Publié le 6 Mars 2014

L'un des plus grands auteurs du cinéma français vient de nous quitter. Alain Resnais est mort. Il venait d'obtenir l'Ours d'argent au Festival de Berlin pour son film "Aimer, boire et chanter" qui sortira bientôt en salles.


Alain Resnais prenait son temps. En 70 ans de carrière, il réalise seulement 19 longs-métrages, mais chacune de ses œuvres apporte une innovation, une idée nouvelle au cinéma français, que ce soit sur le fond ou la forme. Il invente des genres cinématographiques, infatigable expérimentateur, renouvelleur de formes, explorateur des pouvoirs insoupçonnés du cinéma.

En 1966, avec la Guerre est finie, il collabore avec Jorge Semprun pour évoquer les doutes des derniers militants clandestins de la Guerre d'Espagne, 27 ans après sa fin officielle puis s'approche de la science-fiction avec Je t'aime, je t'aime (1968), qui mêle voyage dans le temps et introspection amoureuse, dans un décor kitsch de carton-pâte. Ce film aride et mal aimé du public contient le germe de "L'amour à mort " et de "La vie est un roman", sur le thème d'une éventuelle " deuxième chance" qui pourrait être offerte pour mieux aimer ceux que l'on regrette d'avoir négligé lorsqu'ils étaient présents.

Resnais explore de l'intérieur les voies de la création littéraire dans Providence (1977), qui lui vaut un premier César. Il joue à la fois sur le terme providence et sur la ville américaine Providence, lieu de naissance de Lovecraft, auteur de science-fiction qui inspire içi en partie sa réflexion. A travers un auteur vieux et malade qui imagine une histoire à partir de sa propre famille, Resnais montre les essais et les retouches d'un processus de création.
Un autre thème du film est une illustration critique et ludique de la psychanalyse, à travers sa représentation en direct et l'évocation des frustrations des personnages, aussi bien que ceux du spectateur. Plus généralement, la mémoire, sa façon de reconstruire et de déformer des expériences vécues ou fantasmées, sont l’enjeu indirect mais omniprésent de Providence.

Ensuite, ce sont les théories comportementales du neurobiologiste et éthologue Henri Laborit qui lui inspirent Mon oncle d'Amérique ( 1980), Grand Prix du Jury à Cannes. En comparant les humains aux rats cherchant leur chemin dans des labyrinthes truqués, Alain Resnais met beaucoup d'humour, avec l'aide de son scénariste Jean Gruault sous le sérieux de la thèse : sa curiosité est sans limite, son amusement, son goût de la facétie aussi.

La vie est un roman (1983), toujours avec comme complice Jean Gruault, se présente sous forme de trois récits imbriqués, dans la lignée des "films multiples" de Resnais qui abordent de façon ironique et ludique des thèmes profonds, comme la recherche du bonheur, l'éducation des enfants et le respect de leur imagination:
En 1919, dans son château, le comte Forbek propose à ses invités une expérience qui doit les conduire à un état de bonheur permanent. Le prix à payer est un enfermement total, l'oubli du passé et une rééducation des sens, en sélectionnant tout ce qui est harmonieux. Mais l'amour-passion incarné par Fanny Ardant fait exploser ce modèle.

En 1982, le même château est devenu un collège expérimental. Un colloque de chercheurs s’y réunit pour préciser les méthodes et moyens d’une éducation de l’imagination. Resnais pointe les contradictions entre les discours et les actes de ces enseignants chercheurs, et s'amuse des marivaudages propres à tout colloque.

A suivre

La vie est un roman, Fanny Ardant, André Dussolier

La vie est un roman, Fanny Ardant, André Dussolier

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Alain Resnais

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Publié le 2 Mars 2014

L'un des plus grands auteurs du cinéma français vient de nous quitter. Alain Resnais est mort. Il venait d'obtenir l'Ours d'argent au Festival de Berlin pour son film "Aimer, boire et chanter" qui sortira bientôt en salles.

