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Publié le 20 Juin 2014

Hiroshi Sugimoto , né le 23 février 1948, est d'abord un photographe. Son œuvre photographique se compose de séries ayant chacune un thème différent mais partageant une logique semblable. Sugimoto est réputé pour son utilisation du format 8×10 pouces et des expositions extrêmement longues. Ses photographies sont toujours en noir et blanc.

Hiroshi quitte en 1968 le Japon pour Los Angeles. Il y découvre l’art conceptuel qui va influencer son travail mais aussi le dadaïsme et le surréalisme.

Sugimoto a commencé son travail par Dioramas, en 1976, une série dans laquelle il photographie des présentoirs dans des muséums d'histoire naturelle.

Sa série Portraits, commencée en 1999, est fondée sur une idée semblable. Sugimoto photographie des figures en cire d' Henry VIII et de ses épouses. Ces figures sont fondées sur des portraits du XVIe siècle ; lors de la prise des clichés de cette série, Sugimoto essaye cette fois de recréer l'éclairage utilisé par le peintre.

Commencé en 1978, la série des théâtres l'a amené à photographier de vieux cinémas et drive-in américains. Sugimoto choisit d'exposer le film pendant toute la durée de la séance, le projecteur du cinéma fournissant l'unique source de lumière. L'écran lumineux et intensément blanc est au centre de le composition, les détails architecturaux et les sièges du cinéma devenant les seuls sujets de ces photographies. L'unique source de lumière donne à ces travaux un aspect irréel et donne à Sugimoto l'occasion de montrer le temps qui passe au travers de la photographie, technique de l'instantané.

Série commencée en 1980 , les Seascapes capturent l’essence de paysages marins du monde entier en n’en retenant que les éléments fondamentaux, l’air et l’eau.

Ses photos de monuments religieux sont empreints d'une grande spiritualité. Ses poses longues, là encore permettent à la lumière de se diffuser, de donner l'impression que celle-ci "contourne" le monument, rendant ainsi perceptible le temps.

En 2007, ses photos de robes, pour des réalisations de grands couturiers comme Junya Watanabe (Comme des Garçons), Issey Miyake, ou Rei Kawakubo sont réalisées sur des mannequins de cire, mais le cadrage et le velouté des photographies peut laisser penser à des modèles vivants.

En 1995, il reçoit le  Prix Higashikawa

série dioramas : Cheetah

série dioramas : Cheetah

Théâtre

Théâtre

Seaspaces

Seaspaces

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

photo de mode "Comme des garçons", sur mannequin de cire

Hiroshi Sugimoto est intervenu comme maître d'œuvre dans la rénovation d'un temple shintô à Naoshima, dans le cadre du projet Benesse Art House

Le Sanctuaire Go'O était un temple secondaire, datant de la période Edo.
Hiroshi Sugimoto a restauré le bâtiment principal et conçu une nouvelle structure, dénommée Appropriate Proportion , et achevée en 2002 . Un escalier en verre de qualité optique, faisant penser à des blocs de glace, relie le bâtiment principal à une chambre de pierre souterraine, il unit le ciel et la terre; la sortie latérale de cette chambre souterraine se situe face à la mer, réalisant ainsi une liaison avec l'élément liquide.

Esthétiquement, les principaux éléments s'appuient sur le style architectural du début des sanctuaires (tels que le Grand Sanctuaire d'Ise), tout en reflétant la propre sensibilité de l'artiste, qui est aussi bien plasticien que photographe.

Hiroshi Sugimoto , artiste pluriel

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon, #art contemporain, #photographie

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Publié le 22 Mai 2014

Il faut aller découvrir le travail d'Esther Ferrer au MAC/VAL.

Esther Ferrer est une artiste espagnole d'origine basque née en 1937 à Saint-Sébastien. Photographe, performeuse, elle vit en France depuis les années 1970. A 77 ans, bon pied, bon œil, elle n'hésite pas à se mettre en scène dans des performances, comme au FRAC Bretagne fin 2013 ou au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne en 2014.

