Publié le 7 Octobre 2015

Félix González Torres, près de 20 ans après sa mort (du sida), artiste conceptuel américain d'origine cubaine, est toujours à l'honneur. Né en 1957 à Guáimaro (Cuba) et mort le 9 janvier 1996 à Miami, son œuvre est courte (1986/1995), ramassée en une douzaine de gestes : les montages et les c-prints à partir de 1986, les photostats, les puzzles et les horloges à partir de 1987, les piles de posters et les Travaux de sang à partir de 1988, les rideaux, les affiches et les portraits à partir de 1989, les tas de bonbons à partir de 1990, les miroirs, les guirlandes d’ampoules et les rideaux de perles à partir de 1991. Tous ces travaux, à part les montages et les Travaux de sang, sont des reproductions.

Il produit, entre 1987 et 1992, 64 photographies montées sur puzzles et exposés dans leur emballage plastique. « À l’opposé de la photographie protégée par son cadre, le puzzle désigne donc l’image comme un objet proche, intime, ludique et fragile que l’on doit essayer de maintenir dans son intégralité si l’on veut en jouir ou en jouer.»

Ses souvenirs filtrent son passé à travers les sous-titres chuchotés de ses œuvres : Perfect Lovers, March 5th, Revenge... Ils se matérialisent dans les photos de son enfance qu’il transforme en puzzles. Menaçant de se disperser, ces puzzles signifient une fragilité ; le souvenir devient la reconnaissance de l’absence ou de la perte. Mais ce procédé lui permet aussi de s’inscrire dans la lignée des artistes minimalistes et conceptuels dans une économie de moyen, par l’emploi d’objets industriels, et de fait, reproductible.

Il utilise notamment des photos tirées des Mass Medias pour révéler, non sans ironie, l’hypocrisie sous-jacente à notre culture. Untitled (Klaus Barbie as a family man) présente par exemple le portrait apparemment anodin d’une famille. Mais l’homme au centre, entouré de ses enfants, est en réalité le criminel de guerre nazi Klaus Barbie ayant fui son jugement et dont on retrouva la trace en Bolivie au début des années 1970. Ce genre de sanctions sociales imprègne toute l’œuvre de González-Torres.

Expositions (sélection)

  • 1995 Felix Gonzalez-Torres - Solomon R. Guggenheim Museum, New York
  • 1994 Traveling - Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington, DC
    • The Fabric Workshop and Museum, Philadelphie
  • 1989 Untitled - Brooklyn Museum of Art, New York
  • 1988 Félix González-Torres - New Museum of Contemporary Art, New York


Post-mortem

"Untitled" (Perfect Lovers), 1991 , consiste en deux horloges industrielles, identiques et parfaitement synchronisées, symbole pour lui des amants parfaits:

 

Fait unique, le pavillon des États-Unis à la Biennale de Venise 2007 est entièrement consacré à un artiste mort depuis plus de 10 ans. Les amants parfaits sont symbolisés par deux piscines jumelles, qui, au point de tangence, communique par un mince filet d'eau

 

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Biennale de Venise, #art conceptuel

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Publié le 29 Septembre 2015

Une rétrospective très complète à la Fondation Cartier :

Prenant pour point de départ la naissance de la peinture moderne au Congo dans les années 1920, l'exposition retrace 90 ans de production artistique congolaise. Si la peinture est au cœur de l’exposition, la musique, la sculpture, la photographie et la bande dessinée y ont aussi leur place et offrent au public l’opportunité unique de découvrir la diversité et la vivacité de la scène artistique de ce pays.

La quarantaine d'artistes exposés sont Congolais (RDC, autrefois Congo Belge), mais certains sont Angolais.

L'exposition guide le visiteur dans un parcours anti-chronologique.

En 1926, l’administrateur belge Georges Thiry découvre à Bukama, au Katanga, des cases peintes : il fait alors la connaissance d’Albert Lubaki, ivoirier de métier et auteur de ces peintures, ainsi que de son épouse Antoinette. Soucieux de pérenniser cet art éphémère, Georges Thiry décide de leur fournir du papier et des aquarelles pour retranscrire leurs œuvres sur un support pérenne. Affecté par la suite au Kasaï-Occidental, Georges Thiry y rencontre le tailleur Djilatendo, autre peintre de case, et renouvelle l’expérience menée avec Albert Lubaki.

