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Publié le 23 Mai 2016

Tout est affaire de décor,exposition monographique de Pierre Ardouvin; au Musée d'art contemporain du Val-de-Marne

Pour « Tout est affaire de décor », Pierre Ardouvin propose une vision globale de son œuvre en une scénographie minutieusement orchestrée qui met en lumière une sélection d’une trentaine d’œuvres, assemblées et rejouées pour le MAC VAL. Les œuvres se composent de nouvelles productions et des pièces réactivées, qui datent de 1996 à 2015. Le contraste et la complémentarité sont évidents entre les 1350 m² de la salle d’expositions temporaires du musée, plongée dans l'obscurité et le vestibule et le jardin inondés de lumière.

Le titre de l'exposition fait appel à Louis Aragon, mis en musique par Léo Ferré. « Tout est affaire de décor/Changer de lit changer de corps/À quoi bon puisque c’est encore/Moi qui moi-même me trahis. […] Est-ce ainsi que les hommes vivent. »

Le visiteur, littéralement plongé à l’intérieur de l’univers sensoriel et singulier de Pierre Ardouvin, est invité à arpenter et à recomposer. Les pièces sont autonomes, mais elles dialoguent entre elles pour dessiner un véritable paysage mental. Grâce aux réappropriations d’images et d’objets familiers revisités par son imaginaire, l’artiste offre ici un récit personnel et collectif en investissant les espaces communs, comme par exemple les clichés de la culture populaire de la France des années 60 et 70.

Avec une apparente légèreté, Pierre Ardouvin aborde les thèmes de la perte, du passage du temps, de l’arrachement, de la solitude. Avec distance et humour, il donne à voir la société du spectacle mise à nue et interroge la présence de l'homme au monde en propulsant le visiteur dans un espace en suspens, entre l’innocence de l’enfant rempli d’illusions et la réalité de l’adulte désenchanté.

Alexia Fabre, Conservatrice en chef du Mac/Val déclare:
Le travail de Pierre Ardouvin procède par évocations. Il ne démontre pas, n’affirme rien, mais au contraire se livre tel un puzzle ou une énigme dont les éléments font sens une fois rassemblés. C’est un appel constant à l’imaginaire, à l’appropriation et à l’interprétation de ces indices de sens, de ces bribes de récit.
Dans ce grand paysage nocturne que Pierre compose au MAC VAL, les œuvres de toutes périodes, hors toute chronologie, coexistent pour dessiner ce qui constitue l’essence même de son travail : une attention incessante et inépuisable au monde, traduite par l’assemblage d’extracts de ce même monde, collage de matériaux, d’ambiances, de couleurs et de sentiment
s.

Pierre Ardouvin: Tout est affaire de décor

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Mac-Val

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Publié le 12 Mai 2016

François Morellet né en 1926, artiste exigeant, est mort le 11 mai 2016, à Cholet, sa ville natale.

François Morellet est considéré comme l’un des acteurs majeurs de l’abstraction géométrique de la seconde moitié du XXe siècle et un précurseur du minimalisme.

Dès la fin des années 1940, la peinture de François Morellet s'efforce d'évacuer la subjectivité individuelle en obéissant à des préoccupations collectives. Après une courte période figurative (1947-1950), il amplifie cette évolution vers un art délivré de tout romantisme en choisissant l'abstraction en 1950, sous l'influence de Pierre Dmitrienko (1925-1974) : il adopte alors un langage géométrique très dépouillé, marqué par l'exemple de Mondrian, composé de formes simples (lignes, carrés, triangles), dans un nombre limité de couleurs, assemblés dans des compositions élémentaires sur deux dimensions. Ces recherches sont marquées par l’œuvre de Max Bill et l’Art concret, découverts lors d’un voyage au Brésil en 1951, et par les motifs géométriques de l’Alhambra de Grenade, admirés en 1952.

Jusqu'en 1960, Morellet établit les différents systèmes d'arrangement des formes qu'il emploie (superposition, fragmentation, juxtaposition, interférences…), en créant notamment sa première « trame », un réseau de lignes parallèles noires superposées selon un ordre déterminé.

