Articles avec #cinema tag

Publié le 27 Novembre 2014

Léviathan, cet excellent film présenté à Cannes pose des questions qui dépassent la Russie de Poutine, il pourrait se situer dans de nombreux États du Monde. Andrei Zvyagintsev réussit une œuvre qui parle des impasses de notre époque, à la hauteur de références universelles. Léviathan, le monstre annonciateur de chaos, l'emporte et règne en maître, désormais, sur un pays sans âme, mais qui pourrait être le nôtre si nous ne restons pas vigilants. Méfions nous des admirateurs de Poutine en France, Marine Le Pen en tête, mais aussi Thierry Mariani, JL Mélenchon ou JP Chevènement.

Leviathan se situe tout de suite dans un ailleurs lointain, aux confins des espaces immenses d’une Russie vaste comme deux fois les Etats-Unis. Dans ces paysages quasi lunaires, désertiques, sombres, même en été, au bord d’une mer de Barents baignant des squelettes de baleines et de bateaux, vivent le garagiste Kolia, sa femme Lilya et Roma, son fils adolescent rebèle issu d’un précédent lit. Les jours s’écoulent, entre problèmes familiaux ordinaires, discussions de voisinage et consommation de vodka.

Mais le maire corrompu cherche à s'emparer de leur propriété, la maison et l'atelier. Pour lui échapper, Kolia a fait appel à Dmitri, l'un de ses anciens amis de l'armée maintenant avocat à Moscou, qui a rassemblé un dossier à charge contre le maire. Les Russes ont un sens exacerbé de la faute, la culpabilité traverse leur vie et surtout, leur cinéma. En même temps que leur vodka chérie, les personnages de Léviathan avalent leur médiocrité et leur impossibilité de s'en extraire.

Pour l'emporter sur le maire expropriateur, Dmitri ne compte pas sur la justice, elle donne toujours raison aux puissants, mais sur le chantage. Grâce à un ami haut placé, l'avocat a constitué un gros dossier à charge : la liste des magouilles, pots-de-vin et extorsions exercés par l'élu et ses collaborateurs, aussi corrompus que lui. Mais Moscou est loin et le maire sait bien que l'appui de l'évêque orthodoxe du secteur est plus important pour lui qu'un lointain oligarche. Se servir du mal pour faire triompher le bien est à la fois très russe et très dangereux. Outré et furibard, le maire semble consentir à un compromis. Mais il a, habilement, dans sa manche, la loi formelle et cette Eglise orthodoxe toujours aux ordres du pouvoir. Aujourd'hui comme hier, politiques et popes s'entendent pour mêler le profane au spirituel et pour utiliser Dieu à leur guise dans ce pays voué au crime sans châtiment.

La vodka est omniprésente dans ce film. Tout le monde picole, du matin au soir, les petits et les grands, les hommes et les femmes. Ils noient dans la vodka leur mal-être et leurs remords d'être devenus ce qu'ils sont. Au tournant du film, Kolia, l'exproprié, et le maire expropriateur se font face, comme dans un western. Mais leur duel est grotesque, ils sont ivres tous les deux, ils basculent, ils chancellent, ils titubent tout en s'insultant. Ce n'est pas à qui tuera le premier, mais à qui s'écroulera le dernier.

Dans une scène très réussie, le groupe des amis de Kolia se réunit, un week-end, pour une séance de tir. Une fois détruites les bouteilles, les cibles sont les portraits de leurs dirigeants d'autrefois : Lénine, Brejnev, Gorbatchev. « Où sont les plus récents ? » demande l'un des participants. « On n'a pas encore le recul historique », réplique un autre.

Ils n'y a pas de juste, ni de pur dans ce film. Le front uni contre le maire se délite rapidement, à la suite d'une altercation entre les amis Kolia et Dmitri provoquée par la jalousie autour de Kolya. Même si Kolya n'est pas innocente, elle est la véritable héroïne du film. Douce, attentive, et bientôt résignée, celle par qui le scandale arrive le paiera très cher, grande victime de toute cette destinée implacable. Le réalisateur en fait, pourtant, le seul être mystérieux et digne dans cette foule d'êtres veules. Capable d'agir quitte à expier et de créer, aussi, avec celui qu'elle a trompé et qui continue de l'aimer, un lien étrange, profond. Comme une confiance qui persisterait au-delà de la souffrance.

Leviathan, un film noir et fort

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

Repost 0

Publié le 19 Novembre 2014

Dans le cinéma de François Ozon la sexualité, l'ambiguïté, l'ambivalence et la subversion des normes sociales ou familiales sont ses thèmes privilégiés. Son nouveau film Une nouvelle amie n'échappe pas à la règle. Avec une fin qui va faire bondir la Manif pour tous.

