Publié le 14 Février 2009

Danièle Thompson, née le 3 janvier 1942 à Monaco,  scénariste, dialoguiste, réalisatrice et écrivain française.


Fille du réalisateur Gérard Oury et de l'actrice Jacqueline Roman. On lui doit les scénarios de quelques uns des plus grands succès du cinéma français : La Grande Vadrouille en 1966 pour sa première collaboration avec son père , Les Aventures de Rabbi Jacob (1973), La Boum (1980). Son thème de prédilection est "la famille et ses défauts".


En 1964  naissance de sa fille Caroline Thompson et en 1966 de son fils Christopher Thompson.
1966 est également une année importante avec ses débuts de scénariste auprès de son père Gérard Oury.

Elle atteint la consécration en 1977 avec une nomination aux Oscars du meilleur scénario pour Cousin, cousine de Jean-Charles Tachella. Elle sera également nommée 5 fois aux Césars, sans toutefois remporter de trophée.

En 1986 elle est membre du jury au Festival de Cannes.

 

Scénariste, ses premiers pas avec son père

Comme scénariste Danièle Thompson participe aux films suivants:

En 1942, pendant l'occupation allemande en France, l'avion de trois aviateurs britanniques est abattu par la flak au dessus de Paris. Ses occupants sautent alors en parachute. Le premier atterrit dans le zoo de Vincennes, le second sur la passerelle d'un peintre en bâtiment, Augustin Bouvet, et le dernier à l'Opéra Garnier chez un chef d'orchestre acariâtre, Stanislas Lefort.

Les deux Français doivent alors cacher les aviateurs avant de les accompagner vers la zone libre afin qu'ils soient rapatriés vers le Royaume-Uni. Pourchassés par les Allemands et notamment par le major Achbach, les fugitifs vont connaître de nombreuses péripéties lors de leur voyage vers la Bourgogne.


Pour son coup d'essai dans l'écriture de scénario, Danièle Thompson tire le bon numéro. Ce film, avec le duo Bourvil - de Funès, a été pendant plus de quarante ans le plus grand succès d'un film français sur le territoire français avec plus de 17 millions de spectateurs au cinéma , avant d'être dépassé par Bienvenue chez les Ch'tis de Dany Boon en avril 2008, et aussi pendant plus de trente ans le plus grand succès d'un film sur le territoire français, toutes nationalités confondues, avant d'être dépassé par Titanic (1997) en 1997.

Il est maintenant troisième au palmarès des films les plus vus de l'histoire en France. Il connut aussi un succès international, y compris en Allemagne où il fut la première comédie présentée à l'écran consacrée à la Seconde Guerre mondiale. Il fut même retenu pour une nomination étrangère aux Oscars en 1967.

La première télédiffusion a été faite le 1er janvier 1976 sur la première chaîne française. Au total, le film a été diffusé treize fois sur la première chaîne et onze fois sur la deuxième chaîne. La onzième diffusion, en 2002, a encore rassemblé 9,0 millions de téléspectateurs, et la douzième en a rassemblé 9,3 millions.

L'industriel Victor Pivert, personnage au caractère vif et aux idées assez traditionnelles, se prépare à marier sa fille Antoinette au fils d'un général.

Mais un vendredi soir, alors qu'il rentre à Paris avec son chauffeur Salomon, dont il découvre avec stupeur qu'il est juif, il est victime d'une sortie de route. Resté seul après avoir congédié son employé qui refusait de travailler durant le Shabbat, Victor Pivert s'en va chercher de l'aide, et aboutit dans une usine de chewing-gum.

Il y assiste inopinément à un règlement de comptes entre les membres d'une police d'État d'un pays identifié comme « arabe » et un dissident politique, Mohammed Larbi Slimane, que ces derniers veulent éliminer. Slimane parvenant alors à s'échapper entraîne, malgré lui dans sa cavale, Victor Pivert devenu son « otage » et qui se retrouve de surcroît aussi bien recherché par la police française que par la police secrète du pays arabe menée par le sinistre Farès.

Pivert et Slimane cherchent à échapper à leurs assaillants et à regagner la capitale. Les deux hommes se retrouvent ainsi à l'aéroport d'Orly, où ils usurpent l'identité de deux rabbins hassidiques tout juste débarqués de New York. Ils sont alors entraînés, malgré eux, dans une cérémonie juive rue des Rosiers, dans le Pletzl à Paris, au cours de laquelle Victor, devenu « Rabbi Jacob », tombe nez à nez avec son ex-chauffeur Salomon.

Malgré un lourd climat (deux semaines avant la sortie du film, commence au Proche-Orient la guerre du Kippour entre Israël et les pays arabes voisins), et le décès, lié à la sortie du film, de Danielle Cravenne, la femme de Georges Cravenne, le succès du film a été certain avec plus de 7 millions d'entrées.


