Ahmed Basiony, artiste et martyr de la Révolution égyptienne

Publié le 24 Janvier 2012

Il y a un an, le 25 janvier 2011, la Révolution égyptienne prenait un tournant décisif avec la première occupation de la place Tahrir. Parmi les dizaines de morts de ces premiers jours de soulèvement figurait Ahmed Basiony, jeune musicien et plasticien contemporain égyptien

Ahmed Mohamed Basiony est né au Caire en 1978 .


Ahmed Basiony est diplômé de la Faculté d'art de l'Université de Helwan, en 1999, où il a ensuite travaillé comme professeur assistant dans le département de dessin et de peinture. Après avoir acquis son diplôme de maîtrise en potentiel créatif de l'art sonore numérique, il a réalisé une thèse de doctorat sur l'aspect visuel de programmation Open Source en relation avec les concepts de l'art numérique.


Ses premières peintures de grand format, dans un style expressionniste abstrait, lui ont valu le premier prix de peinture au Salon 2001 de la Jeunesse.

Fin 2001, son travail prend un tournant dans une direction plus expérimentale impliquant les nouveaux médias et les installations multimédias. En 2006, Basiony introduit le premier programme universitaire en art sonore expérimental en Egypte. Ce programme donnait aux étudiants une chance d'acquérir les compétences créatives permettant de percevoir les sons comme une matière première par rapport à l'imagination, ainsi que la méthodologie permettant de fusionner le matériel sonore avec des images virtuelles.


Basiony a ensuite participé à une exposition intitulée Le Corps invisible en Décembre 2009 au Palais Mawlawiyah avec une performance conceptuelle intitulée Système Symétrique, dans lequel il a couvert une grande partie de la scène au sol avec un matériau de caoutchouc mélangé avec des pigments pour simuler la peau humaine. Basiony apparaît sur scène vêtu d'un ensemble bleu, comme ceux des travailleurs des abattoirs. Basiony développe un dialogue surréaliste avec la surface en caoutchouc, pour ne former plus qu'un à la fin. Le travail fait allusion à la nature des relations contradictoires entre deux mondes différents qui veulent secrètement s'unir pour découvrir un langage commun à travers le corps virtuel.


Basiony a produit deux de ses projets artistiques majeurs en utilisant la programmation Open source. Le premier a duré trente jours pendant lesquels il courait sur place dans une pièce en verre placée dans les jardins de l'opéra du Caire. Dans cette installation, Basiony effectuait quotidiennement pendant une heure, vêtu d'un costume en plastique spécialement conçu pour ce projet, un jogging sur place. Sa tenue était munie de capteurs numériques pour calculer la quantité de sueur produite et le nombre de pas réalisés.


Le 28 Janvier 2011, Ahmed Basiony succombait à des blessures par balles infligées par des snipers des forces de police égyptiennes sur la place Tahrir.


Son dernier Tweet : J'ai beaucoup d'espoir si nous continuons comme ça. La police antiémeute m'a frappé. Néanmoins je vais redescendre demain. S'ils veulent la guerre, nous voulons la paix. Je veux juste essayer de regagner un peu de la dignité dans mon pays.

 

 


 


 


En juin 2011, la Biennale d'art contemporain de Venise, l'une des plus importantes au monde, lui rend hommage en lui consacrant la totalité du pavillon de l'Égypte.

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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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