Alain Resnais prenait son temps. En 70 ans de carrière, il réalise seulement 19 longs-métrages et quelques courts métrages, dont les plus célèbres sont Loin du Vietnam et surtout Nuit et Brouillard.

Mais chacune de ses œuvres apporte une innovation, une idée nouvelle au cinéma français, que ce soit sur le fond ou la forme. Il invente des genres cinématographiques avec son équipe.

Son premier long-métrage est déjà un monument. Hiroshima mon amour (1959) : Une actrice française tourne un film pacifiste au Japon, elle a une brève liaison avec un architecte japonais, ils parlent, dans une chambre d’hôtel, dans un bar, dans la nuit. Elle parle d’elle, petite fille de Nevers qui a un jour, dans la France occupée, aimé un soldat allemand. Le souvenir des « dix mille soleils » d'Hiroshima, une ville entière soulevée de terre et réduite en cendres, le hante.

Ce film, comme Nuit et Brouillard, participe du devoir de mémoire et rappelle, même si cela peut paraître dérisoire par rapport aux souffrances des blessés d'Hiroshima, l'injustice qui a frappé, à la libération de Nevers, le soldat allemand, tué dans le dos et la Française, tondue, pour avoir été coupable d'amour.

En 1959, le ministre de la Culture, André Malraux, sélectionne le film pour le Festival de Cannes. La délégation américaine exige son retrait de la compétition. Car, à ses yeux, cette rencontre d'une jeune actrice française et d'un architecte japonais à Hiroshima, toujours traumatisée quinze ans après sa destruction par une bombe atomique, constitue une attaque frontale.
De Gaulle n'y est pas plus favorable, soucieux de ne pas faire de vagues alors qu'il vient de faire réaliser les premiers essais nucléaires. Le film est cependant projeté à Cannes, mais hors compétition, à l'extérieur du Palais, et à un horaire inhabituel.

La suite est somptueuse L'année dernière à Marienbad (1961), coécrit avec Alain Robbe-Grillet transpose le Nouveau Roman au cinéma.

Aussitôt après, Muriel ou le Temps d'un retour (1963) contourne la censure gaulliste pour évoquer, en filigrane, la torture et les violences perpétrées en Algérie.

A suivre...

 Emmanuelle Riva ; Eiji Okada dans Hiroshima, mon amour

Emmanuelle Riva ; Eiji Okada dans Hiroshima, mon amour

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Alain Resnais, #Hiroshima

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Publié le 25 Février 2014

Un documentaire long (1h 40), non scénarisé, qui montre sans pathos le sort cruel, la vie en pointillé, la mort toute proche, de ces migrants (ici Iraniens, qui tentent de rejoindre l'Europe Occidentale.


Réalisation : Kaveh Bakhtiari
Musique : Luc Rambo
Durée : 100mn
Dates de sortie 19 Mai 2013 (Festival de Cannes , quinzaine des réalisateurs)
3 Juillet 2013 ( Festival International du Film de La Rochelle )
France 27 novembre 2013
Prix du Jury au Festival international du film francophone d
e Namur


Kaveh Bakhtiari présente son film :

Alors qu'un festival grec venait tout juste de m'inviter avec mon court métrage, La Valise, on m'informait qu'un membre de ma famille, que je n'avais pas revu depuis plusieurs années, avait quitté l'Iran. Depuis la Turquie, et sans se noyer, il avait réussi à rallier illégalement l'île de Samos où il avait finalement été cueilli par les douaniers grecs et incarcéré à Athènes. Moi, on m'invitait dans un hôtel pour parler de mon film, alors que lui, qui voulait juste transiter par la Grèce pour aller plus loin en Europe, était sous les verrous. Je l'ai finalement rejoint à sa sortie de prison. Il m'emmena alors dans son « lieu de vie » dans la banlieue d'Athènes, une buanderie aménagée en petit appartement où d'autres clandestins se terraient en attendant de trouver le moyen de quitter la Grèce. C'est ainsi que je me suis immergé dans la clandestinité, ou plutôt dans l'univers des clandestins, des destins suspendus et des passeurs.