Le scénario, empruntant au vaudeville ses ressorts, dans le comique de situation comme dans l'emboitement des intrigues, offre des scènes d'anthologie, comme la fameuse danse hassidique, mais aussi des moments plus profonds, comme la bénédiction que David, le jeune Juif, reçoit du faux Rabbi Jacob, ou la poignée de mains entre Salomon et Slimane.

L'émancipation

La plus grande partie du film se déroule au cours d'un repas de noce dans une banlieue parisienne et dans d'autres repas de famille. Biju, cinquante ans, grand-mère, se remarie avec un fringant sexagénaire, Gobert. Sa fille, Marthe, employée dans une compagnie d'assurances, est l'épouse d'un butor, Pascal, qui la trompe ouvertement avec Karine, seconde femme de Ludovic, un professeur de danse. Une aimable complicité rapproche le couple délaissé, qui se transforme bientôt en liaison affichée.

D'une fête de famille à l'autre, ils vont se retrouver et s'aimer, au vu de tous et à la consternation de leurs conjoints respectifs, lassés du même coup de leurs propres fredaines. Tandis que Biju, à nouveau veuve, songe à convoler encore une fois, les deux amants, secouant pour de bon le joug des conventions, se font la paire.

Le scénario est alerte, pointilliste, excluant la vulgarité, en prise directe sur l'air du temps, et sait effleurer avec tact les problèmes de l'heure (la pollution, l'union libre, les désarrois de la jeunesse ou du troisième âge), en se refusant à la délivrance d'un quelconque message .

Cette petite production, au dialogue vif, au rythme soutenu, où le moindre rôle a son importance, enchanta les Américains et fut trois fois « nommée» aux Oscars.

Vic , treize ans, inscrite au Lycée Henri-IV, est à l'âge des premières sorties et des premiers émois. Vic n'a guère l'occasion de parler avec ses parents, trop occupés par leur carrière respective, et dont le couple subit les assauts classiques du temps.

Elle se confie donc à son arrière grand-mère, la pétillante Poupette , ou à sa meilleure amie, Pénélope. Elle partage donc avec elles son amour pour le beau Mathieu . Mais cet amour-là aussi connaîtra quelques difficultés.

Inspiré de la véritable existence des adolescents parisiens de l'époque, lançant la carrière de Sophie Marceau et considéré comme un phénomène de société, La Boum connut un triomphe. Près de 30 ans après ce scénario n'a pas pris une ride, c'est une vraie madeleine de Proust, joliment rétro.

Moïse et Albert Levy sont frères. Mais alors que Moïse, tailleur de diamants à Anvers, perpétue les traditions ancestrales, portant la barbe, les papillottes, le kaftan de soie et faisant ses délices de l'étude des points obscurs de la Thora, Albert a jeté aux orties tous ces signes extérieurs.


Il a même épousé une belle Parisienne, Brigitte, avec qui il tient aujourd'hui un bar tabac. Moïse ne lui a jamais pardonné cette trahison et ne l'a plus revu. Depuis dix ans, les frères Levy ne se parlent plus. Mais un beau jour, Moïse, qui se trouve mêlé bien malgré lui au trafic de drogue organisé par un dénommé Goliath, est obligé de chercher refuge auprès d'Albert et d'abandonner costume, chapeau, barbe et bouclettes, se trouvant ainsi livré à toutes les tentations.

Cette comédie est rondement menée et équilibrée entre comique de situation, humour juif, bon mots et approximation de langage. Mais c'est aussi une visite guidée de deux lieux typiques: l'univers des diamantaires d'Anvers , froid et rigoureux et son opposé, le quartier de la rue des Rosiers à Paris, grouillant et populaire.


Seule petite ombre au tableau, au coin de la Rue des Rosiers et de la Rue des Hospitaliers Saint-Gervais dans le 4ème arrondissement, se situe la boutique de delicatessen “Chez Marianne". Un certain Titi revendique la paternité du scénario du film “Levy et Goliath". L’action de ce film se situe effectivement Rue des Rosiers


Et depuis 1987, cette protestation est peinte en blanc sur la vitre du magasin.



Une famille se rassemble pour Noël dans une station de sports d'hiver et l’on découvre assez rapidement que tous ont d’énormes problèmes, qui reviennent toujours à être des problèmes d’amour ou des problèmes sexuels, ou bien sûr les deux.

Ce portrait d'un groupe humain confronté aux aléas de la vie amoureuse dessine une chronique familiale comme le cinéma français en produit souvent. Le scénario de danièle Thompson tient le choc, malgré la complexité des histoires croisées de 4 ou 5 couples (ou faux couples.

On rit plutôt face aux disputes et aux gros soucis, qui ne sont pas si graves que cela, de tout ce petit monde. Tout cela n’est bien entendu pas très profond mais la belle brochette d’acteurs permet au film de tenir et de nous faire passer un bon moment.