Avec la complicité du haut fonctionnaire belge et amateur d’art Gaston-Denys Périer, Georges Thiry tente de faire connaître en Europe cet art d’une étonnante modernité. Les aquarelles d’Albert Lubaki sont ainsi présentées en 1929 au palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en 1930 à Genève puis en 1931 à Paris. Djilatendo figure, quant à lui, aux côtés des peintres belges René Magritte et Paul Delvaux lors d’une exposition à la Galerie du Centaure de Bruxelles en 1931. D’autres expositions présentant des œuvres de ces deux artistes ont lieu en Europe, notamment l’Exposition coloniale de Vincennes et la Prima mostra internazionale d’arte coloniale de Rome en 1931.

Dans les années 1970, de jeunes artistes de la scène kinoise se proclament « peintres populaires ». Ils débutent pour la plupart en peignant des enseignes publicitaires ou en réalisant des bandes dessinées, puis s’installent dans les rues passantes de Kinshasa et exposent leurs toiles sur les façades de leurs ateliers afin qu’elles soient visibles de tous.

La première génération de peintres populaires, dont Moke, Pierre Bodo, Chéri Chérin et Chéri Samba font partie, est révélée au public grâce à l’exposition Art partout (1978) à l’académie des Beaux-Arts de Kinshasa, lors de laquelle ils « volent » la vedette aux artistes issus de l’académie. Contrairement à ces derniers, qui puisent leur inspiration dans la tradition européenne, les peintres populaires s’inspirent de la vie quotidienne à Kinshasa et abordent des questions politiques, sociales ou relatives aux actualités du monde. Hauts en couleur et peints de manière franche et spontanée, leurs tableaux comportent parfois des textes mêlant humour et dérision qui renforcent la portée sociale des images.

Artistes présentés dans cette section

Au début des années 2000, l’académie des Beaux-Arts de Kinshasa devient un lieu d’ouverture, propice à de nouvelles expérimentations artistiques, facilitant ainsi l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes sur la scène artistique congolaise.

Kura Shomali, Pathy Tshindele et Mega Mingiedi Tunga participent en 2003 à la création du collectif Eza Possibles (« c’est possible » en lingala), dont les projets artistiques sont en prise directe avec les citadins et interviennent de manière critique dans l’environnement de Kinshasa. Sammy Baloji utilise le photomontage pour confronter l’histoire coloniale belge à l’histoire contemporaine du Congo. Pour la série Congo Far West, il associe des photos d’archives d’une expédition scientifique belge au Katanga (1898-1900) à des aquarelles du peintre belge Léon Dardenne (1865-1912) afin de révéler le regard condescendant que les explorateurs posaient sur les peuples indigènes.

Pierre Bodo

Pierre Bodo

Jean Depara

Jean Depara

Kura Shomali

Kura Shomali

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Congo (RDC), #Fondation Cartier

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Publié le 18 Septembre 2015

Rebecca Horn grandit dans l'Allemagne de l'après-guerre et apprend tôt à faire de l'art une forme d'expression privilégiée par rapport au langage.

À l'adolescence, Rebecca Horn suit les cours de la Hochschule für bildende Künste de Hambourg, puis en 1964, s'installe momentanément à Barcelone, où elle contracte une infection pulmonaire. Elle doit passer un an dans un sanatorium, cette expérience de l'isolation totale et de la souffrance est déterminante dans l'orientation de son œuvre, très liée au corps. L'artiste commence à réaliser des « body-sculptures » en tissu, dans l'espoir de « réprimer sa solitude en communiquant par des formes organiques », et travaille sur des extensions de corps ou des prothèses.

À la fin des années 1960, Rebecca Horn commence à réaliser des performances. Unicorn (1970) est l'une de ses œuvres les plus connues : une jeune fille « prête à marier » se promène dans la nature, portant uniquement une corne blanche sur le front, et les bandages qui la maintiennent, image à la fois mythique et moderne. Parmi ses extensions, les Finger Gloves (1972) et Feather Fingers (Doigts de plumes, 1972) lui permettent de créer l'illusion de nouvelles sensations de l'espace. Rebecca Horn utilise à plusieurs reprises les plumes dans les années 1970 et 1980 pour réaliser des sortes de cocons, de masques ou d'éventails pour dissimuler le corps.