Le film est né de ce lien personnel : En Grèce, le cousin du réalisateur devient son passeur, celui qui l’amène à rencontrer la communauté de l’escale. Au sein de ce groupe, le cinéaste occupe une position particulière : à la fois dedans et dehors. Il est Iranien d’origine mais immigré en Suisse, et se trouve ainsi de l’autre côté de la géographie de l’exil. Ce qu’il partage avec les migrants l’autorise à pénétrer dans leur quotidien, et permet à ces derniers d’accepter de s’exposer, non sans difficultés, au regard de sa caméra. Mais il travaille sa rencontre avec eux également à partir de son altérité, de ce qui fait de lui un étranger parmi eux, presque un migrant. C’est depuis cette position qu’il leur adresse ses interrogations sur leurs désirs, leurs espoirs, leurs visions de la vie et du monde.

Kaveh Bakhtiari raconte le quotidien de migrants clandestins qui partagent un lieu de vie passager, durant quelques mois, avant de reprendre leurs trajectoires séparées. Venus d’Iran, ils sont chacun bloqués à Athènes pour diverses raisons Ils attendent ce qui pourra les faire passer de « l’autre côté », contacts, papiers. En réalisant le portrait d’un groupe, Kaveh Bakhtiari fait la chronique de la détresse et de la solidarité qui animent chacun de ses membres. Filmer les clandestins, c’est faire apparaître la réalité d’une condition par définition invisible dans l’espace social. Tout l’enjeu du film est de faire voir et de faire sentir ce que la survie nécessite de cacher au jour le jour. Le dispositif cinématographique offre ici un espace de visibilité aux migrants, dans une temporalité et un espace qui les protègent. Par-là, le cinéma déjoue quelque chose de la violence quotidienne imposée aux clandestins ; celle qui consiste à ne pas être vu, à ne pas être reconnu en tant que soi-même, dans l’espoir, souvent vain, d’une existence meilleure.

 L'Escale, film documentaire de Kaveh Bakhtiari.

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #droits de l'homme

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Publié le 24 Décembre 2013

La Fondation François Pinault ayant abandonné l'Île Seguin à cause de tracasseries administratives pour gagner Venise, il faut profiter de son passage à Paris pour voir un petit bout de la collection.

La Conciergerie est une partie du Palais de la cité où demeurèrent les rois de France du Xème au XIVème siècle. il fut ensuite converti en prison à partir de 1730. Elle est surtout connue pour son rôle pendant la terreur. Marie Antoinette y fut emprisonnée en 1793.

Inspirée du lieu, l'exposition se nomme « A triple tour » et se donne pour motif principal l'enfermement. Il est décliné de nombreuses façons, du plus immédiat, la prison, jusqu'à des asservissements intérieurs comme les stéréotypes sociaux, politiques et physiques, le vieillissement et la maladie. Composée de deux parties, correspondant à deux grandes salles gothiques, elle réunit 23 artistes et leurs œuvres, pour la plupart non encore exposées, de la Fondation Pinault.

La première partie "Crises et emprisonnement" traite des enfermements imposés, des bouleversements qui frappent notre société. Bouleversements tels que les crises écologiques, l'impossibilité de communiquer, les prisons, la guerre civile, le terrorisme, les débordements urbains et l'idée de résistance.
Dans un couloir sombre, le spectateur est cerné par une dizaine d'hommes et femmes bâillonnés qui tentent de parler, mais dont la voix n'est plus qu'un murmure étouffé, Bill Viola, avec une extrême simplicité et une grande économie de moyens, sait faire prendre conscience de tous ces bâillons, politiques, économiques, sociaux, répressifs ou bien-pensants, qui empêchent de s'exprimer.
Le thème du monde-prison se retrouve dans les images pseudo-nostalgiques d'un ancien monde soviétique où le bonheur était de règle que Boris Mikhailov présente avec une ironie désabusée, ou dans la vidéo résistante de contestation sourde et passe-muraille de Bertille Bak à Bangkok.

