Publié le 19 Août 2008

Voilà la question qu'on me pose régulièrement en parlant de Ségolène Royal.

En règle générale on me dit tout de suite "mais elle est de droite", "c'est une blairiste" d'autres expliquent plus doctement qu'elle représente la branche sociale-libérale de la gauche molle. Ceux là sont les détenteurs de la vérité absolue en terme de gauchitude. Ce sont d'ailleurs parfois des tenants d'une nouvelle pensée unique,.

Ainsi donc, Ségolène Royal serait blairiste. Tout ça parce qu'elle a expliqué , et rien qu'a cause de ça, que Blair n'avait pas fait que des conneries. Par exemple, il a relancé la machine à coup d'emplois publics, re-nationalisé partiellement l'énergie et le rail.

Elle serait de droite, par ce qu'un philosophe gauchiste l'aurait dit à une terrasse de café il y a quelques années.  On retrouve cette opinion de temps en temps sortie de sa boite poussiéreuse par un troll dans les commentaires de  Libération. Rassurez-vous elle sort souvent de la bouche de gens cultivés.

Mais ce qui me faire faire confiance à Ségolène Royal, c'est qu'elle ne fait pas des aller-retours entre membres du PS ou n'organise pas de magouilles et des réponses entre éléphants via des commentaires de blogs. Elle n'a jamais exclu qui ce soit d'une éventuelle majorité au sein du PS: Cherchez bien, vous ne trouverez rien. Par contre en lisant la presse on apprend que machin ne veut plus causer à bidule, par ce que ce dernier a déjeuné avec Gertrude.   Cherchez bien, vous trouverez de multiples combinaisons d'égos surdimensionnés ou de comploteurs en mode TSS. Tout Sauf Ségolène. C'est une épidémie chez certains cadres socialistes, les pauvres pensent en premier à leur petite baronnie locale et se sentent à juste titre menacés par des idées nouvelles. Pensez donc la vilaine sorcière parle de non cumul des mandats, de parti rénové et ouvert sur la société civile, de jury citoyens et de démocratie participative.

Elle est aussi dans la riposte au sarkozysme avec conviction et une approche et un vocabulaire qui font que ses messages sont comprehensibles de tous. Tout le monde rigole en ce disant mais qu'est ce qu'elle dit celle là ? quand elle parle des petits vieux qui ne font qu'un repas par jour. Questionnez vos caissières de superettes en villes, vous serez surpris d'entendre des histoires encore plus sordides. Elle parle de précarité quand d'autres nous expliquent qu'il faut une gauche de managers. Sur le travailler plus pour gagner plus, cela fait un an que tout le monde sait que les stats OCDE et Eurostat montrent que la France n'est pas un pays de faineants. L'INSEE vient encore de le démontrer. La gauche doit cogner sur ce mensonge odieux de la droite qui même intoxiqué en dehors de son camp naturel...

Son offre politique contient des items très positifs: l'ouverture du PS renonvé sur les syndicats, la société civile, les chercheurs et les victimes de la république bananière. Tout le contraire d'un truc renfermé sur lui même et de textes rédigés à 4 ou 5 dans un appartement du 8e arrondissement un soir de Juin avant d'aller au Diner du Siècle pour discuter avec la fine fleur de l'élite financière. Et oui, elle n'est pas dans les accointances du microcosme parisien, pensez donc, la vilaine  c'est pour ça qu'il ne faut pas la soutenir.  Ceux là même vont poussez des cris d'horreurs en vous expliquant que ce qui bloque ce sont les jurys citoyens. Ah oui, et la justification alors c'est que c'est compliqué à mettre en oeuvre et que ça générerait du bordel.

On me dit qu'elle n'était pas prête en 2007, et que donc elle doit céder la place. Les mêmes sont en admiration sur le réussite de Mitterand ou de Chirac qui ont raté 2 ou 3 fois l'élection avant de réussir. Les mêmes comprennent que d'autres puissent être restées en recul depuis 2002, ou soutiennent encore celui qui refusé d'affronter le regard des militants au soir du 21 avril 2002. Alors que Ségolène Royal reste proche des militants, cette chair à canon qui ne doit servir que tous les 5 ans pour nos zélés défenseurs d'un parti renfermé sur lui.

Elle n'était pas prête en 2007, elle le reconnait. Mais elle le sera en 2012 et même avant. Son ouvrage qu'elle cosigne avec Alain Tourraine   propose des idées. Ça change des formules à l'emporte pièces, des analyses percutantes mais aux propositions limitées aux bobos parisiens.

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 13 Août 2008

Enfin Knol est sorti , apportant une réponse à la hauteur de l'enjeu, consistant à éclipser le populaire, mais médiocre Wikipédia.