De 1961 à 1968, il est l’un des créateurs et protagonistes de l'Art cinétique au sein du Groupe de Recherche d'Art Visuel (GRAV) avec cinq autres artistes : Francisco Sobrino, Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, Yvaral et Joël Stein, ainsi que François et Vera Molnar.

Il participe également au mouvement international de la Nouvelle Tendance. Il cherche dans ce contexte à créer un art expérimental qui s'appuie sur les connaissances scientifiques de la perception visuelle et qui soit élaboré collectivement.

En 1963, Morellet commence à créer des œuvres avec des tubes de néon, comme l'artiste américain Dan Flavin.

Après 1970, débute pour lui une troisième période marquée par la création d'œuvres de plus en plus dépouillées, qui jouent avec leur support et l'espace qui les environne. Il réalise alors un grand nombre d'intégrations architecturales, depuis sa première intervention monumentale sur le plateau de la Reynie (Paris, Beaubourg) en 1971.

Pour Morellet, l’œuvre d’art ne renvoie qu’à elle-même. Son titre, généralement sophistiqué (l’artiste aime les jeux de mots), indique la règle du jeu qui a présidé à son élaboration. Il entend contrôler le processus de création et démystifier la mythologie romantique de l'art et de l'artiste, en justifiant chacun de ses choix par un principe établi au préalable, qui peut d'ailleurs aller jusqu’à faire intervenir le hasard dans certaines composantes de l’œuvre.

L’application rigoureuse des notions de géométrie, apporte au fil des années une approche spatiale qui le situe d’emblée à l'avant garde de l'Art concret ou Art minimal. Trois artistes américains, Ellsworth Kelly, Frank Stella et Sol LeWitt ont poursuivi des recherches similaires à François Morellet. Cela aboutit à une création d’où le sentiment est absent : « Une expérience véritable doit être menée à partir d'éléments contrôlables en progressant systématiquement suivant un programme. Le développement d'une expérience doit se réaliser de lui-même, en dehors du programmateur. »

Second artiste à voir de son vivant une œuvre exposée au Louvre, François Morellet a inauguré le 27 janvier 2010 un décor pérenne commandé par le Musée du Louvre : L'esprit d'escalier. Il a investi les baies et oculi de l'escalier Lefuel (aile Richelieu), édifié au milieu du XIXe siècle, et "s'amuse à fragmenter et déstabiliser les vitrages en ferrailles un peu frustes, en les confrontant à leur propre image réalisée grâce à une technique ancienne et précieuse des maîtres verriers".

François Morellet meurt le 11 mai 2016, à Cholet, sa ville natale.

François Morellet déclare à l'occasion de son exposition de 2011 au Centre Georges-Pompidou:

J'ai eu trois influences fondamentales dans ma vie. D'abord, dans les années 1940, les arts premiers, à commencer par les tapas océaniens, ces pièces de tissus qui aiment à répéter les formes, comme ces triangles noirs qui m'ont beaucoup influencé. Ensuite, l'Alhambra de Grenade. Quelle précision, quelle intelligence des formes ! Resté pendant deux siècles à l'abri des barbares catholiques, l'Alhambra est la forme d'art la plus précieuse et décadente.

Enfin, dernière influence, il y a vingt ans, ma découverte du baroque tardif de Bavière et d'Autriche. C'est tout aussi décadent et merveilleux. Je ris de plaisir quand je vois ces auréoles pas droites, ces faux marbres, ces dorures sur plâtre. C'est agréable d'avoir gardé pour la fin de sa vie une telle découverte.

J'essaie de mettre le moins possible de moi-même dans ces œuvres, le moins de décisions subjectives. Mon message, c'est de dire qu'il n'y a pas de message. Je suis, plus que la moyenne, indifférent. J'aime cette citation d'Emile Cioran : « Si un être humain perd la possibilité de l'indifférence, il devient un criminel potentiel. »

Il n'y a pas dans mon œuvre de vérité intouchable. Mais on peut y mettre ce qu'on veut. Marcel Duchamp, ce salaud qui a dit tant de choses avant moi, a clamé que c'était le « regardeur » qui faisait l'oeuvre.


