Publié le 13 Novembre 2014

À travers la photo, la vidéo et la sculpture, Sookoon Ang aborde la question de l’existence et de sa nature instable. Les émotions, la vie quotidienne, les notions de réalité et de perception traversent ses œuvres, amenant le spectateur à reconsidérer son environnement sensible.
En 2014, pour Inside, Elle présente Exorcise Me, une installation vidéo sur quatre écrans, créant un environnement dans lequel le visiteur est happé. Des adolescentes en uniforme de collégienne, le visage grimé en tête de mort, posent avec langueur et flegme. Le maquillage fait référence au langage gothique du rock métal, alors que leur attitude rappelle les jeunes filles tournées vers elles-mêmes peintes par Balthus. L’adolescence est un moment particulièrement intense dans la recherche de soi. Le doute, l’anxiété, la recherche de son identité et de son rapport au monde entrainent un inconfort propre à ce passage de l’enfance à l’âge adulte.

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 10 Novembre 2014

Cinéaste oublié, Gregory La Cava mérite d'être revu pour quelques films marquants. Il Gregory La Cava commence sa carrière comme dessinateur et animateur de cartoons. Dans les années 1910 et 1920, il tourne des courts-métrages, dont certains avec son ami W.C. Fields. Son alcoolisme et le mécontentement des producteurs envers ses méthodes de travail (tournage sans le moindre script) entraineront le déclin de sa carrière.

Un de ses films les plus marquant est La Fille de la Cinquième Avenue (Fifth Avenue Girl), sorti en 1939

L'industriel Timothy Borden, ancien ingénieur, inventeur vingt-cinq ans aparavant d'une pompe révolutionnaire est devenu sans vraiment le vouloir le très riche propriétaire de Amalgamated pump Inc. Il se sent déprimé. Ses ouvriers bénéficient des 44 heures et il est prêt à leur accorder le demi-million de bénéfice annuel de sa société, seulement celle-ci va mal, notamment du fait de son fils Tim qui préfère jouer au polo que rédiger des devis pour les clients.

Sa secrétaire lui offre une cravate un peu voyante pour son anniversaire, mais c'est mieux que la solitude qui l'attend en rentrant chez lui car les membres de sa famille ont tous oublié cet anniversaire. Pire, une lettre d'une agence de détectives lui rapporte les rumeurs selon laquelle sa femme fréquente un jeune play-boy.

Suivant la suggestion de son domestique, Higgins, émerveillé que, dans Central park, les érables bourgeonnent, il s'y rend. Près du bassin des phoques, il y fait la connaissance de Mary, une jeune femme sans emploi mais qui se réjouit de sa bonne santé, de ses cinq dollars en poche et de la semaine de loyer payée. Séduit par sa joie de vivre, il l'invite dans un night club à la mode pour fêter son anniversaire. Il fait servir du champagne à tout le monde qui le remerciera en chantant bon anniversaire sous les yeux ébahis de sa femme qui était là, par hasard, avec son boy-friend.

Le lendemain à dix heures, Timothy se réveille avec un œil au beurre noir, ayant presque tout oublié, sous l'effet de l'alcool, de sa folle soirée de la veille. Mary a dormi dans la chambre d'amis à la stupeur de sa femme et de ses enfants. Il lui propose secrétement de vivre chez lui afin de rendre ses proches jaloux et de les intéresser à sa nouvelle vie, mais aussi dans le but de les mettre en face de leurs propres responsabilités, voire devant leurs incohérences respectives.

Ce scénario rappelle le film ''Mon homme Godfrey'' réalisé par le même La Cava en 1936. Ici aussi, un élément étranger fait intrusion dans une famille de la haute société accablée d'oisiveté et d'ennui et fait souffler un vent vif qui réveille ses habitants.

