MAC/VAL, et le "Corps Utopique" de Michel Foucault, Visite inventée

Publié le 25 Février 2013

Le 24 février 2013, au MAC/VAL, un évènement rare qui est à la confluence de l'Art contemporain, de la Philosophie, de la Performance collective et du Théâtre expérimental : Le collectif F71 guide une visite inventée de l’exposition "Vivement demain', sur le thème du "Corps Utopique" de Michel Foucault.

 

Extrait du texte de Michel Foucault servant de support à la visite et à la performance.

C’est le miroir et c’est le cadavre qui assignent un espace à l’expérience profondément et originairement utopique du corps ; c’est le miroir et c’est le cadavre qui font taire et apaisent et ferment sur une clôture - qui est maintenant pour nous scellée - cette grande rage utopique qui délabre et volatilise à chaque instant notre corps. C’est grâce à eux, c’est grâce au miroir et au cadavre que notre corps n’est pas pure et simple utopie. Or, si l’on songe que l’image du miroir est logée pour nous dans un espace inaccessible, et que nous ne pourrons jamais être là où sera notre cadavre, si l’on songe que le miroir et le cadavre sont eux-mêmes dans un invincible ailleurs, alors on découvre que seules les utopies peuvent renfermer sur elles-mêmes et cacher un instant l’utopie profonde et souveraine de notre corps.

Peut-être faudrait-il dire aussi que faire l’amour, c’est sentir son corps se refermer sur soi, c’est enfin exister hors de toute utopie, avec toute sa densité, entre les mains de l’autre. Sous les doigts de l’autre qui vous parcourent, toutes les parts invisibles de votre corps se mettent à exister, contre les lèvres de l’autre les vôtres deviennent sensibles, devant ses yeux mi-clos votre visage acquiert une certitude, il y a un regard enfin pour voir vos paupières fermées. L’amour, lui aussi, comme le miroir et comme la mort, apaise l’utopie de votre corps, il la fait taire, il la calme, il l’enferme comme dans une boîte, il la clôt et il la scelle. C’est pourquoi il est si proche parent de l’illusion du miroir et de la menace de la mort ; et si malgré ces deux figures périlleuses qui l’entourent, on aime tant faire l’amour, c’est parce que dans l’amour le corps est ici.

 

Vidéos:

 

 Première partie :


Seconde partie :

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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