Claire vient de perdre Laura, sa meilleure amie d'enfance, morte trop jeune, quelques jours après avoir mis au monde une fille. Eplorée, elle tombe dans une profonde dépression. Elle renoue avec David, le mari de son amie. Avec Gilles, son époux, elle le retrouve pour un dîner. Elle se rend à l'improviste au domicile de celui-ci et franchit la porte d'entrée, restée opportunément ouverte.La jeune femme découvre, dans le salon, donnant le biberon à sa fille, David travesti en femme. Abasourdie, horrifiée, Claire écoute David lui expliquer et se justifier. Sa femme, Laura était au courant. mais il lui précise qu' il n'est pas gay, coucher avec un homme ne lui viendrait pas à l'esprit. Au contraire, ce sont les femmes qui l'attirent, elles lui plaisent même tellement qu'il rêve d'en devenir une, de temps en temps. Il aime sentir sur sa peau une robe qui glisse, des bas remonter sur ses cuisses, un eye-liner lui souligner le regard.

Sans trop savoir pourquoi, sans même avoir conscience de l'accepter, Claire cache cette nouvelle à son mari. Elle accepte, aussi, de revoir David. De l'entendre, de le comprendre. De parler perruques et colifichets, et même de faire, avec lui, du shopping entre filles. A cette créature blonde, un peu vulgaire, mais plus glamour qu'elle ne l'a jamais été, Claire a même trouvé un prénom : Virginia. «Je suis femme.» Virginia envoie ce texto à Claire. La phrase, imprécise, résume le trouble identitaire du personnage incarné par Romain Duris.

Dans son film, le réalisateur persiste dans la description d’un univers clos, angoissant, mais surtout générique. Les maisons où vivent David-Virginia ou Claire sont des villas sans qualification architecturale précise, le centre commercial qu’elles visitent est dépourvu de tout indice géographique, et la propriété familiale qui sert de refuge d’un week-end ne pourrait être résumée qu’à la dénomination courante de manoir bourgeois de l’Europe occidentale. Cette imprécision constante est évidemment voulue par François Ozon qui a tourné une partie du film au Canada pour avoir une architecture sans grande particularité, pour donner l’impression que l’on n’est pas vraiment en France.

Ozon balise et élimine les fausses pistes, il filme une série de possibilités comme des trompe-l'oeil : un banal désir freudien pourrait expliquer le comportement de David, mais sa mère voulait bien un garçon. une attirance morbide pour son amie pousserait Claire à s'éprendre de son reflet, revenu d'entre les morts, comme dans Sueurs froides, de Hitchcock, mais aucun fétichisme ne se déclenche lorsqu'elle revoit la chambre de Laura. David pourrait n'être qu'un homosexuel refoulé, amoureux fou du beau mari de Claire, mais une scène de douche nie cette hypothèse. L'étrange famille que l'on voit s'éloigner à la fin du film ne prône rien, n'attaque personne, ne défend que son droit à l'existence, exilée, fragile, friable mais elle-même.

Et là, la Manif pour tous explose, Une fille, un papa et une maman enceinte du papa, mais le papa outrageusement maquillée, perruque et talon haut.

Une nouvelle amie de François Ozon

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

Repost 0

Publié le 21 Octobre 2014

Courez voir Bande de filles film français réalisé par Céline Sciamma,

Le film commence sur une musique pop-électro, signée Para One, Des filles à la peau noire et aux épaules de déménageurs labourent un terrain de sport, football américain, violemment éclairé. De retour du stade, les filles circulent en groupe dans leur cité. Progressivement, la bande chahuteuse, parlant fort, se délite : les unes après les autres, elles rentrent chez elles, de plus en plus isolées et vulnérables. Au fur et à mesure que se défait la troupe, le silence se fait. Et les grappes de mecs qui les regardent passer, assis sur les rambardes ou les escaliers, prennent soudain l’air inquiétant de prédateurs prêts à bondir.

Marieme, 16 ans, en échec à l’école, mère de substitution à la maison, s’occupe de ses petites sœurs en essayant de passer entre les coups de son grand frère. Jusqu’au jour où elle rencontre trois filles, bien décidées à ne pas se laisser dicter de lois, des bagarreuses, des enjôleuses, des drôlesses, qui soignent leur style et balancent leurs répliques avec une rage joyeuse. Pour cette bande de filles à la féminité explosive, tout vaut mieux que les rôles qu’on leur assigne : être des « filles bien », épouses cloîtrées trimant dur comme leurs mères. Et tant pis si elles courent le risque de se faire traiter de « putes » parce qu’elles ont osé coucher.
Nouvelle vie, nouvelles amies, nouveau nom (« Vic »), nouveaux codes vestimentaires. C’est cette mue que saisit Céline Sciamma, qui filme avant tout des états transitoires, des métamorphoses profondes et superficielles, autant d’étapes entre l’enfance et l’âge adulte. Visiblement fascinée par ses sujets, adolescentes découvertes au cours d’un casting sauvage, Céline Sciamma enregistre leurs rituels, filmés comme des plages visuelles et sonores déconnectées de toute progression dramatique. Par exemple cette belle scène où les filles s’enferment dans une chambre d’hôtel, se maquillent et s’habillent pour chanter et danser toute la soirée devant la télévision. Le rapport à l’image et à leur image joue un rôle important chez ces filles, sans cesse en représentation, qui se filment en train de s’amuser mais aussi de se battre, lors de duels organisés entre bandes rivales.
D’une virée shopping au Forum des Halles aux bastons rituelles à ciel ouvert, d’une séance de danse hip hop sur le parvis de la Défense aux soirées clandestines dans une chambre d’hôtel, la cinéaste capte merveilleusement leur énergie frondeuse.