La deuxième partie "Individu et emprisonnement" est consacrée à l'individu face à lui même et à ses démons: L'angoisse de la vieillesse, la phobie de la maladie et de la décadence, la folie, la peur de la solitude, la culpabilité, le verrouillage mental ou corporel. Soit l'enfermement que peut s'imposer un individu à lui-même.
Cette partie est plus psychique, armoire à médecine de Damien Hirst, poignantes interviews de schizophrènes en écho avec la Jeanne d'Arc de Dreyer par Javier Tellez , fantasmagories de Tetsumi Kudo. On remarque les dictateurs séniles de Sun Yuan & Peng Yu.
Dans cette exploration de l'enfermement de la folie, la pièce la plus étonnante est une vidéo de Maria Marshall : un charmant bambin, le fils de l'artiste, fait quelques grimaces en gros plan. Zoom arrière : l'enfant est maintenu par une camisole de force dans une chambre capitonnée, spectacle bouleversant.

François Pinault enfermé "à triple tour" à la Conciergerie
François Pinault enfermé "à triple tour" à la Conciergerie
François Pinault enfermé "à triple tour" à la Conciergerie

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Fondation Pinault

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Publié le 1 Décembre 2013

La première rétrospective consacrée à Félix Vallotton par un musée parisien depuis près d’un demi-siècle est à découvrir au Grand Palais. Le travail de Félix Vallotton, artiste inclassable, peintre et graveur sur bois révèle un style très personnel et résolument moderne.

Félix Vallotton est né en 1865 à Lausanne d'une famille bourgeoise protestante. À 17 ans, il vient à Paris et entre à l'Académie Julian, dont les ateliers sont fréquentés par de nombreux artistes post-impressionnistes ainsi que par les Nabis. En moins de dix ans, le jeune Suisse parvient à se faire un nom auprès de l'avant-garde parisienne. Sa renommée devient internationale grâce à ses gravures sur bois et à ses illustrations en noir et blanc qui font sensation. Il participe régulièrement à différents salons (Salon des artistes français, Salon des indépendants, Salon d'automne).

À partir de 1900, il délaisse progressivement la gravure et l'illustration pour se consacrer à la peinture. Il peint des scènes d'intérieur, puis se consacre à des thèmes classiques, paysages, nus, portraits et natures mortes qu'il traduit d'une manière personnelle, hors des courants contemporains.

Sa première exposition personnelle a lieu à Zurich en 1909. Il expose régulièrement à Paris, notamment en janvier 1910, à la Galerie Druet, exposition dont le catalogue est préfacé par Octave Mirbeau. Il participe de plus aux expositions d'envergure internationale en Europe et Outre-Atlantique. En Suisse, sa peinture est principalement diffusée par son frère Paul, directeur dès 1913 de la succursale de la Galerie Bernheim-Jeune à Lausanne, future Galerie Paul Vallotton.

Félix Vallotton au Grand Palais

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Art moderne, #Félix Vallotton, #Grand Palais

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Publié le 28 Octobre 2013

Sur la place Vendôme, les installations in situ du plasticien japonais Tadashi Kawamata sont haut perchées. Jouant avec l’architecture haussmannienne, l’artiste agrémente les pierres froides de la colonne Vendôme et des vieux étages de Paris avec 3 huttes de bois.
Place Vendôme 2013, Fiac hors les Murs © kamel menour

Place Vendôme 2013, Fiac hors les Murs © kamel menour

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Tadashi Kawamata

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Publié le 11 Octobre 2013

Le travail de Ray est difficile à classer. Le style, les matériaux, l'objet, la présence et l'échelle sont tous variables. son style se rapproche souvent de l'hyperréalisme, mais en jouant sur le facteur d'échelle comme pour le célèbre petit garçon de Boy with frog mesurant 2,44 m de hauteur. Dans tous ses objets parfaitement exécutés, Ray fait une fixation sur le comment et le pourquoi des choses, Il y a toujours un détail qui indique que l'objet représenté n'est pas réel mais une recréation artistique.