C'est Ginger Rogers Ginger Rogers qui incarne la jeune chômeuse rencontrée à Central park, jeune femme endurcie et sarcastique. Elle est alors la seule valeur sure de la RKO dans les films avec Fred Astaire ceux de La Cava mais aussi dans Mademoiselle et son bébé (Garson Kanin, 1939) et Ses trois amoureux (Garson Kanin, 1941). Sa collaboration avec Fred Astaire est terminée. "La grande farandolle" a clôturé la série de films de Ginger et Fred. Les projecteurs se sont éteints, Cendrillon a laissé le prince charmant et le magnifique carosse s'est transformé en citrouille. Elle n'est plus ici un personnage chic et comblé mais interprète avec grâce une jeune fille laborieuse.

La critique sociale n'a pas la virulence de celle d'un Frank Capra. Si la lutte des classes est mise en scène avec insistance c'est pour mieux montrer la persistance du modèle familial et américain dont les vicissitudes et inquiétudes, dues à la crise des années 1930, ne peuvent être que passagères.

Ginger Rogers et Walter Connolly

Ginger Rogers et Walter Connolly

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 5 Novembre 2014

Mark Manders, plasticien contemporain néerlandais, né en 1968 à Volkel, Pays-Bas.

Mark Manders est un écrivain, mais avec des objets au lieu de mots. Il s'est intéressé à l'évolution parallèle de l'homme et des objets.

Le travail de Manders se compose principalement d'installations , de dessins , de sculptures, mais aussi de courts métrages. Mark Manders est surtout connu pour ses sculptures d'argile dégrossi, intégrant des visages et aussi des plaques de bois. Il utilise également des objets divers, tels que des tables, des chaises, des ampoules, des couvertures et des animaux morts.

Dans ses installations, entourés d’une membrane transparente, des simulacres de cellules forment un parcours accidenté. Comme la mise en forme d’un espace mental, ces installations évoquent l’atelier de l’artiste mais aussi un chantier de fouilles archéologiques. On imagine l’humidité de l’argile sous les bâches, alors qu’il s’agit de sculptures en bronze, tandis que des figures humaines amputées entrent en symbiose avec des éléments d’architecture.

Depuis les années 1990, Mark Manders développe un autoportrait au long cours au moyen de sculptures, installations et architectures. Définissant lui-même son travail comme un « autoportrait en bâtiment », l’artiste mêle les références empruntées à l’histoire de l’art, des édifices solitaires de Giorgio De Chirico aux sculptures de jeunes gens dans l’Antiquité grecque, pour imaginer des œuvres qu’il souhaite voir réunies dans un bâtiment aux fenêtre obstruées, mêlant le futur au passé.

Mark Manders, d'argile et de bois

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 3 Novembre 2014

Ryan Gander plasticien contemporain britannique, né à Chester, et qui vit et travaille entre Londres et Suffolk.

Gander est gravement handicapé physiquement et utilise un fauteuil roulant. Ryan Gander peut être classé dans les artistes conceptuels. Une grande majorité de ses œuvres n'ont pas de rapport direct avec son handicap, mais il lui arrive de s'en inspirer. Par exemple, en 2006, son installation à l'ancienne bibliothèque Whitechapel, «Est-ce que la culpabilité est en vous aussi?», où il a rempli l'espace avec des obstacles, des détritus, des impasses et des illusions destinées à confondre les visiteurs et symboliser les difficultés inéquitables dont souffrent les personnes handicapées.

Compte tenu de son handicap, la plupart des travaux de Gander sont complètement réalisés, sur ses indications, par une équipe de spécialistes techniques. Il est souvent physiquement incapable d'effectuer lui-même la réalisation de l'œuvre.

Son travail est marqué par le décalage, l’humour dans l’appropriation des lieux et des choses. Gander met en objets et en concepts les lubies de l’âme, les films qu’on se fait, en particulier dans notre rapport politique au monde. Ainsi, On n’a jamais eu beaucoup d’euros par ici (2010) est une pièce de 25 euros, suisse d’une part, et d’autre part supposément parvenue à nous depuis l’an 2037 (il y a eu de l’inflation). Choses ôtées et remplacées, habits qu’on met et qu’on enlève, son œuvre s’occupe de ce qui n’est pas là mais qui peut servir. C’est le mode grammatical du potentiel, plus excitant que l’irréel.