Collaboration avec Patrice Chéreau

A partir de 1994, Danièle Thompson réalise les scénarios de deux films important de Patrice Chéreau

Le 18 août 1572, Catherine de Médicis, pour des raisons stratégiques, marie de force sa fille, Marguerite de Valois, belle et catholique, soeur du roi Charles IX, à Henri de Navarre, un noble protestant, futur roi Henri IV. Les protestants arrivent nombreux à Paris pour célébrer le mariage et gagner en influence en s'appuyant sur l'Amiral de Coligny, qui avait su gagner l'amitié de Charles IX.

Sacrifié à la raison d'état, Margot erre dans les rues dès sa nuit de noce et va cependant connaître l'amour avec un autre huguenot, le seigneur de la Môle. Mais le massacre de la Saint-Barthélemy est déclenché le 24 août, Coligny et de nombreux protestants sont tués, jusque dans les appartements royaux. Protégé par son sang royal Henri est épargné et Margot sauve la Môle. Plus tard Charles IX meurt empoisonné et la Môle est injustement condamné et exécuté. Margot rejoint Henri en Navarre avant d'être exilée en Auvergne.

Ce film est très charnel, passionnel, coloré de blanc, de noir et surtout de rouge. Rarement la passion, la violence faite aux corps ont été montrées avec autant de brio et de réalisme. La reconstitution historique est précise et les nombreux figurants apportent un volume et une qualité incontestables.

Le scénario ne cherche pas à retracer la vérité historique mais juste à peindre cette légende, ce qu’il fait avec beaucoup de talent. On peut voir se dessiner un parallèle entre cette légende noire et les terribles guerres fratricides qui sévissaient à l'époque de la sortie du film en ex-Yougoslavie.

La Reine Margot ne laisse pas indifférent. Il peut rebuter par certains aspects : beaucoup de personnages, les dialogues ne permettent pas une compréhension immédiate de la situation, ou de ce qui se trame, les protagonistes parlent de "il", ou de "elle", sans jamais nommer la personne en question. Il y a de plus énormément de sang, de sexe et de violence.

Le film ressemble à une peinture flamande du XVIe siècle: de superbes photos, des décors sombres et sobres, des costumes flamboyants, et une vision du Louvre comme on ne nous l'avait jamais proposé. Un film extrêmement moderne, défenseur de la tolérance et dénonciateur des dictatures. Son œuvre a été récompensée notamment à Cannes, Grand Prix du Jury, et Prix d'Interprétation Féminine pour Virna Lisi, ainsi qu'à Paris, César de la Meilleure Actrice pour Isabelle Adjani.

Jean-Baptiste Emmerich, né à Limoges, peintre scandaleux et tyrannique à Paris, mort à Paris, veut qu'on l'enterre à Limoges (le plus grand cimetière d'Europe). C'est par cette phrase qu'il règle ses dernières volontés, lui qui la voyait arriver et ne voulait pas partir en laissant les autres en paix.

Sous couvert d'enterrement, ce film dissèque une journée d'une quinzaine de personnages en crise, rassemblés autour d'un mort, dont la présence et le regard les faisait exister, qui ont perdu tout repère et se retrouvent obligés de se confronter les uns aux autres. Cet homme, en quittant ces vivants qu'il avait si fort influencés, les laisse face à des questions que sa présence faisait oublier.

L'idée de ce film vient des obseques du fameux cineaste Francois Reichenbach qui a dit "Ceux qui m'aiment prendront le train". S'ensuit la descente de sa famille et ses amis a Limoges en 1993. Daniéle Thompson faisait partie des voyageurs.

Film représentatif de la tension que Patrice Chéreau sait cultiver et entretenir, à l'écran comme à la scène, au cœur de ses personnages et entre ceux-ci. La séquence d'ouverture (long travelling caméra à l'épaule de l'entrée de la gare jusque dans le train) est à ce titre emblématique et stupéfiante.

La scène la plus émouvante de tout le film est celle où Claire découvre dans la pénombre, entre deux portes, la véritable identité de Viviane (anciennement Frédéric . Elle semble troublée mais remarque surtout la beauté de Frédéric, bel homme, devenu belle femme. Elle pleure tellement il/elle lui semble beau. Comment une transformation d'homme en femme peut-elle donner une si belle femme. Claire se sent presque laide face à cette belle femme qu'elle a si bien connu quand il était homme. C'est comme si le Frédéric qu'elle connaissait était mort et venait de renaître en Viviane. Claire va devoir réapprendre à connaître Frédéric/Viviane.