Sur Knol
: N’importe qui peut éditer un article qui est soumis aux commentaires de la communauté (les visiteurs font donc des demandes de modification mais ne peuvent pas, sauf exception, modifier eux-mêmes). Les pages créées restent donc entièrement maitrisées par le rédacteur initial, clairement identifié (au moins par une adresse mail) Les rédacteurs ne sont pas anonymes et doivent utiliser un compte Google authentifié. Gros défaut Knol n'est pas un wiki et la richesse des liens internes ne peut se faire qu'au coup par coup, en insérant des liens dans l'article. Par contre Knol admet les liens externes et même les images externes, sans restrictions.

Mes Knols

Le risque de copie d'autres site web, dont la détection est manuelle et empirique sur Wikipédia, est ici réalisée automatiquement, dans les 24 h et affichées à droite de l'article.

exemple:
Pèlerinage de Shikoku
Similar Content on the Web

free.fr 100%

(comme j'ai recopié une page de mon site free.fr, le résultat est normal)

Sur Knol, pas de "vandale" possible, pas de "Faux-nez" pas de "Check-User", car toutes ces notions relèvent du jeu de rôle.

Plus qu'une Encyclopédie, Wikipédia n'est qu'un jeu de rôle rassemblant des millions de joueurs. Un jeu en ligne massivement multi-joueur et gratuit. L'objectif est de créer des articles, les plus longs possibles et surtout les plus nombreux possibles. Il y a le clan anglophone qui est une équipe très forte, le clan germanique. Les Français sont actuellement troisième  à ce jeu. Pour créer des articles certains joueurs utilisent leurs propres connaissances mais cela est un général très peu productif et on ne devient que rarement un grand joueur ainsi. D'ailleurs, même si vous êtes prix Nobel, il est interdit d'apporter sa propre contribution originale à wikipedia : cela serait considéré comme de la concurrence déloyale vis à vis des autres joueurs.

De nombreux système de jeu ont été expérimentés mais un des plus en vogue est le suivant : choisir un sujet par exemple les bébés phoques. Taper sur google "bébés phoques". Obtenir des articles situés sur différents sites webs qui parlent de bébés phoques. Sélectionner ceux qui semblent provenir d'experts les plus savants (enfin la sélection doit être faite en 3 minutes, une éternité pour la web génération). Prendre la première phrase du premier article et  la re-rédiger de telle sorte que personne ne puisse retrouver l'auteur d'origine. Puis recommencer avec le deuxième article et ainsi de suite. De temps en temps, mettre une source (il est de bon ton de mettre toutes les sources que   fournit google, cela fait plus sérieux). S'il y a une phrase difficile à comprendre, le mieux est de ne pas en tenir compte : elle doit être sans importance. Ce procédé  permet de créer efficacement de nouveaux articles le plus légalement du monde en prétextant effectuer un travail de "synthèse" des articles existants sur internet.

Il faut ensuite trouver d'autres sujets proches des bébés phoques : les sites  pillés au point précédent peuvent pallier au manque d'imagination. A force d'écrire des articles sur les bébés phoques,  le wikipédien pense devenir un expert sur les bébés phoques. Plus il joue, plus l'étendue de sa pseudo-expertise autoproclamée devient importante. Au fur et à mesure, il commence à être connu et peut se permettre de corriger d'autres joueurs qui tentent de pénétrer dans son territoire balisé : les bébés phoques. Dans les différentes pages de discussion, il entre en interaction avec les autres joueurs et là le jeu devient extrêmement subtil. Il faut réussir à imposer son point de vue en rassemblant autour ses "idées" le maximum de joueurs. le joueur doit donc rejoindre un clan et soutenir les points de vues des membres de son clan. Il s'agit donc d'un jeu d'alliance pour pouvoir obtenir la plus grande influence possible sur la rédaction des articles. Plus son territoire est important plus il devient un grand joueur.

Comme tous les jeux de lutte pour le pouvoir, ce jeu est addictif et plus le wikipédien joue, plus il obtient de pouvoir. Ainsi, bien que cette règle ne soit pas intangible, il est de bon ton d'avoir fait 10 000 contributions (même dérisoires) sur un an pour devenir administrateur, premier niveau de pouvoir. De plus, le wikipédien peut s'auto-congratuler en se disant qu'il participe ainsi au développement de la Connaissance libre et gratuite. Cette auto-valorisation le fait revenir très souvent notamment pour lire et relire ses propres articles ou pour surveiller son territoire. Il existe un subtil système de régles d'ailleurs largement évolutif. Plus il joue, plus il prend connaissance de la subtilité des règles, ce qui lui donne un avantage substantiel sur les joueurs débutants qui ne connaissent que 2 ou 3 règles.

