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Publié le 17 Juin 2015

Centenaire de la première guerre mondiale.

Il y a 100 ans, le 18 juin 1915 (juste 25 ans avant l'Appel du Général de Gaulle), mourait (ou plutôt disparaissait, car son corps ne fut pas clairement identifié) , mon grand-père, Philibert Charles Thévenet.

Début 1915, il appartient au 22e bataillon alpin de chasseurs à pied, cantonné dans les Vosges.

Le 9 mai 1915 débute la deuxième bataille d'Artois.  Le  20e bataillon de chasseurs à pied est engagé, au sein de du 21e corps,13e division d'infanterie, et subit des pertes très lourdes dès le début à Notre-Dame de Lorette. ll est mis au repos et ses unités sont recomposées.

Le 29 mai 1915, le sergent Philibert Charles Thévenet est muté du 22e au 20e bataillon de chasseurs à pied.

La première quinzaine de juin 1915, les combats sont engagés dans les tranchées de Rebeuve, et de Houdin, secteur sud de l'Éperon de Lorette.

Extrait du journal de marche du 20e bataillon de chasseurs à pied

17 juin 1915
0h: Note du Général Commandant la 25e brigade, indiquant qu'il est de la plus haute importance que la 13é division atteigne F7 F8 K6 (les points géographiques sont codés)
0h 45, le Bataillon quitte le boyau Laprade pour se porter en P3
1h 30, La tête du Bataillon arrive en P3
5h Le Général Commandant la 25e brigade, donne l'ordre de profiter de la brume pour brusquer l'attaque et de gagner coûte que coûte le chemin d'Ablain à Angres
8h 40Réception de l'ordre d'opération No 51 pour la journée du 17 juin
11 h Contr'ordre, l'attaque n'aura pas lieu de jour, mais de nuit.
14 h Réception d'une note de la Brigade, l'attaque sera déclenchée à 22 h exactement
22 h La 1ère et la 2ème Compagnies   débouchent de l'ouvrage des sacs de terre. elles sont arrêtées, dès leur débouché , par des feux de mitrailleuses paraissant venir de la route de Béthune
23 h La 3ème compagnie débouche à son tour pour renforcer la Compagnie de droite.
23 h 30 Les 3 compagnies ne peuvent progresser davantage, elles se trouvent à 300m environ à l'est et s'y retranchent
Pertes 6 blessés, 3 tués, 2 disparus

18 juin 1915 Les 3 compagnies sont échelonnées entre les tranchées conquises à 250 m de l'ouvrage et les point P3 P4
4 h à 5h Violent bombardement autour du PC du Fortin Brouthioux
12h 15 Note de la Brigade, indiquant que l'attaque sera reprise vers 16 h après préparation par l'artillerie
14 h Réception de l'ordre d'opération No 51 pour la journée du 18 juin : le chemin creux, de z à O2 doit être atteint à tout prix
17 h 50 La 4ème Compagnie débouche avec 20 minutes de retard, mouvement ralenti dans les boyaux encombrés par les détachements des 21e et 109e Régiments d'Infanterie. Elle est accueillie par un violent tir de barrage qui touche de nombreux chasseurs. Les hommes se tapissent au fond du boyau et ne peuvent avancer. Le capitaine Millot est blessé, le lieutenant Lecomte est disparu. La 4ème Compagnie est dépourvue de commandement.
19h 35 Réception d'une note de la Brigade, l'attaque sera poursuivie toute la nuit
22 h 15 Réception de l'ordre de la brigade prescrivant d'occuper cette nuit le talusn8 n13, de plus relève des bataillons des 21e et 109e Régiments d'Infanterie par un bataillon du 17e Régiment d'Infanterie et par le 20e bataillon de chasseurs à pied. Le commandant rend compte qu'il est impossible de procéder à la fois à la relève des unités et à l'attaque.
Pertes de la journée du 18 juin 2015 : 4 officiers blessés; 44 hommes blessés, 18 tués 6 disparus.

Philibert Charles Thévenet.est rayé des contrôles du bataillon le 19 juin 1915. Son corps ne sera pas identifié.