Ray a réalisé une synthèse des nombreux développements dans la sculpture du XXe siècle des sa première exposition en 1971 avec une installation intitulée One-Stop Gallery. Le spectacle se composait d'une collection de petites sculptures, reposant directement sur le sol. Certaines des œuvres ont été clairement inspiré par les minimalistes comme Robert Morris , tandis que deux petites sculptures en acier évoquent les traditions enseignées par son professeur, Brener.

À la fin des années 1980, Charles Ray conçoit des œuvres minimalistes utilisant l'encre et du fil. Dans l'encadré d'encre (1986), un grand cube est rempli à ras bord avec de l'encre, donnant l'illusion d'un cube solide. Ligne d'encre (1987) est un flux continu d'encre noire tombant d'une ouverture dans le plafond dans un trou similaire dans le sol.

Son travail le plus imposant à ce jour est la re-création en cyprès japonais (Hinoki) d'un arbre tombé et pourri qu'il avait trouvé dans un pré. Avec Hinoki (2007, Art Institute of Chicago), Ray avait moulé un grand arbre pourri trouvé en Californie. Il a ensuite embauché une équipe de sculpteurs sur bois japonais à Osaka pour entièrement retailler l'arbre en Hinoki, un bois différent de celui de l'arbre original. Il a fallu quatre ans pour tailler l'arbre pour ce qui était un projet de dix ans: à partir de la découverte initiale de l'arbre en 1997-1998 à son exposition en 2007.

En 2009, Ray a installé Boy with Frog, sa première œuvre commandée en plein air, à la Punta della Dogana , à Venise. Grand de taille et réalisé avec une finition blanche et lisse qui fait référence à la tradition de la sculpture de marbre en Italie, il dépeint un garçon tenant une grenouille goliath au-dessus du Grand Canal. La sculpture évoque le Sauroktonos Apollo , une ancienne sculpture romaine du Musée du Louvre à Paris d'un adolescent nu tendant son bras pour attraper un lézard grimpant à un arbre. Par peur de vandalisme, la sculpture a été démontée en 2012.

Expositions récentes

  • 2013 Biennale de Venise 2013
    • NYC 1993: Experimental Jet Set, Trash and No Star, New Museum, New York
  • 2012 Intimate Immensity: The Susan and Larry Marx Collection, Hammer Museum, Los Angeles
    • Collection Sandretto Re Rebaudengo: Viral Research, Whitechapel Gallery, Londres
  • 2011 Le monde vous appartient, Palazzo Grassi, Venise
Boy with frog 2009

Boy with frog 2009

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #hyperréalisme, #Charles Ray, #Fondation Pinault, #Punta della Dogana

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Publié le 9 Octobre 2013

Duane Hanson plasticien contemporain américain, sculpteur du courant de l'hyperréalisme, né en 1925 à Alexandria, Minnesota, et mort le 6 janvier 1996 à Boca Raton (Floride)

Après des études au Luther College et l' Université de Washington , il est diplômé de Macalaster College en 1946. Il obtient une maîtrise en beaux-arts de la Cranbrook Academy of Art à Bloomfield Hills en 1951. Hanson part ensuite enseigner les beaux-arts en Allemagne, notamment à Munich, avant de retourner aux États-Unis, toujours comme enseignant.

Dans les années 1960, aux États-Unis, le contexte politique et social est très agité. Les artistes du pop art mettent en question les fausses promesses du rêve américain. À cette époque, Duane Hanson est remarqué comme l'un des représentants les plus doués de l’art sculptural américain dans l'hyperréalisme. Il décide en effet de travailler de façon réaliste et d'exprimer ses préoccupations sociales. Séduit par les travaux de George Segal, qui réalise des œuvres en plâtre moulées d'après des modèles vivants (« lifecasting »), et réfractaire à l’idée d’infliger une interprétation subjective à ses œuvres, Hanson se met à créer dans un atelier de Floride des personnages humains grandeur nature en effectuant des moulages directement sur ses modèles. Il privilégie la fibre de verre et la résine, ce qui lui offre la possibilité de reproduire les moindres finesses du corps humain, donnant ainsi vie à ses modèles avec une crédibilité toute nouvelle. Habillant et coiffant ses sujets avec une volonté permanente de justesse fidèle à la globalité de la personne représentée, Hanson réussit à parfaire l’illusion de réalité quand il représente ses scènes hyperréalistes de la vie quotidienne américaine, véritable miroir de l’american way of life.
Pour ses travaux Duane Hanson utilise divers matériaux, comme la résine polyester, la fibre de verre , le Bondo ou le bronze . Son travail est souvent associée au Pop Art, ainsi qu"à l'hyperréalisme .