Sciamma filme ses personnages en mouvement, qu’ils marchent, dansent, se battent. Particulièrement emblématique de ce parti pris, une scène va faire parler d’elle : dans une chambre d’hôtel, les donzelles maquillées et sapées se mettent à chanter et danser sur Diamonds, de Rihanna. Sciamma les filme comme elles se rêvent, dans le défouloir secret d’une soirée entre filles : en princesses pop et sexy, émouvantes reines du dancefloor.


Céline Sciamma capte ce mélange d’enfantillage et de violence, la tentation de la délinquance et aussi la montée du désir chez son héroïne qui devient femme. L’emploi du cinémascope relève d’un évident désir de cinéma, comme ses plans d’ensemble nocturne sur la ville, nappés de rock synthétique, ou la formidable scène d’ouverture qui place d’emblée le film sur le terrain d’un imaginaire américain. Pointe également, au diapason du look très élaboré et fortement sexué des jeunes filles, tout en extensions capillaires, un séduisant fétichisme cinématographique, gros plans d’yeux et de bouches, ou cette perruque peroxydée et ces escarpins rouges sur un tapis de la même couleur.
Tout au long du film la réalisatrice donne le sentiment d’être en prise directe avec une réalité ultra-contemporaine et la sensation d’avoir posé le pied dans un territoire de fiction presque exotique. .
Sur le sort des filles « des quartiers », la réalisatrice ne dit au fond rien de nouveau. Le déterminisme, l’archaïsme des interdits, le poids social et familial, Mais en faisant d’elles des personnages, des vrais, elles leur donnent vie comme rarement on l’a vu au cinéma. Inventive, volontaire, dynamique, sa mise en scène semble leur insuffler tout ce dont les prive leur réalité, sociale et politique. La conclusion du film est sans beaucoup d'espoir pour Marieme, après avoir déserté l'école, refusé un travail de femme de ménage, réfuter l'idée d'un mariage avec un copain, pourtant assez tranquille, elle déserte le milieu du trafic de drogue dans lequel elle était tombée. Pas de réelle piste, mais la fin de l'histoire reste ouverte.

Bande de filles

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

Repost 0

Publié le 18 Octobre 2014

À voir dès sa sortie:

Bande de filles de Céline Sciamma, sorti en salles 22 octobre 2014.

Le film commence sur une musique pop-électro, signée Para One, Des filles à la peau noire et aux épaules de déménageurs labourent un terrain de sport, football américain, violemment éclairé. Elles s’affrontent sans ménagement avec la tenue adaptée, casque de protection sur la tête, épaulettes et genouillères. De retour du stade, les filles circulent en groupe dans leur cité. Progressivement, la bande chahuteuse, parlant fort, se délite : les unes après les autres, elles rentrent chez elles, de plus en plus isolées et vulnérables. Au fur et à mesure que se défait la troupe, le silence se fait. Et les grappes de mecs qui les regardent passer, assis sur les rambardes ou les escaliers, prennent soudain l’air inquiétant de prédateurs prêts à bondir.

Marieme, 16 ans, est l’une de ces ados, silhouette féline, nattes africaines, œil de biche. En échec à l’école, mère de substitution à la maison, elle s’occupe de ses petites sœurs en essayant de passer entre les coups de son grand frère. Jusqu’au jour où elle rencontre trois filles, bien décidées à ne pas se laisser dicter de lois, des bagarreuses, des enjôleuses, des drôlesses, qui soignent leur style et balancent leurs répliques avec une rage joyeuse. Pour cette bande de filles à la féminité explosive, tout vaut mieux que les rôles qu’on leur assigne : être des « filles bien », épouses cloîtrées trimant dur comme leurs mères. Et tant pis si elles courent le risque de se faire traiter de « putes » parce qu’elles ont osé coucher.