Le 21 septembre 1915, sa veuve Marie reçoit un secours exceptionnel de 200 F

Philibert Charles Thévenet était né le 5 juin 1886 à Saint Bonnet de Cray, taille 1m64, yeux bleus, cheveux chatain. Il s'était marié le 28 novembre 1911 avec Marie Thérèse SCHNEIDER 1888-1966. Il avait eu un fils Georges, né en 1913 et mort à un mois, et une fille, Charlotte, née en décembre 1914 et qu'il ne vit qu'une fois, lors d'une permission.

Philibert Charles Thévenet en 1914, uniforme du 22e Bataillon de chasseurs

Philibert Charles Thévenet en 1914, uniforme du 22e Bataillon de chasseurs

Notre-Dame-de-Lorette, plus de la moitié des corps n'ont pas été identifiés

Notre-Dame-de-Lorette, plus de la moitié des corps n'ont pas été identifiés

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale

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Publié le 11 Mai 2015

Centenaire de la première guerre mondiale : Il y a cent ans tout juste débutait la deuxième bataille de l'Artois, (en allemand Lorettoschlacht), qui se déroule sur le Front Ouest pendant la Première Guerre mondiale, du 9 mai au 25 juin 1915. Elle a lieu au même moment que la deuxième bataille d'Ypres. Bien que les troupes françaises, sous les ordres du général Pétain remportent plusieurs succès, l'issue de la bataille reste indécise. En soutien, les Britanniques déclenchent deux attaques, Aubers et Festubert. C'est la dernière offensive du printemps 1915, suivie par une accalmie des combats jusqu'en septembre 1915.

Elle se situe dans ce secteur après la Bataille d'Arras (automne 1914) (aussi appelée première bataille de l'Artois) et avant la Troisième bataille de l'Artois , automne 1915 À cette date débutent la seconde bataille de Champagne et la troisième bataille de l'Artois.

Les soldats morts dans cette bataille, ainsi que tous les autres tombés dans le Nord-Pas-de-Calais sont honorés au mémorial de Notre-Dame-de-Lorette, ainsi que dans l'Anneau de Mémoire situé sur la même colline.

L'état-major français a décidé de lancer une deuxième offensive de grande ampleur en Artois, au printemps 1915, pour tenter de rompre le front allemand et fixer ainsi les troupes ennemies au moment où Ve armée russe donne des signes de faiblesse sur le front est.

Les plateaux de Notre-Dame-de-Lorette et de Vimy constituent à nouveau les objectifs principaux. Le bombardement préparatoire, le plus important depuis le début du conflit, mobilise 1 125 canons français et dure six jours et six nuits. L'assaut d'infanterie est déclenché le 9 mai 1915 à 10 heures, sur un front large de 19 km. Au centre, l'avance est fulgurante, des unités avancent de 4 km en deux heures sur la crête de Vimy. Sur les ailes, la progression est beaucoup plus lente en raison de la puissance des défenses. À 15 heures, les Allemands contre-attaquent, appuyés par un déluge d'obus. Les réserves françaises avant été placées trop loin du front, les unités les plus avancées doivent se replier.

L'offensive se transforme alors en bataille d'usure, pendant six semaines. Il faut d'énormes efforts aux Français - et beaucoup de morts - pour s'emparer des ruines de la chapelle de Lorette (12 mai), de Carency (14 mai), d'Ablain-Saint-Nazaire (27 mai), de Neuville Saint-Vaast et du « Labyrinthe » {9 juin). Le 25 juin, l'épuisement des troupes oblige l'état major français à mettre un terme à la deuxième bataille d'Artois.

Le bilan est épouvantable : 16 803 morts, 22 068 disparus - presque tous tués - et 63 619 blessés du côté français, pour s'emparer de 20 km2 de terrain, sans pouvoir rompre le front ; 10 000 tués, disparus et blessés pour les Britanniques dans une attaque d'appui à leur allié, en Flandre française ; 75 000 pertes (tués, disparus et prisonniers) pour les Allemands.

