Articles avec #biennale de venise tag

Publié le 7 Octobre 2015

Félix González Torres, près de 20 ans après sa mort (du sida), artiste conceptuel américain d'origine cubaine, est toujours à l'honneur. Né en 1957 à Guáimaro (Cuba) et mort le 9 janvier 1996 à Miami, son œuvre est courte (1986/1995), ramassée en une douzaine de gestes : les montages et les c-prints à partir de 1986, les photostats, les puzzles et les horloges à partir de 1987, les piles de posters et les Travaux de sang à partir de 1988, les rideaux, les affiches et les portraits à partir de 1989, les tas de bonbons à partir de 1990, les miroirs, les guirlandes d’ampoules et les rideaux de perles à partir de 1991. Tous ces travaux, à part les montages et les Travaux de sang, sont des reproductions.

Il produit, entre 1987 et 1992, 64 photographies montées sur puzzles et exposés dans leur emballage plastique. « À l’opposé de la photographie protégée par son cadre, le puzzle désigne donc l’image comme un objet proche, intime, ludique et fragile que l’on doit essayer de maintenir dans son intégralité si l’on veut en jouir ou en jouer.»

Ses souvenirs filtrent son passé à travers les sous-titres chuchotés de ses œuvres : Perfect Lovers, March 5th, Revenge... Ils se matérialisent dans les photos de son enfance qu’il transforme en puzzles. Menaçant de se disperser, ces puzzles signifient une fragilité ; le souvenir devient la reconnaissance de l’absence ou de la perte. Mais ce procédé lui permet aussi de s’inscrire dans la lignée des artistes minimalistes et conceptuels dans une économie de moyen, par l’emploi d’objets industriels, et de fait, reproductible.

Il utilise notamment des photos tirées des Mass Medias pour révéler, non sans ironie, l’hypocrisie sous-jacente à notre culture. Untitled (Klaus Barbie as a family man) présente par exemple le portrait apparemment anodin d’une famille. Mais l’homme au centre, entouré de ses enfants, est en réalité le criminel de guerre nazi Klaus Barbie ayant fui son jugement et dont on retrouva la trace en Bolivie au début des années 1970. Ce genre de sanctions sociales imprègne toute l’œuvre de González-Torres.

Expositions (sélection)

  • 1995 Felix Gonzalez-Torres - Solomon R. Guggenheim Museum, New York
  • 1994 Traveling - Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, DC
    • The Fabric Workshop and Museum, Philadelphie
  • 1989 Untitled - Brooklyn Museum of Art, New York
  • 1988 Félix González-Torres - New Museum of Contemporary Art, New York


Post-mortem

"Untitled" (Perfect Lovers), 1991 , consiste en deux horloges industrielles, identiques et parfaitement synchronisées, symbole pour lui des amants parfaits:

 

Fait unique, le pavillon des États-Unis à la Biennale de Venise 2007 est entièrement consacré à un artiste mort depuis plus de 10 ans. Les amants parfaits sont symbolisés par deux piscines jumelles, qui, au point de tangence, communique par un mince filet d'eau

 

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Biennale de Venise, #art conceptuel

Repost 0