Nouvelle vie, nouvelles amies, nouveau nom (« Vic »), nouveaux codes vestimentaires. C’est cette mue que saisit Céline Sciamma, qui filme avant tout des états transitoires, des métamorphoses profondes et superficielles, autant d’étapes entre l’enfance et l’âge adulte. Visiblement fascinée par ses sujets, adolescentes découvertes au cours d’un casting sauvage, Céline Sciamma enregistre leurs rituels, filmés comme des plages visuelles et sonores déconnectées de toute progression dramatique. Par exemple cette belle scène où les filles s’enferment dans une chambre d’hôtel, se maquillent et s’habillent pour chanter et danser toute la soirée devant la télévision. Le rapport à l’image et à leur image joue un rôle important chez ces filles, sans cesse en représentation, qui se filment en train de s’amuser mais aussi de se battre, lors de duels organisés entre bandes rivales.

D’une virée shopping au Forum des Halles aux bastons rituelles à ciel ouvert, d’une séance de danse hip hop sur le parvis de la Défense aux soirées clandestines dans une chambre d’hôtel, la cinéaste capte merveilleusement leur énergie frondeuse. Bande de filles est un film physique. Corps souples, athlétiques, luisants, galbés. Sciamma filme ses personnages en mouvement, qu’ils marchent, dansent, se battent. Particulièrement emblématique de ce parti pris, une scène va faire parler d’elle : dans une chambre d’hôtel, les donzelles maquillées et sapées se mettent à chanter et danser sur Diamonds, de Rihanna. Sciamma les filme comme elles se rêvent, dans le défouloir secret d’une soirée entre filles : en princesses pop et sexy, émouvantes reines du dancefloor.

Céline Sciamma capte ce mélange d’enfantillage et de violence, la tentation de la délinquance et aussi la montée du désir chez son héroïne qui devient femme. L’emploi du cinémascope relève d’un évident désir de cinéma, comme ses plans d’ensemble nocturne sur la ville, nappés de rock synthétique, ou la formidable scène d’ouverture qui place d’emblée le film sur le terrain d’un imaginaire américain. Pointe également, au diapason du look très élaboré et fortement sexué des jeunes filles, tout en extensions capillaires, un séduisant fétichisme cinématographique, gros plans d’yeux et de bouches, ou cette perruque peroxydée et ces escarpins rouges sur un tapis de la même couleur.

Sur le sort des filles « des quartiers », la réalisatrice ne dit au fond rien de nouveau. Le déterminisme, l’archaïsme des interdits, le poids social et familial, Mais en faisant d’elles des personnages, des vrais, elles leur donnent vie comme rarement on l’a vu au cinéma. Inventive, volontaire, dynamique, sa mise en scène semble leur insuffler tout ce dont les prive leur réalité, sociale et politique. La conclusion du film est sans beaucoup d'espoir pour Marieme, après avoir déserté l'école, refusé un travail de femme de ménage, réfuter l'idée d'un mariage avec un copain, pourtant assez tranquille, elle déserte le milieu du trafic de drogue dans lequel elle était tombée. Pas de réelle piste, mais la fin de l'histoire reste ouverte.

Bande de filles

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

Repost 0

Publié le 18 Octobre 2014

Geronimo, réalisé par Tony Gatlif, est cabossé, déjanté, mais généreux.

Le film démarre à 100 km/h par la fuite d'une adolescente d'origine turque, Nil Terzi, le jour de son mariage (forcé), avec un lointain cousin de sa propre communauté. Elle fuit en robe blanche et retrouve son amour, un jeune gitan d'une communauté adverse, Lucky Molina. Le frère de la jeune fille, Fazil, et le presque-marié sont prêts à laver son honneur dans le sang. Pompière toujours au four et au moulin, sprinteuse de choc, "Geronimo", une éducatrice sans cesse en mouvement, plongée dans cette vendetta entre communauté turque et gitane. tente d'éteindre le brasier des haines qui enflamme cette cité du Sud de la France.

Dix-septième film de Tony Gatlif ,"Geronimo" est un "Roméo et Juliette" ensoleillé, une tragédie solaire chorégraphiée à la "West Side Story" au credo clairement affiché.

Si le film s'attarde au début dans un réalisme qui sert à planter le décor, il déploie un naturalisme poétique qui donne lieu à de superbes scènes, la fuite de la mariée dans un champ, un long plan-séquence où une joute de hip-hop dans un hangar tourne à l'affrontement. Entre battles nocturnes et triples saltos sur fond de no man's-land, cris d'amour et accalmies où la musique tzigane devient un exutoire, la machinerie Gatlif tourne à plein régime. Le film se termine dans une force tragique et montre le symbolisme de son climax, quand deux hommes luttent enserrés dans une bâche de plastique qui rappelle la robe de mariée, matrice tragique du film.

Céline Sallette est extraordinaire dans ce rôle d'altruiste cabossée, de brindille hardie, de combattante, d' Apache aux yeux clairs.