Expositions récentes

 

4 répartitions aléatoires de 2 carrés suivant les chiffres : 31-41-59-26-53-58-97-93 (1958)

4 répartitions aléatoires de 2 carrés suivant les chiffres : 31-41-59-26-53-58-97-93 (1958)

Reflets dans l’eau déformés par le spectateur, 1964

Reflets dans l’eau déformés par le spectateur, 1964

L'Esprit d'escalier, escalier Lefuel (aile Richelieu) Vitrail, œuvre pérenne, musée du Louvre (2010)

L'Esprit d'escalier, escalier Lefuel (aile Richelieu) Vitrail, œuvre pérenne, musée du Louvre (2010)

Lunatic weeping and neonly n° 3 (2010)

Lunatic weeping and neonly n° 3 (2010)

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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Publié le 21 Mars 2016

L'exposition "Ceramix" à la maison rouge à Paris est l'occasion de redécouvrir une partie de l'œuvre de Thomas Schütte. Lion d'or à la Biennale de Venise 2005 , il est l'auteur d'une œuvre protéiforme dans laquelle les maquettes, gravures et sculptures comme sa série de têtes d'hommes massives et monumentales, tiennent une place considérable. Mais Schütte a également pratiqué la lithographie, la céramique émaillée et utilise une grande variété de matériaux.

Thomas Schütte s'est fait connaître au début des années 1980 avec des maquettes de maisons improbables et rigoureuses, modèles d'architecture épurée et souvent très colorée.

Originaire d'Allemagne de l'Ouest, l'artiste s'est intéressé à la Guerre froide et à des thématiques plus contemporaines, entre autres dans ses maquettes : les maquettes d'habitations (Maisons de vacances de terroristes), de banque (Placement immobilier), ou la reproduction miniature d'une station-service intitulée Fais le plein, Allemagne et réalisée pendant la guerre en Irak témoignent ainsi d'un intérêt particulier pour la représentation des modes de vie.

Thomas Schütte assume de multiples héritages comme celui de Brancusi, de Henry Moore ou d'Henri Laurens, ainsi que de Rodin, dont il reprend le Balzac, et lui emprunte sa robe de chambre. Il revendique Daumier, aux caricatures duquel certains de ces personnages, qui paraissent tout autant dériver des deux petits vieux grincheux du Muppet Show, mais préfère évoquer les « têtes d'expression » inspirées par la physiognomonie de Lavater, ces études des passions de l'âme, peuvent faire penser.

Prima Materia , Venise 2013

Prima Materia , Venise 2013

Basler Mask, 2014 , la maison rouge

Basler Mask, 2014 , la maison rouge

Keramik Sketches

Keramik Sketches

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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Publié le 14 Décembre 2015

Banksy continue son œuvre en soutien aux migrants de Calais. Celui que personne n’a jamais vu vient de laisser trois œuvres sur des murs de Calais, deux en centre-ville et une dans la «jungle».

La première, réalisée à l’entrée de la «jungle», où survivent dans des conditions extrêmement précaires près de 4 500 migrants, représente Steve Jobs (1955-2011) avec un baluchon et un ordinateur. «On nous fait souvent croire que l’immigration est une perte pour les ressources d’un pays mais Steve Jobs était le fils d’un immigré syrien, rappelle Banksy dans un communiqué. Apple est la société qui dégage le plus de bénéfices et qui paye plus de sept milliards de dollars d’impôts, mais cela a pu être le cas seulement parce qu’un homme venu de Homs a pu entrer.»

Précisément Steven Paul Jobs naît le 24 février 1955 à San Francisco d'un père d'origine syrienne, Abdulfattah Jandali et de Joanne Carole Schieble, américaine d'origine suisse. Alors que Joanne est enceinte, son père la menace de la priver de son héritage si elle épouse un non catholique, elle décide donc d'abandonner son fils. Le nouveau-né est alors adopté par Paul Reinhold Jobs et Clara. La suite est connue, il fondera Apple avant de devenir une des premières fortunes mondiales et de mourir prématurément d'un cancer.