Parmi ses œuvres phares, on trouve aussi sa simili-danseuse de Degas qui fume sa clope par terre (intitulée Je ne t’en veux pas, ou Quand nous faisions l’amour, tu pleurais et je t’aime comme les étoiles là-haut et je t’aimerai jusqu’à la mort, 2008) ; aussi, de la même année, Une feuille de papier sur laquelle je m’apprêtais à dessiner quand elle a glissé de la table et est tombée par terre et qui consiste en cent boules de cristal de 15 cm de diamètre éparpillées au sol, au sein desquelles on aperçoit, gravée au laser, une image de la feuille de papier sur laquelle l’artiste s’apprêtait...

En 2012, à la Documenta13, il investit tout le hall du Fridericianum d’un simple courant d’air. La même année, à Berlin, à la Hamburger Bahnhof, il rappelle son handicap en montrant une figurine de l’artiste, autoportrait tombé de sa chaise roulante face à un petit cube bleu. Le titre : l’Œuvre d’art que personne ne connaît. Parfois, Ryan Gander en montre une image dans une conférence, et il ajoute : «Je ne vais pas en parler.»

Ryan Gander artiste conceptuel et handicapé

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 21 Octobre 2014

Courez voir Bande de filles film français réalisé par Céline Sciamma,

Le film commence sur une musique pop-électro, signée Para One, Des filles à la peau noire et aux épaules de déménageurs labourent un terrain de sport, football américain, violemment éclairé. De retour du stade, les filles circulent en groupe dans leur cité. Progressivement, la bande chahuteuse, parlant fort, se délite : les unes après les autres, elles rentrent chez elles, de plus en plus isolées et vulnérables. Au fur et à mesure que se défait la troupe, le silence se fait. Et les grappes de mecs qui les regardent passer, assis sur les rambardes ou les escaliers, prennent soudain l’air inquiétant de prédateurs prêts à bondir.

Marieme, 16 ans, en échec à l’école, mère de substitution à la maison, s’occupe de ses petites sœurs en essayant de passer entre les coups de son grand frère. Jusqu’au jour où elle rencontre trois filles, bien décidées à ne pas se laisser dicter de lois, des bagarreuses, des enjôleuses, des drôlesses, qui soignent leur style et balancent leurs répliques avec une rage joyeuse. Pour cette bande de filles à la féminité explosive, tout vaut mieux que les rôles qu’on leur assigne : être des « filles bien », épouses cloîtrées trimant dur comme leurs mères. Et tant pis si elles courent le risque de se faire traiter de « putes » parce qu’elles ont osé coucher.
Nouvelle vie, nouvelles amies, nouveau nom (« Vic »), nouveaux codes vestimentaires. C’est cette mue que saisit Céline Sciamma, qui filme avant tout des états transitoires, des métamorphoses profondes et superficielles, autant d’étapes entre l’enfance et l’âge adulte. Visiblement fascinée par ses sujets, adolescentes découvertes au cours d’un casting sauvage, Céline Sciamma enregistre leurs rituels, filmés comme des plages visuelles et sonores déconnectées de toute progression dramatique. Par exemple cette belle scène où les filles s’enferment dans une chambre d’hôtel, se maquillent et s’habillent pour chanter et danser toute la soirée devant la télévision. Le rapport à l’image et à leur image joue un rôle important chez ces filles, sans cesse en représentation, qui se filment en train de s’amuser mais aussi de se battre, lors de duels organisés entre bandes rivales.
D’une virée shopping au Forum des Halles aux bastons rituelles à ciel ouvert, d’une séance de danse hip hop sur le parvis de la Défense aux soirées clandestines dans une chambre d’hôtel, la cinéaste capte merveilleusement leur énergie frondeuse.

Sciamma filme ses personnages en mouvement, qu’ils marchent, dansent, se battent. Particulièrement emblématique de ce parti pris, une scène va faire parler d’elle : dans une chambre d’hôtel, les donzelles maquillées et sapées se mettent à chanter et danser sur Diamonds, de Rihanna. Sciamma les filme comme elles se rêvent, dans le défouloir secret d’une soirée entre filles : en princesses pop et sexy, émouvantes reines du dancefloor.


