La fonte rapide des glaciers du Khumbu au Népal

Publié le 10 Décembre 2008

L'impression visuelle de recul rapide des glaciers que l'on peut avoir en parcourant les montagnes du monde est confirmée par les études scientifiques les plus sérieuses.


Étudié par les glaciologues, la coïncidence temporelle du recul des glaciers avec l'augmentation mesurée des gaz à effet de serre atmosphériques est une preuve du réchauffement climatique du à des causes humaines. Les montagnes à mi-latitude telles que l'Himalaya sont les plus touchées. Les glaciers à des latitudes tropicales comme le Kilimanjaro risquent de disparaitre totalement

Pour la première fois, une équipe de chercheurs franco-italienne a pu réaliser dans l'Himalaya des mesures à plus de 5 000 m d'altitude. Les relevés ont été effectués au Népal à partir de la station de surveillance atmosphérique Nepal Climate Observatory, la plus haute du monde (5 079 m), située à proximité immédiate du glacier du Khumbu, au dessus du village de Lobuche .


"Nous ne nous attendions pas à ces résultats : ils témoignent de niveaux de pollution comparables à ceux de villes européennes", témoigne un chercheur.

L'étude met en évidence deux phénomènes inquiétants. Portée par les vents, la pollution des grandes métropoles d'Asie du Sud-Ouest peut parcourir des milliers de kilomètres et remonter jusqu'aux sommets élevés de l'Himalaya. Dans la zone de contact entre l'air propre issu des très hautes altitudes et les masses polluées venues des vallées, les chercheurs ont, de plus, recensé la formation de nouvelles particules de dimensions nanométriques qui amplifient la pollution.

"Le dioxyde de carbone est considéré comme l'ennemi numéro un dans la lutte contre le changement climatique, mais le système climatique est complexe et les études montrent de plus en plus que les particules atmosphériques sont aussi des acteurs importants du réchauffement", relèvent les chercheurs.


Au pied de L'Everest, vue générale de la partie médiane du Glacier du Khumbu
Au pied de L'Everest, vue générale de la partie médiane du Glacier du Khumbu


Avec ses 33 000 km2 de surfaces gelées, l'Himalaya est souvent désigné par les climatologues comme le "troisième pôle" après l'Arctique et l'Antarctique, même s'il n'a jusqu'à présent pas fait l'objet de la même attention.

Vue de la partie basse du Glacier du Khumbu ~5000m, , entièrement recouvert de moraines
Vue de la partie basse du Glacier du Khumbu ~5000m, , entièrement recouvert de moraines


Le Groupe international d'experts sur le changement du climat (GIEC) estime que de nombreux glaciers himalayens pourraient avoir disparu d'ici à 2035, avec des conséquences considérables pour l'ensemble de l'Asie centrale, où vit 40 % de la population mondiale. Les glaciers de la région de l'Himalaya sont tous dans une situation de recul. Le glacier du Khumbu a reculé de 5 km depuis 1953.. Le Dkriani Banark a reculé de 800 m de 1990 à 2000.

En dessous de Lobuche, vue sur la zone morainique désertique laissée par le recul récent, 5 km en 50 ans, du Glacier du Khumbu
Vue sur la zone morainique désertique laissée par le recul récent, 5 km en 50 ans, du Glacier du Khumbu


La liquéfaction des masses de glace crée, en aval, des lacs très nombreux et potentiellement dangereux pour les populations vivant sur les premiers contreforts et dans les vallées. Des débordements brutaux se sont déjà produits. Mais surtout le régime hydrologique des plus grands fleuves comme l'Indus, le Gange, l'Amou-Daria ou le Yangzi dépend étroitement du fonctionnement de cette "calotte" himalayenne.

"Dans un premier temps, l'eau libérée viendra gonfler leur débit puis, dans un second temps, l'inverse se produira, l'eau viendra à manquer et l'apport vital des glaciers, surtout pendant la saison sèche, fera défaut", explique Christian Vincent, du laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (CNRS) de Grenoble. Près de 1 300 millions de personnes pourraient être confrontées à des risques accrus de pénurie d'eau, selon le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Lacs glaciaires en formation ~4900m dans le Glacier du Khumbu
Lacs glaciaires en formation ~4900m dans le Glacier du Khumbu


Il ne reste plus qu'à souhaiter que le nouveau président Barack Obama exerce une rupture franche avec la politique autiste de GW Bush et que la crise économique actuelle de vienne pas entraver les efforts de la communauté internationale pour inverser cette tendance dont les preuves s'accumulent sous nos yeux


Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Montagne

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Shin 01/01/2009 23:55

Bonsoir,

Je souhaite une excellente année et une longue vie dans la blogosphère à tous les membres de ma communauté cinéphile !

Amicalement,

Shin.