La face noire du Japon : la peine de mort

Publié le 12 Avril 2008

Après les 3 exécutions de février 2008, 4 hommes ont été exécutés par pendaison, au Japon, le 10 avril 2008. Ce nombre porte à 7 le nombre des exécutions au Japon depuis le début de l'année.

Un responsable d'Amnesty International au Japon, Makoto Teranaka, a dénoncé des exécutions organisées "en secret, une fois de plus".

Les condamnés à mort ne sont prévenus de leur exécution que juste avant et les autorités attendent qu'elles aient été accomplies pour les annoncer publiquement.

"A ce rythme, nous ne pouvons nous empêcher de penser qu'il y aura énormément d'exécutions cette année, ce qui va complètement à l'encontre de la tendance mondiale à l'abolition de la peine de mort et constitue une honte pour le Japon
", a ajouté M. Teranaka.

Amnesty International a précisé que deux des exécutés avaient été acquittés en première instance avant d'être condamnés.

L'un d'entre eux, Kaoru Okashita, 61 ans, avait été condamné pour le meurtre de deux personnes il y a vingt ans, dont une vieille dame de 82 ans avec qui il était en conflit de propriété. Il s'était lancé depuis sa cellule dans l'écriture d'une forme de poésie japonaise traditionnelle en 31 syllabes, le tanka. Ces poèmes lui avaient permis d'exprimer ses remords et de faire état de sa condition de condamné attendant l'exécution.

Amnesty International a précisé que parmi les deux autres exécutés, l'un avait protesté de son innocence jusqu'à sa mort alors que l'autre aurait pu être reconnu comme irresponsable sur le plan pénal en raison d'une déficience mentale.

Outre M. Okashita, les trois autres pendus étaient Masahito Sakamoto, 41 ans, condamné pour avoir violé et tué une lycéenne, Katsuyoshi Nakamoto, 64 ans, pour avoir tué un bijoutier et sa femme afin de les voler, et Masaharu Nakamura, 61 ans, pour avoir tué deux hommes en empoisonnant leurs boissons.

C’est la troisième série d’exécutions depuis le début du mandat de l’actuel ministre de la Justice Kunio Hatoyama, qui voudrait rendre les exécutions automatiques une fois la procédure d’appel terminée. En septembre 2007, il a annoncé son intention de supprimer la règle figurant au Code de procédure pénale qui prévoit une signature du ministre de la Justice pour toute exécution.

« Nous avons examiné un certain nombre de facteurs pour procéder aux exécutions de façon méthodique, au lieu de réfléchir aux délais » entre condamnation et exécution, a déclaré Kunio Hatoyama.

Un dossier complet sur la peine de mort au Japon

Le Japon a exécuté neuf personnes en 2007 et plus d’une centaine sont actuellement en attente de leur exécution. La peine de mort a été confirmée dans au moins 23 affaires en 2007 – le nombre le plus élevé depuis 1962. Les exécutions au Japon se déroulent généralement en secret et ni les prisonniers ni leurs familles ne sont informés de la date ; les prisonniers ne sont prévenus que quelques heures avant leur exécution.

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

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