Lucide, critique, humaniste, respectueux de la vie, aucun sujet épineux n’échappe à son esprit créatif et révolté. La palette de son inspiration couvre quasiment tous les sujets qui dérangent : des multiples facettes du racisme, en passant par la pauvreté, la dépendance et la maltraitance. Son but : transporter des scènes de la vie quotidienne banale ou provocante au musée pour les y immortaliser. Une de ses œuvres majeures montre un policier blanc frappant un Afro-Américain après l’assassinat de Martin Luther King.

Duane Hanson s’installe à New York en 1969 et persiste avec des thèmes aussi épineux que la Guerre du Viêt Nam, les femmes battues et les sans domicile fixe.

Dans les années 1970, les créations d'hyper-réalistes comme Richard Estes attirent Hanson. Le sculpteur y retrouve un traitement réaliste et une approche critique des évènements sociaux, son désir étant de rendre plus attentif le public aux travers de la société.

Malgré l’image peu flatteuse que ses œuvres renvoient de la classe moyenne américaine, elles sont accueillies favorablement par les amateurs d’art. Des scènes comme Bowery Relicts (1969), Florida Shopper (1973) ou encore Cleaning Lady (1972) suscitent pourtant des sentiments de consternation, voire de dégoût.

Ses œuvres sont d’abord exposées à New York et en Allemagne. Dans les années 1980, elles font l’objet d’expositions tournantes dans les musées américains. En 1983, la Floride nomme Hanson « ambassadeur d’art » et son œuvre est internationalement reconnue.

Son art représente une critique permanente de la société-type américaine. Il traite ses « sujets » avec tact, compassion et sympathie en mettant en évidence leur fragilité, leur résignation et, souvent, leur désespoir.

L'hyperréalisme de Duane Hanson

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #hyperréalisme, #duane Hanson, #art contemporain

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Publié le 9 Octobre 2013

Bernar Venet est un plasticien contemporain français né en 1941,

Bernar Venet commence comme assistant décorateur à l'Opéra de Nice.De 1961 à 1963, il montre des toiles recouvertes de goudron parce que « le noir, c’est le rejet de la communication facile ». Sa notoriété débute durant cette période avec la réalisation d’une sculpture sans forme spécifique composée d’un tas de charbon versé à même le sol. Sa faculté d’abstraction intellectuelle et son goût pour le raisonnement mathématique et l’expérimentation le conduisent à ce qui sera bientôt l’art conceptuel. Marcel Duchamp disait de lui « Venet, vous êtes un artiste qui vend du vent. »

En 1966, il s’installe à New York. Les mathématiques et les sciences pures lui sont une source récurrente pour imposer la « monosémie » dans le camp artistique . De 1971 à 1976, il marque une pause dans ses recherches, cesse toutes pratiques artistiques et revient en France où il écrit et enseigne à la Sorbonne.

Après ces six ans de réflexion et son mariage avec une riche américaine il réintègre son atelier en 1976. La ligne, sous toutes ses variantes mathématiques et ses manifestations physiques, prend une place prépondérante dans son travail. Des toiles, succès aux États-Unis, puis des reliefs en bois, il passe rapidement à la sculpture. En 1983, il met en place la structure de base de ses Lignes indéterminées. Il les réalise en acier Corten et les installe dans de nombreux espaces urbains et collections publiques, notamment à Nice, Paris, Berlin, Tokyo, Strasbourg, Pékin, Austin, San Francisco, Musée de Grenoble, etc.

