19 mars 2012, la Guerre d'Algérie, 50 ans d'occultation

Publié le 19 Mars 2012

L'État français ne commémorera pas  officiellement lundi 19 mars le 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, l'État algérien non plus. Alors que moins de 20 ans après 1945, les Français et les Allemands savaient commémorer ensemble la fin de la seconde Guerre Mondiale.

La guerre d'Algérie se déroule de 1954 à 1962 et débouche sur l'indépendance de l'Algérie, colonie française de 1830 à 1848, puis partie intégrante du territoire de la République.

Cette « guerre » est surtout, sur le plan militaire, une guérilla. Elle oppose les forces françaises dans toute leur diversité, faisant cohabiter commandos de troupes d'élites (parachutistes, légionnaires), forces de maintien de l'ordre (gardes mobiles, CRS), appelés du contingent et supplétifs indigènes (harkis, moghaznis) aux troupes indépendantistes de l'Armée de libération nationale (ALN), branche armée du Front de libération nationale (FLN) d'encadrement politico-administratif (CNRA et CCE).

La "bataille d'Alger" (janvier-septembre 1957) est un des épisodes de la guerre dite de "pacification", durant lequel le général Massu anéantit la section algéroise du F.L.N., responsable de nombreux actes terroristes anti-colons à Alger. Durant cette période, de nombreux débats secouaient la métropole : des militants d'extrême-gauche et de gauche aidaient les membres du FLN et dénonçaient la torture, alors que des militaires dénonçaient les hésitations des hommes politiques et souhaitaient le retour de de Gaulle au pouvoir.

Militairement gagnée par la France en 1959 (opération Jumelles), elle est politiquement remportée par le mouvement indépendantiste en 1962. Elle se double d'une guerre civile et idéologique au sein des deux communautés, donnant lieu à des vagues successives d'attentats, assassinats et massacres sur les deux rives de la Méditerranée. Côté algérien, elle se traduit par une lutte de pouvoir qui voit poindre la victoire du FLN sur les partis algériens rivaux, notamment le MNA (Mouvement national algérien) et par une campagne de répression contre les harkis soutenant le statu quo du rattachement de l'Algérie à la République française.

Par ailleurs, elle suscite côté français l'affrontement entre une minorité active hostile à sa poursuite (mouvement pacifiste), une seconde favorable à la révolution (les « porteurs de valises »), et une troisième ralliée au slogan de l'« Algérie française » (Front Algérie Française, Jeune Nation, OAS). Cette guerre s'achève à la fois sur la proclamation de l'indépendance de l'Algérie le 5 juillet 1962 suite au référendum d'autodétermination du 1er juillet prévu par les accords d'Évian du 18 mars 1962, sur la naissance de la République algérienne le 25 septembre et sur le rapatriement du million de Français vivant en Algérie.

La Guerre d'Algérie reste longtemps un sujet tabou au cinéma en France: à l'exception de Jean-Luc Godard avec Le Petit Soldat (1963), interdit plusieurs années, il faudra attendre la fin des années 1960 pour que des films plus francs, plus nets, et accusateurs, signés par des cinéastes non français, apparaissent, comme La bataille d'Alger de l'italien Gillo Pontecorvo (tourné en 1966, interdit en Francejusqu'en 1970) ou Le vent des Aurès de Mohammed Lakhdar-Hamina.

Les films évoquant la guerre sont rares, plus rares encore les films français:

Ces films sont contemporains de la guerre

  • 1954 : Une nation, l'Algérie de René Vautier
  • 1958 : L'Algérie en flammes de René Vautier
  • 1960 : Le Petit Soldat de Jean-Luc Godard (sorti en salles en 1963 seulement)
  • 1961 : J'ai huit ans de Yann Le Masson documentaire de 8 mn
  • 1961 : Octobre à Paris de Jacques Panijel
  • 1961 : Les Oliviers de la justice de James Blue
  • 1961 : Le Combat dans l'île de Alain Cavalier

Après le conflit, seul Alain Resnais, Agnès Varda ou Jacques Rozier en France osent aborder le sujet, dans des films où la guerre est seulement évoquée de façon indirecte.

Des films comme Les parapluies de Cherbourg peuvent paraître bien éloignés de films comme ceux de Vautier, Boisset ou Drach, mais à l'époque, en 1964, il apparait qu'il était impossible d'aller plus loin dans le traitement de la guerre au cinéma.

À partir de 2000, la production devient plus abondante, comme si le temps était venu de lever enfin les tabous:


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Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

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LOUANCHI 27/09/2012 05:41

HARKIS LES CAMPS DE LA HONTE : lien vers http://www.dailymotion.com/video/xl0lyn_hocine-le-combat-d-une-vie_news
En 1975, quatre hommes cagoulés et armés pénètrent dans la mairie de Saint Laurent des arbres, dans le département du Gard. Sous la menace de tout faire sauter à la dynamite, ils obtiennent après
24 heures de négociations la dissolution du camp de harkis proche du village. A l'époque, depuis 13 ans, ce camp de Saint Maurice l'Ardoise, ceinturé de barbelés et de miradors, accueillait 1200
harkis et leurs familles. Une discipline militaire, des conditions hygiéniques minimales, violence et répression, 40 malades mentaux qui errent désoeuvrés et l' isolement total de la société
française. Sur les quatre membres du commando anonyme des cagoulés, un seul aujourd'hui se décide à parler.

35 ans après Hocine raconte comment il a risqué sa vie pour faire raser le camp de la honte. Nous sommes retournés avec lui sur les lieux, ce 14 juillet 2011. Anne Gromaire, Jean-Claude
Honnorat.


Sur radio-alpes.net - Audio -France-Algérie : Le combat de ma vie (2012-03-26 17:55:13) - Ecoutez: Hocine Louanchi joint au téléphone...émotions et voile de censure levé ! Les Accords d'Evian
n'effacent pas le passé, mais l'avenir pourra apaiser les blessures. (H.Louanchi)

Interview du 26 mars 2012 sur radio-alpes.net

Priou Yvon 30/11/2013 10:50

Qu'avez- t-ils fait de mal ? au regard du nouveau pouvoir en Algérie, pour être sur des listes de suspects les invitant a quitté l'Algérie. Il aurait fallu leur poser la question?
Moi, militaire FSE on m'a fait risqué ma vie comme a beaucoup d'autres dans les forces locales Algériennes en servant de boucliers, entre les groupes a la conquête du pouvoir