Filmé caméra à l'épaule, ce qui donne une image en forme de précipité flou, multipliant les gros plans, "Geronimo" dégage une grande sensualité, qui trouve sa plus grande expression dans les yeux de braise des protagonistes haineux, qui aimantent littéralement le regard et cristallisent le drame façon western. "Géronimo" rend compte aussi de cette vie revenue à l'état de nature, rendue aux pulsions primitives, à la haine monomaniaque et aux pratiques moyenâgeuses (le mariage forcé), que dénonce ici Gatlif. Quelques séquences auraient gagné à être resserrées, ais, dans le paysage souvent formaté du cinéma français, la fougue de Gatlif, sa liberté et sa croyance dans la mixité, entre images et musiques, entre communautés, font du bien.

Geronimo, un film généreux

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

Repost 0

Publié le 8 Septembre 2014

Party Girl film original et passionnant sorti le 27 août 2014:

« Ma mère est une party girl », voilà en quels termes Samuel Theis commence son discours au public assistant à la cérémonie de clôture du Festival de Cannes. Il y reçoit, entouré des bras de ses acolytes Claire Burger et Marie Armachoukeli, la Caméra d’or récompensant leur premier long métrage, sans oublier l’autre récompense d’ensemble dans le cadre de la sélection d’Un Certain Regard. Party Girl est le résultat d’une réalisation familiale, inspirée par l’histoire personnelle de Samuel, coécrite à trois, et avec la complicité de tous, à commencer par les acteurs non-professionnels.

Angélique a la soixantaine, une vie passée à boire et à faire boire les hommes dans un cabaret à la frontière allemande. Michel, un gros, un doux, lui demande sa main. Elle hésite, parce que la fête, elle aime toujours ça, Angélique. Et puis, elle accepte : ce sera, au moins, l'occasion d'une grande réunion de famille. Car Angélique a trois enfants dont elle ne s'est pas trop occupée, mais qui l'aiment, plus une quatrième qu'on lui a retirée, jadis et qu'elle aimerait bien revoir.

C'est, plus ou moins transposée, l'histoire d'un des trois réalisateurs, Samuel Theis. C'est, d'ailleurs, sa mère, Angélique Theis-Litzenburger, qui interprète le rôle principal. Ils sont trois à avoir signé ce film. Avec Samuel, Marie Amachoukeli et Claire Burg.

Le travail des trois co-réalisateurs est un vrai travail d'équipe, sans aucune spécialisation de l'un ou de l'autre dans une tâche particulière. Ils écrivent avec précision chaque squence, mais laisse la place à l'interprétation des acteurs. La caméra saisit, en longs plans séquence, la vie tragi-comique de ces personnages, qui errent tous entre bons sentiments et mélancolie. Elle ne quitte presque jamais cette Angélique grandiose et pathétique, qui, par sa démesure, ressemble à une héroïne fellinienne.

À la fois cru et généreux, naturaliste et poétique, le film se situe sur un fil entre fiction et documentaire, sans gêne et avec même, de façon contradictoire, une certaine pudeur. Il se montre cruel lorsqu’il finit par devenir charnel. Party Girl relève le défi de ne pas ressembler à une émission de Strip-Tease tout en développant une force tragicomique du récit. Si Samuel Theis avoue avoir eu honte, durant son enfance, des manières et du look de sa mère, il lui rend un hommage émouvant en lui accordant le rôle principal de son premier film, pour dresser le portrait d’un personnage complexe et nostalgique.

L’attachement des trois réalisateurs pour leurs personnages souvent marginaux leur permet de les approcher et de mieux les filmer dans leur milieu de vie. Ils les représentent sans vulgarité ni complaisance au point de les rendre davantage vraisemblables et généreux. Ils circulent entre la boîte de nuit et la commune de Forbach en Moselle, deux espaces respectivement anxiogènes et lugubres en raison de difficultés économiques et sociales. Il en résulte une photographie terne parfois distillée dans des néons colorés : Party Girl est visuellement très abouti. On admire le style et l’ambiance dès le générique de début.

Party Girl

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

Repost 0

Publié le 6 Mars 2014

L'un des plus grands auteurs du cinéma français vient de nous quitter. Alain Resnais est mort. Il venait d'obtenir l'Ours d'argent au Festival de Berlin pour son film "Aimer, boire et chanter" qui sortira bientôt en salles.


Alain Resnais prenait son temps. En 70 ans de carrière, il réalise seulement 19 longs-métrages, mais chacune de ses œuvres apporte une innovation, une idée nouvelle au cinéma français, que ce soit sur le fond ou la forme. Il invente des genres cinématographiques, infatigable expérimentateur, renouvelleur de formes, explorateur des pouvoirs insoupçonnés du cinéma.

En 1966, avec la Guerre est finie, il collabore avec Jorge Semprun pour évoquer les doutes des derniers militants clandestins de la Guerre d'Espagne, 27 ans après sa fin officielle puis s'approche de la science-fiction avec Je t'aime, je t'aime (1968), qui mêle voyage dans le temps et introspection amoureuse, dans un décor kitsch de carton-pâte. Ce film aride et mal aimé du public contient le germe de "L'amour à mort " et de "La vie est un roman", sur le thème d'une éventuelle " deuxième chance" qui pourrait être offerte pour mieux aimer ceux que l'on regrette d'avoir négligé lorsqu'ils étaient présents.