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 26 Juillet 2008

Jack Lang et des Radicaux de gauche ont commis une faute politique en votant oui à la réforme constitutionnelle

Extrait de l'intervention de Robert Badinter, sénateur, ancien président du Conseil constitutionnel publiée dans l’édition du Monde du 20 juillet 2008

" Certains se demandent si, en refusant de voter la révision constitutionnelle, les socialistes ne sont pas en train de passer à côté d'une opportunité : rééquilibrer les institutions. La réponse est non. Cette révision est une occasion perdue, non pour les socialistes, mais pour la République. Nos institutions souffrent d'un mal profond : l'hyperpuissance du président. Il est le véritable chef du gouvernement, pour ne pas dire le gouvernement à lui seul, dans la pratique actuelle de l'Elysée. Et, depuis le quinquennat et la succession des élections présidentielle et législatives, il est le chef réel de la majorité présidentielle à l'Assemblée. La séparation des pouvoirs n'est plus qu'apparence. De surcroît, ce pouvoir sans pareil n'est assorti d'aucune responsabilité.

 J'appelle ce régime la monocratie : le pouvoir d'un seul dans la République. Or le projet de révision ne réduit pas les pouvoirs du président. Il les accroît en lui permettant de s'adresser directement aux parlementaires réunis en Congrès. Le président présentera un bilan flatteur de son action et fera acclamer par sa majorité son programme de gouvernement. Le premier ministre comme chef de la majorité parlementaire disparaît. Le renforcement des prérogatives du Parlement, premier objectif de la révision selon le président, est un leurre en termes de pouvoir réel.

Tant que le président sera le chef incontesté de la majorité à l'Assemblée, le Palais-Bourbon demeurera une annexe du palais de l'Elysée. "Cy veut le Roi, cy fait la loi", l'axiome de l'Ancien Régime demeure la règle sous la Ve République. Quant aux pouvoirs de nomination du président aux grandes fonctions (Conseil constitutionnel, CSA, etc.), on annonce "un changement considérable" : le choix du président pourra être refusé par un vote des trois cinquièmes des membres d'une commission parlementaire. Mais un tel vote requiert le concours de la majorité présidentielle, qui ne sera jamais donné contre la volonté du président. Si on voulait rendre ces nominations consensuelles, il faudrait une majorité positive des trois cinquièmes nécessitant l'accord de l'opposition. On est loin du compte. D'autres font valoir que la réforme accorde à l'opposition parlementaire des droits nouveaux. Mais il faut regarder la portée des textes et non pas seulement l'étiquette. On nous dit : le Parlement aura la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour, "un progrès immense".

Mais qu'en est-il pour l'opposition ? Le projet lui réserve un jour pour trois semaines, à partager avec les centristes. Belle avancée démocratique ! Autre exemple. Le président annonce que la présidence d'une commission parlementaire sur huit sera réservée à l'opposition. Pourquoi pas trois ? Nous ne demandons pas des pourboires, mais un rééquilibrage. Enfin, la révision proposée consolide le mode d'élection archaïque des sénateurs, qui assure à la droite une majorité pérenne au Sénat. Cette situation est un défi à la démocratie. Le comité Balladur avait ouvert la voie à un changement possible.

La droite sénatoriale a tout refusé à ce sujet. Elle entend demeurer maîtresse du Sénat et, par là, de toute révision constitutionnelle proposée par la gauche. Lors de la prochaine alternance, la gauche devra donc présenter un projet de révision constitutionnelle, soumis directement au pays par voie de référendum. Il devra inclure la reconnaissance du droit de vote aux élections municipales des immigrés régulièrement établis en France. Cette réforme-là, si importante pour l'intégration, est ignorée par l'actuelle révision. Dans ces conditions, libre à qui le veut de danser un pas de deux constitutionnel avec le président de la République. Ce n'est pas notre choix. »

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 6 Juillet 2008

Le Festival International du Film de La Rochelle, c'est une histoire de plus de 30 ans entre une ville au début de l'été, un public curieux et enthousiaste, et des films venus du monde entier.
Le programme du Festival International du Film de La Rochelle se veut, chaque année, éclectique, géographiquement et thématiquement divers, exigeant et équilibré. Le Festival maintient son refus de compétition, de prix et de jury, dans une volonté de comparaison plutôt que de confrontation. les acteurs, ou réalisateurs sont présents, sans enjeux, dans le seul but de rencontrer des cinéphiles. Et quelle plaisir de découvrir de nouveaux talents comme les belges Joachim_Lafosse ou Bouli_Lanners ou encore la franco-libanaise Danielle_Arbid,
Redécouvrir sur grand écran, dans une très belle salle, le grand Nicholas_Ray trop souvent vu dans des conditions médiocres est aussi une joie entière.

