Publié le 1 Juin 2010

 

Louise Caroline Bourgeois est une artiste plasticienne française née à Paris le 25 décembre 1911.

Louise Bourgeois s'est installée en 1938 à New York après avoir épousé l'historien d'art américain Robert Goldwater (1907-1973)
Elle possède la nationalité américaine depuis 1955.

Les parents de Louise Bourgeois étaient restaurateurs de tapisseries anciennes à Choisy-le-Roi. Dès l'âge de dix ans, elle commence à aider ses parents pour les dessins des tapisseries et à faire les pieds manquants ainsi que d'autres motifs. Enfant, elle est turbulente et remarque que sa nounou est la maîtresse de son père.

Louise Bourgeois est décédée à New York le 31 mai 2010

 

Après avoir obtenu son baccalauréat en 1932, elle étudie les mathématiques supérieures à la Sorbonne, espérant trouver ainsi un ordre et une logique dans sa vie. Bourgeois s'écarte des mathématiques, trop théoriques à son goût : « Pour exprimer des tensions familiales insupportables, il fallait que mon anxiété s'exerce sur des formes que je pouvais changer, détruire et reconstruire. »

Elle commence des études d'art à Paris, d'abord à l'École des Beaux-Arts puis dans de nombreuses académies ainsi qu'à l'École du Louvre. Elle a comme professeurs des artistes comme Paul Colin, Cassandre ou bien encore Fernand Léger. Fernand Léger décèle sa vocation de sculpteur. « La peinture n’existe pas pour moi », affirme l’artiste, se disant plutôt attirée par « l’aspect physique de la sculpture » qui, seule, lui permet l’abréaction des affects que recherche sa démarche artistique, la libération et le dépassement de la peur par la mise en forme de l’affect.

En 1937, elle rencontre l'historien d'art américain Robert Goldwater. Elle l'épouse et s'installe avec lui à New York l'année suivante. C'est là qu'elle entre en relation avec le milieu des surréalistes, dont la plupart ont quitté la France pour les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et présente sa première exposition personnelle en 1945.

Louise Bourgeois aborde en 1947 la sculpture avec des figures totémiques en bois. Ces figures, qu’elle appellera plus tard « personnages », sont des entités qui lui permettent « d’exorciser le mal du pays » qu’elle avait eu en quittant la France et des personnes de sa famille. Plaçant toujours au centre de son art la vie affective, Louise Bourgeois souligne : « Au départ, mon travail c’est la peur de la chute. Par la suite c’est devenu l’art de la chute. Comment tomber sans se faire mal. Puis l’art d’être ici, en ce lieu. »

 


Louise Bourgeois et Joan Miro, New-York 1947


De cette peur de tomber qu’elle avait eu en 1940, enceinte de son premier enfant, elle fera un des thèmes essentiels de son art. Tous les « personnages » de 1947-49 ont en commun, selon l’artiste, « la fragilité de la verticalité qui représente l’effet surhumain pour se tenir debout. » Les monolithes qu’elle crée en ces années existent en interrelation directe les uns sur les autres. Un champ spatial et psychologique d’attraction et de répulsion les ordonne. Louise Bourgeois conçoit dès les débuts la sculpture comme relation avec l’environnement et les œuvres entre elles. Sans socles, les personnages étaient conçus pour être enfoncés dans le sol comme des totems. Les contraintes de sa galerie l’obligèrent à les poser sur un socle.

Dans les années 1950, ses sculptures ont l'aspect de totems sinueux et lisses, d'inspiration surréaliste. Travaillant à l'écart de la scène artistique, elle présente peu d'expositions personnelles jusqu'à ce qu'un vif intérêt se manifeste pour son travail dans les années 1970.