Céline Sciamma capte ce mélange d’enfantillage et de violence, la tentation de la délinquance et aussi la montée du désir chez son héroïne qui devient femme. L’emploi du cinémascope relève d’un évident désir de cinéma, comme ses plans d’ensemble nocturne sur la ville, nappés de rock synthétique, ou la formidable scène d’ouverture qui place d’emblée le film sur le terrain d’un imaginaire américain. Pointe également, au diapason du look très élaboré et fortement sexué des jeunes filles, tout en extensions capillaires, un séduisant fétichisme cinématographique, gros plans d’yeux et de bouches, ou cette perruque peroxydée et ces escarpins rouges sur un tapis de la même couleur.
Tout au long du film la réalisatrice donne le sentiment d’être en prise directe avec une réalité ultra-contemporaine et la sensation d’avoir posé le pied dans un territoire de fiction presque exotique. .
Sur le sort des filles « des quartiers », la réalisatrice ne dit au fond rien de nouveau. Le déterminisme, l’archaïsme des interdits, le poids social et familial, Mais en faisant d’elles des personnages, des vrais, elles leur donnent vie comme rarement on l’a vu au cinéma. Inventive, volontaire, dynamique, sa mise en scène semble leur insuffler tout ce dont les prive leur réalité, sociale et politique. La conclusion du film est sans beaucoup d'espoir pour Marieme, après avoir déserté l'école, refusé un travail de femme de ménage, réfuter l'idée d'un mariage avec un copain, pourtant assez tranquille, elle déserte le milieu du trafic de drogue dans lequel elle était tombée. Pas de réelle piste, mais la fin de l'histoire reste ouverte.

Bande de filles

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 19 Octobre 2014

Des événements météorologiques très défavorables, tempête de neige et avalanches, ont affecté la région de l'Annapurna au Népal depuis le 14 octobre 2014. Ces conditions exceptionnelles sont dûes au passage de la queue du typhon Hudhud qui s’est abattu pendant le week-end précédent sur la côte est de l’Inde. Elles sont très inhabituelles en cette saison réputées sèche et des centaines de personnes visitent la région de l’Annapurna chaque année en octobre, saison a priori favorable pour les treks.

«Les chutes de neige ont été importantes, jusqu’à trois pieds (91 centimètres)» de hauteur, a dit Ganesh Rai, qui coordonne les recherches.

Le bilan officiel s'élève à 43 morts, soit la pire catastrophe pour le trekking au Népal, ont annoncé samedi 18 octobre les autorités Népalaises.

Parmi les 43 morts, figurent au moins 19 touristes étrangers, venant notamment du Canada, d'Israël, de Pologne, de Slovaquie, d'Inde et du Vietnam. Pas de Français aux dernières nouvelles parmi les victimes.

D'après la police, 385 personnes au total, dont 180 étrangers, ont été ramenées saines et sauves depuis mercredi des zones touchées par la violente tempête de neige.

Des responsables népalais, notamment le porte-parole du ministère du Tourisme, ont dénoncé "l’avarice" des touristes qui ont pensé pouvoir se passer d’un guide pour effectuer une randonnée dans la région de l’Annapurna. "Etaient-ils avec un guide ?", a lancé le porte-parole du ministère du Tourisme, "ils auraient été mieux informés des conditions météorologiques". en effet, malgré l'obligation légale de prendre un guide local, de nombreux touristes pensent pouvoir s'en passer, en raison de la facilité du chemin, quand les conditions sont bonnes. Ils s'adressent alors à des agences véreuses qui leur délivrent des permis de trek et les laissent se débrouiller.

Par beau temps, le Thorong La (5416 m) donne l'impression de facilité

Par beau temps, le Thorong La (5416 m) donne l'impression de facilité

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 18 Octobre 2014

À voir dès sa sortie:

Bande de filles de Céline Sciamma, sorti en salles 22 octobre 2014.