Resnais explore de l'intérieur les voies de la création littéraire dans Providence (1977), qui lui vaut un premier César. Il joue à la fois sur le terme providence et sur la ville américaine Providence, lieu de naissance de Lovecraft, auteur de science-fiction qui inspire içi en partie sa réflexion. A travers un auteur vieux et malade qui imagine une histoire à partir de sa propre famille, Resnais montre les essais et les retouches d'un processus de création.
Un autre thème du film est une illustration critique et ludique de la psychanalyse, à travers sa représentation en direct et l'évocation des frustrations des personnages, aussi bien que ceux du spectateur. Plus généralement, la mémoire, sa façon de reconstruire et de déformer des expériences vécues ou fantasmées, sont l’enjeu indirect mais omniprésent de Providence.

Ensuite, ce sont les théories comportementales du neurobiologiste et éthologue Henri Laborit qui lui inspirent Mon oncle d'Amérique ( 1980), Grand Prix du Jury à Cannes. En comparant les humains aux rats cherchant leur chemin dans des labyrinthes truqués, Alain Resnais met beaucoup d'humour, avec l'aide de son scénariste Jean Gruault sous le sérieux de la thèse : sa curiosité est sans limite, son amusement, son goût de la facétie aussi.

La vie est un roman (1983), toujours avec comme complice Jean Gruault, se présente sous forme de trois récits imbriqués, dans la lignée des "films multiples" de Resnais qui abordent de façon ironique et ludique des thèmes profonds, comme la recherche du bonheur, l'éducation des enfants et le respect de leur imagination:
En 1919, dans son château, le comte Forbek propose à ses invités une expérience qui doit les conduire à un état de bonheur permanent. Le prix à payer est un enfermement total, l'oubli du passé et une rééducation des sens, en sélectionnant tout ce qui est harmonieux. Mais l'amour-passion incarné par Fanny Ardant fait exploser ce modèle.

En 1982, le même château est devenu un collège expérimental. Un colloque de chercheurs s’y réunit pour préciser les méthodes et moyens d’une éducation de l’imagination. Resnais pointe les contradictions entre les discours et les actes de ces enseignants chercheurs, et s'amuse des marivaudages propres à tout colloque.

A suivre

La vie est un roman, Fanny Ardant, André Dussolier

La vie est un roman, Fanny Ardant, André Dussolier

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Alain Resnais

Repost 0

Publié le 2 Mars 2014

L'un des plus grands auteurs du cinéma français vient de nous quitter. Alain Resnais est mort. Il venait d'obtenir l'Ours d'argent au Festival de Berlin pour son film "Aimer, boire et chanter" qui sortira bientôt en salles.

Alain Resnais prenait son temps. En 70 ans de carrière, il réalise seulement 19 longs-métrages et quelques courts métrages, dont les plus célèbres sont Loin du Vietnam et surtout Nuit et Brouillard.

Mais chacune de ses œuvres apporte une innovation, une idée nouvelle au cinéma français, que ce soit sur le fond ou la forme. Il invente des genres cinématographiques avec son équipe.

Son premier long-métrage est déjà un monument. Hiroshima mon amour (1959) : Une actrice française tourne un film pacifiste au Japon, elle a une brève liaison avec un architecte japonais, ils parlent, dans une chambre d’hôtel, dans un bar, dans la nuit. Elle parle d’elle, petite fille de Nevers qui a un jour, dans la France occupée, aimé un soldat allemand. Le souvenir des « dix mille soleils » d'Hiroshima, une ville entière soulevée de terre et réduite en cendres, le hante.

Ce film, comme Nuit et Brouillard, participe du devoir de mémoire et rappelle, même si cela peut paraître dérisoire par rapport aux souffrances des blessés d'Hiroshima, l'injustice qui a frappé, à la libération de Nevers, le soldat allemand, tué dans le dos et la Française, tondue, pour avoir été coupable d'amour.

En 1959, le ministre de la Culture, André Malraux, sélectionne le film pour le Festival de Cannes. La délégation américaine exige son retrait de la compétition. Car, à ses yeux, cette rencontre d'une jeune actrice française et d'un architecte japonais à Hiroshima, toujours traumatisée quinze ans après sa destruction par une bombe atomique, constitue une attaque frontale.
De Gaulle n'y est pas plus favorable, soucieux de ne pas faire de vagues alors qu'il vient de faire réaliser les premiers essais nucléaires. Le film est cependant projeté à Cannes, mais hors compétition, à l'extérieur du Palais, et à un horaire inhabituel.

La suite est somptueuse L'année dernière à Marienbad (1961), coécrit avec Alain Robbe-Grillet transpose le Nouveau Roman au cinéma.