Banksy offre Steve Jobs à Calais

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #droits de l'homme

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Publié le 11 Octobre 2015

Invité en 2015 à représenter le Danemark, à la Biennale de Venise, le plasticien est aussi choisi par François Pinault pour mettre en scène sa collection à la Punta della Dogana. Il est également présent à la Monnaie de Paris pour l'exposition Take me

Danh Vo est né à Ba Ria. Après la victoire des communistes et la chute de Saigon, la famille Vo se réfugie à l'île de Phu Quoc. Alors qu'il avait 4 ans, sa famille fuit en bateau et est secouru en mer par un cargo appartenant à la compagnie danoise Maersk. La famille s'installe au Danemark. Leur assimilation à la culture européenne et les événements qui ont mené à leur départ de Vietnam sont reflétées dans l'art de Vo, qui juxtapose l'historique et le personnel.

Les œuvres de Danh Vo, apparemment intimes, sont imprégnées de force politique. Sans être directes et frontales, elles interrogent les rapports de pouvoir qui sous-tendent les sociétés libérales, les règles qui les régissent et la fragilité de l’idée d’État-nation. Elles révèlent la complexité des échanges entre les peuples dans le contexte de la décolonisation. Le travail de l’artiste se construit autour de la circulation des valeurs, qu’elles soient matérielles, économiques, symboliques ou spirituelles.

À la Biennale de Berlin de 2010, Danh Vo installe dans un petit appartement, outre les lettres de Théophile Venard dupliquées par son père, la Rolex de celui-ci, son briquet Dupont et sa chevalière, qui représentaient les aspirations occidentales de la famille. Il déclare: «J’ai une formation d’artiste, je l’ai déjà dit dans plein d’autres interviews, j’en sais plus sur l’art que sur l’histoire, et j’ai raté tous mes examens d’histoire à la fac, donc ne faites pas confiance à mes jugements historiques ! J’agence des choses entre elles pour regarder comment elles fonctionnent

En 2013 à Paris, il présente des bouts de fauteuils dépiautés, le cadre d’un côté, la bourre de l’autre, le cuir ailleurs, ayant appartenu à Robert McNamara, secrétaire à la Défense de 1961 à 1968 sous Kennedy et Lyndon B. Johnson. McNamara souhaitait le désengagement des Etats-Unis au Vietnam, mais géra aussi la «sale guerre». Il devint ensuite président de la Banque mondiale. Pas loin, trois lustres de la salle de bal de l’Hôtel Majestic, où furent signés le 27 janvier 1973 les Accords de Paris entre les Etats-Unis et le Vietnam. Dans le grand corridor du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, des bouts de la statue de la Liberté, reproduits en cuivre et en taille réelle, intitulés We the People. Et puis des cartons d’emballage d’Evian, dont les typos sont refaites à la feuille d’or. Enfin, la dernière lettre de Théophile Venard, missionnaire qui sera décapité au Vietnam en 1861.

Il déclare : « Aujourd'hui, l'industrie de l'art a surtout pour préoccupation de divertir le public. L'artiste a donc une vraie responsabilité de s'engager. Et même s'il échoue, il doit prendre tous les risques . Mon travail s'efforce de rendre très étrange le très familier. Dialogue entre la petite et la grande histoire, chacune de mes sculptures et installations mêle références autobiographiques, problématiques post-coloniales, allusions à la question gay... J'aime rappeler que toute production culturelle naît d'un contexte de guerre ou de problématiques sociétales et économiques, des conquistadors à l'éviction des Maures d'Andalousie. Je ne parle pas du Vietnam, mais des pouvoirs qui composent l'histoire ».