Et aussi

  • 1998 : Paparazzi , de Alain Berbérian
  • 1999 : Belle Maman, de Gabriel Aghion
  • 2001: Belphégor, le fantôme du Louvre, de Jean-Paul Salomé
  • 2004 : Le Cou de la girafe, de Safy Nebbou


Réalisatrice

Le cinéma est une affaire de famille, après avoir été la scénariste de son père, elle se fait assister pour les scénarios des films qu'elle réalise par son fils Christopher Thompson.

Suite au décès récent de son deuxième mari, Yvette tente de réunir de nouveau pour Noël les trois filles de son premier mariage avec Stanislas, violoniste tzigane à la retraite. Autour des préparatifs, les remises en question et les révélations vont bon train pour Louba, l'artiste, Sonia, la bourgeoise et Milla, la rebelle.

La Bûche réussit parfaitement à faire du comique avec du tragique. Les parcours des membres de cette famille s’entrechoquent anarchiquement, dans un gigantesque fatras créé par les tromperies et les séparations successives. Ils ont la panoplie complète. Leurs relations sont devenues si fausses et embrouillées qu’au final on ne sait plus qui est qui. Faire un bon divertissement avec des ingrédients dramatiques est un exercice périlleux, mais brillamment réussi dans ce film.

Le moins réussi des films de Danièle Thompson. Cette comédie à l’américaine repose sur un duo d’acteurs, le grincheux hypocondriaque (Jean Reno) qui se laisse séduire par une écervelée (Juliette Binoche). Les sonneries de téléphones mobiles et les ambiances assourdissantes d’aéroports n'améliorent pas les choses.

Avec le fil rouge d'une jeune serveuse provinciale et autour du théâtre des Champs-Élysées à Paris, plusieurs personnages font basculer leur vie : un riche homme d'affaires liquide sa collection d'art moderne chez Drouot ; une comédienne populaire qui répète au Studio rêve d'interpréter Simone de Beauvoir ; un pianiste préparant son concert étouffe dans ses conventions ; la concierge part à la retraite.

Le film remporte un vif succès aux États-Unis sous le titre Avenue Montaigne. Tout ce petit monde, ou presque, a son vague à l'âme et son stock d'aphorismes percutants. Ssous les yeux perpétuellement émerveillés de Jessica , serveuse toute fraîche, la sarabande explore les grandes ou les petites considérations sur la vie, l'amour, la réussite. On retient surtout la présence émouvante de Suzanne Flon, peu avant sa disparition et de Valérie Lemercier, qui étincelle de fantaisie et de charme en actrice de soap.

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

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Publié le 12 Février 2009

12 février 2009, voici 30 ans tout juste que disparaissait Jean Renoir, mort  à Beverly Hills,  le 12 février 1979

Jean Renoir est né à Montmartre (Paris) le 15 septembre 1894.

Il est le second fils du peintre impressionniste Pierre-Auguste Renoir. Il apparaît sur de nombreuses toiles de son père, en particulier dans les bras de sa mère Gilberte ou aux cotés de son frère Claude (Coco)

Ses films, longtemps incompris et mésestimés, apparaissent aujourd'hui comme ayant profondément marqué les mutations du cinéma français entre 1930 et 1950, avant d'ouvrir la porte à la Nouvelle Vague du cinéma français.  


Jean Renoir à 5 ans
Tableau de Pierre-Auguste Renoir
@Musée de Limoges

Les débuts

Après des études médiocres, Jean Renoir s'engage dans le corps des dragons en 1912.
Soldat en 1914, il sert dans l'aviation à partir de 1916. Il rapporte de la guerre une blessure à la jambe qui le fit boiter toute sa vie. En 1920, il épouse l'un des modèles de son père, Andrée Heuchling, et s'installa comme céramiste.
La sortie, en 1921, du film d'Erich von Stroheim Folies de femmes (Foolish Wives) décide de la suite de sa carrière.
Soutenu par sa famille, il réalise son premier long-métrage, la Fille de l'eau (1924), une fable bucolique à l'esthétique impressionniste, dans lequel jouent sa jeune épouse -qui avait pris le pseudonyme de Catherine Hessling- et son frère aîné, Pierre Renoir.
L'accueil mitigé réservé au film ne décourage cependant pas le cinéaste, qui se lance peu après dans une production coûteuse, Nana (d'après Émile Zola, 1926), puis dans une série de réalisations aux inspirations très diverses (la Petite Marchande d'allumettes, d'après Andersen, (1928); Tire-au-flanc, comédie militaire, 1928) qui ne surent pas toujours convaincre le public.
En 1931 il réalise "On purge Bébé", d'après Feydeau, le tournage est bouclé en six jours seulement ( un exploit dans l'histoire du cinéma) et le film rencontre un vrai succès populaire.

