Takashi Murakami au château de Versailles

Publié le 4 Novembre 2010

Plus que quelques jours pour découvrir le génie de Murakami au Château de Versailles. Il expose du 14 septembre au 12 décembre 2010, Grands Appartements et Galerie des Glaces, plus une sculpture en extérieur au parterre d'eau.

 

Murakami déclare
« Pour un japonais, y compris moi, le Château de Versailles est l’un des plus grands symboles de l’histoire occidentale. C’est l’emblème d’une ambition d’élégance, de sophistication et d’art dont la plupart d’entre nous ne pouvons que rêver. Bien sûr nous comprenons que l’étincelle qui a mis le feu aux poudres de la révolution est directement partie du centre du bâtiment.
Mais, sous de nombreux aspects, tout est transmis à travers un récit fantastique venant d’un royaume très lointain. Tout comme les français peuvent avoir du mal à recréer dans leur esprit une image exacte de l’époque des Samouraïs, l’histoire de ce palais s’est étiolée pour nous dans la réalité. Donc, il est probable que le Versailles de mon imagination corresponde à une exagération et à une transformation de mon esprit jusqu’au point d’être devenu une sorte de monde irréel à part entière. C’est ce que j’ai essayé de saisir dans cette exposition
. »

 

Je suis le chat du Cheshire qui accueille Alice au pays des merveilles avec son sourire diabolique, et bavarde pendant qu’elle se balade autour du Château. D’un sourire enjoué, je vous invite tous à découvrir le pays des merveilles de Versailles.

Takashi Murakami présente 22 pièces dont 11 ont été créées pour l’événement en accord avec la salle où elles sont posées ; une seule est dans le jardin.

 

Plus encore qu’avec Jeff Koons ou Xavier Veilhan, cette exposition est une splendeur à la hauteur du lieu.

Les pièces s’intègrent bien dans les salles et respectent le lieu ; elles sont délicates, précieuses, nuancées dans leurs matières et leurs couleurs ; outre le fait que Takashi Murakami est un artiste très précis et familier des matériaux précieux, il est aussi bien conscient de l’enjeu de Versailles : "c’est l’un des plus grands symboles de l’histoire occidentale, emblème d’une ambition d’élégance, de sophistication et d’art".

 

Un aspect intéressant est la rencontre des mythologies : les allégories et autres mythes versaillais dialoguent avec ces créatures oniriques inspirées de l’art traditionnel japonais.

Des protestations sont venues de cercles d’extrême-droite intégristes et de cercles très conservateurs. Ces tristes individus voudraient faire de Versailles un reliquaire de la nostalgie de la France de l’Ancien Régime, d’une France repliée sur elle-même et hostile à la modernité. La pétition a été lancée par Anne Brassié, une Versaillaise nostalgique de la collaboration qui a écrit notamment un livre sur Robert Brasillach.

 

 

Takashi Murakami est né à Tokyo en 1952..

Il vit et travaille à Tokyo.

Takashi Murakami fait ses études à la Tokyo University of Fine Arts and Music (département peinture, 1986-1993).

Sa première exposition personnelle a lieu en 1989. Depuis lors, il revendique la pratique d'un art japonais autonome, d'un "nouveau japonisme", qui ne soit pas imitation de l'art occidental. Représentant de la nouvelle culture japonaise, il est l’un des artistes japonais les plus populaires aujourd’hui.

 

Bien qu'inscrite en écho au Japon traditionnel de l'ère Edo, l'œuvre de Murakami est le reflet de la société contemporaine et de la nouvelle culture japonaise, imprégnée de l'imaginaire des mangas. Considéré comme l'un des chefs de file du néopop japonais, Murakami revendique l'héritage de Warhol et du pop art américain, tout en analysant la manière dont l'art japonais peut trouver une autonomie face au modèle occidental.

Il crée des sculptures monumentales, peintures, papiers peints, et autres objets. Ses œuvres puisent directement dans l'imagerie manga japonaise, qui est détournée et amplifiée sur des thèmes ou émergent des questionnements à première vue absents de l'aura kitsch et kawaii des bandes dessinées japonaises.

 

L'oeuvre de Takashi Murakami, par sa mièvrerie revendiquée, prend violemment à rebours nos goûts et notre sacralisation de l'art. Elle magnifie une sous-culture japonaise que nous cherchons désespérément à épargner à nos enfants lorsqu'elle s'incarne dans des dessins animés bêtifiants et agressifs.

 

Lors d'une exposition en 2002 à la Fondation Cartier, Takashi Murakami entend définir ainsi l'identité japonaise contemporaine. « Je voulais montrer à l'Occident, et surtout à la France, patrie des beaux-arts et de la culture d'élite, que nous avons délibérément choisi cette sous-culture si méprisée en Europe. S'il existe aussi un art d'élite au Japon, il fonctionne sur un complexe d'infériorité à l'égard de l'Occident. Nous devons cesser cette imitation qui nous tourne en ridicule, quand notre force créative s'exprime dans les productions les plus populaires. »

 

Kawai, le « mignon » est érigé en valeur. Quand Murakami raconte la genèse de ses oeuvres, cela commence toujours par « quand j'étais petit... » Au-delà du graphisme, cette fascination pour l'enfance s'exprime au Japon par la toute-puissante culture otaku, manière obsessionnelle de s'adonner à la lecture des mangas, à la construction de maquettes, aux collections diverses. Plus de 500 000 fans collectionneraient ainsi les figurines de Gundam, le héros intersidéral.

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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