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 18 Juin 2008

Dans un précédent article,  je souhaitais l'avènement d'un nouveau souffle du cinéma français.

Arnaud Deplechin peut en être le porte-drapeau. Après des débuts post-soixante-huitards et verbieux, il nous a donné Rois et reine, encore un peu hésitant, mais plein de qualité et à Cannes, le magnifique film au titre un peu trompeur Un conte de Noël.  Ce film aurait logiquement dû être récompensé, mais comme la Palme d'or est déjà revenu à un film français...

Ce sont des personnages à la fois ordinaires et exceptionnels que le cinéaste se plait ici à décrire, ce sont des chassés-croisés, des moments de vie, des dialogues, des réflexions. Il n'y a pas de coup de théâtre, ni de moments vraiment intenses, mais une exploration complète des relations interpersonnelles. Sous le prétexte de la thématique des retrouvailles, le réalisateur peint un tableau splendide et intelligent de la famille dans tous ces états.

Rien n' échappe au réalisateur: les relations mère/fils, l’éternelle quête de reconnaissance des enfants, les luttes fratricides, le deuil d’un enfant, la perte d’une épouse, les non-dits, la maladie, les sempiternels repas et même l'absurdité de certaines positions de la communauté juive, à travers le personnage de Faunia . Arnaud Desplechin, architecte des destinés de ses héros, bâti pierre par pierre son édifice, y incrustant une mulltitude de références cinématographiques, musicales, littéraires et mythologiques. Autour de personnages travaillés et de scènes originales qui portent davantage à la réflexion qu’à l’identification, le cinéaste met en scène sa Divine Comédie.

Deplechin  reprend le quatuor Emmanuelle Devos, Mathieu AmalricCatherine Deneuve et   Jean-Paul Roussillon
qui avait déjà fonctionné dans Rois et reine. Seule peut-être Catherine Deneuve est en dessous de sa réputation, elle est crédible en mère haïssante, beaucoup moins en malade condamnée.

*Voir la fiche complète : Un conte de Noël


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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 9 Mai 2008

Le triomphe de la décennie, voire du siècle semble devoir être le film Bienvenue chez les Ch’tis de Danny Boon, qui rappelle étrangement les succès régionalistes du Bourvil débutant : Pas si bête ou Le Trou normand,  films difficilement regardables aujourd'hui. De fait ce film a un scénario très faible, prévisible. Une façon de tourner qui date de plus de 60 ans, linéaire, sans aucune invention. Certains téléfilms ou même des séries sont plus inventives!
  
Dans un bond en arrière d'un demi-siècle, le cinéma français est redevenu, aujourd'hui, exactement ce qu'il était au milieu des années 50. Professionnel et asphyxié. Englué dans cette « qualité France » que fustigeaient des critiques comme André Bazin et de futurs cinéastes comme François Truffaut.

La Flandre française bafouée

Le choix de Bergues pour ce film est un contre-sens. C’est   le résultat d’une ignorance crasse de l’Autre Culture Régionale des Pays-Bas français. Bien sûr on voit d’autres villes dans ce film, mais avec un titre pareil (‘Bienvenue chez les Ch’tis’) le lieu de tournage principal ne pouvait en aucun cas se trouver entre la Lys et la Mer du Nord ! Quand on songe que Dany Boon est originaire d’Armentières, ville située juste au sud de la Lys 
Les enfants de Bergues comprendront qu’ils sont ch’tis. Peut-être rejoueront-ils entre eux les meilleures répliques du film… Ils pourront dire aux enfants de Hoymille ou de Warhem : ‘T’es d’min coin ti’…

Rappelons  par ailleurs que Dany Boon a prêté sa voix (et son bel accent) pour une pub de Mac Donalds (le symbole de la mal’bouffe) diffusée sur TF1 (la chaîne du temps de cerveau disponible).
Ou l’alliance de la pseudo culture ch’ti, de TF1 et de Mac’Do… la boucle est bouclée.

C’est le moment de vous recommander  de voir ou revoir  ‘Quand la mer monte’ avec Yolande Moreau. Ce film présente aussi la Flandre Maritime, mais il est drôle, sensible, intelligent, anti-commercial (pas diffusé dans les multiplexes)…en un mot : l’anti ‘Bienvenue chez les Ch’tis’.

Projection à l'Élysée

Le film a bénéficié d'une projection privée au Palais de l'Élysée le 15 avril 2008 à 19h pour que le président de la République française Nicolas Sarkozy puisse le visionner. Le film a été projeté en présence du Président et de Carla Bruni-Sarkozy, ainsi que les deux ministres "Ch'tis" du gouvernement : Jean-Louis Borloo et Valérie Létard .