Aussitôt après, Muriel ou le Temps d'un retour (1963) contourne la censure gaulliste pour évoquer, en filigrane, la torture et les violences perpétrées en Algérie.

A suivre...

 Emmanuelle Riva ; Eiji Okada dans Hiroshima, mon amour

Emmanuelle Riva ; Eiji Okada dans Hiroshima, mon amour

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Alain Resnais, #Hiroshima

Repost 0

Publié le 25 Février 2014

Un documentaire long (1h 40), non scénarisé, qui montre sans pathos le sort cruel, la vie en pointillé, la mort toute proche, de ces migrants (ici Iraniens, qui tentent de rejoindre l'Europe Occidentale.


Réalisation : Kaveh Bakhtiari
Musique : Luc Rambo
Durée : 100mn
Dates de sortie 19 Mai 2013 (Festival de Cannes , quinzaine des réalisateurs)
3 Juillet 2013 ( Festival International du Film de La Rochelle )
France 27 novembre 2013
Prix du Jury au Festival international du film francophone d
e Namur


Kaveh Bakhtiari présente son film :

Alors qu'un festival grec venait tout juste de m'inviter avec mon court métrage, La Valise, on m'informait qu'un membre de ma famille, que je n'avais pas revu depuis plusieurs années, avait quitté l'Iran. Depuis la Turquie, et sans se noyer, il avait réussi à rallier illégalement l'île de Samos où il avait finalement été cueilli par les douaniers grecs et incarcéré à Athènes. Moi, on m'invitait dans un hôtel pour parler de mon film, alors que lui, qui voulait juste transiter par la Grèce pour aller plus loin en Europe, était sous les verrous. Je l'ai finalement rejoint à sa sortie de prison. Il m'emmena alors dans son « lieu de vie » dans la banlieue d'Athènes, une buanderie aménagée en petit appartement où d'autres clandestins se terraient en attendant de trouver le moyen de quitter la Grèce. C'est ainsi que je me suis immergé dans la clandestinité, ou plutôt dans l'univers des clandestins, des destins suspendus et des passeurs.

Le film est né de ce lien personnel : En Grèce, le cousin du réalisateur devient son passeur, celui qui l’amène à rencontrer la communauté de l’escale. Au sein de ce groupe, le cinéaste occupe une position particulière : à la fois dedans et dehors. Il est Iranien d’origine mais immigré en Suisse, et se trouve ainsi de l’autre côté de la géographie de l’exil. Ce qu’il partage avec les migrants l’autorise à pénétrer dans leur quotidien, et permet à ces derniers d’accepter de s’exposer, non sans difficultés, au regard de sa caméra. Mais il travaille sa rencontre avec eux également à partir de son altérité, de ce qui fait de lui un étranger parmi eux, presque un migrant. C’est depuis cette position qu’il leur adresse ses interrogations sur leurs désirs, leurs espoirs, leurs visions de la vie et du monde.

Kaveh Bakhtiari raconte le quotidien de migrants clandestins qui partagent un lieu de vie passager, durant quelques mois, avant de reprendre leurs trajectoires séparées. Venus d’Iran, ils sont chacun bloqués à Athènes pour diverses raisons Ils attendent ce qui pourra les faire passer de « l’autre côté », contacts, papiers. En réalisant le portrait d’un groupe, Kaveh Bakhtiari fait la chronique de la détresse et de la solidarité qui animent chacun de ses membres. Filmer les clandestins, c’est faire apparaître la réalité d’une condition par définition invisible dans l’espace social. Tout l’enjeu du film est de faire voir et de faire sentir ce que la survie nécessite de cacher au jour le jour. Le dispositif cinématographique offre ici un espace de visibilité aux migrants, dans une temporalité et un espace qui les protègent. Par-là, le cinéma déjoue quelque chose de la violence quotidienne imposée aux clandestins ; celle qui consiste à ne pas être vu, à ne pas être reconnu en tant que soi-même, dans l’espoir, souvent vain, d’une existence meilleure.

 L'Escale, film documentaire de Kaveh Bakhtiari.

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #droits de l'homme

Repost 0

Publié le 25 Septembre 2013

Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des plaines) (titre en anglais : Jimmy P. (Psychotherapy of a Plains Indian) film français, réalisé par Arnaud Desplechin, tourné en anglais, présenté en compétition lors du Festival de Cannes 2013 et sorti en France en salle en 2013.

Analyse critique

Après la Seconde Guerre mondiale, Jimmy P., un vétéran nord-amérindien de la tribu des Pieds-Noirs est admis au Winter Veteran Hospital de Topeka au Kansas fondé par le psychiatre Karl Menninger. Alcoolique, en perte de repères ethno-sociaux, souffrant de maux de tête, d'absences et de crises d'angoisse incontrôlables qu'aucun médecin ne réussit à relier à une cause physiologique. Un accident survenu en France, traumatisme cranien à la suite d'une chute de camion ne semble pas expliquer ces troubles. Il est pris en charge par Georges Devereux, un ethnologue français originaire d'Europe centrale, spécialiste des cultures amérindiennes.