Déroulement chronologique

  • 9 mai : Le 33e corps, commandé par le général Pétain, s'empare de la Targette, la moitié de Neuville, l'est de Carency et s'engage sur les hauteurs de Vimy. « En Artois, le 9 mai 1915, sous les ordres du lieutenant-colonel Cot, le Régiment de marche de la Légion étrangère s'est élancé à l'assaut des Ouvrages Blancs, enfonçant, d'un seul bond, toutes les organisations ennemies, enlevant la cote 140, poussant jusqu'à Carency et Souchez. »
    The Battle of Aubers Attaque anglaise au nord-ouest de La Bassée, en liaison avec le 9e Corps.
  • 12 mai : Prise de Carency
  • 15 mai : Prise de Neuville-Saint-Vaast par le 20e corps. Bataille de Festubert
  • 22 mai : Prise du plateau de Notre-Dame de Lorette par le 21e corps (158e R.I.).
  • 29 mai : Prise d'Ablain Saint-Nazaire
  • 30 mai : Prise de la sucrerie de Souchez par le 33e corps. Attaque du Labyrinthe entre Neuville et Ecurie
  • 16 juin : "Le 16 juin 1915, en Artois, les tirailleurs du 4e RMT enlèvent près du Cabaret Rouge quatre lignes de tranchées."
  • 17 juin : Prise du Labyrinthe par la 53e division (205e R.I.).
  • 25 juin : Arrêt des opérations par le général d'Urbal, commandant de la 10e armée.
Nécropole nationale notre Dame de Lorette

Nécropole nationale notre Dame de Lorette

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale

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Publié le 7 Septembre 2014

La Bataille de Moislains fut brève et meurtrière pour plus de 600 réservistes charentais des 307e et 308e régiments d'infanterie. vers midi les troupes françaises se replient. Dans l'après-midi, la population non évacuée de Moislains est autorisée à venir secourir ceux qui peuvent encore l'être. Dès lors et les jours suivants, une chaîne de solidarité sous forme de soins, de nourriture et de réconfort va s'installer. Une carte postale de 1921 montre cimetière très sommairement aménagé.

Le 31 Août 1924, à l'initiative des deux collectivités (La Charente et la Somme) un ossuaire et un cimetière sont inaugurés au lieu dit « le chemin de la Récrière »:

Le Monument des Charentais domine ce modeste cimetière. Son assise vient d'une carrière de Charente.

Un coffre en bois réalisé avec un chêne du Puy de Nelle à Champniers est déposé devant ce monument depuis 1960, coffre qui renferme plusieurs échantillons de terre provenant des villages d'origine des combattants disparus. L’initiative en revient à Gaston Rofidal, sous-officier pendant la guerre 14-18, et dont le passage dans le secteur de l'Oise devait décider profondément du reste de sa vie.

Avec le temps la mémoire ne faiblit pas puisque des familles ont fraternisé et que tous les ans, le dernier dimanche d'Août, simultanément à Moislains et à Angoulême une cérémonie honore la mémoire de ces Charentais, morts dans ce village Picard.

La nécropole vers 1920

La nécropole vers 1920

Le monument aux Charentais de Moislains
Cimetière et monument en 2014

Cimetière et monument en 2014

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

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Publié le 6 Septembre 2014

Revenons sur la Bataille de Moislains, au cours de la quelle mourut Alfred Dumousseaux , le 28 août 1914. Cette bataille fut une des plus brèves (une matinée) et des plus sanglantes du premier mois de la Première Guerre Mondiale.

Envoyé « à marche forcée » au nord de la Picardie, le « 307e régiment » avait pour mission de retarder l’avancée allemande sur Paris et d’éviter l’encerclement d’un corps expéditionnaire anglais fort de 74 000 hommes.

Le comte rendu officiel (disponible là http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/inventaires/ead_ir_consult.php?fam=3&ref=6&le_id=2138 ) est bref, sec et laconique:


28 août 4h
Le 308e, tête du gros de la colonne se porte sur peronne. Brouillard intense. subitement le 307e est accueilli en face de Moislains, au sud du bois de vaux, par un feu violent d'infanterie, que vient bientôt soutenir l'artilleri
e.

9 heures. le 308e se déploit et subit de grosses pertes. Attaqué par un ennemi retranché, supérieur en nombre, et menacé sur ses arrieres et ses flancs, il doit battre en retraitear Rocquigny... vers Arras, où il arrive à 21 h 30

pertes: 16 officiers tués blessés ou disparus, 732 sous officiers, caporaux et soldats tués, blessés, prisonniers ou disparus (sur un effectif total de 2200 hommes)

Quelques années plus tard les historiens sont plus loquaces:

Le 28 août 1914, une terrible bataille a décimé les troupes du 307e et 308e RI d’Angoulême commandées par le colonel Gary. Cette offensive s’est déroulée à Moislains, en Picardie. À 7 h 30, la tête de la colonne atteint la ferme du Gouvernement, installée entre les bois de Saint-Pierre Waast et celui de Vaux. Vers 8 heures, les dragons viennent buter sur les avant-postes ennemis. Des deux côtés, on échange des coups de fusil.