Ce n'est que la quatrième fois que ce type de projection privée est organisée : la première par le Général de Gaulle, qui avait fait aménager la salle de projection privée de l'Élysée afin de visionner la Grande Vadrouille, puis par François Mitterrand en 1994 pour Paris, Texas et par Jacques Chirac en 2001 pour Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.

Cette liste est significative : populaire et patriote pour de Gaulle, philosophe et intellectuel pour Mitterrand, un peu kitch pour Chirac et nul, plat et vulgaire pour Sarko

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 30 Avril 2008

Dès 2003, l'artiste d'origine haïtienne Hervé Télémaque avait tout compris de la personnalité du beau-frère de Valeria Bruni Tedeschi . En témoigne ce tableau L'Âne et Sarko, où l'un des deux protagonistes est souriant et inspiré.


Hervé Télémaque (né le 5 novembre 1937 à Port-au-Prince, Haïti) est un peintre français contemporain d'origine haïtienne, associé au courant de la Figuration narrative.

Télémaque réalise des assemblages extrêmement précis de dessins, peinture, papiers collés, objets récupérés ou inventés. Sa pensée plastique, nourrie de son quotidien, de ses voyages, de ses relations avec Haïti privilégie la métamorphose des référents qui s’imbriquent dans un jeu de sens à la fois suggestif et énigmatique.

Dès 1962, laissant visible les tâtonnements du dessin puis simplifiant le trait à l’aide d’un épiscope, il juxtapose sur des fonds unis des silhouettes d’objets empruntées à des catalogues, des signes fréquemment contradictoires, des images trouvées dans la presse, des traces de dessin qui invitent le spectateur à établir des liens d’une signification à l’autre. En réaction à l’emprise grandissante du Pop Art américain, il conçoit avec Rancillac en 1964 l’exposition Mythologies Quotidiennes, présentée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

Durant les années quatre-vingt-dix, il revient aux collages d’objets, d’affiches et au dessin au fusain, au marc de café, réalisant des formes sombres à la découpe élaborée. Les années 2000 sont celles d’un regard sur le monde, avec ses impressions au retour d’un voyage en Afrique ou ses commentaires sur l’actualité politique, à travers des reprises de caricatures du journal Le Monde.

En savoir plus sur : Hervé Télémaque


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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 14 Avril 2008

Le réalisateur chinois Li Ying, qui réside actuellement à Tokyo, a effectué une entrée remarquée dans les festivals cinématographiques internationaux, avec son dernier film, qui relève le périlleux défi d'aborder un thème sujet à nombreuses polémiques, la controverse qui entoure le Sanctuaire de Yasukuni, et le relent de nationalisme au Japon. Son œuvre, sobrement intitulée Yasukuni, a bénéficié de critiques dithyrambiques et de nombreuses louanges à la suite de sa projection dans de nombreux festivals cinématographiques internationaux, comme par exemple celui de Pusan en 2007 (Corée du Sud), ou du célèbre festival du cinéma indépendant, Sundance (Etats-Unis). 

« Mon intention avec ce film est d'amener les citoyens de divers pays à contempler leur histoire, et de les encourager à accorder une nouvelle lecture à l'héritage guerrier du Japon, qui a été occulté depuis de nombreuses années »

Le film Yasukuni y a fait forte impression. Par son sujet, d'abord, la façon dont le Japon gère son héritage militariste suscite fascination et répulsion dans la région, et par la personnalité de son auteur. Li Ying, 44 ans, est chinois, mais il vit au Japon depuis 1989. Réalisateur à la télévision chinoise, il a quitté son pays faute de pouvoir traiter les sujets qui l'intéressaient. Arrivé au Japon, il a fait la plonge dans les restaurants et d'autres petits boulots, le temps d'apprendre le japonais.

Dans un cinéma asiatique qui ignore de plus en plus les frontières, Li Ying a réussi à trouver sa place : Yasukuni est une coproduction sino-japonaise. C'est son quatrième long métrage mais il l'a commencé au début de sa carrière nippone, en 1997. Depuis, il affirme s'être rendu au sanctuaire une fois par semaine. Il a raconté au quotidien Asahi que cette assiduité avait attiré l'attention malveillante des autorités de Yasukuni, qui ont fait plusieurs tentatives pour lui confisquer caméra et pellicule.

Mais sa persévérance a été payante, son film a l'épaisseur des années qui passent. Li Ying a choisi pour fil conducteur le personnage de Naoji Karyia, le dernier forgeron du sanctuaire. On voit ce vieillard de 90 ans forger un sabre comme il l'a fait pendant des décennies, contribuant à équiper les officiers des armées d'occupation japonaise dans toute l'Asie.