Après avoir réalisé un ensemble de performances (Toucher les murs des deux mains en même temps, 1972-1975) et d'objets en relation au corps (masque-crayons, 1972), Rebecca Horn construit des machines animées. Son travail mêle allusions littéraires (à Joyce, Beckett ou Willy) et références sexuelles métaphysiques ou cinématographique, autobiographiques. Elle installe, suspendus à des chaînes, accrochées à des tiges de métal, toutes sortes d'objets.

Elle élabore des scénarios où interviennent des oiseaux, des serpents, de l'eau, de l'encre mais aussi des armes, des chaussures ou des instruments de musique, transformés en automates, en « sculptures-performances ». Des textes poétiques évoquent ses pièces et sont repris dans ses films.

Rebecca Horn a également réalisé plusieurs films, comme La Ferdinanda (1981), où se révèle son obsession du corps imparfait. Elle vit et travaille à Berlin et Paris.

1974

1974

Rebecca Horn, performeuse allemande

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #art conceptuel

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Publié le 18 Septembre 2015

Tatsuo Kawaguchi ( : 河口 龍夫) plasticien contemporain japonais né en 1940 à Kôbe

Tatsuo Kawaguchi est un peintre sculpteur d'assemblages, multimédia; conceptuel. Élève de l'Université des beaux-arts Tama à Tokyo, il en sort diplômé en 1962.

En 1968 et 1973, il reçoit le Prix de La JAFA. Il enseigne à l'Université de Akashi.

Dès ses débuts, son intérêt pour l'art conceptuel apparaît dans sa peinture. Ensuite, il utilise la lumière, la vidéo, la photo, le film, en tant que nouveaux médias. Il réalise des assemblages de repères, répartis dans l'espace, dont certains sont excités électriquement.

  • 1962 : première exposition personnelle à Osaka
  • 1972 : première Biennale de Kyoto
  • 1973 : 3e Biennale de Paris
  • 1974 : L'Art Japonais d'aujourd'hui au Musée d'art contemporain de Montréal
  • 1989 : « Magiciens de la Terre » , exposition présentée simultanément au Centre Georges-Pompidou et à la Grande Halle de la Villette, à Paris.
  • 2003 : Echigo-Tsumari Art Triennial, Echigo-Tsumari, Niigata
  • 2010 : The Setouchi International Art Festival, Shodoshima, Kagawa
Stone and Light no. 4

Stone and Light no. 4

Setouchi International Art Festival, 2010

Setouchi International Art Festival, 2010

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Japon

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Publié le 21 Juillet 2015

Clinamen se présente comme une ou plusieurs piscines bleutées, à la surface de laquelle des bols de porcelaine blanche évoluent et tintinnabulent, créant ainsi un paysage visuel et auditif, à la fois apaisant et immersif. La simplicité apparente de l’installation est inversement proportionnelle à la fascination qu’elle exerce sur le visiteur. Les récipients, qui se percutent dans un bassin circulaire sous l’effet d’un léger courant, produisent une mélodie similaire à celle générée par des bols tibétains. La persistance rétinienne et auditive engendrée par le dispositif invite ainsi le spectateur-auditeur à s’abstraire de son environnement pour se concentrer exclusivement sur l’écoute.


Rien ou presque n’est laissé au hasard dans le processus de composition très élaboré de ces piscines, pourtant nées dans l’appartement même de l’artiste. Car c’est en compositeur que Céleste Boursier-Mougenot configure les différents paramètres qui permettent la transformation de ces objets en un instrument sophistiqué capable de générer ses propres sonorités sans qu’aucun interprète n’intervienne. L’œuvre est d’emblée envisagée comme la transposition d’une partition en un dispositif visible qui génère une forme sonore.
Cette installation a été exposée dans de nombreuses institutions culturelles: Vidéo sur Youtube

  • 1997 première apparition au CAPC Musée de Bordeaux
  • 1999 Frac Lorraine
  • 2011 Pinacothèque de São Paulo,
  • 2012 National Gallery of Victoria
  • 2013 Galerie Mazzoli de Berlin en 2013.
  • 2013 Musée d'art contemporain de Tokyo
  • 2015 Centre Pompidou-Metz

De 1985 à 1994, Céleste Boursier-Mougenot, musicien de formation, a été le compositeur de la compagnie Side One Posthume Théâtre du metteur en scène Pascal Rambert.

