Beat Takeshi Kitano, comique et plasticien à la Fondation Cartier: Gosse de peintre

Publié le 13 Mars 2010

Takeshi Kitano , réalisateur, scénariste,  aussi connu sous le nom de Beat Takeshi comme acteur, est un personnage hors du commun, célèbre dans le monde entier pour ses films, il jouit au Japon d’une popularité sans égale en tant que comique et homme de télévision. Curieux de tout, passionné par la connaissance et sa transmission, il change de domaine et de vocabulaire avec autant d’aisance que de sérieux.

Kitano a écrit plus de cinquante livres de poésie, des critiques de films et plusieurs romans, dont quelques-uns ont aussi été adaptés dans des films par d'autres réalisateurs.

Kitano est aussi célèbre pour quatre jeux vidéo sortis sur le Nintendo Famicom (NES) incluant Takeshi no Chosenjo (le Défi de Takeshi), un jeu absurde et parodique par la Société Taito.


Il est aussi devenu un hôte populaire de télévision. Takeshi's Castle est un jeu télévisé diffusé depuis les années 1980 par Kitano et qui possède un style de grosses farces de concours physiques. Plus récemment, il a programmé
Koko ga hen da yo, nihonjin (  "Peuple du Japon, cela n'a aucun sens!"), un talk show dans lequel un grand panel d'étrangers parlant le japonais débattent des questions actuelles de la société japonaise.

Plasticien, il réalise également des peintures, présentes en grand nombre dans son film Hana-Bi, ainsi que des sculptures.

Sa première véritable exposition personnelle est organisée en France:  «Beat Takeshi Kitano : Gosse de peintre» à la
Fondation Cartier, du 11 mars au 12 septembre 2010. “Avec cette exposition, j’ai sans doute voulu donner une autre définition au mot « art », qui soit moins conventionnelle, moins snob, plus décontractée et accessible à tous.

C’est avec plaisir, humour et sérieux que Beat Takeshi Kitano s’est lancé dans
Gosse de peintre, un projet singulier qui s’installe avec finesse et impertinence dans le monde de l’enfance. Avec des peintures, des vidéos, mais aussi des objets insolites, des décors, des machines fantasques et sensationnelles, Beat Takeshi Kitano conduit le visiteur de surprise en gag, de jeu en leçon de choses, se moquant de l’art contemporain, s’amusant avec l’histoire et les sciences et se jouant des clichés associés à son pays, le Japon, comme les 500 poupées daruma qui ornent les plafonds de la fondation. Deux motifs marquent son œuvre : sa fascination teintée de nostalgie pour le monde de l’enfance et son rapport à l’image, fondamental pour sa démarche créative et qui s’illustre par une production prolifique de peintures, souvent présentées dans ses films.

En créant Gosse de peintre, un projet kaléidoscopique dont la dimension autobiographique est évidente, Beat Takeshi Kitano prend à contre-pied les principes mêmes de l’exposition. Invitant les visiteurs à interagir et participer, il transforme le musée en parc d’attractions dans lequel il fait entrer tous les mondes de Beat Takeshi Kitano. La culture populaire et la réflexion scientifique, l’imaginaire, la satire, la tradition, la pédagogie, le beau et le kitsch s’y côtoient en un ensemble à la fois hétéroclite et complémentaire.







Son exposition permet de découvrir sa théorie sur la disparition des dinosaures, des exercices mathématiques, des métaphores scientifiques ou encore des (faux) documents et plans secrets de l’armée impériale japonaise. Des poissons transgéniques déjà garnis de délicieux sushi y croisent des chimères et animaux imaginaires. Une gigantesque machine à coudre tourne à grand bruit pour confectionner un ruban dérisoire, se faisant ainsi la métaphore ironique de l’art contemporain. Le visiteur passe d’une attraction foraine à l’autre, du stand de gaufres au cabinet de curiosité sans oublier le théâtre de marionnettes, avant d’aller s’exercer à la peinture à travers des ateliers pour petits et grands.

La vidéo et l’image en mouvement occupent une place particulière dans l’exposition.  En exclusivité pour la Fondation Cartier, Beat Takeshi Kitano a tourné trois petits sketchs comiques qui s’attaquent avec humour aux clichés que les Occidentaux portent sur le Japon et présentent différents modes d’expérimentations picturales menées à grande échelle, faisant écho à son dernier long métrage Achille et la tortue.

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

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