Redécouvrir Gregory La Cava, la Fille de la 5e Avenue

Publié le 10 Novembre 2014

Cinéaste oublié, Gregory La Cava mérite d'être revu pour quelques films marquants. Il Gregory La Cava commence sa carrière comme dessinateur et animateur de cartoons. Dans les années 1910 et 1920, il tourne des courts-métrages, dont certains avec son ami W.C. Fields. Son alcoolisme et le mécontentement des producteurs envers ses méthodes de travail (tournage sans le moindre script) entraineront le déclin de sa carrière.

Un de ses films les plus marquant est La Fille de la Cinquième Avenue (Fifth Avenue Girl), sorti en 1939

L'industriel Timothy Borden, ancien ingénieur, inventeur vingt-cinq ans aparavant d'une pompe révolutionnaire est devenu sans vraiment le vouloir le très riche propriétaire de Amalgamated pump Inc. Il se sent déprimé. Ses ouvriers bénéficient des 44 heures et il est prêt à leur accorder le demi-million de bénéfice annuel de sa société, seulement celle-ci va mal, notamment du fait de son fils Tim qui préfère jouer au polo que rédiger des devis pour les clients.

Sa secrétaire lui offre une cravate un peu voyante pour son anniversaire, mais c'est mieux que la solitude qui l'attend en rentrant chez lui car les membres de sa famille ont tous oublié cet anniversaire. Pire, une lettre d'une agence de détectives lui rapporte les rumeurs selon laquelle sa femme fréquente un jeune play-boy.

Suivant la suggestion de son domestique, Higgins, émerveillé que, dans Central park, les érables bourgeonnent, il s'y rend. Près du bassin des phoques, il y fait la connaissance de Mary, une jeune femme sans emploi mais qui se réjouit de sa bonne santé, de ses cinq dollars en poche et de la semaine de loyer payée. Séduit par sa joie de vivre, il l'invite dans un night club à la mode pour fêter son anniversaire. Il fait servir du champagne à tout le monde qui le remerciera en chantant bon anniversaire sous les yeux ébahis de sa femme qui était là, par hasard, avec son boy-friend.

Le lendemain à dix heures, Timothy se réveille avec un œil au beurre noir, ayant presque tout oublié, sous l'effet de l'alcool, de sa folle soirée de la veille. Mary a dormi dans la chambre d'amis à la stupeur de sa femme et de ses enfants. Il lui propose secrétement de vivre chez lui afin de rendre ses proches jaloux et de les intéresser à sa nouvelle vie, mais aussi dans le but de les mettre en face de leurs propres responsabilités, voire devant leurs incohérences respectives.

Ce scénario rappelle le film ''Mon homme Godfrey'' réalisé par le même La Cava en 1936. Ici aussi, un élément étranger fait intrusion dans une famille de la haute société accablée d'oisiveté et d'ennui et fait souffler un vent vif qui réveille ses habitants.

C'est Ginger Rogers Ginger Rogers qui incarne la jeune chômeuse rencontrée à Central park, jeune femme endurcie et sarcastique. Elle est alors la seule valeur sure de la RKO dans les films avec Fred Astaire ceux de La Cava mais aussi dans Mademoiselle et son bébé (Garson Kanin, 1939) et Ses trois amoureux (Garson Kanin, 1941). Sa collaboration avec Fred Astaire est terminée. "La grande farandolle" a clôturé la série de films de Ginger et Fred. Les projecteurs se sont éteints, Cendrillon a laissé le prince charmant et le magnifique carosse s'est transformé en citrouille. Elle n'est plus ici un personnage chic et comblé mais interprète avec grâce une jeune fille laborieuse.

La critique sociale n'a pas la virulence de celle d'un Frank Capra. Si la lutte des classes est mise en scène avec insistance c'est pour mieux montrer la persistance du modèle familial et américain dont les vicissitudes et inquiétudes, dues à la crise des années 1930, ne peuvent être que passagères.

Ginger Rogers et Walter Connolly

Ginger Rogers et Walter Connolly

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #cinéma américain

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