A partir de 1994, Céleste Boursier-Mougenot réalise des installations. Ses matières premières sont le son et l'espace. Il est surtout célèbre pour ses installations sonores, notamment son concert de mandarins guitaristes, From Here to Ear. Il a été le premier artiste français lauréat de l’International Studio Program (PS1) à New York en 1998-1999. En 2009, il est lauréat du prix Les David de l’art contemporain.

À partir de situations ou d'objets les plus divers, dont il parvient à extraire un potentiel musical, il élabore des dispositifs qui étendent la notion de partition aux configurations hétérodoxes des matériaux et des médias qu'il emploie, pour générer le plus souvent en direct, des formes sonores qu'il qualifie de vivantes.

Céleste Boursier-Mougenot est nommé pour le Prix Marcel Duchamp 2010

Clinamen par Céleste Boursier-Mougenot

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Rédigé par nezumi dumousseau

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Publié le 17 Juin 2015

Centenaire de la première guerre mondiale.

Il y a 100 ans, le 18 juin 1915 (juste 25 ans avant l'Appel du Général de Gaulle), mourait (ou plutôt disparaissait, car son corps ne fut pas clairement identifié) , mon grand-père, Philibert Charles Thévenet.

Début 1915, il appartient au 22e bataillon alpin de chasseurs à pied, cantonné dans les Vosges.

Le 9 mai 1915 débute la deuxième bataille d'Artois.  Le  20e bataillon de chasseurs à pied est engagé, au sein de du 21e corps,13e division d'infanterie, et subit des pertes très lourdes dès le début à Notre-Dame de Lorette. ll est mis au repos et ses unités sont recomposées.

Le 29 mai 1915, le sergent Philibert Charles Thévenet est muté du 22e au 20e bataillon de chasseurs à pied.

La première quinzaine de juin 1915, les combats sont engagés dans les tranchées de Rebeuve, et de Houdin, secteur sud de l'Éperon de Lorette.

Extrait du journal de marche du 20e bataillon de chasseurs à pied

17 juin 1915
0h: Note du Général Commandant la 25e brigade, indiquant qu'il est de la plus haute importance que la 13é division atteigne F7 F8 K6 (les points géographiques sont codés)
0h 45, le Bataillon quitte le boyau Laprade pour se porter en P3
1h 30, La tête du Bataillon arrive en P3
5h Le Général Commandant la 25e brigade, donne l'ordre de profiter de la brume pour brusquer l'attaque et de gagner coûte que coûte le chemin d'Ablain à Angres
8h 40Réception de l'ordre d'opération No 51 pour la journée du 17 juin
11 h Contr'ordre, l'attaque n'aura pas lieu de jour, mais de nuit.
14 h Réception d'une note de la Brigade, l'attaque sera déclenchée à 22 h exactement
22 h La 1ère et la 2ème Compagnies   débouchent de l'ouvrage des sacs de terre. elles sont arrêtées, dès leur débouché , par des feux de mitrailleuses paraissant venir de la route de Béthune
23 h La 3ème compagnie débouche à son tour pour renforcer la Compagnie de droite.
23 h 30 Les 3 compagnies ne peuvent progresser davantage, elles se trouvent à 300m environ à l'est et s'y retranchent
Pertes 6 blessés, 3 tués, 2 disparus

18 juin 1915 Les 3 compagnies sont échelonnées entre les tranchées conquises à 250 m de l'ouvrage et les point P3 P4
4 h à 5h Violent bombardement autour du PC du Fortin Brouthioux
12h 15 Note de la Brigade, indiquant que l'attaque sera reprise vers 16 h après préparation par l'artillerie
14 h Réception de l'ordre d'opération No 51 pour la journée du 18 juin : le chemin creux, de z à O2 doit être atteint à tout prix
17 h 50 La 4ème Compagnie débouche avec 20 minutes de retard, mouvement ralenti dans les boyaux encombrés par les détachements des 21e et 109e Régiments d'Infanterie. Elle est accueillie par un violent tir de barrage qui touche de nombreux chasseurs. Les hommes se tapissent au fond du boyau et ne peuvent avancer. Le capitaine Millot est blessé, le lieutenant Lecomte est disparu. La 4ème Compagnie est dépourvue de commandement.
19h 35 Réception d'une note de la Brigade, l'attaque sera poursuivie toute la nuit
22 h 15 Réception de l'ordre de la brigade prescrivant d'occuper cette nuit le talusn8 n13, de plus relève des bataillons des 21e et 109e Régiments d'Infanterie par un bataillon du 17e Régiment d'Infanterie et par le 20e bataillon de chasseurs à pied. Le commandant rend compte qu'il est impossible de procéder à la fois à la relève des unités et à l'attaque.
Pertes de la journée du 18 juin 2015 : 4 officiers blessés; 44 hommes blessés, 18 tués 6 disparus.

