Vivement une nouvelle "Nouvelle Vague"

Publié le 27 Mars 2008

Le triomphe de l'année semble devoir être la  comédie gentillette Bienvenue chez les Ch’tis de Danny Boon, qui rappelle étrangement les succès régionalistes du Bourvil débutant : Pas si bête ou Le Trou normand,  films difficilement regardables aujourd'hui. 

A qui la faute ? à la télé, cette sœur ennemie qui, à force d'embrasser le cinéma, l'a étouffé sous l'insignifiance. Aux artistes, qui se sont mis à tourner autour de leur nombril. Et puis aux décideurs qui préféreront toujours un comique ou un romancier débutant prudemment dans la mise en scène à un cinéaste, un vrai, se posant de vraies questions de cinéma.

 Dans un bond en arrière d'un demi-siècle, le cinéma français est redevenu, aujourd'hui, exactement ce qu'il était au milieu des années 50. Professionnel et asphyxié. Englué dans cette « qualité France » que fustigeaient des critiques comme André Bazin et de futurs cinéastes comme François Truffaut.

Sépia plein les doigts de Vincent Delerm   en  2006  ("Piqures d'araignées") l'avait bien senti venir avec le succès du film Les Choristes,

Tiens, tiens, les belles images
Les enfants du marécage
Le vrai goût des vrais fruits
Dans une vraie épicerie

Tiens ça repart en arrière
Noir et blanc sur poster
Maréchal nous voilà !
Sépia plein les doigts

A quoi elle pense
En s'endormant
Cette jolie France ?
Confiture Bonne-Maman
Elle pense pareil, pareil qu'hier
Avant Simone Weil
Avant Badinter


Deux cents films produits par an, en France.   Mais à quoi servent-ils, s'ils se ressemblent tous ? Petits polars qui singent les séries télé américaines, petites comédies ringardes et interchangeables.

Pourquoi  La Graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche, pourtant assez maladroit a-t-il trusté les César  ? C'est qu'il n'y a rien d'autre à récompenser, dès lors qu'on reste fidèle à un cinéma audacieux. Qui soit un art et pas simplement une industrie. On se refuse à croire qu'il n'y ait pas, en France, un Nuri Bilge Ceylan (Les Climats ) pour nous parler des sentiments. Ou un Fatih Akin (De l'autre côté ) pour nous donner, selon l'expression de Téchiné, « des nouvelles du monde ».  Mais comment a fini la triste « qualité France »? Noyée, à bout de souffle, dans la  "Nouvelle Vague" en 1958. Alors, on attend, on espère qu'elle viendra vite...

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma

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