En 1967, elle rejoint ZAJ, groupe fondé par Raymond Barcé, Walter Marchetti et Juan Hidalgo en 1964 et lui reste fidèle jusqu’à sa dissolution en 1997. ZAJ émargeait dans le contexte de l’Espagne franquiste, sous l’influence de John Cage ou encore Marcel Duchamp et dans la mouvance de Fluxus, sans lui être réellement affilié. Ce groupe privilégiait les performances radicales et expérimentales où la musique avait une importance majeure.Celles-ci sont présentées en Espagne dans des salles de concerts destinées à la musique classique et ce, malgré l'égide fasciste du régime franquiste.

L’œuvre d’Esther Ferrer mêle humour, absurde, ironie, dérision et économie formelle. Elle réalise un art sans compromis, brut, pour ne pas dire brutal, parfois violent et aussi éminemment engagé. Sans se donner cet objectif, elle pratique pourtant dès ses débuts un art social et politique. Car avant d’être une artiste, elle est une féministe, une anarchiste, une citoyenne engagée.

Sans prétendre vouloir changer la société, elle tente d’impulser une autre façon de l’appréhender et d’encourager une certaine prise de conscience.
Depuis presque cinquante ans, son discours cohérent, construit et constant est une invitation à la liberté qui continue d’être toujours en parfaite résonance avec le présent.

compléments sur Esther Ferrer

Esther Ferrer au MAC/VAL
Esther Ferrer au MAC/VAL
Esther Ferrer au MAC/VAL

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #photographie

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Publié le 7 Avril 2014

Très belle exposition, au charme rétro, quelquefois un peu sulfureux. Robert Mapplethorpe a toujours assumé sa bisexualité, bondage SM avec des noirs et des blancs côté homme, Patti Smith et Lisa Lyoncôté femmes.

Cette première rétrospective en France de Robert Mapplethorpe, depuis sa mort, présente quelque deux cent cinquante images, pour rendre compte des différents thèmes de son œuvre. Corps de bronze et sculptures de chair, géométries et chorégraphies, natures mortes et détails anatomiques, fleurs végétales et corporelles, portraits de cours et clichés de nuit, érotisme soft et hard, tout l’art de Mapplethorpe est déroulé, scandé par ses autoportraits sous tous les avatars.

Un art dont on peut voir, en refermant l’exposition par le début de la carrière du photographe, que le programme était déjà clairement annoncé dans les polaroïds de sa jeunesse.

L’exposition est construite "À rebours". Partir de l’autoportrait à la tête de mort, c’est commencer par l’image d’un jeune homme déjà vieux, tragédie de la vie fauchée en plein élan par le sida. C’est aussi marquer la posture fantastique d’un maître du royaume des ombres qui semble, par-delà la mort, encore un peu vivant mais déjà dans la postérité de son œuvre, nous invitant de sa canne satanique à le suivre dans les enfers de son histoire, à la recherche de son désir.

Robert Mapplethorpe est un artiste obsédé par une quête esthétique de la perfection. Sculpteur dans l’âme et dans l’imagination, il veut « que les gens voient [ses] œuvres d’abord comme de l’art, ensuite comme de la photographie . » Sous le signe de Michel-Ange, Mapplethorpe se positionne en héraut d’un idéalisme classique revu et corrigé dans le New York libertaire des années 1970 Explorant les techniques de tirage les plus raffinées, il enrichit sa création de pièces uniques, compositions mixtes, encadrements spéciaux.

Présentation par Patti Smith de l'exposition vidéo sur Dailymotion

Robert Mapplethorpe au Grand Palais
Robert Mapplethorpe au Grand Palais
Robert Mapplethorpe au Grand Palais

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #photographie, #Robert Mapplethorpe, #Patti Smith

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