La période réaliste

La Chienne (1931) marque un tournant dans œuvre de Jean Renoir. C'est un des premiers films parlants, adapté d'un roman de Georges de la Fouchardière. La Chienne offrait à Michel Simon l'un de ses plus beaux rôles , celui d'un petit-bourgeois jaloux, assassin et veule.
Après la Nuit du carrefour (d'après Georges Simenon, 1932), dans lequel Pierre Renoir interprétait le commissaire Maigret, le réalisateur tourne une série impressionnante de chefs-d'œuvre: Boudu sauvé des eaux (avec, de nouveau, Michel Simon, 1932), le Crime de M.Lange (avec Jules Berry, 1935), Une partie de campagne (1936, sorti en 1946) dont son neveu, Claude Renoir, signe la photographie, et les Bas-fonds (avec Louis Jouvet, 1936).
Puisant son inspiration dans les romans de Gorki ou dans les nouvelles de Maupassant, Jean Renoir fait preuve d'un sens aigu du réel, qu'il met au service d'un véritable naturalisme poétique.

L'engagement politique

Il fait peu à peu appel à des collaborateurs (Jacques Prévert, Roger Blin) qui donnent à sa production une dimension ouvertement politique, marquée par les idées du Front Populaire: La vie est à nous, (1936); le Crime de Monsieur Lange, la Marseillaise, (1936).
Cette tendance allait ouvrir la voie au néoréalisme italien.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Jean Renoir essaye, avec "la Grande Illusion" (1937), de promouvoir un message de paix entre les nations européennes, en faisant tourner, en guise d'hommage, son père spirituel Erich von Stroheim aux côtés de Jean Gabin.

Dans la Bête humaine (1937), il s'efforce de mettre en scène les enjeux sociaux de l'époque.
Dans son chef-d'œuvre, la Règle du jeu (1939), il prévoyait l'effondrement des valeurs humanistes et brossait un tableau sans complaisance des mœurs de la société bourgeoise française.
Le film participe à la naissance d'un nouveau style cinématographique, aussi bien dans le découpage de l'espace que dans le montage discontinu du temps de l'action.

La période américaine

Devançant l'arrivée des troupes allemandes, il s'exile aux États-Unis en 1940 (laissant inachevée une adaptation de la Tosca par Victorien Sardou, qui sera finalement tournée par Carl Koch).
Jean Renoir prend la nationalité américaine. Il s'adapte difficilement au système hollywoodien, il réalise néanmoins plusieurs films de commande, notamment des films de propagande (Vivre libre! / This Land is mine, avec Charles Laughton en 1943; Salut à la France / A Salute to France, 1944) et des adaptations littéraires (le Journal d'une femme de chambre/ The Diary of a Chambermaid, d'après Octave Mirbeau, 1946), avant de partir en Inde tourner "le Fleuve" (The River, 1951), film en couleurs, contemplatif et serein, d'un humanisme parfois désenchanté. Ce film eut une influence durable sur le cinéma indien lui-même.

Les derniers films

De retour en Europe au début des années 1950, Jean Renoir tourne encore le Carrosse d'or (d'après Prosper Mérimée, 1952), French Cancan (avec Jean Gabin et Françoise Arnoul, 1955), Elena et les Hommes (avec Ingrid Bergman et Jean Marais, 1956) et le Caporal épinglé (d'après Jacques Perret, 1962), donnant ainsi le pendant désenchanté de "La grande Illusion".

Rencontrant des difficultés de plus en plus importantes à produire ses films, il se tourne alors vers la télévision (le Petit Théâtre de Jean Renoir, 1969-1971) et se consacre plus largement à l'écriture : il publie un livre sur son père, Renoir, mon père (1962), son autobiographie, Ma vie et mes films (1974), un essai (Écrits 1926-1971, 1974), quelques pièces de théâtre (Orvet, 1955) ainsi que plusieurs romans (les Cahiers du capitaine Georges, 1966; le Crime de l'Anglais, 1979).

En 1970, il prend sa retraite à Beverly Hills, où il meurt en le 12 février 1979.


Filmographie :

  • 1924 : La Fille de l'eau
  • 1924 : Catherine
  • 1926 : Nana
  • 1927 : Sur un air de Charleston
  • 1927 : Marquitta
  • 1928 : La petite marchande d'allumettes
  • 1928 : Tire-au-flanc
  • 1929 : Le Tournoi dans la citè
  • 1929 : Le Bled
  • 1931 : On purge Bébé
  • 1931 : La Chienne
  • 1932 : Boudu sauvé des eaux
  • 1932 : La nuit du carrefour
  • 1933 : Chotard et Cie
  • 1933 : Madame Bovary
  • 1935 : Toni
  • 1936 : Le Crime de M. Lange
  • 1936 : La vie est à nous
  • 1936 : Les Bas-Fonds
  • 1936 : Partie de campagne
  • 1937 : La Grande Illusion
  • 1937 : La Bête humaine
  • 1938 : La Marseillaise
  • 1939 : La Règle du jeu
  • 1941 : L'Étang tragique / Swamp Water
  • 1943 : Vivre libre / This Land is mine
  • 1944 : Salut à la France / A Salute to France
  • 1945 : L'Homme du Sud / The Southerner
  • 1946 : Le Journal d'une femme de chambre / The Diary of a Chambermaid
  • 1946 : La Femme sur la plage / The Woman on the Beach
  • 1951 : Le Fleuve / The River
  • 1953 : Le Carrosse d'or / The golden coach
  • 1955 : French Cancan
  • 1956 : Éléna et les hommes
  • 1959 : Le Déjeuner sur l'herbe
  • 1961 : Le Testament du docteur Cordelier
  • 1962 : Le Caporal épinglé
  • 1971 : Le Petit Théâtre de Jean Renoir (TV)