Rapidement, Georges Devereux écarte le diagnostic de schizophrénie et considère que son patient, qui sera le seul et unique durant des mois, souffre de problèmes psychologiques liés à la fois à ses origines familiales et ethniques, qui se sont déclarés à la suite du choc post-traumatique de la guerre. Élevé par une mère à forte personnalité et une sœur également directive, en l'absence de père, Jimmy P. est également en décalage social et culturel avec l'Amérique blanche. Au fil des séances quotidiennes de psychothérapie, se tissent des liens particuliers d'amitié entre le patient et le thérapeute qui s'attache à interpréter les rêves de Jimmy P. tout autant avec une dimension anthropologique, liée aux mythes indiens, qu'au travers de l'invariant universel freudien du complexe d'Œdipe. Petit à petit Jimmy P. prend conscience que ses rapports vis-à-vis des femmes sont ceux d'un homme dominé et lâche, ayant lui-même abandonné avant-guerre, sur un malentendu, sa compagne, Jane, morte depuis, alors enceinte de leur fille avec laquelle il n'a plus de contact depuis quinze ans. Grâce à Devereux, il entreprend un processus de guérison, qui aboutira à une proposition d'« adoption » de sa fille naturelle, mais également de questionnement sur sa foi et sa culture.

Pour la distribution, Arnaud Desplechin décide dès le départ de confier le rôle de Georges Devereux à Mathieu Amalric. Avec ce duo d'acteurs presque excentrique, Desplechin tente de filmer ce qui est le plus difficile au cinéma : l'invisible. Juste le cheminement d'un esprit. Rien que le parcours de l'ombre vers la lumière. Tout repose sur sa mise en scène, splendide, intense dans l'épure. Il lui suffit de quelques changements d'angle dans les conversations du médecin avec son patient pour laisser deviner les fils embrouillés de leurs personnalités. Le reste du temps, Desplechin filme un cheminement. Le lien qui se tisse, peu à peu, entre ces deux êtres s'aidant l'un l'autre. Toute la morale de Desplechin repose sur la fraternité : on va mieux si l'on progresse ensemble. Pour l'essentiel, les deux hommes s'écoutent, regardent, vont au cinéma, et c'est de leurs confidences chuchotées que naît la vérité : « J'ai toujours été celui qui laisse mourir une femme », murmure Jimmy P. Et puis il y a Madeleine, l'amie du psy. Mariée à un autre qu'elle aime aussi, comme dans Jules et Jim, elle vient le voir à Topeka. C'est évidemment la sensibilité de François Truffaut que Desplechin évoque lorsqu'il filme, entre cet homme et cette femme, des moments tendres, sensuels et nostalgiques, puisque comptés. Rien ne dure, dans la vie, mais le film est une ode à cette complicité qui unit les êtres et perdure après leur séparation.

Mais la guérison n’est rien d’autre que la possibilité d’une rechute, un accord précaire entre la vie et le monde. Le récit d’une psychanalyse ne peut avoir de fin certaine. Jimmy et Devereux ont chacun leur nom secret, d’Indien Pikuni et de Juif hongrois exilés parmi les peuples, venus des plaines de deux continents. La révolte contenue de ces “sauvages” qui survivent à l’extermination parcourt le domaine inquiétant des symptômes pour fraterniser dans la langue d’un pays de fiction. Desplechin, analyste et chaman, malade et guéri, découvre en visitant ce territoire la vérité provisoire et paradoxale de son cinéma, c’est le doute qui redonne confiance dans le monde.

Distribution

Fiche technique
  • Titre : Jimmy P. (Psychothérapie d'un Indien des plaines)
  • Titre international : Jimmy P. (Psychotherapy of a Plains Indian)
  • Réalisation : Arnaud Desplechin
  • Scénario : Arnaud Desplechin en collaboration avec Julie Peyr et Kent Jones, adapté de Psychothérapie d'un indien des plaines de Georges Devereux
  • Photographie : Stéphane Fontaine
  • Montage : Laurence Briaud
  • Musique originale : Howard Shore
  • Producteurs : Pascal Caucheteux et Grégoire Sorlat
  • Productrice exécutive : Jennifer Roth
  • Société de production : Why Not Productions, Wild Bunch, France 2 Cinéma, Orange Studio, Le Pacte
  • Langue originale : anglais
  • Durée : 116 minutes
  • Dates de sortie : 18 mai 2013 (Festival de Cannes 2013, compétition officielle)
    • France : 11 septembre 2013


Jimmy P. d'Arnaud Desplechin

Voir les commentaires

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma, #Arnaud Desplechin, #psychanalyse

Repost 0