En 1999, il réalise l'installation à Cologne d'une sculpture 4 Arcs de 235,5 °, à l'occasion du sommet du G8. Il effectue également une commande publique pour la nouvelle université de Genève.

En 2001, il reprend un ancien projet qu’il n’avait pu faire aboutir : l’autoportrait, très éloigné de la perception subjective des artistes à laquelle nous sommes habitués, résultat d’un examen médical tomodensitométrique. De même, il réactive une série de peintures sur toile des années 1960, en choisissant des motifs puisés dans des livres de mathématiques, mais avec une plus grande liberté formelle. Suivent les Saturations, nouvelles toiles sur lesquelles il superpose plusieurs équations jusqu’à brouiller définitivement leur lecture. Un concept développé aussi dans son activité photographique ou sonore, ainsi que dans ses performances.

Les nouvelles sculptures Lignes indéterminées de Bernar Venet annoncent une orientation nouvelle qui souligne son penchant pour le désordre, la complexité et l’indétermination. Elles furent exposés à Park Avenue à New York, à Shanghai et également à Bordeaux (de juin à octobre 2007).

En 2011 le sculpteur installe des œuvres monumentales dans le jardin de Versailles et le domaine de Marly.

Une exposition est organisée à Marseille, au Palais du Pharo dans le cadre de Marseille-Provence 2013.

Toujours en 2013, il est présent avec ses Calligraphies à la Biennale de Venise

Bernar Venet, artiste intemporel
Bernar Venet, artiste intemporel
Bernar Venet, artiste intemporel

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Venise, #Bernar Venet

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Publié le 2 Octobre 2013

Roy Lichtenstein au delà du pop-art, exposition réalisée au Centre Georges-Pompidou du 3 Juillet au 4 Novembre 2013.
Cette exposition est la première grande rétrospective de Roy Lichtenstein en France. Elle a été présentée auparavant à l’Art Institute de Chicago ( États-Unis) et à la Tate Modern de Londres.

Le premier mérite de la rétrospective que consacre le Centre Pompidou au peintre américain est de rétablir les véritables dimensions de ses toiles. Les grands formats restituent pleinement les points de trame et les aplats de couleurs qui sont la marque de fabrique de l’artiste. Lichtenstein doit sa notoriété à son fils de 6 ans qui le met au défi de faire aussi bien que Walt Disney en lui montrant un dessin de Donald et Mickey. En 1961, Lichtenstein le prend au mot et peint "Look Mickey". Dix ans après ses débuts à New York, il atteint sa pleine notoriété, alors que l’expressionnisme abstrait domine. Ce n’est pas un hasard si les commissaires de l’exposition ont placé dans la première salle les « brushstrokes » de Lichtenstein, toiles qui parodient l’expressionnisme abstrait de Pollock et Willem de Kooning.

Roy Lichtenstein pratique la relecture permanente des grands maîtres. Chacun passe à la moulinette du point d’imprimerie, exécuté à l’aide de grilles ou de pochoirs. Comme le reconnaît Lichtenstein lui-même, l’admiration va de pair avec la parodie.Comme Rothko et bien d’autres peintres abstraits, mais avec des moyens opposés, Lichtenstein aura tenté de continuer à faire de la peinture tout en cherchant à « sortir » de la peinture. Ses « jeux » avec le cadre sur certains tableaux de la section Perfect/Imperfect le montrent autant que ses filles blondes et tristes extirpées des produits de grande consommation, pub et BD, pour se languir sur la toile. Des œuvres peu connues, estampes, céramiques, porcelaines, bronzes peints, dessins, rappellent qu’il n’aura cessé d'expérimenter et de chercher de nouveaux moyens pour traduire sa conception de l'art et du monde.

Roy Lichtenstein au delà du pop-art
Roy Lichtenstein au delà du pop-art
Roy Lichtenstein au delà du pop-art

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Roy Lichtenstein

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