Le film commence sur une musique pop-électro, signée Para One, Des filles à la peau noire et aux épaules de déménageurs labourent un terrain de sport, football américain, violemment éclairé. Elles s’affrontent sans ménagement avec la tenue adaptée, casque de protection sur la tête, épaulettes et genouillères. De retour du stade, les filles circulent en groupe dans leur cité. Progressivement, la bande chahuteuse, parlant fort, se délite : les unes après les autres, elles rentrent chez elles, de plus en plus isolées et vulnérables. Au fur et à mesure que se défait la troupe, le silence se fait. Et les grappes de mecs qui les regardent passer, assis sur les rambardes ou les escaliers, prennent soudain l’air inquiétant de prédateurs prêts à bondir.

Marieme, 16 ans, est l’une de ces ados, silhouette féline, nattes africaines, œil de biche. En échec à l’école, mère de substitution à la maison, elle s’occupe de ses petites sœurs en essayant de passer entre les coups de son grand frère. Jusqu’au jour où elle rencontre trois filles, bien décidées à ne pas se laisser dicter de lois, des bagarreuses, des enjôleuses, des drôlesses, qui soignent leur style et balancent leurs répliques avec une rage joyeuse. Pour cette bande de filles à la féminité explosive, tout vaut mieux que les rôles qu’on leur assigne : être des « filles bien », épouses cloîtrées trimant dur comme leurs mères. Et tant pis si elles courent le risque de se faire traiter de « putes » parce qu’elles ont osé coucher.

Nouvelle vie, nouvelles amies, nouveau nom (« Vic »), nouveaux codes vestimentaires. C’est cette mue que saisit Céline Sciamma, qui filme avant tout des états transitoires, des métamorphoses profondes et superficielles, autant d’étapes entre l’enfance et l’âge adulte. Visiblement fascinée par ses sujets, adolescentes découvertes au cours d’un casting sauvage, Céline Sciamma enregistre leurs rituels, filmés comme des plages visuelles et sonores déconnectées de toute progression dramatique. Par exemple cette belle scène où les filles s’enferment dans une chambre d’hôtel, se maquillent et s’habillent pour chanter et danser toute la soirée devant la télévision. Le rapport à l’image et à leur image joue un rôle important chez ces filles, sans cesse en représentation, qui se filment en train de s’amuser mais aussi de se battre, lors de duels organisés entre bandes rivales.

D’une virée shopping au Forum des Halles aux bastons rituelles à ciel ouvert, d’une séance de danse hip hop sur le parvis de la Défense aux soirées clandestines dans une chambre d’hôtel, la cinéaste capte merveilleusement leur énergie frondeuse. Bande de filles est un film physique. Corps souples, athlétiques, luisants, galbés. Sciamma filme ses personnages en mouvement, qu’ils marchent, dansent, se battent. Particulièrement emblématique de ce parti pris, une scène va faire parler d’elle : dans une chambre d’hôtel, les donzelles maquillées et sapées se mettent à chanter et danser sur Diamonds, de Rihanna. Sciamma les filme comme elles se rêvent, dans le défouloir secret d’une soirée entre filles : en princesses pop et sexy, émouvantes reines du dancefloor.

Céline Sciamma capte ce mélange d’enfantillage et de violence, la tentation de la délinquance et aussi la montée du désir chez son héroïne qui devient femme. L’emploi du cinémascope relève d’un évident désir de cinéma, comme ses plans d’ensemble nocturne sur la ville, nappés de rock synthétique, ou la formidable scène d’ouverture qui place d’emblée le film sur le terrain d’un imaginaire américain. Pointe également, au diapason du look très élaboré et fortement sexué des jeunes filles, tout en extensions capillaires, un séduisant fétichisme cinématographique, gros plans d’yeux et de bouches, ou cette perruque peroxydée et ces escarpins rouges sur un tapis de la même couleur.

Sur le sort des filles « des quartiers », la réalisatrice ne dit au fond rien de nouveau. Le déterminisme, l’archaïsme des interdits, le poids social et familial, Mais en faisant d’elles des personnages, des vrais, elles leur donnent vie comme rarement on l’a vu au cinéma. Inventive, volontaire, dynamique, sa mise en scène semble leur insuffler tout ce dont les prive leur réalité, sociale et politique. La conclusion du film est sans beaucoup d'espoir pour Marieme, après avoir déserté l'école, refusé un travail de femme de ménage, réfuter l'idée d'un mariage avec un copain, pourtant assez tranquille, elle déserte le milieu du trafic de drogue dans lequel elle était tombée. Pas de réelle piste, mais la fin de l'histoire reste ouverte.

