Bill Viola, artiste de la vidéo, au Grand Palais

Publié le 29 Mars 2014

Ne manquez pas la rétrospective Bill Viola au Grand Palais, jusqu'au 21 Juillet 2014

Bill Viola est un des plus célèbres représentants de l’art vidéo. Un large corpus de son œuvre, allant de 1977 à aujourd’hui, mêlant tableaux en mouvement et installations monumentales, est pour la première fois présenté au Grand Palais. Dans une quête à la fois intimiste et universelle, l’artiste exprime son cheminement émotionnel et spirituel à travers de grands thèmes métaphysiques, la vie, la mort, la transfiguration.

Vers le milieu des années 1970, Bill Viola se met à voyager en Orient pour entamer une quête spirituelle. Le propos de Bill Viola et de son épouse et collaboratrice depuis trente-cinq ans, Kira Perov, est lesté de philosophies orientales, et extrême-orientales. C’est le résultat de lectures, d’une habitude quotidienne d’écriture, mais aussi de séjours fondateurs en Indonésie, au Ladakh, dans le nord de l’Inde, et surtout au Japon, où le couple a passé dix-huit mois à étudier tant la culture traditionnelle que les techniques de pointe de la vidéo en 1980. Pendant ce voyage, il rencontre le maître zen Daien Tanaka qui devient son guide spirituel. Cette capacité à marier spiritualité et technicité donne à l’œuvre son caractère incomparable.

Le temps est la matière première pour Bill Viola. Il est suspendu, ralenti, déplié, tourne en boucles, se décompose ou se superpose. Ces jeux sensoriels sur la perception du temps plongent le spectateur dans une expérience du déroulement parfois proche de la pratique de la méditation : on se fixe sur un moment présent pour accéder, par strates, à une perception plus profonde. C'est dans la durée que les œuvres déploient leurs mystères.

Les figures flottantes, qui s'élèvent dans les airs, s'y figent ou disparaissent au fond des eaux peuplent les visions de l'artiste. Mystiques, mythiques ou fantomatiques, ces apparitions ou disparitions peuvent aussi n'être que des sons, comme dans l'installation Présence, dans l'escalier entre les deux étages de l'exposition, où l'on entend des voix de tous âges chuchoter des secrets, des respirations ou les pulsations d'un cœur.

Œuvres présentées

20 vidéos (certaines multiples) et une œuvre sonore sont présentées, en particulier