Expositions récentes:

Statue de la Liberté MAM Paris 2013

Statue de la Liberté MAM Paris 2013

Danh Vo du boat people à la Fondation Pinault

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #art conceptuel, #Danh Vo

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Publié le 9 Octobre 2015

Dans les années 1960, Feldmann étudie la peinture à l'Université des Arts et de Design Industriel de Linz en Autriche. Il a commencé à travailler en 1968, par la production de petits livres réalisés à la main qui allait devenir une des constantes de son travail. Ces livres modestes, sobrement intitulés Bilde (photo) ou Bilder (photos), comprennent une ou plusieurs reproductions d'un certain type précis de photo, les genoux des femmes, des chaussures, des chaises, des stars de cinéma, etc . Leurs sujets sont isolés dans leur cadrage et présentés sans légende. En 1979 Feldmann décidé de se retirer du monde de l'art et de faire des livres et des photos pour lui-même. En 1989, le conservateur Kasper König persuade Feldmann d'exposer à nouveau dans une galerie .

Hans-Peter Feldmann devient alors un des initiateurs du courant de l'art conceptuel dénommé art d’appropriation. Il produit depuis ses débuts des œuvres utilisant des objets trouvés ou des photographies récupérées, issues de journaux ou achetées dans des marchés aux puces.

Abondante et protéiforme, livres, lettres, installations, performances, son œuvre puise ses sources dans la société de consommation de masse et se présente selon des modalités de collection, d’inventaire et de classification.

  • Profil without words (2000) est la réplique d'un magazine d'actualité duquel on a retiré tous les textes pour n'en retenir que les photographies, leur séquence et leur positionnement dans la page. Faisant parler les images par elles-mêmes, ce projet révèle la mise en forme visuelle des affaires courantes que produisent les médias imprimés. Conçu dès la fin des années 1960, il ne verra finalement le jour que le 7 février 2000, grâce à l'initiative de museum in progress et la collaboration du magazine profil.
  • En 2001 le Museum Folkwang Essen expose «100 ans», une exposition composée de 101 portraits photographiques de personnes âgées de 8 mois à 100 ans.
  • En 2008, à l'International Center of Photography, il remplit une pièce avec les premières pages encadrées de 100 journaux, de New York, Paris, Dubaï, Sydney, Séoul et ailleurs, imprimés le 12 septembre 2001, le lendemain des attentats du World Trade Center.
  • Présenté à Dortmund un livre, "1967 à 1993, Die Toten, RAF bis heute" reproduit des images de journaux de toutes les vies perdues à cause de la violence et le terrorisme ne imprégné l'histoire allemande contemporaine.

En 2010, il est récompensé par le Prix Hugo Boss, devenant à 69 ans, le plus âgé des lauréats de ce prix. Le montant de ce prix est de 100 000 $. Il réinvestit cette somme en 100 000 billets de 1$, qu'il colle sur les murs du Musée Guggenheim, en 2011, lors de l'exposition faisant suite à ce prix. Des billets usagés, épinglés à l’horizontale. Vue de loin les murs sont d’une teinte verte dégradée, morne et fade. Vue de près on relève sur eux des traces, des marques, laissées par le temps et par leurs propriétaires temporaires. Ces billets évoquent leur circulation, la saleté d’un objet qui passe de mains en mains. Ils illustrent la folie, et le caractère obscène, du pouvoir marchand. Ce prix étant divisé en une même valeur unitaire, le montant global perd alors de sa puissance, penser voler l’ensemble est impossible, ou très fastidieux, et ne voler qu’un billet ne rapporterait rien.
Il déclare : « J'ai 70 ans, et j'ai commencé à faire de l'art dans les années 50. A cette époque, il n'y avait pas d'argent dans le monde de l'art. Donc pour moi, 100.000 dollars, c'est vraiment beaucoup. C'est vraiment incroyable, et je voulais montrer la quantité que ça représente. Au cours des dix ou quinze dernières années, l'art est devenu de plus en plus monumental. C'est, à mes yeux, une forme de maniérisme. L’art essaye d'utiliser la taille pour avoir encore plus d'impact ».

Hans-Peter Feldmann, en réaction avec les pratiques courantes du marché de l'art, ne limite pas les tirages de ses œuvres et par ailleurs, ne les signe pas.

