Biennale de Lyon 2011

Publié le 17 Décembre 2011

Plus que quelques jours pour voir la 11e édition de la Biennale d'art contemporain de Lyon. Le thème retenu par la commissaire Victoria Noorthoorn est Une terrible beauté est née.


Victoria Noorthoorn a réuni tableaux, dessins, sculptures ou installations répondant à un vers du poète Yeats « Une terrible beauté est née ». Il ya relativement peu de photographies et de vidéos, ce qui repose de certaines autres expositions, mais on voit certaines formes artistiques rarement présentées dans des biennales d'art contemporain. Comme cette pièce de Beckett, par exemple, la plus éphémère du dramaturge. Breath dure le temps d'un souffle, porté sur une décharge installée au sol. On découvre aussi ici un très grand poète, le Brésilien Augusto de Campos, âgé de 80 ans, dont les calligrammes recouvrent les murs. On retient également Lynette Yiadom-Boakye, jeune Britannique dont les très beaux portraits d'hommes, de femmes et d'enfants, seuls ou en groupe, souvent en bord de mer, reprennent les codes de la peinture classique. Sauf que tous ses personnages sont Noirs.

Autant la Biennale de Lyon 2009 était pagailleuse et joyeuse, le commissaire ayant changé au dernier moment, autant l'édition 2011 est sérieuse et cohérente. La commissaire a associé chaque artiste à son accrochage, lui indiquant auprès de quelle autre pièce la sienne serait présentée. Sur le fond cette Biennale est éminemment politique. En témoigne un gigantesque silo en bois à ciel ouvert, surmonté de fils barbelés, imaginé par le Polonais Robert Kusmirowski. Il faut grimper un étage pour avoir une vue d'ensemble de ce qu'il contient : une bibliothèque dont de nombreux livres ont été jetés à terre et commencés à être brulés. Ainsi les installations du Néerlandais Michel Huisman. Pour N°84 (Document 2000 Hiroshima), il a enfermé dans une cage une peluche aux jambes coupées qui tient entre ses mains un compteur Geiger, et à qui on peut appliquer des décharges électriques, à l'aide de boutons situés sous la cage. Ou encore l'impressionnante installation de la tchèque Eva Kotátková qui présente une vaste Ré-education machine.


La part belle est faite aux artistes sud-américains ou africains comme le Brésilien Cildo Meireles dont La Bruja (La sorcière), installation de 3000 kilomètres de fil noir et mat, envahit tout un étage du MAC (Musée d'art contemporain) ou Tracey Rose, vidéaste sud-africaine, qui ose le grotesque et l'obscène pour dénoncer le sexisme en Occident depuis la Genèse. Même démesure apocalyptique avec Eduardo Basualdo de Buenos Aires: Le Silence des sirènes est une mare sanglante qui résume la planète menacée, aussi bien par la submersion que par l'épuisement des ressources naturelles.


Mais cette Biennale n'est pas parfaite, les salles du MAC sont parfois trop remplies d’œuvres purement auto-référentielles et hermétiques et de dessins en impasse et à La Sucrière l’attraction disneylandesque de Eduardo Basualdo n'est guère convaincante et la nonnette de Guillaume Bijl n’est guère plus qu’amusante. Pierre Bismuth ne se renouvelle pas beaucoup mais on remarque les vidéos poétiques de Julien Discrit et d'Aurélien Froment. La conclusion peut se situer dans le Sisyphe nu de Laura Lima, Puxador-Pilares, qui, harnaché et retenu par de grand élastiques, tente en vain d’avancer vers on ne sait où, droit dans le mur, allégorie du monde, ou de l’art peut-être.


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Laura Lima, Puxador

  • Commissaire : Victoria Noorthoorn
  • Directeur artistique : Thierry Raspail
  • Dates : du 15/09/2011 au 31/12/2011.

Les lieux:

De plus une centaine de centres d’art, galeries, institutions et collectifs s’associent en Résonance à la Biennale de Lyon. En particulier :

  • Le Plateau - Hôtel de Région, 1 esplanade François Mitterand, 69002 Lyon. Exposition Les Enfants Terribles sur le Lowbrow et le Pop Surréalisme.
  • Musée des Beaux-Arts de Lyon : Ainsi soit-il. Dans la collection du Musée des Beaux-Arts de Lyon certains chefs-d’œuvre sont mis en regard et en perspective avec des œuvres contemporaines de la Fondation Antoine de Galbert
  • Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne Métropole : Bertrand Lavier
  • Magasin-CNAC de Grenoble: Mai-Thu Perret : The Adding Machine

Plus de détails : Biennale de Lyon 2011

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Michel Huisman : N°84 (Document 2000 Hiroshima)

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Robert Kusmirowski Stronghold 2011


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Tracey Rose The Prelude The Gardenpath vidéo 2003

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Eva Kotatkova The Re-education Machine, 2011

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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