Le culte des singes Koshin

Publié le 7 Février 2008

A la fin de l'époque Nara (710-784), le koshin ou koshinto, littérallement le vieux culte shinto a été importé de Chine en même temps que le taoïsme. Dans ce système, chaque jour désigné se reproduit une fois tous les soixante jours. Un des jours attribués au singe, appelé koshin no hi, était considéré avoir des vertus magiques, et la coutume chinoise voulait que l’on fasse alors des célébrations toute la nuit jusqu’à l’aube. Le personnage du singe est ensuite devenu très présent dans la croyance populaire.

Les singes "substituts"

Selon la tradition, ce jour du koshin no hi, les san-shi, les trois vers malfaisants résidant dans le corps, s’élèvent dans le ciel au cours du sommeil pour s’en aller rapporter les péchés de chacun auprès du Maître du Ciel.

Le nombre de jours de vie terrestre impartis étaient alors réduits selon la gravité des péchés. Ainsi, en restant réveillés toute la nuit, les gens pensaient empêcher les san-shi de quitter leur corps. Ce koshin no hi était donc un jour critique, car c’était le jour où l’on pouvait voir ses jours abrégés.

Mais comme il n'est pas simple de veiller toute la nuit, les gens accrochent chez eux ces singes en peluche rouges et blancs, destinés à subir à leur place le châtiment du ciel.

Les trois singes

Lorsque cette croyance se répandit au Japon, le festival devint une veillée au cours de laquelle on priait les divinités singes pour obtenir longue vie.

Les gens pensaient que ne pas voir le mal, ne pas l’entendre ni ne parler en mal empêcherait les san-shi d’écourter leur vie, car leurs péchés, et ceux d’autrui, passeraient inaperçus. C’est de cette croyance que naquirent les Trois Singes connus aujourd’hui dans le monde entier.

Ces trois singes de la tradition japonaise s’appellent : Mizaru (celui qui ne voit pas), Kikazaru (celui qui n’entend pas) et Iwazaru (celui qui ne parle pas)

Cette tradition est apparue à la fin de l’ère Muromachi (1333-1568) : il devint ordinaire de sculpter ces représentations sur les koshinto, piliers en pierre utilisés pendant le rituel du Koshin.

Selon le Kiyu Shoran, les trois singes sont en relation avec la croyance Sanno, où ils sont considérés comme des messagers divins. Ils représentent le Santai (les trois vérités) évoqué par la secte bouddhique du Tendai. Il semble que le fondateur de la secte Tendai, Saicho, a représenté son idéal religieux sous la forme des singes. Une représentation fameuse des trois singes se trouve à Nikko, au temple Toshogu

Voir généralités sur le Japon

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #Japon

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