  • Chott el-Djerid (1979) Durée : 28 minutes.
    Silhouette flageolantes, mirage dans le désert.
    Mouvements lents mais temps réel.
  • The Reflecting Pool (1979)
    Durée : 7 minutes.
    Apparition-disparition d'un corps au dessus d'un bassin et, de façon désynchronisée, de son reflet sur l'eau.
  • Walking the Edge (2012) vidéo sur Dailymotion
    c'est le temps à l'échelle de la vie qui est abordé. On y voit deux hommes, un père et un fils, dont les trajectoires s'inscrivent dans la durée (environ 12 minutes). Ils surgissent à chaque extrémité du champs de l'image et avancent dans le désert, dans une chaleur qui trouble légèrement l'image. Ils marchent vers le spectateur jusqu'à se croiser et se séparer à nouveau.
  • The Encounter (2012) Vidéo sur Youtube
    The Encounter, Deux femmes se rencontrent de la même façon dans le désert, mais où la plus âgée transmet quelque chose à la plus jeune avant qu’elles ne repartent vers l’horizon. Deux métaphores de la vie, l’une au masculin, l’autre au féminin, évoquant la citation du penseur arabo-andalou Ibn Arabi donnée par l’artiste en épigraphe: «Si tu t’engages dans le voyage, tu arriveras
  • Going Forth by Day (2002) est composé de 5 tableaux:
    -le premier est l’entrée dans la pièce à travers un brasier projeté sur la porte.
    -Sur un long mur, dans la forêt, défilent des voyageurs, certains portant un sac, ou tout simplement un objet qui leur est cher. Presque indistincte sur leur chemin, une borne à cerne rouge évoque ces figurines du Jizo qui sont posées au bord des chemins, au Japon.
    -Au fond de la salle, le Déluge : des passants qui vaquent à leurs occupations, certains portant des plantes en pot pour une destination incertaine, devant un décor en forme d’immeuble bientôt plongé dans une cataracte catastrophique.
    - Dans la vidéo suivante, le paysage est coupé en deux. Au sommet, un ange gardien, qui ressemble beaucoup à Bill Viola lui-même, veille devant une maison. A l’intérieur de la maison, un fils veille son père mourant. Comme dans un rêve, à l’instant fatal, il se retrouvera frappant à la porte, sans pouvoir entrer : on manque toujours la mort de son père, ou de sa mère.En contrebas, une femme âgée, déjà un fantôme, s’apprête à embarquer sur un lac qui la conduit vers l’au-delà.
    -First Light : une équipe de secours arrivant après une inondation brutale dans un désert, évoquant les pompiers du 11 Septembre. Toute la tension se reporte sur une mère qui scrute le lac en quête du fils disparu.
  • Catherine's Room (2001) Petites vidéos intimistes
  • Heaven and Earth (1992) Sculpture composée de deux écrans cathodiques face à face, qui diffusent chacun un film : d'un côté, un enfant qui nait, de l'autre une gran-mère qonise
  • Nine attemps to Achieve Immortality (1996)
    Performance réalisée par Bill Viola lui-même, qui tente neuf longues apnées (en 18 minutes) face à la caméra.
  • Tristan's Ascension (The Sound of a Mountain Under a Waterfall)(2005) vidéo sur Dailymotion
    Une représentation de l'ascension de l'âme dans l'espace après la mort, « au moment où elle se réveille et se trouve emportée par une chute d'eau », qui s'écoule ici de façon inversée. L'eau, qui commence comme une pluie avant de transformer en cascade, vient ainsi éveiller un homme inerte. Son corps se soulève peu à peu, jusqu'à disparaître, puis le débit s'estompe, seules quelques gouttes ruissellent sur la dalle vide. Le dispositif est tout en verticalité tant au niveau de l'image que de la diffusion des sons.
  • Fire Woman (2005) vidéo sur Dailymotion
    Une silhouette de femme se détache d'un immense mur de flammes en arrière-plan. Elle avance jusqu'à plonger soudainement dans une eau dont on ne soupçonnait pas la présence. Le regard du spectateur se retrouve alors face aux seules formes ondoyantes et abstraites du feu, puis à leur reflet dans l'eau
  • Three Women vidéo sur Dailymotion
    Trois femmes de trois âges différents passent d'un espace en noir et blanc saturé, comme une mauvaise retransmission d'images dans un écran, en arrière-plan, à un premier plan net et en couleurs. Entre les deux : un rideau d'eau. Cette œuvre fait partie de la série Transfigurations. Physiquement, une transfiguration est un changement complet de forme, un remodelage des apparences, une métamorphose. La métamorphose la plus profonde et la plus radicale est totalement intériorisée, invisible, sauf qu'elle modifie la substance même de la personne, qui finit par rayonner et transformer tout ce qui l'entoure.
  • The Dreamers (2013)
    Sept écrans plasma verticaux, Collection Pinault. 7 tableaux où le personnage semble dormir et rêver sous l'eau, en apnée.
  • Man searching for Immortality (2013) / Woman searching for Eternity (2013)
    Un homme et une femme âgés, debout et nus face aux spectateurs, explorent chacun leur corps avec leurs mains et en éclairant leur propre peau avec une lampe de poche,
Galerie
Going Forth by Day (2002) first light

Going Forth by Day (2002) first light

The Dreamers, 2013

The Dreamers, 2013

Fire Woman, 2005

Fire Woman, 2005

Rédigé par nezumi dumousseau

Publié dans #art contemporain, #Bill Viola

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