Les combattants tirent au jugé tant le brouillard est dense. Vers 9 heures, les patrouilles détachées des 19 e et 20 e compagnies du 307 e RI reçoivent l’ordre d’avancer vers les lisières du village. Là, les éclaireurs se trouvent confrontés à des cavaliers allemands contre lesquels ils doivent croiser la baïonnette. Les fantassins allemands ouvrent le feu et un déluge d’obus s’abat sur les deux compagnies qui se rabattent sur le bois de Vaux. Deux compagnies du 308 e RI arrivent à la rescousse, mais voyant les soldats ennemis fondre sur elles pour les encercler, elles se replient sur le chemin de la Croix où les attendent les rescapés du 307e .

Avec la dissipation du brouillard, l’ennemi s’aperçoit qu’il n’a en face qu’un petit nombre d’adversaires. L’artillerie vient alors prendre position au lieu-dit Valigout et des mitrailleuses campent sur le chemin de la Croix pour un tir croisé. En quelques instants c’est l’hécatombe. Les blessés et les morts gisent au fond du chemin. À midi la cavalerie allemande charge et sabre les derniers combattants sur la plaine dominant Moislains. La bataille a duré quatre heures.

Ce qu'ils oublient de dire, c'est que l'ampleur du désastre vient aussi de l'affrontement entre, coté français, deux régiments de réservistes, mobilisés moins d'un mois avant et côté allemand, une armée d'active commandée par le général Von Kluck, qui sera par ailleurs décoré pour cette bataille.

Rappelons enfin que les millions de morts de cette guerre n'étaient pas la conséquence d'une lutte contre une dictature ou des terroristes, mais l'affrontement de nations impérialistes pour la (re)conquête de territoires.

Extrait du journal de marche du 308e régiment pour le 28 août 1914

Extrait du journal de marche du 308e régiment pour le 28 août 1914

Extrait de compte rendu 1954

Extrait de compte rendu 1954

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

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Publié le 28 Août 2014

En ce centenaire officiel du début de la Première Guerre Mondiale, je me dois d'honorer la mémoire du frère de mon grand-père, Alfred Achille DUMOUSSEAUX, mort il y a tout juste 100 ans.

Né le 3 mai 1889 au Petit Bourras, commune de Mérignac, Charente, il était agriculteur sur la ferme familiale. Mobilisé le 3 août, il rejoint Bergerac le 6 août et part en train le 7 pour Ivry. Il est incorporé au 308e Régiment d'infanterie, comme caporal. Ce régiment est formé presque entièrement de réservistes du département de la Charente.

Le 25 août le 308e régiment fait route pour Arras puis Bertincourt le 26 août. Le 27 août, des accrochages font quelques victimes, le 28 août est tragique. Perdus dans le brouillard, mal encadrés, les soldats entrent par erreur dans un fort cantonnement allemand qui réplique à l'artillerie et à la mitrailleuse.

Avec 600 autres morts ou disparus, Alfred Achille DUMOUSSEAUX meurt le 28 août 1914 sur la commune de Sailly, Somme, à l’âge de 25 ans.

Le bulletin officiel ci joint ne parviendra à la famille qu'en 1920.

La tradition familiale orale précise que le 2 août, ayant reçu son ordre de mobilisation, Alfred ait jeté sa fourche au feu en disant: "Ca ne me servira plus jamais"

In memoriam Alfred Achille DUMOUSSEAUX
De gauche à droite Félix Dumousseaux (1854-1928), Hortense Martin (1854-1934) , Armand Dumousseaux  (1884-1965) et Alfred Dumousseaux, 11 ans, et qui mourra le 28 août 1914

De gauche à droite Félix Dumousseaux (1854-1928), Hortense Martin (1854-1934) , Armand Dumousseaux (1884-1965) et Alfred Dumousseaux, 11 ans, et qui mourra le 28 août 1914

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale, #Centenaire

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