En une séquence qui est probablement la plus intense du film, Li Ying tente d'arracher au forgeron une réaction en montrant une "une" de journal japonais de 1937 qui célèbre un concours à qui coupera le premier cent têtes de Chinois, organisé entre deux officiers stationnés à Nankin. Le vieillard refuse avec obstination de se prononcer.

Les séquences passées dans l'intimité du forgeron alternent avec celles saisies aux abords du sanctuaire. S'y croisent et s'y heurtent les anciens combattants et leurs épigones nationalistes d'une part, les antimilitaristes, les pacifistes et les enfants des malgré-nous de Yasukuni. Venus de Taïwan ou d'Okinawa, ces descendants de recrues de l'armée impériale font valoir aux responsables du sanctuaire que leurs pères ou grands-pères ont été engagés de force et demandent à ce que leurs mânes soient sorties de la liste des héros célébrés à Yasukuni.

Au long de ces deux heures on voit aussi un Américain en goguette venu apporter son soutien au premier ministre Koizumi (mais les militants nationalistes japonais le chassent sans ménagement) et un jeune pacifiste japonais pris en chasse par un groupe d'extrême droite qui l'accuse d'être chinois. Depuis sa première à Pusan, Yasukuni a été projeté dans les festivals de Hong-Kong et Berlin. Pour l'instant, sa sortie en France n'est pas programmée.

Au Japon l'appel à la censure et au boycott lancé par des députés du parti libéral démocrate comme Tomomi Inada suite à la sortie du film relança la polémique autour de l'utilisation du sanctuaire par les factions d'extrême-droite.  Suite à ces pressions politiques, seuls une dizaine de cinémas mettront le film à l'affiche et aucun à Tokyo.  Invoquant des "raisons de sécurité", cinq salles de cinéma à Tokyo et à Osaka ont renoncé à diffuser le film Yasukuni,   D'autres salles à travers le Japon ont annoncé qu'elles ne projetteraient pas le film. Toutes craignent d'être la cible de manifestations des groupuscules d'extrême droite, dont la plupart sont liés à la pègre. La presse était unanime, mercredi 2 avril, à s'inquiéter de cette entrave à la liberté d'expression. Vociférant des imprécations depuis leurs camions noirs équipés de puissants haut-parleurs et hérissés de drapeaux, ces groupuscules bombardent les salles de décibels. Au nom de la liberté d'expression, la police n'intervient guère. Après d'autres affaires récentes de restriction de la liberté d'expression, le retrait de l'affiche de Yasukuni, considéré par la droite comme "antijaponais", constitue une nouvelle atteinte à l'une des libertés démocratiques fondamentales.

Le ministre de la culture, Kisaburo Tokai, a regretté que "des pressions et des harcèlements aient conduit à cette situation". Parmi les médias, même le quotidien de centre-droit Yomiuri (13 millions d'exemplaires) appelle dans un éditorial au respect de la liberté d'expression, faisant valoir que la question du financement public est à débattre indépendamment de la projection du film.

"Après la projection à la Diète, tout a changé. Les politiciens ont fait toutes sortes de pressions, affirme Li Ying. Il est déplorable de voir que beaucoup de débats ne concernent pas le contenu du film. Pour moi, c'est inimaginable qu'on ne puisse le projeter. Cela révèle quel degré de conservatisme il peut y avoir au Japon et pose des questions sur la manière dont la société japonaise se positionne vis-à-vis de la Chine, de l'Asie, du reste du monde. Mon but désormais est de pouvoir communiquer avec les Japonais, qu'ils voient ce film par tous les moyens possibles, pour pouvoir y réfléchir et en débattre."

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 14 Avril 2008

Le nationalisme japonais, souvent hélas révisionniste, sévit toujours

Des affaires récentes sont symptomatiques des pressions diverses, ouvertes ou diffuses, pesant sur la liberté d'expression dans l'Archipel. Une vingtaine d'enseignants du secondaire viennent ainsi d'être punis (réduction de 10 % de leur salaire, suspension d'enseignement pendant six mois et non-renouvellement de leur contrat dans le cas de travailleurs temporaires) pour avoir refusé de faire chanter à leurs élèves l'hymne national, cérémonie rendue obligatoire en 2003.

Dans une directive d'octobre 2003, la commission pour l'éducation de la municipalité de Tokyo avait donné instruction aux directeurs des établissements scolaires d'obliger leurs enseignants à se lever à l'envoi des couleurs et à faire chanter à leurs élèves l'hymne national. Cette directive prévoit des sanctions à l'encontre de ceux qui ne s'y conformeraient pas.