Expositions (sélection)
  • 1972 - Billeder af Feldmann (Bilder von Feldmann), Daner Galleriet, Copenhague
  • documenta 5, Kassel
  • documenta 6, Kassel
  • 1995 Take Me (I'm Yours) Serpentine Gallery, Londres
  • 1999 Bücher, Neues Museum Weserburg Bremen
  • 2001 Hans-Peter Feldmann, «100 ans», Museum Folkwang Essen
    • Hans-Peter Feldmann 272 pages, Fundacio Antoni Tàpies Barcelona
  • 2003 Biennale de Venise
  • 2011 100 000$ Guggenheim Museum, New York (en tant que lauréat du Prix Hugo Boss)
  • 2012 Serpentine Gallery, Londres
  • 2013 Deichtor Hallen, Hambourg
  • 2015 Postcards (cartes postales de la Tour Eiffel, Paris), Take Me (I'm Yours), Monnaie de Paris
  • 2016 303 Gallery New-York
Genoux, 1969

Genoux, 1969

100 000 $ , Prix Hugo Boss , Guggenheim New York, 2011

100 000 $ , Prix Hugo Boss , Guggenheim New York, 2011

Postcards,  Take Me (I'm Yours), Monnaie de Paris, 2015

Postcards, Take Me (I'm Yours), Monnaie de Paris, 2015

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art conceptuel, #art contemporain

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Publié le 7 Octobre 2015

Félix González Torres, près de 20 ans après sa mort (du sida), artiste conceptuel américain d'origine cubaine, est toujours à l'honneur. Né en 1957 à Guáimaro (Cuba) et mort le 9 janvier 1996 à Miami, son œuvre est courte (1986/1995), ramassée en une douzaine de gestes : les montages et les c-prints à partir de 1986, les photostats, les puzzles et les horloges à partir de 1987, les piles de posters et les Travaux de sang à partir de 1988, les rideaux, les affiches et les portraits à partir de 1989, les tas de bonbons à partir de 1990, les miroirs, les guirlandes d’ampoules et les rideaux de perles à partir de 1991. Tous ces travaux, à part les montages et les Travaux de sang, sont des reproductions.

Il produit, entre 1987 et 1992, 64 photographies montées sur puzzles et exposés dans leur emballage plastique. « À l’opposé de la photographie protégée par son cadre, le puzzle désigne donc l’image comme un objet proche, intime, ludique et fragile que l’on doit essayer de maintenir dans son intégralité si l’on veut en jouir ou en jouer.»

Ses souvenirs filtrent son passé à travers les sous-titres chuchotés de ses œuvres : Perfect Lovers, March 5th, Revenge... Ils se matérialisent dans les photos de son enfance qu’il transforme en puzzles. Menaçant de se disperser, ces puzzles signifient une fragilité ; le souvenir devient la reconnaissance de l’absence ou de la perte. Mais ce procédé lui permet aussi de s’inscrire dans la lignée des artistes minimalistes et conceptuels dans une économie de moyen, par l’emploi d’objets industriels, et de fait, reproductible.

Il utilise notamment des photos tirées des Mass Medias pour révéler, non sans ironie, l’hypocrisie sous-jacente à notre culture. Untitled (Klaus Barbie as a family man) présente par exemple le portrait apparemment anodin d’une famille. Mais l’homme au centre, entouré de ses enfants, est en réalité le criminel de guerre nazi Klaus Barbie ayant fui son jugement et dont on retrouva la trace en Bolivie au début des années 1970. Ce genre de sanctions sociales imprègne toute l’œuvre de González-Torres.

Expositions (sélection)

  • 1995 Felix Gonzalez-Torres - Solomon R. Guggenheim Museum, New York
  • 1994 Traveling - Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, DC
    • The Fabric Workshop and Museum, Philadelphie
  • 1989 Untitled - Brooklyn Museum of Art, New York
  • 1988 Félix González-Torres - New Museum of Contemporary Art, New York


Post-mortem

"Untitled" (Perfect Lovers), 1991 , consiste en deux horloges industrielles, identiques et parfaitement synchronisées, symbole pour lui des amants parfaits:

 

Fait unique, le pavillon des États-Unis à la Biennale de Venise 2007 est entièrement consacré à un artiste mort depuis plus de 10 ans. Les amants parfaits sont symbolisés par deux piscines jumelles, qui, au point de tangence, communique par un mince filet d'eau