Dès les débuts des années 1960, Louise Bourgeois quitte la verticalité et la rigidité du bois et travaille avec des matériaux souples. La liquidité du plâtre l’attire ainsi que le latex qui lui inspirera des œuvres biomorphiques ou ayant pour sujet le refuge, le nid. C’est aussi la période d’un grand nombre de travaux impliquant des fragments du corps, souvent des parties sexuelles. Le développement de son œuvre prend alors un tour entièrement nouveau. Non seulement des thèmes jusqu'alors latents, la féminité, la sexualité, la famille, l'adolescence, la solitude, deviennent omniprésents, mais la manière de les traiter est entièrement renouvelée, avec des sculptures-installations réalisées avec des matériaux et des objets très variés, parfois personnels.

Elle imprègne ses œuvres, notamment sculpturales, de cette veine psychique, issue de ses traumas personnels. Pleinement consciente de cette dimension de son œuvre, elle est toutefois très éloignée des représentations littérales qui caractérisaient, en particulier, le surréalisme dans leur rapport à l'inconscient, et a ouvert en ce sens une voie très avant-gardiste de l'art contemporain. Ses sculptures monumentales d'araignées, constructs oniriques, en sont un des exemples les plus connus.

La métamorphose est un des principes essentiels de l’œuvre de Louise Bourgeois, elle intervient à plusieurs niveaux : au sein même d’une sculpture, et dans l’interaction de celle-ci avec d’autres éléments qui en modifient la perception formelle et le sens. En effet, l’enchaînement, l’articulation sont chez elle des procédés originaux de métamorphose.

C’est tout d’abord l’ambiguïté plastique propre à l’œuvre qui permettra la transformation, le passage d’une forme à l’autre et d’un sens à l’autre. En perpétuelle métamorphose, les formes de Louise Bourgeois inventorient les permutations apparemment inépuisables des oppositions sexuelles en accentuant la connotation souvent érotique de son travail.

La métamorphose ne se limite pas chez Bourgeois à une classique migration du sens qui suit la forme. Elle repose aussi, comme on a dit, sur un procédé essentiel à son travail, l’enchaînement, l’articulation de différents éléments entre eux se nouant, comme les parties d’une longue phrase visuelle, pour produire un sens nouveau et inattendu. Ce procédé ne vise pas, comme chez les surréalistes, l’étonnement, la surprise du spectateur, il est au service de l’inconscient de l’artiste qui met en forme ses peurs et ses affects les plus anciens et les plus refoulés. L’art devient, dans cette perspective, une catharsis, une abréaction des affects au sens psychanalytique du terme et, comme c’est écrit dans la partie supérieure de Precious liquids : « L’Art est une garantie de santé mentale ».

Les années 90 voient aussi l’apparition d’une nouvelle figure qui deviendra obsédante dans le travail de l’artiste, celle d’une immense araignée qu’elle identifie à sa mère. Si, avec le père, homme immature et volage, l’artiste a toujours eu une relation ambiguë, allant jusqu’au rejet, sa mère, rationnelle et rassurante, est pour Louise une amie. Elle la perdra à vingt et un ans. Quelques jours après, devant son père qui ne semblait pas prendre au sérieux le désespoir de sa fille, elle se jeta dans la Bièvre, il la sauvera à la nage.

En 1999, Louise Bourgeois reçoit le Lion d'or de la Biennale de Venise pour l'ensemble de son œuvre.

Les derniers travaux de Louise Bourgeois renvoient en général à la famille, aux relations mère-enfant, père-enfant, et à des scènes à forte charge érotique, souvent des accouplements entre adultes perçus par le regard de l’enfant comme un agrégat protéiforme de corps qui s’ébattent dans un lit, ainsi pour Seven in Bed de 2001.

Le Centre Pompidou a organisé, du 5 mars au 2 juin 2008, en collaboration avec la Tate Modern de Londres, une exposition de plus de 200 œuvres (peintures, sculptures, dessins, gravures, objets), rétrospective de l'œuvre de Louise Bourgeois.


Galerie Virtuelle


Precious Liquid (1992)

Personnage en tissu


Arc-hystérie


Blind Man´s Buff, marbre (1984)


Spider (2001)

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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