Ryan Gander artiste conceptuel et handicapé

Publié le 3 Novembre 2014

Ryan Gander plasticien contemporain britannique, né à Chester, et qui vit et travaille entre Londres et Suffolk.

Gander est gravement handicapé physiquement et utilise un fauteuil roulant. Ryan Gander peut être classé dans les artistes conceptuels. Une grande majorité de ses œuvres n'ont pas de rapport direct avec son handicap, mais il lui arrive de s'en inspirer. Par exemple, en 2006, son installation à l'ancienne bibliothèque Whitechapel, «Est-ce que la culpabilité est en vous aussi?», où il a rempli l'espace avec des obstacles, des détritus, des impasses et des illusions destinées à confondre les visiteurs et symboliser les difficultés inéquitables dont souffrent les personnes handicapées.

Compte tenu de son handicap, la plupart des travaux de Gander sont complètement réalisés, sur ses indications, par une équipe de spécialistes techniques. Il est souvent physiquement incapable d'effectuer lui-même la réalisation de l'œuvre.

Son travail est marqué par le décalage, l’humour dans l’appropriation des lieux et des choses. Gander met en objets et en concepts les lubies de l’âme, les films qu’on se fait, en particulier dans notre rapport politique au monde. Ainsi, On n’a jamais eu beaucoup d’euros par ici (2010) est une pièce de 25 euros, suisse d’une part, et d’autre part supposément parvenue à nous depuis l’an 2037 (il y a eu de l’inflation). Choses ôtées et remplacées, habits qu’on met et qu’on enlève, son œuvre s’occupe de ce qui n’est pas là mais qui peut servir. C’est le mode grammatical du potentiel, plus excitant que l’irréel.

Parmi ses œuvres phares, on trouve aussi sa simili-danseuse de Degas qui fume sa clope par terre (intitulée Je ne t’en veux pas, ou Quand nous faisions l’amour, tu pleurais et je t’aime comme les étoiles là-haut et je t’aimerai jusqu’à la mort, 2008) ; aussi, de la même année, Une feuille de papier sur laquelle je m’apprêtais à dessiner quand elle a glissé de la table et est tombée par terre et qui consiste en cent boules de cristal de 15 cm de diamètre éparpillées au sol, au sein desquelles on aperçoit, gravée au laser, une image de la feuille de papier sur laquelle l’artiste s’apprêtait...

En 2012, à la Documenta13, il investit tout le hall du Fridericianum d’un simple courant d’air. La même année, à Berlin, à la Hamburger Bahnhof, il rappelle son handicap en montrant une figurine de l’artiste, autoportrait tombé de sa chaise roulante face à un petit cube bleu. Le titre : l’Œuvre d’art que personne ne connaît. Parfois, Ryan Gander en montre une image dans une conférence, et il ajoute : «Je ne vais pas en parler.»

Ryan Gander artiste conceptuel et handicapé

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain

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