Philibert Charles Thévenet.est rayé des contrôles du bataillon le 19 juin 1915. Son corps ne sera pas identifié.

Le 21 septembre 1915, sa veuve Marie reçoit un secours exceptionnel de 200 F

Philibert Charles Thévenet était né le 5 juin 1886 à Saint Bonnet de Cray, taille 1m64, yeux bleus, cheveux chatain. Il s'était marié le 28 novembre 1911 avec Marie Thérèse SCHNEIDER 1888-1966. Il avait eu un fils Georges, né en 1913 et mort à un mois, et une fille, Charlotte, née en décembre 1914 et qu'il ne vit qu'une fois, lors d'une permission.

Philibert Charles Thévenet en 1914, uniforme du 22e Bataillon de chasseurs

Philibert Charles Thévenet en 1914, uniforme du 22e Bataillon de chasseurs

Notre-Dame-de-Lorette, plus de la moitié des corps n'ont pas été identifiés

Notre-Dame-de-Lorette, plus de la moitié des corps n'ont pas été identifiés

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale

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Publié le 11 Mai 2015

Centenaire de la première guerre mondiale : Il y a cent ans tout juste débutait la deuxième bataille de l'Artois, (en allemand Lorettoschlacht), qui se déroule sur le Front Ouest pendant la Première Guerre mondiale, du 9 mai au 25 juin 1915. Elle a lieu au même moment que la deuxième bataille d'Ypres. Bien que les troupes françaises, sous les ordres du général Pétain remportent plusieurs succès, l'issue de la bataille reste indécise. En soutien, les Britanniques déclenchent deux attaques, Aubers et Festubert. C'est la dernière offensive du printemps 1915, suivie par une accalmie des combats jusqu'en septembre 1915.

Elle se situe dans ce secteur après la Bataille d'Arras (automne 1914) (aussi appelée première bataille de l'Artois) et avant la Troisième bataille de l'Artois , automne 1915 À cette date débutent la seconde bataille de Champagne et la troisième bataille de l'Artois.

Les soldats morts dans cette bataille, ainsi que tous les autres tombés dans le Nord-Pas-de-Calais sont honorés au mémorial de Notre-Dame-de-Lorette, ainsi que dans l'Anneau de Mémoire situé sur la même colline.

L'état-major français a décidé de lancer une deuxième offensive de grande ampleur en Artois, au printemps 1915, pour tenter de rompre le front allemand et fixer ainsi les troupes ennemies au moment où Ve armée russe donne des signes de faiblesse sur le front est.

Les plateaux de Notre-Dame-de-Lorette et de Vimy constituent à nouveau les objectifs principaux. Le bombardement préparatoire, le plus important depuis le début du conflit, mobilise 1 125 canons français et dure six jours et six nuits. L'assaut d'infanterie est déclenché le 9 mai 1915 à 10 heures, sur un front large de 19 km. Au centre, l'avance est fulgurante, des unités avancent de 4 km en deux heures sur la crête de Vimy. Sur les ailes, la progression est beaucoup plus lente en raison de la puissance des défenses. À 15 heures, les Allemands contre-attaquent, appuyés par un déluge d'obus. Les réserves françaises avant été placées trop loin du front, les unités les plus avancées doivent se replier.

L'offensive se transforme alors en bataille d'usure, pendant six semaines. Il faut d'énormes efforts aux Français - et beaucoup de morts - pour s'emparer des ruines de la chapelle de Lorette (12 mai), de Carency (14 mai), d'Ablain-Saint-Nazaire (27 mai), de Neuville Saint-Vaast et du « Labyrinthe » {9 juin). Le 25 juin, l'épuisement des troupes oblige l'état major français à mettre un terme à la deuxième bataille d'Artois.

