Publié le 24 Décembre 2013

La Fondation François Pinault ayant abandonné l'Île Seguin à cause de tracasseries administratives pour gagner Venise, il faut profiter de son passage à Paris pour voir un petit bout de la collection.

La Conciergerie est une partie du Palais de la cité où demeurèrent les rois de France du Xème au XIVème siècle. il fut ensuite converti en prison à partir de 1730. Elle est surtout connue pour son rôle pendant la terreur. Marie Antoinette y fut emprisonnée en 1793.

Inspirée du lieu, l'exposition se nomme « A triple tour » et se donne pour motif principal l'enfermement. Il est décliné de nombreuses façons, du plus immédiat, la prison, jusqu'à des asservissements intérieurs comme les stéréotypes sociaux, politiques et physiques, le vieillissement et la maladie. Composée de deux parties, correspondant à deux grandes salles gothiques, elle réunit 23 artistes et leurs œuvres, pour la plupart non encore exposées, de la Fondation Pinault.

La première partie "Crises et emprisonnement" traite des enfermements imposés, des bouleversements qui frappent notre société. Bouleversements tels que les crises écologiques, l'impossibilité de communiquer, les prisons, la guerre civile, le terrorisme, les débordements urbains et l'idée de résistance.
Dans un couloir sombre, le spectateur est cerné par une dizaine d'hommes et femmes bâillonnés qui tentent de parler, mais dont la voix n'est plus qu'un murmure étouffé, Bill Viola, avec une extrême simplicité et une grande économie de moyens, sait faire prendre conscience de tous ces bâillons, politiques, économiques, sociaux, répressifs ou bien-pensants, qui empêchent de s'exprimer.
Le thème du monde-prison se retrouve dans les images pseudo-nostalgiques d'un ancien monde soviétique où le bonheur était de règle que Boris Mikhailov présente avec une ironie désabusée, ou dans la vidéo résistante de contestation sourde et passe-muraille de Bertille Bak à Bangkok.

La deuxième partie "Individu et emprisonnement" est consacrée à l'individu face à lui même et à ses démons: L'angoisse de la vieillesse, la phobie de la maladie et de la décadence, la folie, la peur de la solitude, la culpabilité, le verrouillage mental ou corporel. Soit l'enfermement que peut s'imposer un individu à lui-même.
Cette partie est plus psychique, armoire à médecine de Damien Hirst, poignantes interviews de schizophrènes en écho avec la Jeanne d'Arc de Dreyer par Javier Tellez , fantasmagories de Tetsumi Kudo. On remarque les dictateurs séniles de Sun Yuan & Peng Yu.
Dans cette exploration de l'enfermement de la folie, la pièce la plus étonnante est une vidéo de Maria Marshall : un charmant bambin, le fils de l'artiste, fait quelques grimaces en gros plan. Zoom arrière : l'enfant est maintenu par une camisole de force dans une chambre capitonnée, spectacle bouleversant.

François Pinault enfermé "à triple tour" à la Conciergerie
François Pinault enfermé "à triple tour" à la Conciergerie
François Pinault enfermé "à triple tour" à la Conciergerie

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Fondation Pinault

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Publié le 1 Décembre 2013

La première rétrospective consacrée à Félix Vallotton par un musée parisien depuis près d’un demi-siècle est à découvrir au Grand Palais. Le travail de Félix Vallotton, artiste inclassable, peintre et graveur sur bois révèle un style très personnel et résolument moderne.

Félix Vallotton est né en 1865 à Lausanne d'une famille bourgeoise protestante. À 17 ans, il vient à Paris et entre à l'Académie Julian, dont les ateliers sont fréquentés par de nombreux artistes post-impressionnistes ainsi que par les Nabis. En moins de dix ans, le jeune Suisse parvient à se faire un nom auprès de l'avant-garde parisienne. Sa renommée devient internationale grâce à ses gravures sur bois et à ses illustrations en noir et blanc qui font sensation. Il participe régulièrement à différents salons (Salon des artistes français, Salon des indépendants, Salon d'automne).

À partir de 1900, il délaisse progressivement la gravure et l'illustration pour se consacrer à la peinture. Il peint des scènes d'intérieur, puis se consacre à des thèmes classiques, paysages, nus, portraits et natures mortes qu'il traduit d'une manière personnelle, hors des courants contemporains.

Sa première exposition personnelle a lieu à Zurich en 1909. Il expose régulièrement à Paris, notamment en janvier 1910, à la Galerie Druet, exposition dont le catalogue est préfacé par Octave Mirbeau. Il participe de plus aux expositions d'envergure internationale en Europe et Outre-Atlantique. En Suisse, sa peinture est principalement diffusée par son frère Paul, directeur dès 1913 de la succursale de la Galerie Bernheim-Jeune à Lausanne, future Galerie Paul Vallotton.

Félix Vallotton au Grand Palais

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Art moderne, #Félix Vallotton, #Grand Palais

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