 

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Biennale de Venise, #art conceptuel

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Publié le 29 Septembre 2015

Une rétrospective très complète à la Fondation Cartier :

Prenant pour point de départ la naissance de la peinture moderne au Congo dans les années 1920, l'exposition retrace 90 ans de production artistique congolaise. Si la peinture est au cœur de l’exposition, la musique, la sculpture, la photographie et la bande dessinée y ont aussi leur place et offrent au public l’opportunité unique de découvrir la diversité et la vivacité de la scène artistique de ce pays.

La quarantaine d'artistes exposés sont Congolais (RDC, autrefois Congo Belge), mais certains sont Angolais.

L'exposition guide le visiteur dans un parcours anti-chronologique.

En 1926, l’administrateur belge Georges Thiry découvre à Bukama, au Katanga, des cases peintes : il fait alors la connaissance d’Albert Lubaki, ivoirier de métier et auteur de ces peintures, ainsi que de son épouse Antoinette. Soucieux de pérenniser cet art éphémère, Georges Thiry décide de leur fournir du papier et des aquarelles pour retranscrire leurs œuvres sur un support pérenne. Affecté par la suite au Kasaï-Occidental, Georges Thiry y rencontre le tailleur Djilatendo, autre peintre de case, et renouvelle l’expérience menée avec Albert Lubaki.

Avec la complicité du haut fonctionnaire belge et amateur d’art Gaston-Denys Périer, Georges Thiry tente de faire connaître en Europe cet art d’une étonnante modernité. Les aquarelles d’Albert Lubaki sont ainsi présentées en 1929 au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en 1930 à Genève puis en 1931 à Paris. Djilatendo figure, quant à lui, aux côtés des peintres belges René Magritte et Paul Delvaux lors d’une exposition à la Galerie du Centaure de Bruxelles en 1931. D’autres expositions présentant des œuvres de ces deux artistes ont lieu en Europe, notamment l’Exposition coloniale de Vincennes et la Prima mostra internazionale d’arte coloniale de Rome en 1931.

Dans les années 1970, de jeunes artistes de la scène kinoise se proclament « peintres populaires ». Ils débutent pour la plupart en peignant des enseignes publicitaires ou en réalisant des bandes dessinées, puis s’installent dans les rues passantes de Kinshasa et exposent leurs toiles sur les façades de leurs ateliers afin qu’elles soient visibles de tous.

La première génération de peintres populaires, dont Moke, Pierre Bodo, Chéri Chérin et Chéri Samba font partie, est révélée au public grâce à l’exposition Art partout (1978) à l’académie des Beaux-Arts de Kinshasa, lors de laquelle ils « volent » la vedette aux artistes issus de l’académie. Contrairement à ces derniers, qui puisent leur inspiration dans la tradition européenne, les peintres populaires s’inspirent de la vie quotidienne à Kinshasa et abordent des questions politiques, sociales ou relatives aux actualités du monde. Hauts en couleur et peints de manière franche et spontanée, leurs tableaux comportent parfois des textes mêlant humour et dérision qui renforcent la portée sociale des images.

Artistes présentés dans cette section

Au début des années 2000, l’académie des Beaux-Arts de Kinshasa devient un lieu d’ouverture, propice à de nouvelles expérimentations artistiques, facilitant ainsi l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes sur la scène artistique congolaise.

Kura Shomali, Pathy Tshindele et Mega Mingiedi Tunga participent en 2003 à la création du collectif Eza Possibles (« c’est possible » en lingala), dont les projets artistiques sont en prise directe avec les citadins et interviennent de manière critique dans l’environnement de Kinshasa. Sammy Baloji utilise le photomontage pour confronter l’histoire coloniale belge à l’histoire contemporaine du Congo. Pour la série Congo Far West, il associe des photos d’archives d’une expédition scientifique belge au Katanga (1898-1900) à des aquarelles du peintre belge Léon Dardenne (1865-1912) afin de révéler le regard condescendant que les explorateurs posaient sur les peuples indigènes.