Le bilan est épouvantable : 16 803 morts, 22 068 disparus - presque tous tués - et 63 619 blessés du côté français, pour s'emparer de 20 km2 de terrain, sans pouvoir rompre le front ; 10 000 tués, disparus et blessés pour les Britanniques dans une attaque d'appui à leur allié, en Flandre française ; 75 000 pertes (tués, disparus et prisonniers) pour les Allemands.

Déroulement chronologique

  • 9 mai : Le 33e corps, commandé par le général Pétain, s'empare de la Targette, la moitié de Neuville, l'est de Carency et s'engage sur les hauteurs de Vimy. « En Artois, le 9 mai 1915, sous les ordres du lieutenant-colonel Cot, le Régiment de marche de la Légion étrangère s'est élancé à l'assaut des Ouvrages Blancs, enfonçant, d'un seul bond, toutes les organisations ennemies, enlevant la cote 140, poussant jusqu'à Carency et Souchez. »
    The Battle of Aubers Attaque anglaise au nord-ouest de La Bassée, en liaison avec le 9e Corps.
  • 12 mai : Prise de Carency
  • 15 mai : Prise de Neuville-Saint-Vaast par le 20e corps. Bataille de Festubert
  • 22 mai : Prise du plateau de Notre-Dame de Lorette par le 21e corps (158e R.I.).
  • 29 mai : Prise d'Ablain Saint-Nazaire
  • 30 mai : Prise de la sucrerie de Souchez par le 33e corps. Attaque du Labyrinthe entre Neuville et Ecurie
  • 16 juin : "Le 16 juin 1915, en Artois, les tirailleurs du 4e RMT enlèvent près du Cabaret Rouge quatre lignes de tranchées."
  • 17 juin : Prise du Labyrinthe par la 53e division (205e R.I.).
  • 25 juin : Arrêt des opérations par le général d'Urbal, commandant de la 10e armée.
Nécropole nationale notre Dame de Lorette

Nécropole nationale notre Dame de Lorette

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #première Guerre Mondiale

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Publié le 5 Mai 2015

Nous avons passé, avec Chandra, deux jours en 2009 dans le village de Langtang, le hameau principal, s'étale de 3300 m à 3500 m, avec une cinquantaine de lodges, des boutiques et une fromagerie, installée avec l'aide des Suisses.

Ce village est, historiquement, l'un des tout premiers lieux de trek au Népal. Le trek du Langtang, réputé facile, était un destination recommandable pour une première approche du Népal.

Mais ce village, comme beaucoup d'autres, est surplombé par de hauts sommets qui le dominent de plus de 4000 m.

Du village de Langtang, il ne reste presque plus rien, si ce n'est une unique maison encore debout. L'endroit a été dévasté par une avalanche et un glissement de terrain, provoqués par le séisme qui a frappé le Népal, samedi 25 avril.

Une équipe de France 2 a pu se rendre, mardi 5 mai, sur le site où se trouvait le village, Environ 400 personnes habitaient dans le village, selon les autorités népalaises. Soixante corps, dont ceux de 13 étrangers, ont pour l'instant été retrouvés, mais, toujours selon les estimations des autorités, le bilan pourrait s'alourdir de 150 Népalais et une centaine de touristes.

Un lodge en 2009

Un lodge en 2009

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Népal

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Publié le 3 Mai 2015

Quand Monsieur le Maire de Savigny-sur-Orge ment effrontément à ses
administ
rés…
Premier mensonge : la perte nette pour la ville est de 2,2 M€ et pas de 5,8 M€
Depuis le 10 mars, Éric Mehlhorn, Maire de Savigny-sur-Orge justifie dans les médias, au Conseil municipal et dans la lettre du Maire aux saviniens, son plan de fermetures de services publics par la nécessité «de composer ce budget 2015 en tenant compte d’une perte nette de 5,8 M€» (cf. l’édito de la lettre du Maire).
Ce chiffre de 5,8 M€ de perte « nette » est faux, archi-faux !
Qu’on en juge !
La diminution des ressources de la commune venant de l’ensemble des diverses dotations est bien de 2,2 M€ pour l’année 2015
La diminution de la compensation versée par la Calpe (Communauté d’Agglomération des Portes de l’Essonne) est bien de 3,6 M€.
Le total de la perte de recettes pour la commune est en effet de 2,2 +3,6 soit en effet 5,8 M€.
Mais il s’agit d’une perte «brute» car la Calpe prend en charge de nouvelles compétences (voirie, bibliothèques, conservatoire, etc.) qui génèrent autant de charges en moins pour la ville (dont le montant correspond, à l’euro près, à la diminution de la compensation versée par la Calpe, soit les 3,8 M€)
Donc pour 2015, à « périmètre constant », soit hors les transferts de charges à la Calpe compensés, la ville subit une perte nette de 2,2 M€. C’est beaucoup, mais nettement moins que 5,8 M€ !