Bande de filles

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 18 Octobre 2014

Geronimo, réalisé par Tony Gatlif, est cabossé, déjanté, mais généreux.

Le film démarre à 100 km/h par la fuite d'une adolescente d'origine turque, Nil Terzi, le jour de son mariage (forcé), avec un lointain cousin de sa propre communauté. Elle fuit en robe blanche et retrouve son amour, un jeune gitan d'une communauté adverse, Lucky Molina. Le frère de la jeune fille, Fazil, et le presque-marié sont prêts à laver son honneur dans le sang. Pompière toujours au four et au moulin, sprinteuse de choc, "Geronimo", une éducatrice sans cesse en mouvement, plongée dans cette vendetta entre communauté turque et gitane. tente d'éteindre le brasier des haines qui enflamme cette cité du Sud de la France.

Dix-septième film de Tony Gatlif ,"Geronimo" est un "Roméo et Juliette" ensoleillé, une tragédie solaire chorégraphiée à la "West Side Story" au credo clairement affiché.

Si le film s'attarde au début dans un réalisme qui sert à planter le décor, il déploie un naturalisme poétique qui donne lieu à de superbes scènes, la fuite de la mariée dans un champ, un long plan-séquence où une joute de hip-hop dans un hangar tourne à l'affrontement. Entre battles nocturnes et triples saltos sur fond de no man's-land, cris d'amour et accalmies où la musique tzigane devient un exutoire, la machinerie Gatlif tourne à plein régime. Le film se termine dans une force tragique et montre le symbolisme de son climax, quand deux hommes luttent enserrés dans une bâche de plastique qui rappelle la robe de mariée, matrice tragique du film.

Céline Sallette est extraordinaire dans ce rôle d'altruiste cabossée, de brindille hardie, de combattante, d' Apache aux yeux clairs.

Filmé caméra à l'épaule, ce qui donne une image en forme de précipité flou, multipliant les gros plans, "Geronimo" dégage une grande sensualité, qui trouve sa plus grande expression dans les yeux de braise des protagonistes haineux, qui aimantent littéralement le regard et cristallisent le drame façon western. "Géronimo" rend compte aussi de cette vie revenue à l'état de nature, rendue aux pulsions primitives, à la haine monomaniaque et aux pratiques moyenâgeuses (le mariage forcé), que dénonce ici Gatlif. Quelques séquences auraient gagné à être resserrées, ais, dans le paysage souvent formaté du cinéma français, la fougue de Gatlif, sa liberté et sa croyance dans la mixité, entre images et musiques, entre communautés, font du bien.

Geronimo, un film généreux

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 18 Octobre 2014

Alexandre Singh (né en 1980 à Bordeaux en France) est un artiste franco-anglais d’origine indienne. Il vit actuellement à New York. Il est à la fois écrivain, narrateur, sculpteur, dessinateur et performeur.

Le travail d’Alexandre Singh explore des domaines aussi vastes que variés. Il conçoit ses œuvres par des associations libres, spirituelles et érudites. Son univers artistique ne peut pas être catégorisé. Alexandre Singh a suivi les cours d’art à Oxford puisqu’il pensait se diriger vers le domaine artistique, dans celui de la vidéo, la publicité. Il a pris conscience que l’art lui ouvrait des portes dans beaucoup de domaines. La littérature joue un rôle primordial dans sa manière de concevoir ce qu’il désire représenter. Il puise son inspiration surtout pour les auteurs qui innovent, qui dérangent, qui sortent de la norme, Diderot, Borges, Dante, Potocki…

Aux États-Unis, en 2008, l'une de ses premières expositions fut Hello Meth Lab in the Sun, pour cette exposition, il collabora avec Jonah Freeman et Justin Lowe, ils décidèrent de la réaliser dans la Ballroom de Marfa au Texas. Les visiteurs se laissaient emporter dans un labyrinthe de pièces hétérogènes. Ils passaient d'un comptoir d'enregistrement d'un motel à une cachette hippie ou encore à un laboratoire de recherches abandonné. Cet agencement de pièces correspondait au monde artistique décadent d'artistes tel que Mike Nelson, Christoph Büchel et Gregor Schneider. Pour le réaliser, ces artistes se sont inspirés de faits autobiographiques afin de créer leurs propres installations hallucinatoires.