Les deux cinéastes que Truffaut admirait le plus et qui ont chacun eu une influence décisive sur son œuvre sont Jean Renoir et Alfred Hitchcock. 


Truffaut n’a pas écrit d’ouvrage sur Jean Renoir, mais il exprime son admiration pour ce cinéaste en

rédigeant l’introduction du livre que Jean Bazin, en 1971, lui consacre.

Il écrit notamment : « Je ne suis pas loin de penser que l’œuvre de Jean Renoir est celle d’un cinéaste infaillible... C’est grâce à la familiarité que Renoir a réussi à tourner les films les plus vivants de l’histoire du cinéma, ceux qui respirent encore quand on les projette quarante ans après leur tournage. » Il écrit également : " Ce n’est pas le résultat d’un sondage mais un sentiment personnel : Jean Renoir est le plus grand cinéaste au monde ".Et il ajoute : " Ce sentiment personnel, beaucoup d’autres cinéastes l’éprouvent également et d’ailleurs, Jean Renoir n’est-il pas le cinéaste des sentiments personnels ? "


En 1957, François Truffaut fonde sa propre maison de production, « Les films du Carrosse », Ce nom est un hommage direct au film de Jean Renoir : Le Carrosse d'or ( sorti en 1952). Ce film, tiré de l’œuvre de Mérimée, recourt aux conventions de la commedia dell'arte pour offrir une magistrale réflexion sur les frontières du théâtre et de la vie. Anna Magnani y est une inoubliable Camilla, courtisée par un vice-roi sud-américain, par un torero et par un acteur; repoussant ses trois galants, elle choisira finalement le théâtre.


Le cycle Antoine Doinel

Dans son introduction à son livre " Les aventures d'Antoine Doinel " Truffaut écrit : " C'est justement Renoir qui m'a appris que l'acteur jouant un personnage est plus important que ce personnage " et aussi " Antoine Doinel est devenu la synthèse de deux personnes réelles, Jean-Pierre Léaud et moi " tout en reconnaissant que "progressivement Antoine Doinel s'est éloigné de moi pour se rapprocher de Jean-Pierre "

De la même manière Renoir reconnaissait que Le Carrosse d'or avait été fortement influencé par l'actrice Anna Magnani et Elena et les hommes par Ingrid Bergman. Sur ce point l'opposition avec Hitchcock est totale. En effet celui-ci exigeait que l'acteur se soumette totalement au scénario et à la conception générale du film. Par contre Renoir modifiait régulièrement le plan de tournage et le scénario selon les impulsions de ses acteurs.

Le cycle Antoine Doinel (Les Quatre Cents Coups, Antoine et Colette, Baisers volés, Domicile conjugal et l'Amour en fuite) met donc en scène des personnages ordinaires ( issus de la vie de Truffaut et de Jean-Pierre Léaud) présenté de façon extraordinaire.

Dans les films de Renoir comme La Chienne et Le Crime de Monsieur Lange ( 1936) le réalisme et l'intimité sont suggérés par l'utilisation de cadres ajoutés comme des portes ou des fenêtres et par l'exploration d'une cour intérieure d'immeuble comme lieu central. Ces deux aspects symbolisent le fait qu'il existe une réalité complexe, au delà des cadres ou derrière les personnages secondaires qui sont rencontrés régulièrement dans la cour et les escaliers.
Cette méthode est reprise dans Domicile Conjugal où Antoine travaille au milieu de la cour et dialogue avec des personnages variés. Cette capacité à communiquer qui progresse au cours du film, marque une évolution dans le personnage d'Antoine Doinel, jusque là plutôt solitaire.


Romantisme et distanciation

Les deux films adaptés des romans d'Henri-Pierre Roché,Jules et Jim et Les deux Anglaises et le Continent doivent beaucoup au style et aux thèmes de Renoir, comme La Chienne (1931) ou Partie de Campagne (1936). Films sur les sentiments, ils évitent la mièvrerie par une certaine distanciation. Cette distance est introduite dans La Chienne via la marionnette qui en ouverture dit " Les personnages n'en sont ni des héros ni de sombres traîtres. Ce sont de pauvres hommes comme moi, comme vous. Il y en a trois principaux : lui, elle et l'autre "

Les deux films de Truffaut, autour du triangle, une femme et deux hommes pour Jules et Jim, deux femmes et un homme pour Les deux Anglaises, évitent la banalité par la distance introduite par un commentaire littéraire, volontairement neutre. Renoir comme Truffaut se gardent bien de juger leurs personnages, ils respectent leur liberté mais aussi leur vulnérabilité et leur souffrances, sans chercher à nous tirer des larmes.