Quand, page 2 de sa lettre aux Saviniens, Monsieur le Maire répète « baisse des dotations, des
compensations, le manque à gagner pour la ville s’élève à 5,8 millions d’euros », il ment, il trompe ses administrés ou bien alors, et cela serait très grave, il ne comprend rien à son propre budget !


Second mensonge : la perte de 2,2 M€ n’est pas uniquement la conséquence du désengagement de l’Etat
La part de l’Etat au travers la diminution de la dotation globale de fonctionnement (DGF) est de 888 576 euros. D’autres baisses pénalisent la commune du fait essentiellement de son entrée tardive dans une communauté d’agglomération mais aussi de son retard en construction de logements sociaux (amende loi SRU de 276 266 euros).


Troisième mensonge : la hausse des impôts pour compenser la baisse des recettes ne serait pas en conséquence de 29% mais de 10,6%.
En effet, selon le budget 2015 le total des trois principales taxes perçues par la commune (taxe
d’habitation, taxe foncière et foncier non bâti) s’élève à 20 648 846 euros (page 103 du budget
primitif 2015). En conséquence, une hausse en valeur des impôts de 2 200 000 euros pour
compenser la perte de dotation, correspondrait à une hausse de 10,6% à répartir (ou pas) entre les trois taxes. Et si l’on concentrait la hausse sur la seule taxe foncière le taux de cette dernière
augmenterait de 4,74 points de pourcentage (de 12 ,9% à 17,64%).
Pour compenser la perte de dotation de 2,2 M€, la solution ne serait pas la seule hausse des impôts.
Il faudrait prendre en compte aussi :
- le résultat de l’année 2014 qui, s’il est positif, peut être imputé au budget 2015. Pourquoi,
Monsieur le Maire refuse-t-il de communiquer la prévision de ce résultat ?
- un moindre désendettement : le transfert de la voirie à la Calpe génère de moindres
investissements de moyen et long terme et donc moins d’endettement potentiel ;
- et d’autres économies, d’autres choix budgétaires que ceux annoncés : ce qui nécessite la
transparence des

Les contre-vérités du maire de Savigny-sur-Orge

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Savigny sur Orge, #politique

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Publié le 28 Avril 2015

La Maison au toit rouge (小さいおうち, Chiisai o-uchi, « la petite maison ») film japonais réalisé par Yôji Yamada, sorti au Japon en 2014

Le film commence dans le présent, peu de temps après la mort de Taki, une femme âgée qui s'est lancée dans l'écriture de ses mémoires sous l'impulsion de son petit-neveu Takeshi qui se montre parfois un peu critique à son encontre. L'histoire se déplace rapidement à 1935, lorsque Taki, alors une jeune fille originaire de la préfecture de Yarnagata se rend à Tokyo pour travailler comme bonne à tout faire. Après une année passée auprès d'un écrivain, elle part travailler pour le propriétaire de la "maison au toit rouge", Masaki Hirai, un cadre supérieur d'une entreprise de jouets, qui y vit avec son épouse Tokiko et leur fils de 5 ans, Kyôichi.

Taki entre au service des Hirai, en particulier de l'épouse Tokiko, une femme cultivée et indépendante. Puis, à l'occasion d'une fête de Nouvel an, Tokiko fait la connaissance d'Itakura, un jeune designer, séduisant et artiste, qui travaille dans l'entreprise de son mari. Lui aussi originaire du nord de l'archipel, Itakura est un artiste jusqu'au bout des ongles, aux manières délicates. Il se montre indifférent aux discours des autres hommes sur la guerre et les profits. Il entame avec Tokiko, qui admire son talent pour le dessin et partage sa passion pour la musique classique, un amour platonique. Itakura refuse toutes les propositions de mariage arrangé, voulant rester libre de partager de rares moments avec Tokiko. Le drame se noue quand Itakura, d'abord ajourné, reçoit sa lettre de mobilisation pour partir à la guerre.