Depuis 2008, il réalise une série d'assemblages d'images découpées, collées et organisées en diagrammes muraux, intitulée Assembly Instructions. Celle-ci peut être considérée comme un "mode d'emploi" du monde. Pour expliquer ce mode d'emploi, il utilise l'exemple des magasins Ikéa : "Pour des raisons professionnelles, je passe beaucoup de temps dans ces magasins. Partout dans le monde, ils ont presque le même plan, surtout à l'étage où se trouve une succession de chambres artificielles. (…) Peut-être que tous ces magasins avaient été conçus comme une conspiration, une entreprise secrète de la préservation de la connaissance humaine, qui serait contenue tout entière dans ces arrangements apparemment arbitraires de couettes, de jouets, de canapés, de vingt livres suédois posés sur des étagères toujours les mêmes ? Ou alors ce serait le monde qui serait l'index des magasins Ikéa? Et en changeant l'arrangement de ces objets, on changerait l'ordre du monde, on détruirait ou on créerait des réalités, sans que les gens le sachent?"

La série des Assembly Instructions comprend des performances, des conférences, des installations, l’écriture de pièces de théâtre et des enregistrements radiophoniques. Pour cette série, Alexandre Singh a en premier lieu réalisé sept entretiens avec diverses personnalités, scientifiques, penseurs et artistes, qu’il a ensuite retravaillés sous la forme de fictions s’apparentant à des dialogues entre l’artiste, ladite personnalité et dans lesquels peuvent parfois intervenir d’autres personnages. L’artiste a ensuite transposé ces textes en une série de collages et de dessins dont l’accrochage au mur répond à un protocole très strict.

L’œuvre présentée à la Biennale de Lyon 2013 repose sur l’interview du réalisateur et scénariste français Michel Gondry. Elle relate l’histoire d’une rencontre entre Alexandre Singh, Picasso et Michel Gondry lors d’un voyage en train. L’artiste a pris place dans un wagon et le passager installé en face de lui n’est autre que Picasso. Michel Gondry, quant à lui, joue le rôle d’un contrôleur qui propose à Singh de lui faire un tour de magie visant à faire disparaître son billet de train à l’aide de sa poinçonneuse…

Trente-sept tirages laser sont disposés au mur et reliés entre eux par des lignes de points tracées à la main de sorte à former une cartographie cognitive. Ces divers collages et dessins constituent les fragments d’une histoire qu’il nous revient de reconstituer. Le spectateur est ici invité à tisser des liens entre les différentes images qui lui sont proposées afin de créer sa propre narration. Aussi, comme le précise l’artiste : « Les images elles-mêmes m’intéressent moins que les relations qu’elles entretiennent au gré de lignes, de cercles ou de structures digressives. »

Au travers de cette œuvre qui s’inscrit notamment dans la veine du surréalisme, du dadaïsme et du travail de Picasso, Alexandre Singh interroge les mécanismes de la pensée. Il s’intéresse à la manière dont notre cerveau traite l’information et à sa capacité à transformer des éléments d’informations disparates en un récit cohérent.

En 2011, il commence un nouveau travail : The Pledge (l'engagement): le nom est tiré de l'œuvre Le Prestige de l'auteur de science-fictions britannique Christopher Priest qui plus tard fut adapté au cinéma en 2006 par le réalisateur Christopher Nolan. Le livre explique les trois étapes d'un tour de magie. Il y a tout d'abord "l'engagement", le magicien présente un objet tout à fait banal, ensuite se déroule "le tour de magie", là le magicien transforme l'objet ou le fait disparaître pour terminer par l'étape "Le prestige", moment où l'objet réapparaît.