Le caractère romantique et lyrique des images des Deux Anglaises et le Continent est volontairement tempéré par des commentaires distanciés. Le premier baiser de Claude et d'Anne dans son atelier est commenté par Claude: " Va-t-elle s'écrier, me donner une claque? mais non..." De même le premier rapport intime entre Muriel et Claude est décrit de façon clinique: "Le ruban éclata, après une résistance bien plus vive que chez Anne. .. Il s'agissait pour Claude d'armer Muriel-femme contre lui".


Un cinéma de la tolérance

Une autre caractéristique du cinéma de Jean Renoir est de nous donner en permanence une image de tolérance. La Règle du Jeu (1939) illustre parfaitement ce point: " Tout le monde a ses raisons" peut-on y entendre. Truffaut a toujours admiré ce film; dans sa jeunesse, il notait les films qu'il voyait et leur attribuait des étoiles. La Règle du Jeu avec 12 étoiles est en tète du palmarès.
Cette tolérance envers le comportement des individus se manifeste dans Le Dernier Métro où le réalisateur nous présente sans critique mais aussi sans complaisance Jean-Loup le metteur en scène homosexuel, Arlette la décoratrice lesbienne et aussi Marion, l'héroïne jouée par Catherine Deneuve,  infidèle  à son mari enfermé, en cédant à Bernard. Personne n'est jugé, ni approuvé, dans ce contexte là l'important est ailleurs. Ce qui provoque un drame dans La Femme d'à coté ( avec le même couple Deneuve- Depardieu ) importe moins que la survie du théâtre ou la résistance à l'occupant.
De même dans La Nuit Américaine, pendant le tournage du film à l'intérieur du film, chacun a ses problèmes et Ferrand le réalisateur (Truffaut lui-même) sauve sa réalisation en évitant de porter des jugements ou de prendre partie dans les intrigues qui se nouent. Le docteur Nelson, époux de Julie, vient au secours du tournage en se montrant compréhensif lors de la liaison entre sa femme et Alphonse, l'acteur principal (J.P.Léaud). Même la mort accidentelle (perturbation extrême!) d'Alexandre n'empèche pas son achèvement.
 

Dans un article Truffaut écrit : « N’oublions jamais que les idées sont moins intéressantes que les êtres humains qui les inventent, les modifient, les perfectionnent ou les trahissent... » et se sont surtout les liens personnels qu’il a su nouer avec ses maîtres qui lui ont permis de devenir un artisan habile à la façon d’Hitchcock et un poète humaniste et généreux à la manière de Renoir.


Extraits de la préface de François Truffaut au "CinéRomanPhoto" La Grande Illusion,
Paru chez BALLAND

La Grande Illusion est un des films les plus célèbres du monde, un des plus aimés; son succès a été immédiat dès 1937 et pourtant ce fut, pour Jean Renoir, l'un des plus difficiles à entreprendre, comme il le raconte lui-même dans son livre de souvenirs " Ma Vie et mes Films " :
" L'histoire de mes démarches pour trouver la finance de la Grande Illusion pourrait faire le sujet d'un film. J'en ai trimballé le manuscrit pendant trois ans, visitant les bureaux de tous les producteurs français ou étrangers, conventionnels ou d'avant-garde. Sans l'intervention de Jean Gabin, aucun d'eux ne se serait risqué dans l'aventure. Il m'accompagna dans quantité de démarches. Il se trouva finalement un financier qui, impressionné par la confiance solide de Jean Gabin, accepta de produire le film ".

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Bien des gens se sont interrogés sur la signification du titre : la Grande Illusion que Renoir n'a donné à son film qu'après l'avoir tourné et pourtant il suffit de bien écouter les dernières phrases du dialogue, lorsque Maréchal (Jean Gabin) et Rosenthal (Marcel Dalio) vont se séparer dans la neige à la frontière suisse :

Maréchal : Il faut bien qu'on la finisse cette putain de guerre... en espérant que c'est la dernière.

Rosenthal : Ah, tu te fais des illusions !

La Grande Illusion c'est donc l'idée que cette guerre est la dernière mais c'est aussi l'illusion de la vie, l'illusion que chacun se fait du rôle qu'il joue dans l'existence et je crois bien que La Grande Illusion aurait pu s'appeler La Règle du Jeu (et inversement), tant il est vrai que ces deux films, et bien d'autres de Jean Renoir, se réfèrent implicitement à cette phrase de Pascal qu'il aime à citer : " Ce qui intéresse le plus l'homme, c'est l'homme".