De son côté, Tald observe d'un œil bienveillant l'éclosion de cette amitié dans la mesure où elle apprécie aussi le gentil Itakura. Mais la passion naissante entre sa patronne et le jeune designer ne manque pas de l'alarmer. Cependant, Yamada n'a pas construit un triangle amoureux classique. Au lieu de cela, il a fait un film dans lequel il essaie de voir comment cette liaison amoureuse (dont on peut supposer qu'elle ne reste pas longtemps platonique ) affecte les relations de Taki avec Tokiko et sa vie future. Taki passe de la rustre et peureuse campagnarde à la confidente qui peut, lorsque la situation l'exige, dire la vérité même la plus dure à sa patronne.

Haru Kuriro, une nouvelle actrice pleine de promesses, gère cette transition avec grâce et aplomb, ce qui lui a valu d'obtenir l'Ours d'argent de la meilleure actrice au 64e Festival international du film de Berlin en 2014.

Le film lui-même, cependant, vacille vers la fin avec la révélation du grand secret de Taki qu'elle a gardé pendant 60 ans. Yamada, ne peut s'empêcher de conduire l'action du film vers une fin romantique et commerciale. Mais dans le même temps, il évoque tranquillement de nombreuses tragédies de l'époque 1930-1945, liées à des espoirs déçus et des projets avortés. On ne trouve pas de discours radical, ni d'audaces formelles dans ce film, mais un récit fluide qui relie trois époques avec délicatesse. La mise en scène à l'élégance discrète, presque surannée, reste séduisante avec ses plans le plus souvent fixes, sa caméra, placée à hauteur des personnages, assis sur un tatami, ses effets de « cadre dans le cadre ». On pense souvent à Yasujirô Ozu, admiré par Yamada et dont il réalisa

Le cinéaste adopte un parti pris narratif cependant : l'histoire du Japon n'est perçue qu'à travers les événements domestiques de la maison. Les exactions de l'armée impériale lors du sac de Nankin, l'enthousiasme au moment de la déclaration de guerre aux États-Unis, les bombardements dévastateurs sur Tokyo, tout est vu depuis le salon et le jardin, aux couleurs si intenses qu'elles paraissent artificielles. Aux souvenirs un peu trop enjolivés, sinon fantasmés, de Taki, son petit-­neveu oppose la réalité d'une époque et d'une société dures aux femmes, aux pauvres et aux idéalistes. Et l'émotion ne cesse d'amplifier dans ce beau portrait d'une héroïne modeste, hantée toute sa vie par le remords de sa trahison

L'histoire n'est pas un simple retour en arrière nostalgique sur une époque où tout était plus simple. Cette structure de flash-back est devenue courante dans plusieurs films japonais des années 2010 dont le récit se déroule dans cette période compliquée des années 1930 que les cinéastes entendent expliquer aux plus jeunes spectateurs, comme par exemple dans Le vent se lève (2013) de Miyazaki . Cependant, Yamada utilise également cette structure pour illustrer comment le passage du temps adoucit l'impact des émotions et des actes qui auraient pu autrefois bouleverser une vie, ou du moins mettre en danger un mariage.

Yôji Yamada est entré à la Shochiku et a travaillé comme scénariste ou comme assistant réalisateur. Il a écrit son premier scénario en 1958, et réalise son premier film en 1961. Il est resté toute sa carrière en contrat avec la Shôchiku

Tous les Japonais connaissent la série Otoko wa tsurai yo (男はつらいよ, « C'est dur d'être un homme »)

La série compte 48 films, a commencé en 1969 et s'est terminée en 1995. Tous les films, à l'exception du troisième et du quatrième opus, ont été réalisés par Yôji Yamada. Le rôle de Torajirō Kuruma (車 寅次郎), Tora-san, a été joué dans tous les films par Kiyoshi Atsumi, sa mort en 1996 provoquant la fin de la série.

La Maison au toit rouge

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma japonais

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