.

L’exposition est constituée d’une trentaine de scénarios, racontés par différents personnages fictifs: un apiculteur, un spécialiste des religions comparées ou encore un homme politique qui choisissent de préserver (ou non), pour le futur, leur patrimoine génétique individuel.

Conçue comme une sorte de ruine en résonance avec l’architecture atypique du Palais de Tokyo, l’exposition est la plus importante jamais réalisée en Europe par l’artiste, et aussi un projet unique qui témoigne de son large champ d’activité, depuis la littérature jusqu’à l’architecture. Elle est à l’image de sa tentative de comprendre l’art et l’histoire humaine selon une vaste échelle temporelle qui dépasse largement celle de l'humanité, tout en incluant sciences, religion, économie.

Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo
Hiroshi Sugimoto , au Palais de Tokyo

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain

Repost 0

Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto , né le 23 février 1948, est d'abord un photographe. Son œuvre photographique se compose de séries ayant chacune un thème différent mais partageant une logique semblable. Sugimoto est réputé pour son utilisation du format 8×10 pouces et des expositions extrêmement longues. Ses photographies sont toujours en noir et blanc.

Hiroshi quitte en 1968 le Japon pour Los Angeles. Il y découvre l’art conceptuel qui va influencer son travail mais aussi le dadaïsme et le surréalisme.

Sugimoto a commencé son travail par Dioramas, en 1976, une série dans laquelle il photographie des présentoirs dans des muséums d'histoire naturelle.

Sa série Portraits, commencée en 1999, est fondée sur une idée semblable. Sugimoto photographie des figures en cire d' Henry VIII et de ses épouses. Ces figures sont fondées sur des portraits du XVIe siècle ; lors de la prise des clichés de cette série, Sugimoto essaye cette fois de recréer l'éclairage utilisé par le peintre.

Commencé en 1978, la série des théâtres l'a amené à photographier de vieux cinémas et drive-in américains. Sugimoto choisit d'exposer le film pendant toute la durée de la séance, le projecteur du cinéma fournissant l'unique source de lumière. L'écran lumineux et intensément blanc est au centre de le composition, les détails architecturaux et les sièges du cinéma devenant les seuls sujets de ces photographies. L'unique source de lumière donne à ces travaux un aspect irréel et donne à Sugimoto l'occasion de montrer le temps qui passe au travers de la photographie, technique de l'instantané.

Série commencée en 1980 , les Seascapes capturent l’essence de paysages marins du monde entier en n’en retenant que les éléments fondamentaux, l’air et l’eau.

Ses photos de monuments religieux sont empreints d'une grande spiritualité. Ses poses longues, là encore permettent à la lumière de se diffuser, de donner l'impression que celle-ci "contourne" le monument, rendant ainsi perceptible le temps.

En 2007, ses photos de robes, pour des réalisations de grands couturiers comme Junya Watanabe (Comme des Garçons), Issey Miyake, ou Rei Kawakubo sont réalisées sur des mannequins de cire, mais le cadrage et le velouté des photographies peut laisser penser à des modèles vivants.

En 1995, il reçoit le  Prix Higashikawa

série dioramas : Cheetah

série dioramas : Cheetah

Théâtre

Théâtre

Seaspaces

Seaspaces

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

Hiroshi Sugimoto est intervenu comme maître d'œuvre dans la rénovation d'un temple shintô à Naoshima, dans le cadre du projet Benesse Art House

Le Sanctuaire Go'O était un temple secondaire, datant de la période Edo.
Hiroshi Sugimoto a restauré le bâtiment principal et conçu une nouvelle structure, dénommée Appropriate Proportion , et achevée en 2002 . Un escalier en verre de qualité optique, faisant penser à des blocs de glace, relie le bâtiment principal à une chambre de pierre souterraine, il unit le ciel et la terre; la sortie latérale de cette chambre souterraine se situe face à la mer, réalisant ainsi une liaison avec l'élément liquide.

Esthétiquement, les principaux éléments s'appuient sur le style architectural du début des sanctuaires (tels que le Grand Sanctuaire d'Ise), tout en reflétant la propre sensibilité de l'artiste, qui est aussi bien plasticien que photographe.

Hiroshi Sugimoto , artiste pluriel

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain, #photographie

Repost 0

Publié le 22 Mai 2014

Il faut aller découvrir le travail d'Esther Ferrer au MAC/VAL.

Esther Ferrer est une artiste espagnole d'origine basque née en 1937 à Saint-Sébastien. Photographe, performeuse, elle vit en France depuis les années 1970. A 77 ans, bon pied, bon œil, elle n'hésite pas à se mettre en scène dans des performances, comme au FRAC Bretagne fin 2013 ou au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne en 2014.

En 1967, elle rejoint ZAJ, groupe fondé par Raymond Barcé, Walter Marchetti et Juan Hidalgo en 1964 et lui reste fidèle jusqu’à sa dissolution en 1997. ZAJ émargeait dans le contexte de l’Espagne franquiste, sous l’influence de John Cage ou encore Marcel Duchamp et dans la mouvance de Fluxus, sans lui être réellement affilié. Ce groupe privilégiait les performances radicales et expérimentales où la musique avait une importance majeure.Celles-ci sont présentées en Espagne dans des salles de concerts destinées à la musique classique et ce, malgré l'égide fasciste du régime franquiste.

L’œuvre d’Esther Ferrer mêle humour, absurde, ironie, dérision et économie formelle. Elle réalise un art sans compromis, brut, pour ne pas dire brutal, parfois violent et aussi éminemment engagé. Sans se donner cet objectif, elle pratique pourtant dès ses débuts un art social et politique. Car avant d’être une artiste, elle est une féministe, une anarchiste, une citoyenne engagée.

Sans prétendre vouloir changer la société, elle tente d’impulser une autre façon de l’appréhender et d’encourager une certaine prise de conscience.
Depuis presque cinquante ans, son discours cohérent, construit et constant est une invitation à la liberté qui continue d’être toujours en parfaite résonance avec le présent.

compléments sur Esther Ferrer

Esther Ferrer au MAC/VAL
Esther Ferrer au MAC/VAL
Esther Ferrer au MAC/VAL

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #photographie

Repost 0