Une des affiches françaises
Si la carrière de Jean Renoir n'a pas toujours été facile, c'est que son travail a toujours privilégié les personnages par rapport aux situations dramatiques. Or, La Grande Illusion déroulant son action dans deux camps de prisonniers, la situation forte, toujours souhaitée par le public, était créée automatiquement : tout peut arriver dans un camp de prisonniers où même les menues actions de la vie quotidienne prennent l'intensité de péripéties exceptionnelles.
Pour les mêmes raisons le public a accepté et apprécié dans La Grande Illusion bien des composantes du style de Jean Renoir qu'il avait refusées ou boudées dans des films précédents: les changements de ton, le goût des généralités dans le dialogue, les paradoxes et surtout un sens très fort des aspects baroques de la vie quotidienne, ce que Jean Renoir appelle la "féerie de la réalité".

affiche américaine

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On ne trouvera pas dans la Grande Illusion une seule remarque, un seul détail qui serait négatif ou péjoratif pour l'Allemagne, la guerre elle-même y est montrée sinon comme un des beaux-arts au moins comme un sport. A un personnage qui s'excuse en disant : " C'est la guerre ", de Boeldieu répond " Oui, mais on peut la faire poliment " et à Penelope Gilliatt qui le questionnait trente ans plus tard pour le New- Yorker, Jean Renoir devait répondre : "En faisant la Grande Illusion, j'étais contre la guerre mais pour l'uniforme ".

Jean Renoir est donc une intelligence libre, un esprit de tolérance et pourtant, malgré le très grand succès de la Grande Illusion, bien des censures s'exercèrent contre ce film. Projeté au Festival de Venise 1937, le jury n'osa pas lui décerner le Grand Prix (qui alla à Carnet de Bal de Duvivier) et inventa un prix de consolation. Quelques mois plus tard, Mussolini interdisait purement et simplement le film que Goebbels en Allemagne se contentera dans un premier temps d'amputer de toutes les scènes où le personnage de Dalio exprime la générosité juive.

En France, par contre, lors de la reprise en 1946, le journaliste Georges Altman se déchaînera contre le film qu'il accusera d'antisémitisme. A cette époque de l'immédiate après-guerre, toutes les copies de la Grande Illusion qui circulent à travers le monde sont incomplètes, ici et là amputées de scènes différentes, et il faudra attendre 1958 pour que Jean Renoir puisse restaurer enfin la copie dans son intégralité.
Les manieurs de ciseaux n'avaient pas su voir, contrairement à André Bazin que " le génie de Renoir, même quand il défend une vérité morale ou sociale particulière, c'est de ne jamais le faire non seulement aux dépens des personnages qui incarnent l'erreur mais même aux dépens de leur idéal. Il donne aux idées comme aux hommes toutes leurs chances ".

En 1958, on a lancé à Bruxelles un questionnaire international pour déterminer " Les douze meilleurs films du monde " et la Grande Illusion a été le seul film français figurant sur la liste finale, cette Grande Illusion qui avait été, pour Jean Renoir, émigrant aux États-Unis en 1940, le meilleur passeport, la carte de visite prestigieuse qui devait lui permettre de poursuivre sa carrière interrompue par la guerre : " Hugo Butler à qui on avait parlé de moi comme metteur en scène possible (pour The Southerner), aimait la Grande Illusion et il était prêt à accepter mes suggestions.
Sacrée Grande Illusion ! Je lui dois probablement ma réputation. Je lui dois aussi des malentendus. Si J'avais consenti à tourner de fausses Grandes Illusions, j'aurais probablement fait fortune".

Jean Renoir tout au long de sa carrière s'est donc moins intéressé à filmer des situations que des personnages et - je vous invite ici à vous remémorer l'attraction foraine qui s'appelle le " Palais des Miroirs " - des personnages qui cherchent la vérité et se cognent aux vitres de la réalité. Jean Renoir ne filme pas directement des idées mais des hommes et des femmes qui ont des idées et ces idées, qu'elles soient baroques ou dérisoires, il nous invite ni à les adopter ni à les trier mais simplement à les respecter.
Quand un homme nous paraît ridicule par son obstination à imposer une certaine image solennelle de sa place dans la société, qu'il s'agisse d'un politicien " indispensable " ou d'un artiste mégalomane, on sait bien qu'il perd de vue le bébé râleur qu'il était dans son berceau et le vieux débris râlant qu'il sera sur son lit de mort. Il est clair que le travail cinématographique de Jean Renoir ne perd jamais de vue cet homme démuni, soutenu par la Grande Illusion de la vie sociale, l'homme tout court.

François Truffaut, 1974

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

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