Son travail traite de grands thèmes, comme la nature de la cognition narrative. Pour préparer ce sujet, Alexandre Singh réalisa des interviews pour obtenir différents points de vues. Il interrogea : Danny Rubin, le scénariste de Un jour sans fin (Groundhog Day ; Leah Kelly, une neurobiologiste et chercheuse à la Rockefeller University; l'artiste Simon Fujiwara; Alfredo Arias, un dramaturge argentin; Donatien Grau, un critique d'art français ; Marc-Olivier Wahler, un conservateur et Michel Gondry, un réalisateur de film. Chaque conversation est une fiction, il réorganise les propos récoltés et il essaie de trouver une façon d'exprimer l'essence-même de leurs idées. Ensuite, sur les murs de la galerie, il crée encadre ses impressions de collages aux jets d'encre noir et blanc qui proposent des schémas ou des cartes des conversations, il relie les cadres entre eux avec des lignes de points de crayon dessinés à la main.

L’inspiration d’Alexandre Singh prend ses sources dans des univers divers, tel que dans la littérature avec les Essais de Montaigne, dans les œuvres du grand dramaturge français qu’est Molière, dans les romans gothiques… Il porte une admiration débordante pour tout ce qui touche à l’audiovisuel comme les films de Woody Allen, les séries télévisées (comme À la Maison-Blanche, Grey's Anatomy, Sex and the City, les dessins animés, South Park…). Les données scientifiques, les magasins Ikéa, la performance, la photographie conceptuelle, le surréalisme l’inspire tout autant. Il considère qu'écrire, c'est se laisser entraîner dans un monde imaginaire, il déclare "Souvent lorsqu'on va très loin dans un autre monde, on s'aperçoit qu'il est fait d'hallucinations, comme un rêve, et qu'il évoque parfois des questions existentielles ou sociétales." Il se rend compte que les vidéos d'aujourd'hui, les images sont parfaites mais que le texte et le jeu des acteurs sont toujours plus faible.

Il écrit des pièces de théâtre. Par exemple : La critique de l’école des objets ou dialogue avec les objets… Pour la lecture de ces deux textes, il réalise des performances. Il emmène les auditeurs dans un autre monde, un univers qui mêle le réel et la fiction. Pour faire ressentir beaucoup d’émotions, il implante tout un agencement d’installations sonores traitées de manière théâtrale, il pose des objets sur des socles, ces objets conversent entre eux avec humour ou profondeur, des voix sont enregistrées par des comédiens et celles-ci se diffusent de partout dans la pièce. Un éclairage est adapté à la candeur des répliques prononcées.

Alexandre Singh

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 16 Octobre 2014

Masunobu Yoshimura ( japonais 吉村益信, Yoshimura Masunobu) plasticien contemporain japonais, né en 1932 à Ôita (île de Kyushu) et décédè en 2011

En 1960, le groupe nouvellement formé des Neo-Dada Organizers se réunissaient dans son atelier, connu sous le nom de « White House ». Là, ils rédigeaient des tracts, allaient manifester dans la rue et travaillaient en vue des Indépendants Yomiuri. Par la suite Masunobu Yoshimura lui-même sera surnommé "White House".

En avril 1960, à la première exposition du groupe, à la Galerie Ginza de Tokyo, Masunobu Yoshimura s'enveloppe dans les affiches de l'exposition jusqu'à ressembler à une momie. Il déambule ainsi déguisé dans les rues du quartier.

Dans les années 1960, il fonde son travail sur la technologie et produit des sculptures comme Anti-Material; Light on Möbius, 1968 , composé d'ampoules monté sur un ruban de Möbius. Il est retenu comme artiste pour le pavillon du Japon à l'exposition universelle d'Osaka en 1970; il y présente Ô Garasu (peut signifier un verre , glass, ou, un grand corbeau).

happening à Ginza avril 1960

happening à Ginza avril 1960

Pig; pig lib 1971

Pig; pig lib 1971

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

Ô Garasu, le grand corbeau 1970

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

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