Pierre Bodo

Pierre Bodo

Jean Depara

Jean Depara

Kura Shomali

Kura Shomali

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Congo (RDC), #Fondation Cartier

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Publié le 18 Septembre 2015

Rebecca Horn grandit dans l'Allemagne de l'après-guerre et apprend tôt à faire de l'art une forme d'expression privilégiée par rapport au langage.

À l'adolescence, Rebecca Horn suit les cours de la Hochschule für bildende Künste de Hambourg, puis en 1964, s'installe momentanément à Barcelone, où elle contracte une infection pulmonaire. Elle doit passer un an dans un sanatorium, cette expérience de l'isolation totale et de la souffrance est déterminante dans l'orientation de son œuvre, très liée au corps. L'artiste commence à réaliser des « body-sculptures » en tissu, dans l'espoir de « réprimer sa solitude en communiquant par des formes organiques », et travaille sur des extensions de corps ou des prothèses.

À la fin des années 1960, Rebecca Horn commence à réaliser des performances. Unicorn (1970) est l'une de ses œuvres les plus connues : une jeune fille « prête à marier » se promène dans la nature, portant uniquement une corne blanche sur le front, et les bandages qui la maintiennent, image à la fois mythique et moderne. Parmi ses extensions, les Finger Gloves (1972) et Feather Fingers (Doigts de plumes, 1972) lui permettent de créer l'illusion de nouvelles sensations de l'espace. Rebecca Horn utilise à plusieurs reprises les plumes dans les années 1970 et 1980 pour réaliser des sortes de cocons, de masques ou d'éventails pour dissimuler le corps.

Après avoir réalisé un ensemble de performances (Toucher les murs des deux mains en même temps, 1972-1975) et d'objets en relation au corps (masque-crayons, 1972), Rebecca Horn construit des machines animées. Son travail mêle allusions littéraires (à Joyce, Beckett ou Willy) et références sexuelles métaphysiques ou cinématographique, autobiographiques. Elle installe, suspendus à des chaînes, accrochées à des tiges de métal, toutes sortes d'objets.

Elle élabore des scénarios où interviennent des oiseaux, des serpents, de l'eau, de l'encre mais aussi des armes, des chaussures ou des instruments de musique, transformés en automates, en « sculptures-performances ». Des textes poétiques évoquent ses pièces et sont repris dans ses films.

Rebecca Horn a également réalisé plusieurs films, comme La Ferdinanda (1981), où se révèle son obsession du corps imparfait. Elle vit et travaille à Berlin et Paris.

1974

1974

Rebecca Horn, performeuse allemande

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #art conceptuel

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Publié le 18 Septembre 2015

Tatsuo Kawaguchi ( : 河口 龍夫) plasticien contemporain japonais né en 1940 à Kôbe

Tatsuo Kawaguchi est un peintre sculpteur d'assemblages, multimédia; conceptuel. Élève de l'Université des beaux-arts Tama à Tokyo, il en sort diplômé en 1962.

En 1968 et 1973, il reçoit le Prix de La JAFA. Il enseigne à l'Université de Akashi.

Dès ses débuts, son intérêt pour l'art conceptuel apparaît dans sa peinture. Ensuite, il utilise la lumière, la vidéo, la photo, le film, en tant que nouveaux médias. Il réalise des assemblages de repères, répartis dans l'espace, dont certains sont excités électriquement.

  • 1962 : première exposition personnelle à Osaka
  • 1972 : première Biennale de Kyoto
  • 1973 : 3e Biennale de Paris
  • 1974 : L'Art Japonais d'aujourd'hui au Musée d'art contemporain de Montréal
  • 1989 : « Magiciens de la Terre » , exposition présentée simultanément au Centre Georges-Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, à Paris.
  • 2003 : Echigo-Tsumari Art Triennial, Echigo-Tsumari, Niigata
  • 2010 : The Setouchi International Art Festival, Shodoshima, Kagawa
Stone and Light no. 4

Stone and Light no. 4

Setouchi International Art Festival, 2010

Setouchi International Art Festival, 2010

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

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