La guerre et son interprétation restent au Japon un enjeu de la vie démocratique et continuent à susciter des polémiques, débats et procès. Fin mars, la justice s'est prononcée cette fois sur un fait historique : les suicides en masse de civils ordonnés par l'armée impériale à Okinawa lors du débarquement américain en mars 1945.

Le tribunal d'Osaka a donné raison au Prix Nobel de littérature 1994, Kenzaburo Oe, auteur d'Okinawa Notes (1970), et à son éditeur, Iwanami Shoten, objets d'une plainte de vétérans affirmant que l'écrivain avait déformé les faits. Le tribunal a conclu que le commandement militaire "était profondément impliqué" dans ces morts.

Kenzaburo Oe évoquait les 430 suicides qui ont eu lieu dans les deux îles de Zamamijima et Tokashikijima. Le rôle de l'armée dans ces suicides en masse à Okinawa, où eurent lieu les plus féroces combats de la guerre du Pacifique en territoire nippon (120 000 morts, pour la plupart des civils, soit un quart de la population), est minimisé dans les manuels scolaires.

Ce nationalisme se concentre dans un passé récent autour du du sanctuaire de Yasukuni.

Le sanctuaire de Yasukuni (靖国神社 yasukuni jinja ou le temple du pays apaisé) est un sanctuaire shintō situé à Chiyoda-ku, Tōkyō, au Japon. Il fut construit en 1869 pour rendre hommage aux Japonais « ayant donné leur vie au nom de l'empereur du Japon ». Les âmes de plus de deux millions de soldats japonais morts de 1868 à 1951 y sont déifiées. Considéré comme l'un des symboles du passé colonialiste du Japon et des nationalistes, il est célèbre pour faire l'objet de polémiques en Asie (Chine, Corée du Sud et au Japon même) suite aux visites d'hommes politiques japonais.

Le sanctuaire gère également un musée, le Yūshūkan (遊就館), lequel présente des objets historiques et des panneaux explicatifs retraçant l'histoire militaire du Japon. Le ton y est critiqué comme étant nationaliste et tendancieusement révisionniste, les crimes de guerre du régime showa y sont escamotés et l'expansion japonaise en Asie et dans le Pacifique est présentée comme une volonté de constitution d'une Sphère de co-prospérité de la grande Asie orientale contre l'impérialisme occidental. On y glorifie également les escadrons Tokkōtai.

Le musée escamote notamment le Massacre de Nankin, proclamant que «Le Japon a établi une zone de sécurité pour les civils chinois et fait des efforts particuliers pour protéger les sites historiques et culturels. Au sein de la cité, les résidents purent à nouveau vivre en paix».

Après la Seconde Guerre mondiale, et l'abolition du Koshitsu Shintô par les forces d'occupation, le sanctuaire est devenu association religieuse, indépendante de l'État. C'est un sanctuaire autonome qui ne fait pas partie de l'association des sanctuaires shintō du Japon.

Aujourd'hui, Yasukuni vénère les âmes de 2,5 millions de morts pour les empereurs lors de conflits militaires, y compris certains Taïwanais ou Coréens qui avaient la nationalité japonaise au moment de leur mort suite à l'annexion par le Japon de ces pays. Ces morts concernent principalement la Seconde Guerre mondiale (2 133 915 personnes), puis la guerre russo-japonaise (191 250 personnes). Il s'agit essentiellement de militaires, mais on y trouve aussi des civils ou même des enfants ainsi que 57 000 femmes.

Le sanctuaire, que beaucoup accusent de glorifier ouvertement l'ère colonialiste du Japon notamment par le biais de son musée, a beaucoup fait parler de lui par l'ajout en octobre 1978 à la liste des personnes « déifiées », de plusieurs condamnés lors des procès de Tōkyō, notamment des criminels de guerre de classe A, en tant que « martyrs de Shōwa », dont le premier ministre Hideki Tōjō (東条英機) ou le chef d'état major de l'Armée Yoshijiro Umezu (梅津美治郎). Parmi ces quatorze condamnés, sept ont d'ailleurs été condamnés à mort et exécutés. Le temple, dont le "livre des âmes" contenait déjà les noms de 1 068 personnes condamnées par les alliés pour crimes de guerre, deviendra controversé à partir des annees 70, suite à ces ajouts, qui étaient la décision de Nagayoshi Matsudaira, responsable du temple et fils de Yoshitami Matsudaira, ministre de la Maison impériale après la guerre de la Grande Asie orientale.

La décision d'honorer l'âme d'un mort à Yasukuni est prise par les responsables du sanctuaire, sans consultation ni autorisation préalable de la famille. De nombreuses familles de victimes honorées à Yasukuni souhaitent voir leurs noms retirés du sanctuaire, opposées à l'idée pour des raisons personnelles, idéologiques et probablement choquées de n'avoir pas été consultées. Ainsi neuf personnes ont intenté un procès au sanctuaire en août 2006, demandant le retrait des "âmes" de membres de leurs familles honorées contre leur gré. Des procès similaires ont déjà eu lieu, mais ont généralement vu les familles déboutées de leurs demandes.

La présence à Yasukuni des noms des quatorze criminels de guerre rend chaque visite d'un Premier ministre controversée. En particulier, les gouvernements chinois et coréen voient de telles visites comme un affront. Bien que les Premiers ministres ayant visité le sanctuaire aient affirmé l'avoir fait à titre personnel, l'attitude de Koizumi en particulier à ce sujet est considérée comme ambiguë. Plusieurs décisions de justice ont par ailleurs déclaré les visites officielles inconstitutionnelles (celles de Hashimoto comme celles de Koizumi), le Premier ministre n'ayant en principe pas le droit d'effectuer d'actes à caractère religieux en dehors du cadre personnel. Koizumi avait évité la date anniversaire de la fin de la guerre pour ménager la colère de ses voisins, mais a finalement tenu sa promesse de campagne de visiter Yasukuni le 15 août dans la dernière année de son mandat, en 2006, provoquant encore une fois un tollé.

Le problème des visites au temple Yasukuni n'est pas à l'heure actuelle résolu et chaque visite provoque des réactions plus vives chez les pays voisins du Japon. 

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 12 Avril 2008

Après les 3 exécutions de février 2008, 4 hommes ont été exécutés par pendaison, au Japon, le 10 avril 2008. Ce nombre porte à 7 le nombre des exécutions au Japon depuis le début de l'année.

Un responsable d'Amnesty International au Japon, Makoto Teranaka, a dénoncé des exécutions organisées "en secret, une fois de plus".

Les condamnés à mort ne sont prévenus de leur exécution que juste avant et les autorités attendent qu'elles aient été accomplies pour les annoncer publiquement.

"A ce rythme, nous ne pouvons nous empêcher de penser qu'il y aura énormément d'exécutions cette année, ce qui va complètement à l'encontre de la tendance mondiale à l'abolition de la peine de mort et constitue une honte pour le Japon
", a ajouté M. Teranaka.

Amnesty International a précisé que deux des exécutés avaient été acquittés en première instance avant d'être condamnés.

L'un d'entre eux, Kaoru Okashita, 61 ans, avait été condamné pour le meurtre de deux personnes il y a vingt ans, dont une vieille dame de 82 ans avec qui il était en conflit de propriété. Il s'était lancé depuis sa cellule dans l'écriture d'une forme de poésie japonaise traditionnelle en 31 syllabes, le tanka. Ces poèmes lui avaient permis d'exprimer ses remords et de faire état de sa condition de condamné attendant l'exécution.

Amnesty International a précisé que parmi les deux autres exécutés, l'un avait protesté de son innocence jusqu'à sa mort alors que l'autre aurait pu être reconnu comme irresponsable sur le plan pénal en raison d'une déficience mentale.

Outre M. Okashita, les trois autres pendus étaient Masahito Sakamoto, 41 ans, condamné pour avoir violé et tué une lycéenne, Katsuyoshi Nakamoto, 64 ans, pour avoir tué un bijoutier et sa femme afin de les voler, et Masaharu Nakamura, 61 ans, pour avoir tué deux hommes en empoisonnant leurs boissons.

C’est la troisième série d’exécutions depuis le début du mandat de l’actuel ministre de la Justice Kunio Hatoyama, qui voudrait rendre les exécutions automatiques une fois la procédure d’appel terminée. En septembre 2007, il a annoncé son intention de supprimer la règle figurant au Code de procédure pénale qui prévoit une signature du ministre de la Justice pour toute exécution.

« Nous avons examiné un certain nombre de facteurs pour procéder aux exécutions de façon méthodique, au lieu de réfléchir aux délais » entre condamnation et exécution, a déclaré Kunio Hatoyama.

Un dossier complet sur la peine de mort au Japon

Le Japon a exécuté neuf personnes en 2007 et plus d’une centaine sont actuellement en attente de leur exécution. La peine de mort a été confirmée dans au moins 23 affaires en 2007 – le nombre le plus élevé depuis 1962. Les exécutions au Japon se déroulent généralement en secret et ni les prisonniers ni leurs familles ne sont informés de la date ; les prisonniers ne sont prévenus que quelques heures avant leur exécution.

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Rédigé par nezumi dumousseau

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